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1458-08-19 ~ Une petite fille prise dans la tourmente.

 
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MessagePosté le: Lun 6 Sep - 16:41 (2010)    Sujet du message: 1458-08-19 ~ Une petite fille prise dans la tourmente. Répondre en citant

Gustave a écrit:
Gustave :

[Sur le chemin Lourdes Pau, non loin de la capitale]


- et pourquoi je peux pas
- parce que
- parce que quoi
- parce que
- ça veut rien dire ça parce que !


De grands yeux noisettes, un petit nez retroussé comme pour faire la nique au vent, une petite moue boudeuse que cache en partie une longue chevelure brune quand elle n’est pas soigneusement domptée par une queue de cheval qui volète doucement sous l’effet de la brise, comme en ce moment, voici Angelle.
Guère plus haute que trois pommes du haut de ses six années, vêtue d’une robe couleur terre qui atteste des quatre cents coups de l’enfant tant elle a d’accros et d’usure, elle regarde, tête levée et mirettes vers le ciel le vieil homme à barbe blanche qui lui fait face.


- et pourquoi parce que ?
- parce que c’est tout. Tu es bien trop jeune pour ça
- c’est quoi jeune
- petite
- chuis pas petite moi regardes !


Sur la pointe des pieds elle tentait de dépasser la ceinture de son interlocuteur qui laissa échapper un rire bon enfant.

- petite par l’âge ! Il y a des choses que tu as bien le temps d’apprendre et de faire Angelle.
Et je répète que non, tu ne peux pas et tu vas rester ici avec moi, pendant que je répare cette satanée roue de charrette.


Parce que s’ils sont arrêtés sur ce chemin aux portes de Pau, à se cargagner* comme chien et chat, il y a bien une raison, et la vieille mûle qui mange tranquillement l’herbe à sa portée en témoignerait si elle savait parler, pour sûr.
Et la gamine de ronchonner doucement…
marre moi de jamais faire qu'est c'que j'veux Le cailloux qui se trouva malencontreusement devant sa chausse fit les frais de sa bouderie et valdinga quelques pas plus loinmarre moi.. fais pas ci fais pas ça, t’es trop petite, mange, tiens toi bien… marre moi.

Sentirions-nous comme comme un esprit de rebellion chez cette enfant boudeuse ? peut être.
L’homme la regarda d’un sourire taquin et se remit à l’œuvre.

Il devait démonter la roue, tenter de la réparer en attendant qu’un forgeron plus qualifié que lui la consolide où manque de chance lui dise de la changer. Ca serait mal venu, les écus ne font pas farandole dans sa bourse, et il devait penser à ce que la fillette mange à sa faim.

Des semaines qu’ils étaient tous les deux sur les chemins, depuis la disparition des parents d’Angelle. Il ne savait rien d’elle, ou peu de choses. Il l’avait recueilli sur le bord du chemin dans les environs de Nîmes, à moitié morte de faim et de fatigue, alors qu’elle se terrait derrière un buisson et qu’il tentait de dégager un beau lièvre d’un piège pas trop règlementaire. Il avait d’abord cru à la maréchaussée qui l’espionnait, et s’était redressé d’un bond en entendant du bruit, son bâton en avant guettant celui qui oserait venir lui enlever son repas des mains. Et au lieu d’un maréchal a l’air mécontent, il avait vu se planter devant lui, la mine peureuse d’une gamine.

La figure souillée de terre et de larmes, les cheveux en bataille et les habits dans un triste état, il était resté malhabile et l’avait questionné sur le pourquoi et le comment de sa présence en pleine campagne. Les quelques bribes qu’elle était parvenue à articuler lui avait juste fait comprendre qu’elle avait perdu sa famille dans une attaque de brigands et qu’elle avait marché longtemps, vu l’état de ses chaussures et son stade d’amaigrissement.

Sans chercher à comprendre il l’avait prise sous son aile, l’avait nourrie, habillée, soignée aussi bien physiquement que moralement et il devait reconnaitre qu’il ne faisait pas d’effort pour savoir si elle avait de la famille. Elle était devenue son petit monde, son petit bol d’air pur et il apréhendait souvent qu’on la lui enlève, même s’il désirait tout au fond de lui qu’elle retrouve un cocon familial.


- si tu veux te rendre utile trouves moi quelque jolis morceaux de bois pour caler cette pièce là.
Et ne t’éloignes pas de tes cinquante pas, rappelles toi tu fais dix pas et cinq fois apres tu arrêtes.


Il la regarda d’un air sévère. L’endroit avait l’air tranquille et l’on voyait les portes de la ville à travers les arbres, mais il n’aimait pas trop la voir s’éloigner.

- cinq fois mes dix pas d’accord Gus.

Trop heureuse de pouvoir se dégourdir les jambes sans être obligée de rester pres du chariot, elle regarda autour d’eux et montra la direction qui menait vers Pau.

- vais aller par là !
- d’accord et tu restes à quelques pas du chemin


Aussitôt dit, elle quitta le bord du chemin pour s’enfoncer doucement dans les bois à la recherche de beaux morceaux de bois. L’homme la suivit quelques instant des yeux et s’affaira sur la roue, cause de leurs soucis.


