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00 ~ 1458-11-15 - Plutôt que de croupir en Guyenne pourquoi ne pas voyager

 
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MessagePosté le: Mar 16 Nov - 17:33 (2010)    Sujet du message: 00 ~ 1458-11-15 - Plutôt que de croupir en Guyenne pourquoi ne pas voyager Répondre en citant

Citation:

sur RPartage ==> RP Hors Béarn << cliquez là

Novembre 1458.
Une jolie brune, Kirika et sa fille Angélique, accompagnés d'un jeune brun ébouriffé Aimelin, quittent Montauban où ils ont séjourné quelques semaines. Les deux amis décident de partager leur route, leur amitié, et leur voyage à travers le Royaume. Voici leur histoire, leurs doutes, leurs rêves, leurs vies et leurs rencontres.







Kirika a écrit:
Plutôt que de croupir en Guyenne pourquoi ne pas voyager ?

C'est justement la pensée qui trottait dans la tête de la brune depuis un moment. Et quand la jeune femme avait une idée en tête...Sa rencontre avec Aimelin dans une rue de Montauban avait été le déclencheur et une longue discussion plus tard les voila lui, sa fille et elle sur les routes du Royaume de France.

La direction ? Kirika n'en avait aucune idée, elle se contentait de suivre son ami. Son ami...ses prunelles acier se dirigèrent vers le visage de son voisin.
La brune n'arrivait pas à savoir s'il allait bien ou s'il faisait semblant d'aller bien. Ses yeux se levèrent au ciel et elle pensa à Dance. Elle qui était partie trop vite, trop tôt, trop brutalement. Elle avait qui elles auraient pu faire une bonne équipe pour remonter un Ost mort si seulement on les avait laissé faire sans chercher à leur barrer la route, à savoir pour quelles raison c'était Dance qui était Sénéchal et pas untel autre...

Un mouvement de sa fille devant elle la sortit de ses pensées. Sa fille qui avait décidé de ne plus lui adresser un mot. Un éclair de douleur passa sur le visage de Kirika en regardant le dos de sa petite blonde. La brune passa sa main dans ses boucles soyeuses et la sentit se raidir...Le voyage allait être long...Très long... Mais elle ne pouvait en vouloir à sa fille de bouder, il était naturel qu'elle veuille voir son père, c'est juste que c'était...Trop dur...
Et Kirika n'arrivait pas à digérer le fait que sa fille veuille voir son père alors qu'il les avait tant déçu, autant l'une que l'autre, comme par exemple lorsque elle était allé chercher Angélique à Mendes et qu'il avait promit qu'il serait là pour leur retour...Sauf qu'il n'avait pas été là, et la petite avait été inconsollable. Ou lorsqu'il avait décidé de partir en Provence, les laissant derrière lui sans aucune hésitation. Se battre pour son Roy, la bonne excuse...La brune ne savait pas s'il avait gagné un Roy, mais ce qui était sur c'est qu'il avait perdu une famille.

Réussirait-elle un jour a cesser d'éprouver de la rancune à son égard ? Un jour peut être mais il était loin très loin du temps présent.
Et même en n'étant pas là, il arrivait à lui pourrir la vie parce que sa fille avait décidé qu'elle voulait voir son "fichu" père... La brune fit une grimace d'ennervement et réajusta son sac sur son épaule.
Quand est ce que le destin les laisserait tous tranquille pour qu'ils puissent enfin appercevoir un rayon de soleil dans ce ciel nuageux...

Tournant la tête vers Aime, qui était toujours aussi silencieux, elle hésita un instant à le sortir de ses pensée, mais décida quand même de tenter le coup et rapprocha Murmure de la monture de son ami avant de lui faire un sourire en coin.


Alors "Chef", ou est c'qu'on va ?

Allons la vie est belle, il ne pleut pas et le calme règne sur la campagne environnante. Quoi demander de mieux ?

[RP ouvert à tout voyageur voulant croiser la route de nos perso, un petit MP pour l'a coordination et c'est bon. On va s'arreter dans de nombreuses villes, je préciserais ou mon personnage se situe à chaque post pour que vous puissiez vous repérer.]


