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1458-10-06 ~[Oane Vira] L'Alabrena - Mesnie Saint Just

 
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MessagePosté le: Mer 6 Oct - 16:54 (2010)    Sujet du message: 1458-10-06 ~[Oane Vira] L'Alabrena - Mesnie Saint Just Répondre en citant

Gnia a écrit:



Une fois le Pont Vieux qui enjambait le Tarn traversé, l'on pénétrait dans le quartier cossu d'Oane Vira. Si l'on prenait ensuite à droite et que l'on suivait la route qui longeait la rivière, comme pour contourner le Parc, l'on finissait à déboucher devant un haut et imposant bâtiment de pierres flanqué de deux tourelles.
La façade austère fait face à la rivière et aux étages l'on a vu plaisante sur l'île qui ponctue le méandre du Tarn au sortir de Montauban. La bâtisse, de par ses dimensions et l'impression d'invulnérabilité qu'elle dégage, constitue ce qui semble être une place forte depuis laquelle l'on peut surveiller le fleuve des lieues à la ronde.

Si l'on passe le porche fermé de lourdes portes l'on débouche sur une vaste cour où trône un puits et autour de laquelle s'agglutinent cuisines, écuries, chenil, magasins et autres dépendances. A l'étage noble, la grand salle, un salon et les appartements de son Infâme Grandeur. Les deux derniers se partageaient entre les proches de la Saint Just et sa mesnie pour le plus confortable, celui sous les combles abritant la domesticité.


Devant la psychée, Agnès s'observait de profil le visage sévère. Les mains tiraient en arrière l'aérien tissu de sa longue chainse pour former une boule sur le creux des reins.
Sourcil circonspect qui se soulève à la navrante constatation que sa gorge semble à l'étroit là où auparavant elle pouvait se mouvoir sans entraves. L'une des mains vient lisser la mousseline sur le ventre. Moue dubitative qui éclot sur le visage poupon de la Saint Just et verdict qui lui arrache un soupir déchirant. Ca se voit pas encore, mais ça va pas tarder.
L'on avait bien essayé de remédier à la situation. Agnès avait prélevé dans les derniers achats qu'elle avait fait chez son apothicaire véreux à Tarbes une décoction dont la couleur, l'odeur et le goût n'inspiraient rien d'autre qu'une profonde méfiance. Malheureusement en lieu et place d'une flaque de sang, elle avait rendu ses tripes toute une nuit durant. Echec.

Le retour d'une camériste portant sur son bras un bliaut carmin interrompit le contrôle technique en cours. La Comtesse du Lavedan la laissa finir de l'habiller, grimaça lorsque elle entreprit de coiffer sa crinière récalcitrante, fronça les sourcils lorsque les lacets qui cintraient la robe vinrent plus encore engoncer sa poitrine dans son cachot de tissu.

Dernières touches à sa toilette, la courte dague fut glissée sous les vêtements et elle entra dans la Grand Salle. La jonchée venait d'être faite et une odeur pénétrante d'herbes coupée saturait l'atmosphère. Se glissant sur l'un des bancs de pierre qui meublaient une alcôve, elle relut à la lumière du matin ensoleillé un parchemin.
Aujourd'hui Agnès de Saint Just et de Dublith embauchait le jeune Grimoald de Montmorency comme maître-queue au sein de sa mesnie et d'ici quelques instants, tous deux devaient sceller cette collaboration d'un contrat.

Scènes d'une journée que tout annonce ordinaire à La Salamandre.


Dernière édition par Archiviste le Ven 26 Nov - 11:40 (2010); édité 2 fois
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MessagePosté le: Mer 6 Oct - 16:54 (2010)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Ven 8 Oct - 21:57 (2010)    Sujet du message: 1458-10-06 ~[Oane Vira] L'Alabrena - Mesnie Saint Just Répondre en citant

Gnia a écrit:
["Du Béarn, je ne veux garder que vous."]


Branle-bas de combat à l'Alabrena. Non point pour faire acte de résistance active au dernier décret municipal, sur ce point, l'on était prêt déjà. Mais parce qu'aujourd'hui on recevait. Des messagers avaient rapporté que Rose était arrivée en ville ou ne tarderai pas, qu'Aimelin et les nouvelles cavales que la Saint Just lui avait demandé de se procurer ne devaient pas être loin non plus, Célénya avait été rencontrée au détour d'une taverne la veille et Kirika était toujours dans le coin.

Aussi, la maison grouillait d'une effervescence peu commune. Les chambrières préparaient de quoi loger durablement Rose et de quoi offrir l'hospitalité aux autres. Grimoald avait été sommé de songer à un dîner copieux. Eoghan avait dû délier les cordons de la maigre bourse comtale et était chargé de veiller à ce que tout soit fait pour que les convives ne manquent de rien. Melina avait été conviée à se joindre à l'assistance, évidemment. Et puis Georges... Et bien, Georges était Georges, il suffisait qu'il s'acquitte de son rôle de Georges.

Le front appuyé au froid carreau de l'une des fenêtres de sa chambre, Agnès guettait la route et le vieux pont, perdues dans des souvenirs qui prenaient leur source pourtant dans un passé pas si lointain.
Le Béarn. Ce comté où elle avait suivi à reculons son époux, duquel elle n'attendait rien. Et pourtant, s'il avait été avare en événements heureux, il avait su tout de même laisser quelques amitiés solides nourries au bon grain de la politique et de l'adversité et une nièce plus aimante qu'une fille. Cela suffisait-il à contrebalancer le tour soudain que sa vie avait pris sur ces terres hostiles ? Il le fallait. Il le fallait absolument, désespérément, résolument ou alors le temps qu'elle avait pu passer en Béarn perdait alors tout son sens, cette petite pointe sucrée qui parvenait parfois à masquer le goût extrêmement amer qu'elle en conservait.

Dans son champ de vision, elle aperçut l'un des garçons d'écurie courir comme un dératé sur le chemin qui partait du pont et longeait le Tarn pour revenir à l'Alabrena. Agnès s'extirpa de ses sombres pensées et quitta prestement l'étage pour aller aux nouvelles. Une fois, arrivée dans la cour, elle entendit le mioche rougeaud gueuler entre deux halètements


Y'a du monde qu'arrive !

Ouais. On savait. C'était pas comme si on attendait du monde depuis la veille... La Saint Just leva les yeux au ciel et apostropha le garçon

Ouais. D'accord. Mais encore ? Tu as reconnu les couleurs de la Dame de Longastre, celles de Lasson, d'Etampes sur Marne ?