Aimelin a écrit:

Aimelin :

[Pendant ce temps à Pau, Auberge du Casteth]


Les tables soigneusement nettoyées, le parquet de bois lavé, les chopes et les brocs rangés soigneusement derrière le comptoir et sur les étagères, l’Auberge du Casteth était calme et silencieuse en cette fin de matinée. Seul le crissement léger d’une plume sur un parchemin troublait quelque peu le silence de la grande salle.
Une fine bande de lumière tombait droite et blanche sur le parchemin où courrait une plume hésitante, qui s’arrêtait par moment pour reprendre sa promenade, dessinant les mots que le jeune Aimelin s’appliquait à coucher sur sa missive. Elle stoppa son envol tandis que les yeux gris suivèrent quelques instants les petites poussières jouant dans la lumière et tournoyant autour de la plume. Un sourire éclaira son regard qui se porta alors vers la fenêtre ouverte à côté de la table à laquelle il s’était installé.

La place était elle aussi assez calme, drainant un flot de personnes éparses qui se dispersaient entre quelques échoppes et le casteth à l’opposé de la grande place pavée. La fin d’été semblait proche, les températures baissaient doucement et bientôt l’on verrait les feuilles aux couleurs chaudes tournoyer doucement avant de se poser sur le sol. Il porta son regard vers le bleu du ciel dans lequel s’effilochaient quelques nuages légers et blancs, repensa à la missive reçue il y a quelques jours. Le temps semblait fuir à toute allure, il n’avait pas encore pris sa décision.

Il s’appuya contre le dossier de la chaise et regarda sa plume perplexe. Il devait se décider, cela faisait bien trop longtemps qu’il n’était allé se dégourdir les jambes sur les chemins du royaume.
Mais si les envies de voyager et de répondre aux quelques invitations étaient là, quelque chose le retenait encore en Béarn, à Pau, dans cette ville où le bonheur avait eu sa place. Des souvenirs, des remords de choses commencées et que le destin avait interrompues une fois encore, une fois de trop.


Bon faut que je finisse cette missive et que je réponde à celle là, sinon je vais sentir le goût des lattes dans quelques jours.

Une petit grimace sur le visage, il relança sa plume, se laissant entrainer par le petit air frais et agréable qui rentrait joyeusement par la fenêtre.

Angelle a écrit:

[Quelque part entre Pau et Gustave]


Quelques morceaux de bois dans les bras, la fillette cheminait entre les arbres, car comme toute enfant qui se respecte, elle s'était un peu éloignée du chemin, parce que sur le chemin il n'y avait pas ce qu'elle cherchait. Et puis il y avait des plantes autour d'elle et sa curiosité la poussait toujours à cueillir ce qui lui tombait sous la main, au grand mécontentement de Gustave qui lui disait que parfois les herbes étaient du poison.

- Cinq fois mes dix pas.

Angelle se retourna pour regarder le petit sentier qu'elle venait de suivre en quittant le chemin et fronça son petit nez d'un air réfléchi.

- j'sais pu qu'est ce que j'ai compté avant

Ses noisettes se portèrent au devant d'elle et elle afficha un grand sourire en voyant ce qui semblait être le chemin qu'elle avait laissé.Quelques dizaines de pas plus loin elle déboucha sur le chemin et s'arrêta, jetant un oeil vers sa gauche, puis vers sa droite. Elle s'était rapproché des portes de la ville et elle eût un petit air espiègle.
Si elle rapportait le bois pour que Gus travaille, elle pourrait aller jusqu'à la ville sans qu'il la voit.

D'un pas décidé elle reprit la direction qui menait vers la charette et aperçut rapidement Gus qui s'affairait sur la roue.


- Gus !! regarde qu'est c'que j'ai trouvé !

Gustave a écrit:

Gustave leva la tête en voyant la fillette s'approcher et se releva en souriant.

- belle récolte petite ça ira parfaitement.

Débarassée de ses bois, la fillette regarda le vieil homme quelques secondes avant de lâcher innocemment.

- j'ai vu des fleurs sont trop belles vais en chercher
- tu sais que j'aim' pas te voir ramasser n'importe quoi
- mais cel'là sont comme celles que j'avais cueilli et qui se sont fâchées
- fânées... on dit "se sont fânées"
- pourtant z'avaient l'air fâchées


Il la regarda d'un air suspicieux. Cette diablesse était capable de lui raconter des foutaises pour qu'il lui dise oui.
Il jeta un regard vers sa roue puis vers Angelle qui le regardait d'un petit air suppliant.


- là regardes ... son doigt pointait la direction d'où elle venait... c'est là bas et même qu'on voit les murs de la ville alors tu vois je me perdrai pas... si te plait Gustave si te plait !
- si te plait si te plait !!

Il avait beau avoir le caractère d'un ours il n'en était pas moins une crème sous la fourure...

- bon d'accord mais je veux te voir ici avant que le soleil soit juste sur nos têtes.
- le soleil sur nos têtes d'accord
- et tu restes da..
- cinq fois com' mes dix pas


Il éclata de rire.

- oui cinq fois ... il caressa les cheveux de la fillette et se pencha vers elle, laissant son regard bleu se perdre dans celui noisette... tu sais c'est pas pour t'embêter, mais je veux pas que tu te fasses mal ou qu'il t'arrive quelque chose

Il se redressa et prit son air autoritaire.

- n'oublies pas ... cinq fois... pas plus !

La fillette ne demanda pas son reste et lui tourna le dos, partant en sautillant sur le chemin. Il la regarda s'éloigner. Ce n'était pas la première fois qu'elle allait flâner dans les environs et chaque fois elle faisait bien attention de ne pas trop s'éloigner. Il devait lui faire confiance et puis il fallait arranger cette roue à tout prix.