Aimelin a écrit:
[Quelques temps avant, Pau, septembre 58]


Les yeux gris parcouraient doucement les mots couchés sur les parchemins qu'il avait sorti de leur refuge, un coffret de bois qui ne le quittait jamais lorsqu'il voyageait. " J''espère que tout va bien pour toi, même si je crains que tu continues à subir les méprises et attaques de ceux qui se croient si indipensables en Béarn... Il faut que je t'avoue quelque chose … ne pense qu'à des voyages, …… absence de contraintes, le plaisir, juste. Seules les personnes me manquent, surtout une... je t'embrasse. ta Dance."

Il aurait pu réciter ces lettres les yeux fermés tant il connaissait chaque mot, chaque phrase, chaque bonheur et chaque douleur qu'elles réveillaient en lui. Il se disait qu'à force de les lire elles resteraient gravées à tout jamais au fond de lui et que leurs mots ressurgiraient lorsqu'il en aurait besoin.

Et ces derniers mots soigneusement notés par sœur Elisabeth sur ce parchemin qu'il déplia à son tour relisant les mots qu'il avait lu des centaines de fois.
" je serai toujours là avec toi où que tu sois comme on se l’est promis. Ce rayon de soleil .... ce sera moi.
.... ma chaine ... mon médaillon et cet anneau qui ne me quitte plus depuis ce baiser où je t’ai promis d’en prendre soin.
Gardes les toujours, c’est moi avec toi éternellement. ... Etudies pour moi, pour nous. Souris comme j’aurais aimé te voir sourire, aimes comme j’aurais aimé pouvoir t’aimer...
Je viens te rejoindre là tout au fond de ton coeur pour ne plus te quitter... Ecoutes bien et tu entendras ta Dance, à toi à jamais... Dites lui tout ça ma soeur... dites lui que je l'aime, dites le lui."

Les mirettes grises s'embuhèrent, comme à chaque fois qu'il lisait ces mots. La douleur était nécessaire pour qu'il arrive à l'oublier et pouvoir penser à son amour disparu avec le sourire aux lèvres. Il replia le parchemin, le glissa dans sa boite qui rejoignit ses quelques affaires dans ses fontes.

Souris comme j'aurais aimé te voir sourire, aimes comme j'aurais aimé pouvoir t'aimer… Ces mots qui faisaient si mal et pourtant tant de bien lorsqu'il ne savait plus.

Apres ce terrible jour de juillet, il était resté cloitré à Pau, s'occupant de son auberge avec la germaine qui le secouait régulièrement. Et puis une missive de son Infâme Grandeur lui demandant de quérir des chevaux pour elle. La comtesse connaissait son amour des chevaux et il s'était mis de suite en quête de trouver trois bêtes magnifiques. Cette missive avait fait sortir le jeune lieutenant prévôté de sa torpeur.

Un but, il lui fallait un but.

Et il s'était retrouvé à Montauban un matin de la fin septembre, lorsque les feuilles prennent ces couleurs de feu et s'enfuient au moindre vent, virevoltant dans l'air, semblant danser quelque farandole avant de retomber légères, éparpillées et fatiguées sur le sol.

Ironie du sort... Montauban. Un maire qui était venu piller le Béarn une année plus tôt, et avait causé tant de mal avec ses comparses. Le jeune ébouriffé était peu allé en taverne, n'ayant dit pour se présenter, qu'il n'était là que pour vider les caisses et se faire rembourser les nombreuses plumes qu'il avait dû user pour monter des dossiers d'infractions des lions et genevois.
Sourire amusés parfois en réponse, questionnements, ou pensées qu'il était fou pour d'autres.

Et puis dans cette drôle de ville, il avait retrouvé avec bonheur ses amies, Rose De Plantagenest, Mélina, et Gnia qu'il était allé voir en sa demeure afin de lui laisser les chevaux demandés. Court séjour mais agréable et nécessaire pour qu'il ne perde pas pieds. Il avait besoin de ses amies là, besoin de savoir que tout son passé n'était pas parti dans le néant avec la mort de Dance.