Le gamin leva vers elle un regard craintif doublé d'un visage perplexe.

Chais pas Vot' Grandeur. J'ai juste vu des gens pas du coin à ch'val, alors j'ai couru.

Soupir las. Toi mon garçon, en éclaireur, tu vaudrai pas un clou...
Il ne restait plus qu'à espérer que les cavaliers qu'il avait aperçu ne soient pas juste un groupe venu rejoindre une des armées guyennoises ou l'escorte d'un voyageur d'importance qui faisait étape à Montauban.


Aimelin a écrit:
[Un ébouriffé et quatre chevaux]


Vous pouvez pas vous tromper jeune homme, vous passez l'Pont Vieux puis vous longez la rivière par c'coté.. qu'elle lui avait dit la femme... vous pouvez pas la louper la bâtisse. Elle est grand' comm' ça !

Aime avait remercié la femme, d'un sourire et s'était remit en marche après sa petite halte pres d'une fontaine pour faire boire les bêtes et se rincer aussi le gosier d'un bon vin du Tarn qu'il avait déniché sur le marché.

Si l'on revenait en arrière de quelques semaines, l'on tombait sur ce jour de fin d'été où il avait reçu missive d'Agnès lui demandant s'il lui serait possible de lui trouver trois bêtes. Non quelques ennemis, mais des chevaux.
Connaissant quelques bonnes personnes à qui il avait écrit, il n'avait pas mis beaucoup de temps à rassembler les trois bestiaux.
Un superbe demi trait qui ferait merveille au combat, s'il y avait combat, un cheval de gabarit raisonnable, c'est à dire à la taille d'Agnès, venant du nord, du côté des terres anglaises et qui galopait bizarrement mais à une vitesse impressionnante et ferait merveille aux joutes, et une jument bien proportionnée et docile qui serait une parfaite compagne de promenade.

S'occuper de rechercher les chevaux désirés lui avait évité de trop penser. Si les jours se suivaient et se ressemblaient il ne faisait rien pour en changer le fil et plus les jours passaient, plus Pau devenait un mouroir d'où il n'avait plus envie de sortir pour rester près d'elle. Malgré les demandes de Kirika et Ptit, il n'avait pas eu le courage de partir du comté, et cette demande de Gnia était donc venue à point pour l'obliger à bouger.

Le Pont Vieux franchi il avait longé le Tarn comme indiqué, savourant ces moments de calme et avait regardé d'un oeil amusé un gamin partir en courant en les voyant approcher. S'il faisait peur aux gosses, il allait devoir remédier à ça.


Hoooo !

Le jeune ébouriffé avait stoppé l'étalon lorsque la bâtisse s'était dressée devant eux, face à la rivière.

doit avoir une sacrée vue de la haut laissa t il échapper en regardant le bâtiment.

Petite pression des talons pour remettre sa monture en marche avant de se présenter devant les lourdes portes, levant les yeux vers les tourelles et la façade imposante.


Ptitmec13 a écrit:
[Une blonde, un blond et une louve]

La blonde avait réussi à s'échapper... dans un premier temps du Béarn qui avait bouffé tout ce qu'il avait pu... sa volonté, sa joie de vivre, ses gamineries, son insouciance ... et surtout sa vie. Elle avait décidé de faire une longue pause loin de ce Comté gargantuesque... A peine arrivée à Montauban que des gardes l'avaient confinée dans sa chambre d'auberge. Seules quelques très rares escapades lui avaient été permises. A force de négociations elle s'en était débarrassée. Noméoh.. c'est quoi cette manière de garder isolée une belle blonde qui n'a soif que de vivre.

Elle avait croisé la St Just en taverne, heureuse de la revoir après temps de temps. Elles avaient papauté puis l'invitation était tombée. Sitôt les gardes foutus à la porte, la blonde avait rassemblé ses affaires, rhoo pas grand chose.. bien qu'anoblie elle ne s'embarrassait pas du futile, surtout pour un si long voyage.
Elle avait fait prévenir aussi le beau blond qui l'accompagnait. Canhou.. plus d'un an qu'ils se connaissaient mais c'était comme ci ils se découvraient l'un l'autre sous un autre jour.

Ils prirent donc la route qu'on lui avait indiquée, elle n'avait pas choisi la facilité son infamie...
Elle était vêtue de ses sempiternelles braies et chemise, sans aucune distinction de rang. Pourquoi aurait elle du changer? Si elle avait été anoblie c'était pour ses valeurs qu'elle défendait et non pour l'apparat. Seul son bouclier arborait ses armes de sable et d'or, accroché à l'arrière de la selle.
Alors qu'elle pensait s'être trompée elle aperçut la grande bâtisse ainsi que la silhouette d'un homme à cheval qu'elle reconnaitrait entre mille. Une petite ombre de tristesse passa dans son regard en pensant aux derniers mots qu'ils avaient eus... C'était un peu comme s'il lui demandait de faire un choix. Même s'il ne l'avait pas fait intentionnellement...

Sans rien laisser paraitre, elle fit accélérer l'allure de Belle Dragonne, vérifiant que son compagnon faisait de même. Sa louve, elle, se tenait éloignée pour éviter d'affoler les chevaux qu'Aimelin tenait par la bride.


Salut beau brun...

Peut être serait il surpris, ou peut être pas...
Sourire mutin qui irradie le visage de la blonde.


Aimelin a écrit:
[Un ébouriffé, quatre chevaux, une blonde, un blond et une louve]


Hola y'a quelqu'un !?

Hum si personne répond nous faudra escalader la façade mon petit Aime. Pas grands prises de ce côté puis vu la hauteur si tu tombes tu iras rejoindre Dance en un temps trois mouvements.

Pensées qui firent leur chemin il n'avait jamais pensé à cette façon de la retrouver. Elle lui manquait c'était indéniable, et il avait beau avoir eu proposition de mariage avec vassale d'un Duc, il n'en avait pas moins refusé poliment la proposition de cette connaissance, son coeur appartenant encore à sa blonde disparue. Personne ne pourrait le lui reprendre avant longtemps. La prochaine prétendante, ou les prochaines soyons fous ou réalistes, devraient se contenter des autres parties de son corps, son coeur restant fermé jusqu'à dans longtemps.

Il en était là de ses réflexions lorsqu'une voix se fit entendre derrière lui.


Salut beau brun...