Angelle a écrit:


[Entre charette et ville]

Ses petits yeux noisettes fixaient les portes de la ville en rêvant à tout ce qu'elle pourrait découvrir derrière les murailles. Il devait y avoir plein de choses à voir, puis des gens, et peut être des enfants comme elle.
Elle l'aimait bien Gustave, mais ils étaient toujours sur les chemins et elle avait pas beaucoup d'enfants de son âge pour s'amuser.
Elle pensait souvent à ses parents, aux méchants qui leur avaient fait du mal et si elle se cachait pour pleurer c'était pour pas faire de la peine à celui qu'elle appelait parfois oncle Gustave. Et puis quand elle serait grande et forte, elle irait tuer ces méchants.

Un petit regard en arrière et une hésitation. Un regard dans le ciel où le soleil n'était pas encore au dessus de sa tête, et elle se décida à partir en courant vers la ville. Il suffirait qu'elle courre au retour, et Gustave n'y verrait que du feu, enfin elle l'espérait sinon il serait fâché comme les fleurs.



[dans Pau, vers la place du Casteth]

Du monde partout autour d'elle, des grands qui parlaient fort et riaient, des enfants qui couraient et qu'elle suivait des yeux en souriant. Angelle ouvrait de grands yeux et ne perdait pas une seule miette du spectacle qui s'offrait à elle.

Peu habituée à vadrouiller seule dans un lieu inconnu, elle profitait de tout, bronchant de temps en temps dans un trou, trop occupée à regarder partout autour d'elle pour faire attention où elle mettait les pieds.
Elle réalisa soudain qu'elle s'était avancée dans la ville et en se retournant, elle ne vit que la rue, les gens, des maisons, et plus les grandes portes. L'inquiétude s'empara d'elle, mais sa curiosité la poussa à avancer encore jusqu'à une grande place où elle s'arrêta les yeux grands ouverts.

Que c'est beau !! sa bouche avait accompagné ses yeux et restait ouverte pendant qu'elle regardait le casteth qui se dessinait au fond de la place, éclairé par le soleil de cette fin de matinée.


- attention petite ne restes pas au milieu !

Elle sursauta à la grosse voix et au roulement d'une charette qui passa tout près d'elle et voulut s'écarter d'un pas sur le côté, mais ne vit pas le trou et se retrouva à genoux par terre.

Aieuuu ... Elle fronça les sourcils et se releva en se frottant son genoux que les petites pierres avaient écorché...

m'a fait mal la vilaine charette.

Elle retint une petite larmiche qui pointait sur le bord de son oeil et avança de quelques pas quand elle aperçut la petite fontaine qui trônait au milieu de la place. Claudiquant à peine elle s'y dirigea pour aller laver ses mains et essayer de faire passer le piccotement de son genoux écorché, tout plein de poussière.

Aimelin a écrit:

Aimelin :

[Auberge du Casteth]


trois chevaux ? ... le jeune Seigneur afficha une moue dubitative en relisant le passage de la missive qu'il tenait entre les mains... trois chevaux.

Quoi qu'il était normal qu'une Comtesse ne lui demande pas de lui trouver un âne. Il leva les yeux, se rappelant ce demi trait qu'il lui avait conseillé et préparé aux joutes du Lavardin. Enfin conseillé non, car elle lui avait fait totalement confiance pour le choix de la monture et en regardant les chevaux présents, il avait jeté son dévolu sur celui là. Une belle bête qu'il avait comparé à Arès, l'étalon demi lourd de Mélissande. Son galop avait été majestueux et rapide, et il avait trouvé que sa cavalière l'avait mené avec une belle aisance.
Envie de rire en repensant à la mine boudeuse de la jeune femme alors qu'il la libérait de son harnois. Elle n'aimait pas perdre, et il avait dû user de diplomatie pour ne pas aggraver son air mécontent, et il n'était pas sûr d'avoir complètement réussi ce jour là, même s'il s'en était à peu près bien tiré par un compliment néanmoins sincère.


trouver des chevaux.. il répéta ses mots à voix basse en finissant de lire.

Une nouvelle fois son amie lui faisait confiance et il devrait se montrer à la hauteur. Le choix d'une monture selon l'utilisation que l'on voulait en faire, était toujours un choix délicat, surtout lorsque ça n'était pas pour soi.
Il pensa à Altaïr et se demanda s'il trouverait bête similaire. Rapide, nerveux et obéissant à la moindre demande de son cavalier, il faisait des merveilles aux joutes. Il songeait parfois qu'il n'était pas pressé de devoir le remplacer et ce jour là serait l'un des plus difficile, l'étalon l'accompagnant depuis qu'il avait quitté sa famille.

Il laissa son regard glisser vers la fenêtre une autre fois, et le posa intrigué sur la fontaine, où une petite fille s'était penchée pour se laver les mains sans doute.