Et puis il avait croisé Kirika accompagnée de sa fille Angélique. Kirika, la jolie brune, son amie de toujours depuis leurs aventures Torras en Champagne, l'été 55.
Ils avaient fait deux mandats ensemble elle en tant que capitaine et lui en tant que connétable. Ils avaient essayé de dépoussiérer un ost moribond mais n'avaient eu en retour qu'un irrespect idiot mêlé à quelques insubordinations et jaccasseries dignes des plus grands théâtres de saltimbanques.



[Quelque part entre Montauban et Le Puy, novembre 1458]


Et de mots en mots, les deux jeunes gens avaient décidé d'unir leur solitude et leur amitié, et de continuer leur voyage ensemble.

Alors "Chef", ou est c'qu'on va ?

La voix de son amie le tira de ses pensées. Petit sourire en la regardant.

mmm .. chef ? j'ai tant de monde à voir un peu dans tout le royaume... si nous commençions par le Lyonnais en passant par le Bourbonnais ?
Il y a un superbe lac par là-bas.


Puis regard qui se baissa sur la fillette, en murmurant... tu crois qu'elle m'en veut de voyager avec vous ?


Angelik a écrit:
[La veille du départ, Montauban]

Allons, mademoiselle Angélique, calmez vous !

Je ne veux pas partir !

La blondinette ponctua sa phrase avec une moue dont elle avait le secret. Soeur Anne avait reçu une lettre de Kirika leur annonçant un prochain voyage. Angélique s'était d'abord extasiée, avec beaucoup de chance, leurs pas les conduiraient vers Marmande, Angelique aurait sauté dans les bras de son père et ... Soeur Anne calma la fillette.

Mademoiselle, vous partirez avec votre mère vers le Lyonnais, je vais vous aider à préparer vos aff...


Mais ... Mais ... je veux aller voir mon papa !

Vous partirez avec votre mère et un ami à elle, et pour ma part, je me retirerai au couvent quelques temps.


Les pleurs et les moues de la fillette n'avait rien changé, elle partirait seule avec sa mère et loin de son père.


[Entre Montauban et Le Puy]

Angélique en voulait à tout le monde, à Soeur Anne, à sa mère ... et elle avait décidé d'utiliser sa meilleure arme, la bouderie. Elle n'adressait plus la parole à sa mère qui posait un regard inquiet, rageur sur sa fille, et ni à cet accompagnateur qu'elle ne connaissait ni d'Eve ni d'Adam. Elle attendait que l'inconnu et sa mère s'endorment pour laisser ses larmes de rage sortir et pour serrer le panier où son chat était niché.

Angélique décida donc d'imiter la posture qu'aurait certainement adoptée Isaure pour montrer son mécontentement, le buste bien droit, le menton levé bien fièrement, le visage impassible. Rester le plus impassible surtout lorsqu'elle sentait les quelques gestes tendres de sa mère, rester impassible et un petit regard haineux vers celui qui était, pour elle, responsable de son éloignement de son père. La blondinette baissa un peu les armes et posa la question qui la tourmentait.


Maman, pourquoi on ne va pas voir papa ?



Aimelin a écrit:
[Quelque part entre Montauban et Le Puy, novembre 1458]


Faites des gosses, faites des gosses.

Le jeune Seigneur regardait la blondinette miniature d'un air perplexe en marmonant sous sa barbe de trois jours.
Il était certain qu'elle deviendrait aussi chieuse que sa blonde chieuse préférée de Champagne, et à la pensée de ce fait, il soupirait pensant que ça ne serait pas de la tarte au pommes non faite par Quasi, de devoir supporter ce fichu caractère pendant la durée de leur voyage.
Et comme ils avaient décidé de parcourir tout le royaume du sud au nord, de l'est à l'ouest de long en large et dans tous les sens, en passant par des chemins détournés qui leur feraient faire .. des détours forcément… la patience du jeune ébouriffé risquait d'être mise à rude épreuve.
Peut être Aristote voulait-il tester sa capacité à être père en le mettant face à face avec cette petite peste, apres tout, et il se devait donc de réussir l'épreuve avec brio et haut la main. Ainsi en avait il décidé.

C'est donc décidé à gagner sa farouche bataille avec la "pas plus haute que trois pommes" comme il la surnommait, qu'il s'était mis en route et lui jetait par moment des petits regards dérobés. Car s'il était décidé à gagner, il n'en était encore qu'à l'ébauche de sa victoire, comme le peintre qui imagine son œuvre future, en imaginant les couleurs et les formes, tout en rêvant au résultat final avec un sourire … béa… sur le visage, puis retombait dans la réalité en regardant sa toile blanche.