Haussement de sourcils en apercevant Ptit. Ils s'étaient croisés la veille en taverne alors qu'il avait également retrouvé avec bonheur, la douce Rose avec qui il avait tant discuté apres les évènements de Vae. Ptit était radieuse, un homme devait sans doute être la dessous, il la connaissait trop bien. Elle avait confirmé le fait et il en était heureux pour elle, comme à chaque fois, mais cette fois ci il n'avait donné aucun conseil, pour lui voir un couple était une déchirure.

Et en tant que roi officiel de la diplomatie, il avait lancé d'une voix sans sourire, qu'il n'irait pas en Champagne avec un couple. Pas qu'il ne voulait pas aller avec eux, c'était juste que voir deux personnes heureuses quelles qu'elles soient, lui faisaient mal.
De toute façon il ne savait pas quand il retournerait dans ce duché qui avait fait son bonheur puis son malheur avec la mort de Mayane et des jumeaux, Gael et Morgane.
Un sourire sincère malgré le malaise qu'il ressentait, s'afficha sur son visage mal rasé.


Bonjour belle blonde... un sourire également à l'homme qui l'accompagnait... bonjour messire.

Et un regard vers les chevaux qu'il tenait.

Voila l'une des causes de ma présence ici. Une commande d'Agnès qui date de la fin d'été.

Se justifier, comme pour s'excuser de ne pas avoir quitté Pau plus tôt. Mais Elle était à Pau, non loin de ce bois qui avait souvent abrité leur bonheur. S'en éloigner lui déchirait le coeur.

Aujourd'hui il devait sourire et rire, et s'il laissait parfois une lueur mélancolique ternir ses yeux gris, il essayait de ne rien laisser paraître. La froideur et la distance, seule arme qu'il avait trouvé pour se protéger et lutter contre le désespoir qui noircissait son coeur et sa vie chaque jour qu'Aristote lui permettait de vivre.

Hormis Cécé et Dotch, et quelques lettres de soutien qu'il gardait avec lui, il n'avait revu personne depuis ce terrible 19 juillet, et il appréhendait de revoir les amies chères à son coeur, craignant qu'on s’apitoie sur lui et qu'on en oublie Dance, alors qu'il voulait juste qu'on l'aide à vivre sans Elle.

Un sourire en regardant les grandes portes.


j'ai vu un gamin partir par là, sans doute a t on annoncé l'arrivée de visiteurs.


Canhouston a écrit:
[L'Éthique, un blond et un gamin]

La salle de la bibliothèque était vide. Canhouston penché sur le premier et sur le cinquième livre de l'Éthique à Nicomaque, ouverts sur la table, murmurait :

... Ils doivent aussi s'aimer les uns les autres car l'amour est le seul vrai sens de la vie... L’homme doit cultiver l’amitié au sein de la communauté aristotélicienne; ce qui implique de ne pas tuer un autre homme... La vertu de justice est la vertu par laquelle l'être humain accomplit sa finalité éthique... Le juste c’est l’égal...

Les mots du prophète resonnaient dans sa tête comme des coups de cloches. Il leva la tête et il s'étira un peu, comme un chat endormi.

Montauban... Montauban...

Il était drôle avoir choisi précisément un des centres de la Réforme pour aborder les traités et les ouvrages d'Aristote. Ou simplement, logique. Il avait connu un tas de personnes réformés dans les tavernes montalbanaises... Les réformés, ou mieux, les Lions. Les mêmes Lions qu'ils avaient attaqué le Béarn. Le sang avait coulé, son épée en portait encore quelque trace. Il avait tué, lui aussi pour défendre ses terres contre l'hérésie. Une hérésie, laquelle? Il n'était pas encore baptisé...
Perdu dans ses pensées, un gamin mal habillé entra dans la salle. Il tourna la tête à droite et à gauche, puis il se dirigea hésitant vers lui. Une fois arrivé face au charpentier, il lui demanda à voix baisse :


C'est vous Canhouston?

Il lui répondit affirmativement et le gamin continua :

La Dame de Lasson vous prie de le suivre, elle vous attend, les chevaux sont prêt à partir.

Ah! Une excursion! Finalement ma belle peut sortir de sa chambre à l'auberge. Voilà une magnifique nouvelle! Exclama-t'il. Il ferma les livres et, en signe de remerciement, donna au gamin un écu.

Voilà, pour toi! Et merci pour le message.

Le gamin trottina heureux hors de la salle. Canhouston le suivit sous peu en laissant un signet sur les livres. Il ne voulait pas faire attendre Célénya.




[Un ébouriffé, quatre chevaux, une blonde, un blond et une louve, deuxième partie]

Le lourdais arriva à l'auberge sans perdre du temps. Vétue comme d'habitude, Ptit était là, prête à partir.

Salut ma belle! Je vois que tu vas beaucoup mieux, hein?

Quand elle le vit, elle s'approcha à lui et lui dit que Gnia, oui, la magnifique Comtesse du Béarn qui vivait ici à Montauban au milieu des Lions, elle, qui les avait combattus, les attendait. Bouche bée, il ne dit rien, il monta sur son cheval et il suivit sa blonde et sa louve, en pensant... "Gnia? Ici??? Mais qu'est-ce qu'elle fait ici??? Erel, sûrement, n'aurait pas approuvé. Elle, s'établir dans un village de réformés, une des bourgades les plus malfamées du Sud de la France, mordiable!!! Bah, elle peut vivre où elle veut, ignoble créature: en fin des comptes, elle va se trouver bien dans la fosse aux lions... Mais moi??? J'ai quitté l'Ost pour ne pas prêter serment à une vipère comme comtesse et me voilà accompagner ma blonde chez son repaire...Suis-je idiote ou pas???"

Les pensées de l'homme l'accompagnèrent pendant tout le voyage. Quand il fut sur le point d'arrêter le cheval et rebrousser chemin, les voix de Ptit et d'Aimelin lui firent comprendre qu'ils étaient pratiquement arrivés. Il était trop tard pour retourner à Montauban. En souriant à Aimelin, il inclina la tête et il lui répondit :

Bien à vous.

Probablement, dire bien à vous à une personne qui venait de perdre son amour n'était pas trop adéquat. Mais, Canhouston, dès qu'il avait quitté son poste d'ambassadeur pour se dédier aux armes, avait perdu ses facultés oratoires.

Voila l'une des causes de ma présence ici. Une commande d'Agnès qui date de la fin d'été. J'ai vu un gamin partir par là, sans doute a t on annoncé l'arrivée de visiteurs.

Il était forcé à les suivre. Un peu inquiet, il regarda Ptit pour lui dire... Mais de sa bouche ne sortit aucun mot. Il ne pouvait que les suivre chez son Infamie.