Angelle a écrit:


[Pau, pres de la fontaine]


aieu... doucement, Angelle tapotait son genoux de sa petite main mouillée, faisant une grimace à chaque fois qu'un picotement se faisait sentir. Elle trempa à nouveau ses mains dans l'eau et recommença doucement.

sont pas gentils les grands

Elle s'approcha à nouveau du bord de la fontaine et s'amuse quelques secondes avec l'eau avant de regarder son genoux qui laissait perler une petite goutte de sang. En levant les yeux, elle remarqua le banc de pierre contre le mur de la maison en face d'elle et elle s'y dirigea. Bien qu'elle ne sache pas lire, où du moins tres peu, le panneau en bois au dessus de la porte lui laissa à penser que c'était une échoppe, où peut être une taverne, comme celle où ils s'arrêtaient parfois avec Gustave. Elle s'assit et son regard fût attiré par une femme qui passait devant elle, poussant une petite cariole sur laquelle étaient déposées des miches de pain. Instinctivement, elle se mit à chantonner.

La boulangère a des écus qui ne lui coûtent guère, la boulangère a des écus qui ne lui coûtent guère.. b'jour madame.. un grand sourire à la femme qui la regardait d'un air amusé, continuant son chemin tandis que la fillette la suivait des yeux.. Elle en a, je les ai vus, J'ai vu la boulangère aux écus... ça fait un peu mal quand même. Quand j'ai pu mal faut j'aille voir Gus.

Gustave a écrit:


[A quelques minutes de l'entrée de Pau]


- Angelle ! mais où c'qu'elle est passé encore cette môme.

Le visage grave, le vieil homme avait laissé son occupation quelques instants pour appeler la fillette. Ca faisait quelques moments qu'elle était partie et il voulait être sûr qu'elle était dans les environs. Il balaya les environs du regard, épiant le moindre bruit qui signalerait sa présence.

- Angelle ! pas de réponse et donc pas d'Angelle à l'horizon. Il soupira en regardant la roue qu'il avait arrangé avec les moyens du bord et qu'il devait remettre en place. Il devait finir de la réparer, c'était important pour qu'ils puissent reprendre la route. La fillette ne devait pas être bien loin et n'allait pas tarder à pointer le bout de son nez, prétextant qu'elle ne l'avait pas entendu l'appeler.

Essayant d’oublier Angelle le temps d’un instant, il approcha la roue de l’essieu et tenta de la mettre en place.

- Sacrebleu j’aurais du relever un peu plus cette maudite cariole.
- hola mon brave ça a l'air bien lourd pour vous attendez que je vous aide

Il leva les yeux vers l'homme qui s'était arrêté et descendait de sa charette.

- c'est pas de refus merci bien mon ami

Les deux hommes se mirent à l'ouvrage, il fallait remonter cette roue, et filer vers Pau quand Angelle serait revenue.


Aimelin a écrit:


[l'Auberge, au même moment]


Le jeune gars avait suivi amusé le manège de la fillette mais les pas de la Jeanne dans l'escalier lui avait fait abandonner son observation, un peu à regret. Jeanne vivait dans la maison qui jouxtait l'auberge du Casteth, et s'était proposé pour aider le jeune couple à tenir l'Auberge. Quelques écus en compensation, et Jeanne s'occupait des draps, tenait le comptoir quand Aime n'était pas là, et veillait à ce qu'il n'oublie rien. Depuis la disparition de Dance, elle s'inquiétait pour lui, et l'aidait à veiller sur la bonne marche de l'échoppe.

Un sourire jovial sur son visage rond, elle s'adressa à lui.


tu avais oublié d'ouvrir la deux en face de toi encore une fois... son air sévère cachait difficilement celui bienveillant qu'elle essayait de dissimuler. Elle savait pourquoi il oubliait souvent de l'ouvrir depuis qu'il avait décidé de changer de chambre laissant celle qu'il occupait avec sa douce, pour s'installer dans celle d'en face. Elle donnait sur la place et il pouvait davantage surveiller qu'il lui disait. Mais la femme savait bien que s'il avait changé de chambre c'était pour oublier.

Elle posa devant lui le panier qu'elle avait apporté le matin.


- manges quelques fruits aussi, va pas te rendre malade
- mais je mange Jeanne ne vous inquiétez pas
- tu manges pas assez, regarde la tête que tu as. Bientot tu vas être aussi maigre que l'était mon pauvre Marcel.
- mais non je suis pas maigre et puis j'ai pas tres faim
- hé bien tu te forces sinon je vais devoir venir te faire manger


Elle partit d'un rire sonore qui soutira un sourire à l'ébouriffé. Si elle venait le forcer à manger, il vallait mieux qu'il mange seul. C'est que la Jeanne, quand elle aviat une idée derrière la tête, elle ne l'avait pas dans les pieds et elle laisserait pas le jeune gars tranquille tant qu'il mangerait pas ce qu'elle lui apportait.

- je vais les manger ces fruits ! vous avez encore gagné !
les bonnes femmes sont vraiment infernales je vous le dis !


Une fois de plus elle avait gagné, et une fois de plus il avait râlé. Mais un Aime qui ne râlait pas n'était pas un vrai Aime.

La boulangère a des écus qui ne lui coûtent guère, la boulangère a des écus qui ne lui coûtent guère.. b'jour madame..

Le jeune homme regarda Jeanne d’un air amusé puis regarda par la fenêtre, et ne voyant personne, se leva pour se pencher légèrement au dehors.

Elle en a, je les ai vus, J'ai vu la boulangère aux écus... ça fait un peu mal quand même. Quand j'ai pu mal faut j'aille voir Gus.

J’ai vu la boulangère .. un petit sourire à la gamine qui avait levé le nez vers lui et un regard sur son genoux. Tu es tombée ?