Penser à la peinture ramena l'ancien connétable du Béarn, quelques mois en arrière, pendant que les lions occupaient moultes places, ayant provoqué pénurie de plumes à la prévoté, tant il y avait de dossiers à monter.
Un petit sourire se dessina sur ses lèvres en repensant à ce jour là, lorsque son amie la Comtesse d'Ossau et Vicomtesse d'Arros, Vanyel, alors procureur, avait décidé de faire peindre, par un artiste italien du nom de Leo_de_20_scies, les portraits des énergumènes perturbant la si douce et si moelleuse vie béarnaise, afin d'accrocher tableaux aux murs des couloirs du tribunal.
*

Idée saute et grenue, comme lui disait sa mamée qui n'avait jamais su dire le mot convenablement, mais idée qui avait fait naitre quelques petits moments de bonheur. Si l'on enlève ce moment où la belle marquise des anges, Massilia, s'était accrochée au cou du jeune lieutenant prévoté qu'il était, pour un baiser figé sur sa joue, pour la pose de l'artiste, il restait également celui de ce peintre dont la voix résonnait encore dans sa tête :

Venga, poliziotto. Tou va té mettre là avec ta hallébarrrrrrrrrdé. Tou va prendre l'air d'oun méchant et tou va gonfler la poitrine et rrrrrrrentre lé ventre.
Là. Cosi. Ottimo. Oun né bouge plous.


Sachant que lé poliziotto à la hallébarrrrrrdé c'était loui, lui, Aime s'était exécuté. Il avait d'abord pesté en sentant quelqu'un se pendre à son cou, dans le genre : "Par les cornes d’un binochon si c’était lou peintré il allait goûter de sa hallebarrrdé sur le champs"… mais avait été rassuré par la personne se trouvant au bout de ces bras. La vie lui avait appris qu'il fallait toujours prendre le moindre petit moment de bonheur.

L'amorrrre. Magnifico !! Bellissimo !! Oun né bougé plou. Io vé vous pintouré tous dans la vérità de la vérità.

Ils n'avaient pas bougé, et c'est ainsi que dans les couloirs du tribounalé dé Ioustice de Pau, le visiteur pouvait admirer un étrange tableau montrant un jeune lieutenant entouré de créatures Ô combien tentatrices.

Donc côté tableau, Aime en était juste à la rêverie d'ébauche et le chemin allait être long. Le tout était de se lancer.

Depuis qu'il avait croisé les jolies petites mirettes enfantines, la bouche qui faisait elle aussi parti du petit visage n'avait dessiné aucun sourire. La gamine n'avait pas desserré les dents. Allure hautaine, la "pas plus haute que trois pommes", avait décidé qu'elle ne le verrait pas.
Petite moue de reproche… puisque les femmes le voyaient, il ne serait pas dit qu'une fillette de six ans le snoberait longtemps. Il s'encourageait en pensant que le voyage allait être long et qu'il arriverait bien à son objectif avant la fin de la boucle.

Petit regard vers la mère, qui si elle était brune, n'en avait pas pour autant un caractère plus facile.



*RP ici


Kirika a écrit:
[Quelque part entre Montauban et Le Puy]

tu crois qu'elle m'en veut de voyager avec vous ?

Kirika regarda le dos de sa fille, puis Aime et soupira.

Je ne sais pas…Mais ne t’inquiètes pas, même si elle t’en veut, je reste son souffre-douleur numéro un…

Et comme pour appuyer ses dires, sa fille lui accorda enfin quelques mots. Mots choisis avec soin pour faire mal pile là où il faut et au bon moment.

Maman, pourquoi on ne va pas voir papa ?

La brune lança un regard qui reflétait tout l’énervement que la conversation pouvait lui apporter.

Parce que Papa a d’autres choses à faire que de s’occuper de nous d’accord ? Papa, il est dans une armée et il fait la guerre. Voilà pourquoi.