Ptitmec13 a écrit:
Ptit regardait Aimelin, son sourire franc la réconforta, même si elle ressentait son malaise. Pas facile de voir un couple quand on vient de perdre la lumière de sa vie, elle le savait, elle en avait fait les frais aussi.
De toute façon elle ne pouvait qu'accepter, elle ne voulait en aucun cas perdre son ami et le pousser à bout pour le faire réagir pourrait avoir pour effet une déchirure.
Le temps ferait son travail, elle était juste fortement déçue de ne pas pouvoir faire ce voyage avec lui. Canhou s'était bien proposé de faire demi tour vers Lourdes pour les laisser voyager tous les deux mais elle avait refusé.

Elle adressa un sourire aux deux hommes puis se tourna vers la double porte...


Si un gamin est passé par là c'est qu'on peut y passer aussi...

Sourire malicieux qui vient illuminer son visage, et la voila qui saute au bas de sa jument et s'approche doucement des grandes portes.
Sous deux regards fixés sur elle, elle fait de grands pas en arrière comme si elle voulait prendre de l'élan. A bonne distance la voilà qui s'élance vers la porte et présente son épaule pour la défoncer.
Et là!!! Ben stop toute, machine arrière, arrêt sur le fil.. enfin ce que vous voulez.. c'est qu'elle est pas folle la blonde, elle tient à son épaule.. droite devant le perron à quelques millimètres de la porte elle se tourne et regarde les deux hommes avec un sourire angélique.
Délicatement elle prend le heurtoir et l'assène fortement contre la porte à plusieurs reprises. Dans la bâtisse l'écho des coups se propagea dans les couloirs.


Rosedeplantagenest a écrit:
[rp][Où une âme émiettée va tenter de se reconstituer…]

La Guyenne…Nouveau Duché, nouvelle vie ? Elle l’espérait, et s’accrochait à quelques bribes de joyeux souvenirs pour enfin rebâtir sa vie icelieu, aux cotés de sa comtesse de tante et suzeraine…La rage qui la submergeait depuis plusieurs semaines voir mois l’empêchait de manger quoique ce soit, son teint était devenu blanc et c’est une Rose amaigri qui avait fait mander à ses hommes de la conduire jusque chez sa tante Agnes de Saint Just de Déneré.

Inquiet, Wolverine voulait la stopper dans ce long périple mais elle était plus souvent une épine qu’une douce rose et lui aussi s’était inclinée à ses désirs. Après avoir demandé où vivait la Comtessa, ils l’avaient mené sur les routes du castel, et peu avant son arrivée, ils prévinrent Rose. Cette dernière avait changé de tenue dans une auberge à l’orée du bois, peu de monde, et elle avait craqué, en acquérant cette bâtisse pour l’offrir à Wolverine, signe du respect et de l’amitié qu’elle portait au sourd muet qui la suivait depuis plusieurs années maintenant. Elle n’avait pas encore trouvé pour Dyruvia mais cela ne saurait tarder et lorsqu’ils ne leur restèrent plus que quelques lieux à parcourir, elle leur offrit leur tenue pour se présenter à Agnès.

Les hautes tours du castel devenaient apparentes et Rose se trouva nostalgique…Encore une fois elle revenait aux cotés de sa tante…

Son vieux mais néanmoins fidèle cocher fit annoncer aux gardes du castel que Rose était là et c’est dans un sourire, à l’arrière qu’elle écouta sa voix chanté
:

« -Damoiselle Rose Deldor de Plantagenêt, Dame de Longastre demande audience à Sa Grâce Agnès de Saint Just de Déneré… »

Comme d’habitude il avait oublié tout les titres de sa tante, ce qui fit rire Rose, et ce n’était pas audience qu’elle mandait c’était un toit avant de trouver ou vivre elle-même…Mais tant pis, la voiture avança de nouveau jusqu’au centre de l’entrée, et lorsque les chevaux ralentirent, elle glissa une main dans sa longue chevelure libre et bouclée, la replaçant sur ses épaules, le cœur battant à toute rompre. La porte s’ouvrit et Rose déposa sa main sur celle de son cocher, descendant en plissant les prunelles éblouies.

« -Alors c’est donc icelieu que vit ma tante… »[/rp]

Eoghan a écrit:
La gestion des domaines et les finances de la Comtesse Saint-Just, un vrai casse-tête en soi. D'un côté, on avait les fiefs Artésiens. Des vrais crève-bourses, puisque que ce soit la Seigneurie, la Baronnie, mais surtout le Vicomté, c'était en général des territoires à forte tendance militaire, comme Bapaume par exemple, qui était la place-forte et stratégique de tout l'Artois, et donc où les trois quarts des finances de la Comtesse passées pour pouvoir entretenir une garnison honorable, et un entretien des fortifications suffisant. Bref, un coût monstrueux, et difficile de faire des économies dans le domaine sécuritaire.
En terme de gagne-pain, ne restez donc que la Seigneurie d'Herlies, dépendante du Comté de Saint-Omer. Heureusement, Eoghan avait trouvé là un bon filon à exploiter. Situé non loin de la frontière flamando-artésienne - puisque territoire flamand - le jeune blondinet a eu l'illuminée idée de faire jouer sur les droits de douanes entre Bapaume et Herlies. Dans le détail, c'était une stratégie ennuyante à mourir pour qui ça n'intéresse pas, donc cela sera réservée à la seule connaissance d'Agnès. La seconde idée étant plus simplement celle d'investir dans la production de tapisseries pour en faire commerce dans tout le Nord du Royaume, et pourquoi pas à l'occasion, d'en importer vers la Guyenne pour en faire là aussi l'export.
Enfin, ne reste plus que le Comté du Lavedan. Terre d'élevage et quelques peu agricole, contenant trois vallées, c'est un territoire faiblement peuplé, où le passage est faible et le commerce difficile. Cependant là aussi, le Dénéré-Malines avait quelques idées à développer auprès de son Infâme Grandeur. Espérait-il juste être à la hauteur de sa fonction au sein de la mesnie, et rétablir l'équilibre financier auquel espérait l'Artésienne.

Perdu donc dans ses pensées stratégico-économiques, c'est avec un étonnement certain que le Dragon, posté devant une fenêtre du premier étage, vit un carrosse aux armes de sa cousine faire acte de présence dans la cour de l'Alabrena. Sachant qu'un autre groupe de personnes - que là il ne connaissait pas - venait également d'arriver, et n'ayant aucune envie de se taper leur accueil, il descendit à toute vitesse les escaliers, puis sortit par une des portes latérales de la demeure, habituellement usitée par la domesticité pour la discrétion.
Nul doute en la voyant, c'était bel - et surtout belle - et bien sa cousine. Resplendissante, bien que donnant l'impression de porter une froideur qu'il n'avait nullement perçu lors de leur rencontrer à l'Hostel Gilraen à Paris. S'avançant à pas prudents, arrivé à sa hauteur, Eoghan la salua comme il se devait, donc en s'inclinant.