Angelle a écrit:


Le soleil était pas encore au-dessus de sa tête ce qui lui laissait un peu de temps pour rester assise, regardant les gens qui passaient, les yeux fixés sur le Casteth. Un jour elle serait princesse et un prince viendrait l’enlever sur son beau cheval et l’emmènerait vivre dans un chateau, comme celui-là. Gus il lui racontait souvent des histoires où y’avait toujours des princesses dans les châteaux. Elle se demandait s’il y en avait dans celui là.

- J’ai vu la boulangère

Etonnée de cette voix qui continuait sa chanson elle leva les yeux et se tourna vers la fenêtre. Un homme plus jeune que Gus la regardait en souriant et elle hésita. Peut être qu’il était méchant et Gus aimait pas qu’elle parle aux gens qu’elle connaissait pas. Mais il avait pas l’air méchant, et il connaissait la chanson alors c’était pas un vilain, les vilains connaissaient pas les chansons, elle en était sûre.

- b’jour ... tu la connais aussi ? c’est ma maman qui me l’a appris

Elle regarda son genoux puis le Casteth.

- suis tombée dans le trou là fit elle en montrant le fautif au coin de la rue.
Y’a une princesse qui vit dans le château ? Gus me dit que les princesses vivent toutes dans des chateaux.

Ses yeux brillaient tandis qu’elle se tournait vers Aimelin.

- tu l’as déja vu la princesse ?

Aimelin a écrit:

[Pau, Auberge du Casteth]

Il s’attendait à tout, ou presque tout avec une enfant de cet âge, mais pas à cette question. Il regarda le Casteth.

Je regarde tous les jours pour voir si je la vois sortir mais je ne l’ai pas encore vu.

Il avait vu sortir des sorcières et des mégères mais pas de princesses, même si certaines jeunes femmes qui en sortaent étaient ma fois fort jolies, il fallait bien le reconnaitre. Il baissa son regard vers la petite bouille enfantine qui le regardait et sentit son coeur se serrer. Quelle âge aurait Morgane la fille de May ? Il se tourna vers Jeanne qui n’avait pu s’empêcher de ranger son bol qu’il avait laissé sur la table et alla prendre un chiffon propre derrière le comptoir.

Je vais m’asseoir dehors sur le banc, je ne m’enfuis pas.

Il lui fit une petite grimace et se dirigea vers la porte qu’il laissa ouverte pour laisser la chaleur bienveillante du soleil entrer, et apres un petit regard à Angelle prit place à côté d’elle, regardant son genoux.

Tu as mis de l’eau c’est bien, il faut toujours nettoyer une plaie, aussi petite qu’elle soit.

Il appliqua doucement un coin du linge sur le genoux, enlevant les goutellettes de sang qui se formaient.

Le soleil va les faire sécher et ton genoux n’aura plus de marques dans quelques jours.

Il regarda autour de lui, s’attendant à voir ses parents dans le coin, elle semblait bien jeune pour être seule. Il ne se rappelait pas l’avoir déjà vu dans le quartier.

Quel âge tu as ? ta mère est au marché ?

Angelle a écrit:


- Ouiille.. ça pique un peu.

Elle regarda l’homme essuyer son genoux et repensa à la princesse. Quand elle avait une idée dans la tête...

- peut être que la princesse elle sort que la nuit pour aller retrouver son prince

C’était ça, la princesse sortait le soir et personne ne la voyait dans la journée car elle dormait et se reposait.

- j’ai six ans ... la fillette se renfrogna quand il parla de sa mère... maman est plus là. Des méchants les ont tué avec papa. C’est Gustave qui s’occupe de moi. Elle hésita un instantil répare la roue de la charrette.

Elle regarda Aimelin, une petite larme perlant au coin de son œil. La petite flamme malicieuse avait disparu comme par magie, comme à chaque fois que quelqu’un évoquait ses parents. Sa mère n’était plus là pour la caliner et la consoler quand elle se faisait mal où quand elle était triste. Gustave c’était pas pareil. Il était gentil mais les bras maternels lui manquaient.

- et toi tu as quel âge ? ta maman vit ici avec toi ?


Aimelin a écrit:

Ses yeux gris se fixèrent dans les noisettes de l’enfant quand elle évoqua ses parents. Pourquoi avait il fallu qu’il parle de çà. Le regard qu’elle jeta sur lui serra un peu plus son cœur. Ca n’était plus la petite bouille rayonnante qui lui faisait face, mais un petit visage où la tristesse avait déposé son voile.

Il la regarda sans rien dire. Il n’avait plus l’habitude de parler aux enfants et lui-même était si triste depuis la disparition de Dance qu’il avait du mal à parler de certaines choses. Mais les petits yeux ne le lâchaient pas et accompagnèrent ses questions. Il sourit.


j’ai vingt ans. Non mes parents ne sont pas ici, ils vivaient dans une autre ville en partant vers la mer quand on part vers Tarbes. Mais je les ai jamais connus.

Il marqua une seconde d’hésitation et regarda autour d’eux.

Si Gustave répare la roue de votre chariot tu as un peu de temps alors. Il se leva et la regarda d’un air malicieuxUn bol de lait et quelques tartines de bon pain te feraient plaisir ? allez viens on rentre.

Il lui montra la porte..

Ici c’est mon auberge, tu viens ?

Il franchit le seuil de la porte et s’assura qu’elle le suivait avant de s’adresser à Jeanne qui le regardait d’un air étonné.

Notre petite invitée a besoin d’un bon petit déjeuner.

Il regarda la fillette qui se tenait timidement devant la porte et lui montra la table pres de la fenêtre, où étaient encore ses parchemins.

Va t’asseoir je reviens.

Angelle a écrit:


Vingt cinq ans elle savait pas combien c’était mais c’était beaucoup. Mais moins que Gustave. C’était comme ses parents. Alors peut être que le grand il avait des enfants et qu’elle pourrait jouer avec eux.

un bol de lait et quelques tartines de bon pain te feraient plaisir ? allez viens on rentre.

Gustave il voulait pas qu’elle aille avec les inconnus mais elle allait juste rentrer dans la maison, elle pourrait s’enfuir si c’était nécessaire. Et puis l’appel de son estomac était plus fort que la raison. Elle était petite, mais depuis qu’elle était avec Gus, elle avait appris à se débrouiller et ne s’en laissait pas conter par les grands. Mais lui, il était gentil, elle en était sûre, et puis il avait des yeux de la même couleur que ceux de sa maman. Elle se pencha pour le suivre des yeux quand il rentra dans l’auberge et se leva pour le suivre, s’arrêtant après avoir passé la porte.
Une dame était là et pendant que le jeune homme lui parlait la fillette regardait autour d’elle. Il y avait des tables de bois et des bancs, une cheminée comme chez elle.


Elle prit place à la table et regarda dehors. Elle voyait encore le château et son petit sourire refit surface.


Aimelin a écrit:


Il prit deux bols et une corbeille de fruits qu’il déposa sur la table devant la fillette et s’assit en face d’elle, rangeant ses parchemins sur le côté.

Tu ne m’as pas dit ton nom… moi c’est Aimelin.
Ici c’est l’Auberge du Casteth, parce qu’elle est en face du château que tu regardes.


Il jeta un regard à Jeanne qui venait leur apporter du lait et du bon pain tout chaud et la laissa servir l’enfant.

Tu m’as dit que la roue de votre chariot était cassée. Mais où est elle la charrette ?
Tu es venue toute seule en ville ?


Il était étonnée que personne ne soit avec elle. Elle lui avait dit qu’elle n’avait plus ses parents, sans doute que ce Gustave faisait partie de sa famille et s’en occupait. Il la regarda manger avec un appétit d’oiseau et jeta un coup d'oeil à Jeanne. Voila une petite qui mangeait autant que lui, et il savait qu'elle allait la rouspéter, il prit donc les devants.

Tu manges autant que moi, Jeanne va encore râler.

Il éclata de rire en regardant la petite bonne femme qui faisait demi tour en secouant la tête et adressa un petit clin d’œil à Angelle.

la dame c'est Jeanne, elle m'aide à l'auberge


Angelle a écrit:

L’embêtant avec les grands, c’est qu’ils posaient toujours des questions. Elle leva le nez de son bol et le posa sur la table.

- m’appelle Angelle avec deux ailes comme les anges

Un grand sourire clôtura sa phrase

- la charrette elle est...

Elle fit une petite grimace essayant de se rappeler par où elle était arrivée, quand elle se souvint des grandes portes…

- elle est pas loin des grandes portes, tout au bout de la rue làelle montra la direction par la fenêtre la ville d’où on vient je crois elle s’appelle... lourde… lourde comme les sceaux que je porte pour aider Gus des fois.


Aimelin a écrit:

Le jeune seigneur la regardait amusé, observant ses mimiques. Tout en l'écoutant il repensait à Morgane, disparue avec son frère et sa mère, et il se prit à rêver de ce que serait devenue sa vie si déjà Aristote ne lui avait pas dressé des obstacles.

Avec deux ailes comme les anges. Il sourit en l'écoutant, Angelle avec deux "l" il se rappellerait. D'apres sa description, la charette devait être devant les portes qui menaient sur Lourdes et la fillette n'avaient pas dû parcourir beaucoup de lieues. Il avisa le jeune Tim qui comme à son habitude venait apporter quelques trophés de chasse à Jeanne et l'interpela.


Tim, tu peux aller aux portes côté Lourdes. Il doit y avoir un bonhomme avec une charette et une roue cassée.
Proposes lui ton aide et s'il le faut tu viens me chercher. Et dis lui bien que la petite Angelle est en lieu sûr.
Prends Altaïr.


Le jeune Lieutenant savait que le simple fait de prononcer le nom de l'étalon allait faire filer le gamin vers le lieu indiqué. Il regarda Angelle en souriant.

enchanté Angelle avec deux ailes comme les anges. Tim va aller aider Gustave et tu peux rester là en attendant.


Angelle a écrit:


Elle avait regardé partir Tim, soulagé de pas devoir affronter de suite Gus. Il serait en colère de savoir qu'elle était venue en ville. Mais si quelqu'un venait l'aider, il serait moins en colère.
Elle regarda autour d'elle d'un air étonné. Il ne semblait pas y avoir d'enfants mais peut être qu'ils étaient avec leur maman.

Elle regarda le grand assis en face d'elle. Il avait les mêmes yeux que sa mère et elle avait du mal à détacher son regard. Et puis il était gentil et Jeanne aussi était gentille et elle devait faire de bons gâteaux.

Elle hasarda sa question.

- t'as des enfants ? je pourrais jouer avec eux ?


Aimelin a écrit:
[Auberge du Casteth - fin août 1458]


- t'as des enfants ? je pourrais jouer avec eux ?