Rose, ma cousine. C'est un véritable plaisir autant qu'une grande surprise de vous revoir icelieu !

Sourire radieux qui marque le visage du désormais majeur blondinet, franchement heureux de revoir un membre de sa famille, encore plus s'agissant de la Plantagenest.


Gnia a écrit:
["Grâce à Dieu, je suis ce que je suis" - [size=9]Devise du Béarn[/size]]


Etrangement, presqu'un an jour pour jour, Agnès avait alors pris la mesure de sa nouvelle province et très vite elle avait porté le deuil. Aujourd'hui, elle commençait à peine à apprivoiser un environnement complètement nouveau, où sa seule connaissance n'était pas de celles dont on se vantait, et elle portait les couleurs et les habits du deuil. Evidemment les circonstances n'étaient pas tous à fait les mêmes. Simplement de toutes ses robes d'apparat, celle qu'elle avait fait confectionné alors qu'elle honorait la mémoire de son époux, était la seule qui ne la gênait pas aux entournures. L'on aurait pu la penser enfin bien portante après tant de périodes où elle s'était amaigrie. Il n'était pas encore l'heure de soupçonner pour qui ne la fréquentait pas au quotidien qu'elle cachait en son sein une vie en de venir et qui se serait pas. Elle l'avait décidé et ce que Saint Just voulait, elle l'avait. Presque toujours.

Dans un froissement de cascades de soie grège, la comtessa quitta ses appartement et descendit accueillir ses invités. Un franc sourire pour l'ébouriffé et les trois cavales qu'il avait amené. Son regard glissa rapidement sur les trois bêtes, jaugeant les montures en un coup d'oeil avant que son regard ne se pose sur celui en qui elle savait pouvoir avoir toute confiance pour le choix des chevaux. Et pour le reste.
Trêves de protocole, Agnès donna l'accolade à Aimelin en lui murmurant à l'oreille ce qu'elle avait été incapable de lui écrire.


Sois assuré de toute ma sympathie pour la perte que nous avons subi, toi plus que les autres, Aimelin...


Et de resserrer un instant son étreinte, celui nécessaire à reprendre contenance, avant de faire signe au garçon d'écurie de mener les montures aux stalles. Puis le regard se pose sur Ptit et son compagnon. Accolade de rigueur pour sa complice de prévôté et salut discret à son compagnon qu'elle se souvient vaguement avoir croisé à l'Ost.

Allez, entrez donc, on va vous conduire à la grand salle où de quoi nous abreuver nous attend avant que le dîner soit servi. Pour ceux qui désirent rester et accepter l'hospitalité de l'Infâme, j'ai fait préparer des chambres...

La Saint Just hausse un sourcil et réfrène un mouvement de recul à la vue de la bête fauve qui accompagne la Dame de Lasson. Délicatement, elle passe son bras sous celui de Célénya en l'entrainant vers l'intérieur de la bâtisse et lui glisse avec le plus de diplomatie dont elle peut-être capable, c'est-à-dire presqu'aucune.


Ma chère, votre... fauve devra rester dans l'une des dépendances de la cour, loin de mes chevaux qui prendraient peur et surtout loin de mes chiens, dressés justement pour la chasse au loup, sinon l'odeur les excitera, ils seront intenables et votre bête effrayée... Je gage que nous trouverons bien un moyen de faire cohabiter tout ce petit monde...

Point le temps d'accompagner plus loin ses hôtes qu'une voiture a fait son entrée dans la cour. Agnès confie alors ses convives à son fidèle Georges. Il saura veiller à leur confort le temps qu'elle accueille sa nièce dont elle a reconnu les armes sur les portes du coche. Un "si vous voulez bien m'excuser" est murmuré mais Agnès veut voir Rose. Ses derniers courriers étaient alarmants et bizarrement, l'Infâme qui ne semble aimer rien ni personne, que rien ne semble vraiment tout à fait ébranler, se pique de l'inquiétude d'une soeur pour sa Rose piquante.
Rejoignant son nouvel intendant déjà auprès du carrosse, elle pose le regard sur sa nièce. Et soudain, les azurs qui pétillaient de joie l'instant d'avant se font sombres et pleins de colère à la vue de l'état de sa nièce.


Rose, ma nièce, ce faquin paiera pour avoir réussi à faner votre joie de vivre ! J'en fais le serment !

Et parce qu'il semblerait qu'aujourd'hui soit le jour où le protocole est relégué aux oubliettes, Agnès prit sa vassale dans ses bras et l'étreignit avec force.

Vous avez bien fait de venir... Il va falloir éclore de nouveau, ma Rose. Je vais prendre soin de vous.

A défaut de prendre soin de moi.

Et d'inviter sa nièce et son parent à rejoindre les autres autour d'un de ces fameux petits vins de Jurançon qu'elle a fait venir juste pour l'occasion.
Même si elle n'avait aucune hâte de prendre des nouvelles du Béarn, elle voulait en avoir de ceux avec qui elle avait partagé, tenté de construire, essayé de transformer un comté de bouseux plus ou moins satisfaits de leur médiocrité en un comté florissant. Ceux qu'elle estimait étaient ceux qui avaient pensé comme elle, changer, pour la gloire du Béarn. Quand on voyait le résultat... Il y avait de quoi douter sur la capacité des gens à vouloir sortir d'eux-même de leur marasme.

Chassant sa passagère montée d'amertume d'un claquement de langue agacé, elle entra enfin dans la salle de réception et lança à la façon des crieurs publics en place publique de Pau, un tonitruant


Béarnaises, Béarnais, Saludi et Pax !

Avant d'échapper un petit rire, de faire servir les coupes du vin moelleux et de lever son verre, la mine s'étant faite soudain plus grave.

Bienvenue à l'Alabrena !
A ceux qui sont présents et ceux qui devraient être encore avec nous et que, malgré nos pleurs et protestations, le Très Hauct a jugé bon de rappeler auprès de Lui !
Puissions-nous leur faire longtemps honneur et célébrer leur mémoire...


"Cette eau, souvenir de ton baptême,
nous rappelle que Dieu a fait de toi son enfant.
Qu'il te reçoive aujourd'hui dans sa Paix !"