La mine du jeune homme s'assombrit aux questions de la fillette. Il la regarda avant de laisser son regard filer par la fenêtre. Les enfants, il en avait rêvé avec elle.

non je n'ai pas d'enfant... mais tu peux venir ici autant que tu veux.
Jeanne sera contente d'avoir de la compagnie


Il n'ajouta pas que lui aussi serait heureux d'avoir une présence enfantine dans son entourage. Voyant l'air curieux de la fillette tandis qu'elle le dévisageait il esquissa un sourire.

et moi aussi ça me fera plaisir que tu viennes. Si tu veux je te présenterai Altaïr mon cheval.
Tu verras y'a pas plus gentil que lui.



Angelle a écrit:


Quel dommage il n'avait pas d'enfant Aimelin et elle devrait donc jouer toute seule. Pourquoi il s'était tourné dehors ? Elle pencha la tête pour regarder vers le Casteth, peut être avait il aperçu une princesse en sortir. Mais non, aucune princesse à l'horizon.
Il avait peut être pas trouvé la maman pour avoir des enfants mais elle était sûre qu'il finirait par la trouver. Elle le dévisageait et sourit avant d'ajouter.


t'as pas trouvé une maman c'est pour ça ? puis se rembrunit à son tour en évoquant sa mère ... moi je l'ai plus ma maman... elle me manque.

Une petite lueur dans les yeux lorsqu'il lui parla d'Altaïr.

c'est ton cheval ? c'est vrai tu me le montreras ?
un jour je serai une princesse et j'aurais un beau cheval tout blanc pour me promener



Aimelin a écrit:
[Auberge du Casteth - fin août 1458]


non je n'ai pas trouvé .. enfin elle n'est plus là... elle .. est pa.. elle .

Il n'arrivait pas à dire certains mots concernant Dance. Il n'acceptait pas sa mort, ne pouvait supporter l'idée qu'il ne la reverrait plus jamais. Les jours étaient passés, son chagrin était là mêlé à la colère et au désespoir.

Il leva les yeux lorsqu'elle parla de sa mère et ne quitta pas les mirettes noisettes. Alors elle aussi était comme lui, elle aussi avait perdu celle qu'elle devait aimer plus que tout.
Il observa le visage de l'enfant, sentit son coeur se briser lorsqu'elle lui murmura qu'elle lui manquait. Comme il la comprenait et pourtant ce petit sourire dans ses yeux en questionnant sur Altaïr.
Il baissa un peu la voix ne sachant que lui dire.


ta maman elle est là ... il posa doucement sa main sur le coeur de la fillette ... jamais tu ne dois oublier ça.. jamais.
Ceux qui sont partis sont toujours autour de nous, ils nous aident même si on les voit pas.
Si tu écoutes bien tu pourras l'entendre et lui parler.

Tout ce qu'il lui disait il essayait de s'en persuader afin d'avancer comme sa blonde l'aurait voulu, comme elle le lui avait demandé avant de rendre son dernier souffle. Il ajouta.

bien sûr que tu pourras le voir et si tu veux je t'apprendrai à le monter.

Il la regardait et ses yeux n'étaient plus animés par l'amusement ou la curiosité. Il y passait une forme de tendresse en regardant cette gosse qui malgré ce qu'elle avait vécu, avait encore des rêves. Il savait, maintenant, pourquoi elle était là devant lui avec ses mirettes noisettes. C'est elle qui lui donnerait la force de vivre sans Dance, et de vivre ce que son amour disparu lui avait demandé.



Dernière édition par Archiviste le Dim 3 Aoû - 15:55 (2014); édité 16 fois
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MessagePosté le: Lun 6 Sep - 16:41 (2010)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Lun 11 Oct - 10:43 (2010)    Sujet du message: 1458-08-19 ~ Une petite fille prise dans la tourmente. Répondre en citant

Aimelin a écrit:

Tim était revenu accompagné de Gustave. L'homme vivait sur Pau et avait expliqué qu'il avait recueilli la fillette apres la mort de ses parents.

Pas une larme ne s’était échappé, pas un cri, pas un mot, avait raconté Gus. Une douleur silencieuse, bien pire que celles qui explosent.
Au fil des jours, la fillette était devenue l'habitude de l'auberge. Il aimait à la voir arriver en chantonnant, et riait de la voir travailler avec Jeanne qui rouspétait parfois sous des airs faussement bougons.

La fillette le faisait changer doucement. Elle n'avait que six ans, mais elle était déja forte et lorsqu'ils parlaient tout les deux, il se sentait devenir comme elle. Vivre avec cette douleur, la transformer en force pour ne pas se laisser aller et couler. Elle était devenue son petit rayon de soleil et il pensait que peut être c'était Dance qui la lui avait envoyée.
Vivre sans oublier, mais vivre.



Angelle a écrit:

[quelques temps apres]


Jeanne lui avait dit qu'Aime était dans l'écurie alors elle avait foncé, était sortie de l'auberge en courant pour prendre la direction des écuries juste à côté. Les portes étaient ouvertes, elle en avait franchi le seuil en criant

- Aiiiiiimmmmmmeee

Ses pieds s'étaient emmêlés et elle s'était retrouvée le nez dans la paille un petit picottement bien connu du côté de son genoux.

- j’ai tombé

Elle avait essayé de pas pleurer devant lui et elle y était arrivé. Pleurer c'est que quand elle était seule avec sa poupée de chiffon au coeur gravé sur la poitrine. Avec elle, elle pouvait pleurer sans faire de la peine à Gus, Jeanne ou Aime.