Et peu importe la couleur et l'odeur de l'eau en question.
Le regard s'est fait résolu, la tristesse se fait austérité et le contenu du verre est avalé en quelques gorgées dont la dernière est versée au sol.
Celle pour nos morts.


Ailein a écrit:
***Le pont vieux..le pont vieux..il fallait être bien sot pour le rater, ça oui, par contre le reste du chemin était beaucoup moins clair. Ailein se fustigea, mais quelle idée de ne pas prendre de note. Elle avait tellement eu peur de faire mauvaise impression qu'elle s'était comportée comme une gourde.
Bon le pont vieux traversé mais ensuite.....
Flûte, elle aura du aller au bureau du cadastre...si elle n'avait croisé papi en chemin elle en aurait eu le temps...cette manie qu'il avait de vouloir tout savoir aussi.

"mais où vas-tu ma tiote?" "t'es sûre qu'elle est bien c'te dame?" et j'en passe
Raaaa elle l'adore son papi mais quand même à 15 ans passé elle est suffisamment grande pour prendre ses décisions toute seule.
Mais lui d'en rajouter "oui biensur tiote, mais j'veux quand même la rencontrer"
Et la voilà, perchée sur le pont vieux avec papi à se demander quelle directions prendre....de se remémorer la discussion... elle avait donner un nom...labra..lala...lalabrena!!
Oui c'est bien ça, demander son chemin et repartir en courant, enfin en marchant rapidement, papi ne va pas suivre et elle veut faire bonne impression hein...s'agit pas de se faire virer dès le premier jour pour être arrivée en nage et toute essoufflée.

Enfin l'édifice, imposant apparut avec un non moins imposant porche flanqué de lourdes portes.
La bâtisse avait un air lugubre, Ailein en eu froid dans le dos, se demandant comment l'on pouvait vivre la dedans.
De plus, en ce début d'automne, l'air était frais et rendu humide par la proximité de la rivière.
Prenant son courage à deux mains et aussi pour en montrer à papi, ailein frappa à la porte.
***


Rosedeplantagenest a écrit:
[Bouffée d’oxygène et de bonheur voilée par une mise à mort à faire…]

Enfin un visage connu fit son apparition, si rapidement après sa descente qu’elle sentit son visage se décrisper pour la première fois depuis très longtemps. Les prunelles brillèrent en la voyant icelieu et accompagnée de son cousin qu’elle avait fort bien apprécié. Le sourire qu’elle leur offrit était sincère et alors que sa tante la prenait dans ses bras, elle sentit une émotion la submerger, comme envie de pleurer, soulager d’être enfin aux cotés de personnes sincères…

« -Eoghan, Au nom d’Aristote que je suis heureuse de vous revoir ! »

Elle lui offrit une petite révérence et se raccrocha au bras de sa tante.

« -Agnès, ma tante qu’il est bon et doux de vous avoir à mes cotés… »

Elle lui sourit, un pincement au cœur sur toute sa vie qui venait de s’écouler, les mensonges et trahisons dont elle avait été la cible…Mais surtout le désir qui la tenaillait depuis longtemps et dont elle devrait parler à sa tante : la mise à mort du Vicomte…Mais plus tard…

« -Vostre Rose éclosera de nouveau ma chesre tante…Agrandi et encore plus épineuse… »

Pour l’heure ils se dirigèrent tout trois à l’intérieur ou Rose fut étonnée de revoir des anciens du Béarn, et quelques larmes virent perler au bord de ses yeux lorsqu’elle s’approcha d’Aimelin et de Cécé. Elle inclina le visage en leur souriant avant de parler, un verre à la main, après le si beau mini discours de sa tante

« -Aimelin, Cécé, je suis véritablement heureuse de vous voir icelieu ! Comment vous portez-vous tout deux ? »

Elle se rendit compte alors qu’un homme qu’elle ne connaissait poinct se trouvait aussi dans la salle, elle se tourna légèrement vers lui et lui sourit en inclinant la encore le visage.


Ptitmec13 a écrit:
La Comtesse en personne venait les accueillir, elle semblait avoir repris du poil de la bête après ses convalescences qui, d'après ses sources, l'avaient très affaiblie et amaigrie.

La blonde regarda la Saint Just admirer les montures qu'Aime lui avait ramenées ainsi que l'accolade où quelques mots furent murmurer. Une personne aux faits pouvait sans détour imaginer ce qu'il se disait et Ptit regarda ailleurs pour ne pas paraitre indiscrète.
Gnia s'approcha et la jeune femme répondit à son accolade amicalement. Quel plaisir de la revoir.

Elle allait la suivre et amorcer une conversation de retrouvailles lors qu'elle surpris son regard envers Néa. Sa louve, assez haute sur pattes, au pelage noir en imposait il est vrai mais pour qui savait l'approcher elle pouvait devenir une vrai arme. Fidèle, elle suivait Ptit où qu'elle aille. Elle était apparue dans la vie de Ptit au moment où elle venait de perdre son âme sœur, Drago. Sha venait de périr aussi sur Mauléon et la louve avait traversé le Comté pour regagner Lourdes. C'est une bête défraichie que la propriétaire du Casque d'Or avait vu débarquer dans sa taverne. C'est comme si l'une comme l'autre s'appuyaient sur cette compagnie pour tenir. Un lien fort s'était tissé entre elles. Elles comblaient les manques mutuels laissés par la perte de l'être cher.

Une idée effleura un instant l'esprit de la blonde. Il faudrait qu'elle y réfléchisse plus amplement mais l'heure était à la Saint Just et l'Alabena.
Un bras qui se glisse et l'entraine à l'intérieur. Écoutant ce que la Comtesse lui disait elle fait signe à sa louve de sa main libre de filer dans la foret.


Hum.. ne vous inquiétez donc point pour mon fauve, très chère, il furètera dans les parages à l'extérieur durant ma présence icilieu. Elle est autonome. Cela dit je crains du coup que lors de votre prochaine chasse au loup vos chiens soient désorientés.
Cela dit, je profiterai volontiers de votre hospitalité quelques jours avant de reprendre la route.


Célénya reconnut les armes de Rose et compris volontiers que Gnia aille l'accueillir. L'homme de maison les prit en charge et la petite troupe se dirigea vers la grand salle où Son Infamie les rejoignit plus tard.

Sa façon de rentrer en salle, reprenant les mots qu'elle annonçait antan en place publique de Pau, la fit sourire.
Elle leva son verre pour trinquer, comme tous, puis pris une petite gorgée de ce vin qu'elle affectionnait tant. Sentir cette douceur descendre le long de son gosier.. hum.. que cela faisait longtemps. Être prévost ou Chef Maréchal ne permet pas ce genre de plaisir.. Enfin elle revivait..
Elle pensa à Dance et Erel.. puis à Drago et Las.. Enfin à Alej qu'elle avait cru emporté par le Très Haut mais qui était réapparu pour redisparaitre encore. Oui à nos disparus, à jamais dans nos cœurs.

Elle sourit à Rose, heureuse de la revoir aussi, et s'inclina devant le jeune homme accompagnant ses amies, qu'elle ne connaissait point, puis répondit à la question qu'avait posait l'ancienne chancelière du Béarn.


Chère rose, vous me voyez ravie de vous revoir ici-lieux. Tout va bien pour ma part. Prendre l'air loin du Béarn devenait nécessaire et enfin j'ai sauté le pas.

Quand la jeune femme se tourna vers Canhouston et inclina son visage elle prit l'occasion de les présenter.

Je vous présente Canhouston, Lourdais comme moi, mon compagnon dans la vie, si tant est qu'il arrive à me supporter. Canhou, voici Rose Deldor de Plantagenest, notre ancienne chancelière et nièce de feu Erel, donc d'Agnès.

Aimelin a écrit:
[Ceux qui restent et ceux qui ne sont plus]


Les grandes portes s’étaient ouvertes les invitants à entrer dans une grande cour dont le puits flanqué au milieu attira le regard du jeune homme. Un autre regard autour de lui pendant qu’ils arrêtaient les chevaux et que déjà un garçon d’écurie venait à leur rencontre. Pieds à terre en détachant la sangle de sa selle, il se dirigea vers les trois chevaux qui avaient profité de cet arrêt pour se regrouper. Rapidement il enleva les sangles provisoires qu’il avait fixées entre eux et ne garda dans sa main que les trois longes qu’il remit au garçon d’écurie, non sans quelques recommandations à mi voix.

Faites attention à celui là le plus petit, il est assez nerveux.

Avant de lever les yeux vers la Saint Just qui les rejoignait vêtue de sombre. Regard qui suivit le regard de la comtesse vers les montures. Il savait avoir fait le bon choix mais il était toujours inquiet de faire au mieux les tâches qu’on lui confiait.
Il laissa ses yeux gris croiser ceux de son amie et esquissa un faible sourire. Que ça faisait chaud au cœur de la voir tant il s’était inquiété pour elle et Melina. Elle paraissait en pleine forme, et semblait avoir un peu repris du poil de la bête comme disait sa grand-mère. Son visage était moins marqué que lorsqu’elle était Coms du Béarn. Il faut dire que si aujourd’hui le Béarn était animé d’un semblant de vie, pour les mandats d’Agnès, c’était plutôt la foire les jours de grand marché. Il ne l’avait servi qu’un mandat, mais en était sorti épuisé, tant et si bien que son deuxième mandat sous Vanyel lui avait semblé de tout repos, si ce n’est trop dérangé régulièrement par certains braillements vicomtessiens et bouffonnesques.

Accolade et mots murmurés qui le touchaient et auxquels il ne répondit que d’un faible


merci Agnès

Pour certaines de ses amies, les mots étaient inutiles. Il suivit des yeux le garçon d’écurie qui s’éloignait avec les chevaux tandis que Gnia s’adressait à Ptit et puis il suivirent le domestique jusque dans le grand salon où Gnia ne tarda point à les rejoindre accompagnée de Rose et d’un jeune homme. Rose qui s’approcha et qu’il salua d’un sourire en prenant sa main et l’effleurant d’un baise main léger.

Rose vous êtes toujours aussi jolie.
C’est un tel bonheur de vous revoir.


Il n’avait pas oublié sa missive qu’il gardait avec celles reçues, il n’avait pas oublié les mots. La dernière fois qu’il l’avait vu Rose c’était chez Dotch, pour la cérémonie d'anoblissement fin juin, où sa blonde lui avait fait la suprise de le rejoindre.

Verre qu’on lui mit dans la main et qu’il leva machinalement. Verre qui resta quelques secondes au bord de ses lèvres, le temps de chasser le trouble qui venait de le saisir aux paroles de la comtesse et à son geste. Il leva le sien vers elle répétant à mi voix.


Puissions-nous leur faire longtemps honneur et célébrer leur mémoire...

En quelques gorgées, le verre fût presque vide, seule la dernière gorgée rejoignit le sol qu’il fixa un instant avant de reporter son attention sur celles et ceux qui l’entouraient.


Canhouston a écrit:
[Brindiamo ne' lieti calici*]

L'arrivée de la Saint Just, annoncée par ses vêtements flottants en soie grège, lui fit comprendre qu'il n'était pas là, sa place. Le charpentier n'était plus habitué à la haute société. D'un coup, il se souvena de sa période aux ambassades commingeoises. Sa nomination avec Guilloux Lavergne, les conseils de Bichancourt, la promotion sous Nayra Grimwald et surtout l'amitié avec Théophane de Varenne, le feu frère de la bien-aimée Eugénie qui le voulait mêler dans ses projets politiques...

"Théophane, mon vieux, si tu étais encore là... On se trouvait bien nous deux, on travaillait magnifiquement. Tu as dû supporter l'arrogance du Comte Strakastre et je t'ai abandonné pour protester avec Don, mon cher Donperico, diable, quel fou!!! Théophane, mon vieux, tu n'est plus là..."

Allez, entrez donc, on va vous conduire à la grand salle où de quoi nous abreuver nous attend avant que le dîner soit servi. Pour ceux qui désirent rester et accepter l'hospitalité de l'Infâme, j'ai fait préparer des chambres...

Des accolades à droite et à gauche. La comtesse le salua et il lui répondit en inclinant la tête. Après une courte diatribe ayant pour sujet la louve de la blonde, le groupe entra dans la mirifique résidence de la riche femme, guidé par un doméstique. Sous peu, Gnia arriva avec des autres invités.

Béarnaises, Béarnais, Saludi et Pax !

"Mon Dieu", pensa-t'il.

Bienvenue à l'Alabrena ! A ceux qui sont présents et ceux qui devraient être encore avec nous et que, malgré nos pleurs et protestations, le Très Hauct a jugé bon de rappeler auprès de Lui ! Puissions-nous leur faire longtemps honneur et célébrer leur mémoire...

À l'exclamation de la maîtresse, il ne put que lever le verre, rempli de bon vin rouge, et boire une excellente gorgée.