Elle l'observait en train de curer les pieds d'Altaïr. Un jour elle ferait les mêmes gestes, elle s'occuperait des chevaux.


- moi quand j’serai grande j’s’rai noble et puis aussi je s’rai une princesse



Aimelin a écrit:

- Aiiiiiimmmmmmeee

Il sursauta et leva le nez, laissant en suspent son geste, le pied d'Ataïr bloqué entre ses jambes, le regard fixé vers les portes de bois de l'écurie.

- que t’arrive t il Angelle
- j’ai tombé
- tu es tombée
- oui .. j’ai tombé


Question idiote en voyant la fillette le nez dans la paille. Le jeune seigneur abandonna le sabot d’Altaïr qu’il reposa au sol et se dirigea vers elle. Il s'accroupit à sa hauteur pendant qu’elle se relevait, une larmiche au bord des yeux.

- ca va pas trop de mal jeune cavalière ?
- moui
- viens je dois finir de curer les pieds d'Altaïr


Il s'était remis à l'ouvrage sous le regard observateur d'Angelle.

- moi quand j’serai grande j’s’rai noble et puis aussi je s’rai une princesse
- une princesse ? il te faudra trouver un prince
- pourquoi y’en a pas ?


Il laissa à nouveau le pied de l'étalon cette fois terminé et se redressa, regardant la gamine haute comme trois pommes qui lui faisait face. Un petit sourire à celle qui semblait attendre une réponse convenable.

- hum il n’y en a pas beaucoup tu sais.
- Tu en connais des princes ?


Ce qui était bien avec la petite, c’est qu’elle avait toujours le chic pour les questions bizarres.
Petit moment de réflexion avant de s’asseoir sur une botte de paille.


- J’en ai connu qu’un seul
- T’as connu un prince ?
se dépêcha d’ajouter Angelle en venant s’asseoir à côté de lui. Ses yeux brillaient, son sourire fendit sa petite frimousse.
- Oui.. ça fait longtemps tu sais.

Il laissa son regard gris croiser celui noisette et sourit

- tu sais la vraie noblesse, on l’a ici il pointa son doigt qu’il posa sur le cœur de la fillette. Et toi tu n’auras jamais besoin d’être noble pour être une jeune femme pleine de noblesse, d’intelligence et de bonté.

Il la regarda essayant de l’imaginer dans quelques années. Elle n’avait que six ans peut être sept, mais elle avait la lumière en elle, il le savait.

- Le prince il avait un beau cheval comme dans les histoires que me racontait maman ? sa mine se renfrogna, la petite lumière qui éclairait son regard disparut.

Aime la regarda le cœur serré. Il savait que parler de ses parents pour elle, c’était comme parler de Dance pour lui. Elle avait cette petite larme imperceptible sur le coin de l’œil, qu’elle retenait du mieux qu’elle pouvait à chaque fois. Il la regarda et effleura sa joue du dos de sa main.


Il avait un cheval oui .. c’était un bon prince et je faisais parti des gardes qui veillaient sur lui quand il se déplaçait.
Pour moi c’était un grand homme.


Une lueur mélancolique accompagna ses paroles. Tout ça lui semblait si loin, Juliano Di Juliani, la garde comtale, son arrivée en Béarn, et puis les nombreux mois qui avaient suivi, parsemés de bonheurs et de drames pour arriver à ce maudit jour de juillet qui lui avait enlevé sa raison de vivre.

Il s'agenouilla devant elle.


Tu sais quoi Princesse ? on va aller pêcher. Je suis sûr que Jeanne et Gus seront contents de nous voir ramener du poisson.



Gustave a écrit:

[Pau, l'Auberge du Casteth, une journée de mi septembre]

Depuis qu'la gamine avait rencontré le jeune Aimelin, elle passait son temps de libre à l'Auberge. Et pour trouver l'excuse de venir la chercher, Gus la rejoignait, histoire de pouvoir se taper un peu la causette avec la Jeanne.

L'était belle femme la Jeanne et il poussait parfois la fillette à y aller pour pouvoir venir la chercher.


- Gus !!
- qu'est ce qu't'as la pitchoun'
- j'arriv' pas !


Regard vers le parchemin où elle s'appliquait à dessiner les lettres qu'il lui apprenait Depuis qu'il l'avait recueillie il veillait sur elle, et s'était mis dans la tête de lui apprendre ce qu'il savait, et en priorité, écrire et lire. C'est non sans fierté qu'il se rendait compte que la petite était loin d'être idiote, et même si elle avait des progres à faire, il était satisfait de son travail.

- à quoi tu n'arrives pas
- là ! regarde c'te lettre ... me rappelle plus si j'dois mettre la boucle en haut ou en bas.
- si c'est un "a" en bas et si c'est un "o" en haut c'est facile pour se rappeler a = bas o = haut
- o = o ? bah moui
- o je veux dire en haut
répondit il en montrant le ciel
- ah moui en haut du ciel
- oui voila
- le "a" en bas le "o" en haut
murmurait elle en écrivant, tirant un peu la langue pendant que la plume capricieuse faisait parfois des accroches sur le parchemin.

Il souriait en jetant des regards complices à Jeanne qui les observait tout en s'affairant, pendant qu'ils étaient studieusement assis à l'une des tables de l'auberge.


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 08:40 (2018)    Sujet du message: 1458-08-19 ~ Une petite fille prise dans la tourmente.

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