"Diantre!", pensa encore une fois le lourdais, "pas mal la vie des nobles! Ce vin n'a rien à voir avec ce qu'on trouve en taverne. Maudits taverniers, qu'Aristote vous foudroie, mélanger le vin avec du vinaigre ou y ajouter de l'eau!"

Pas de pensées pour les morts. Le vin lui avait fait oublier ses amis morts aux combats ou à cause de maladies inconnues. Le vin lui avait fait oublier sa haine envers la comtesse. Le vin lui avait fait oublier que cette-ci n'est pas la place pour un charpentier ou un soldat, ce n'est pas la place pour lui.
Une autre gorgée et il termina le verre. Une gente femme, une des invités, s'approcha vers Aimelin, Ptit et lui. Elle avait l'air de bien connaître les deux. Canhouston la toisa de la tête aux pieds, sans doute, il l'avait vue quelque part, mais sa mémoire ne l'aidait pas. Ils se saluèrent, Aimelin lui fit un courtois baise main. Court echange verbal, enfin elle inclina la tête vers le charpentier en signe de salut. Célénya prit la parole pour les présenter :


Je vous présente Canhouston, Lourdais comme moi, mon compagnon dans la vie, si tant est qu'il arrive à me supporter. Canhou, voici Rose Deldor de Plantagenest, notre ancienne chancelière et nièce de feu Erel, donc d'Agnès.

Canhouston regarda interrogativement sa femme comme pour lui dire... "Ah! C'est elle dont tu m'avais parlé, c'est donc elle, la nièce d'Erel..." : ensuite il se tourna vers Rose pour lui faire un lègere révérence.

Enchanté, Excellence. Vous êtes donc l'ancienne chancelière béarnaise... Ah, les ambassades! Monde intriguant, comme le délicieux bouquet de ce verre de vin ou les blonds cheveux parfumés de la blonde qui tient mon coeur enfermé entres ses mains...

"Mordiable!!! Quelles conneries suis-je en train de dire???", pensa-t'il. Et oui, la diplomatie, l'art de penser une chose et en dire une autre.


[hrp][* Giuseppe Verdi, [u]La Traviata[/u], "Brindisi"][/hrp]

Grimoald a écrit:
Grimoald chantait, en préparant le potage.

« Le chapon… QUI EST LE RESIDU D’ABJECTION QUI A LAISSE CRAMER LE CHAPON ? »

Et la colère de gronder dans le jeune homme.
Il ne fallait pas lui faire ça, pas aujourd’hui. C’était la première fois qu’il cuisinait pour tant de monde, et il était très anxieux. L’odeur qu’il humait ne le mettait pas dans une grande joie. Lui qui avait prévu comme second plat de consistance un gros chapon de quelques kilos… ne pourrait pas le servir. Il fronça alors les sourcils, regardant les trois commis qui étaient sous sa responsabilité.


« Qui ? »

Les trois cuisiniers baissaient la tête, n’osant pas regarder le môme, qui était plus jeune que tous. Son regard impétueux, cependant, traduisait de ses envies. Il voulait que le coupable se dénonce. Alors, l’homme le plus âgé des trois s’avança. Grimoald savait que c’était lui qui avait la charge du chapon. Il s’avança alors, saisit une louche, et commença à taper sur l’homme. Celui-ci commença à courir à travers la cuisine, poursuivit par un garçon de 16 ans furieux.

« VOUS ALLEZ M’EPLUCHER 4 SANCS D’OIGNONS, TOUT DE SUITE. »

A quoi cela servirait ? A rien, en réalité. Non, il voulait juste ‘punir’ l’homme, il n’y a pas de mal à ça. On apprend de ses erreurs, parait-il. Mais un sociologue antique aurait vu là dedans autre chose. Quelque chose de plus profond, de plus dramatique. Oui, Grimoald souffrait. Il n’avait pas encore fait le deuil de son amie si chère, et qui n’était plus que poussière. Alors, intérieurement, il pleurait. Extérieurement, ne voulant rien montrer, il gueulait comme un veau dont les hormones le titillent.

Quelques temps plus tard, tout était près. La table était dressée, les coupes en argent et les assiettes bien mises. Tout était donc près, et c’est le cœur un peu plus léger que quelques heures au paravent qu’il sortit de sa cuisine pour aller se changer, et mettre autre chose qu’une tenue blanche, moche, et toute tachée. Une fois qu’il fut bien mis, il chercha Gnia dans la maison. Une fois qu’il la trouva, il s’avança près d’elle et lui murmura.


« Le dîner est près à être servit. »

Gnia a écrit:
[Remous et vague à l'âme.]


Certes, l'instant avait été aussi lugubre que la Saint Just et sa demeure. Certes, il y avait des façons plus agréables de préluder à une soirée entre amis et connaissances. Certes, l'on aurait pu oublier un instant les morts.
Mais le Béarn restait ancré dans l'esprit de la Saint Just comme le pays où une partie d'elle était morte. L'Artois était la fin de l'innocence, l'Alençon faisait office de pont entre deux vies, le Béarn l'avait vu mourir. Et la Guyenne... Et bien la Guyenne ne la verrait probablement pas renaître comme elle l'avait espéré. Mais de cela, seul le Très Hauct était juge.

Tandis que les conversations commençaient à aller bon train, la Saint Just gardait les yeux baissés sur les plis de sa robe, en proie à des souvenirs qui tenaient lieu de vieux démons. Un soupir et elle vida d'un trait son gobelet qu'elle avait fait à nouveau remplir.
Elle couva d'un regard redevenu bienveillant les quelques personnes qui devisaient non loin lorsque son regard fut attiré par des invités surprise qui s'étaient avancés de quelques pas sur le seuil de la porte de la grand salle. Elle fronça les sourcils et s'apprêtait à aller à leur rencontre lorsque Grimoald apparut et annonça que l'on pouvait passer à table.

Se tournant vers ses convives, elle les invita à suivre son maitre-queux et à s'attabler. Ils pourraient poursuivre alors leurs conversations. Quant à elle, elle avait un léger "souci" à régler.
Le visage redevenu sévère, elle s'approcha du couple incongru que formait la jeune fille pressentie pour prendre la place de camériste vacante et un vieillard armé d'une canne.


Ailein. Vous avez fait vite.
Je ne vais pas pouvoir vous recevoir à l'instant. Je vous invite à vous faire mener à l'office où une collation vous sera servie. Nous nous verrons plus tard.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 08:36 (2018)    Sujet du message: 1458-10-06 ~[Oane Vira] L'Alabrena - Mesnie Saint Just

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