Le ton était sec et tranchant, le visage fermé et les prunelles grises avaient retrouvé leur impassibilité. Bien que les mots aient franchit ses lèvres avant même qu’elle puisse mesurer leur impact sur une petite fille de 6 ans, elle ne parvint pas à regretter ses paroles… Elle lança un regard sévère à la blondinette, avant de fixer l’horizon en se mordillant nerveusement la lèvre inférieure.

[Le lendemain - Le Puy]

Alors qu’Angélique jouait avec pinceau dans un coin de la taverne, ou ils se restauraient avant de reprendre la route, Kirika jeta un coup d’oeil vers Aimelin puis reposa ses billes d’acier sur l’objet de sa contrariété.

Je suis vraiment désolée pour son comportement envers toi. Elle vit très mal le fait que son père et moi ne soyons plus ensemble et le répercute sur toutes les personnes qui m’approchent…

Et comme son discours tenait plus du monologue qu’autre chose, elle se leva du banc sur lequel elle était installé sans regarder Aime, rejoignit sa fille et l’aida à ranger le peu d’affaires qu’elle avait déballé, pour reprendre la route.

[Quelques jours plus tard – Vers Montbrisson]

Qui a osé dire que les jours s’enchainaient mais ne se ressemblaient pas ? Que Kirika puisse aller lui faire comprendre que sa théorie avait du plomb dans l’aile à grand coups d’épée.

La brune ruminait, oh ça oui elle ruminait beaucoup même, de la fumée aurait presque pu lui sortir par les oreilles si elle n’avait pas fait attention à rester calme en apparence.
Pour sur que Aimelin devait regretter d’avoir embarqué deux énergumènes comme elles.


[Le lendemain – Monbrisson]

Amis du jour bonjour ! En direct live la météo émotionnelle de notre petit groupe de voyageurs et nous pouvons dire que le temps est nuageux, oui oui nuageux, presque à l’orage même. Mais peut être qu’une éclairci peut améliorer leur journée avec l’apparition des murailles de la belle ville de Montbrisson à l’horizon.

Il faudrait expliquer aux météorologues que leurs prévisions, ça serait mieux si elles étaient justes. Ben oui quoi…Y’a une nuance entre nuageux et pluie torrentielle… Bref en effet émotionnellement ce n’était pas là joie avec toute cette pluie.


Une fille muette, ou presque, un ami pas vraiment apprécié par ladite fille…Restons positifs…Il pourrait pleuvoir…

Aimelin a écrit:
[Montbrisson le 23 novembre 1458]


L'hivers semblait pointer le bout de son nez en cette fin novembre. L'herbe avait cette couleur blanche qui annonçait le froid et la morsure de l'hiver, et le sol craquait doucement sous les sabots des deux chevaux.

Aime avait répondu d'un sourire aux paroles de son amie concernant la fillette. S'il comprenait qu'elle ait envie de voir son père, il ne comprenait pas qu'elle lui en veuille à lui qui essayait en vain de lui faire décrocher un sourire. Mais il y arriverait et il essayait d'être de bonne humeur malgré tout.

Le village de Montbrisson se dessinait dans la brume mâtinale et le jeune gars abandonna ses pensées pour se tourner vers sa compagne de voyage.


nous arrivons... son regard gris se reporta au loin.. je ne suis plus venu ici depuis mon voyage avec Quasi. Je me demande si Palo et Elwë deux amies sont toujours là. Mon ami Koura semble avoir disparu ce qui m'inquiète depuis de nombreux mois.

Petit sourire vers la jolie brune et regard qui se posa sur la fillette qui se tenait entre les bras de sa mère et qui ne décrochait pas un mot, comme à son habitude.

le lac est superbe, j'étais allé y pêcher lorsqu'il était garde pêche, vous verrez c'est un tres joli coin pour nous reposer un peu.

Ils avaient décidé de passer quelques jours à Montbrisson avant de poursuivre leur voyage.


Angelik a écrit:
[Montbrisson, novembre 1458]

le lac est superbe, j'étais allé y pêcher lorsqu'il était garde pêche, vous verrez c'est un tres joli coin pour nous reposer un peu.

Les mirettes grises se posèrent sur le lac et s'embuèrent aussitôt. Le lac ... lac sur lequel son père lui avait promis qu'elle apprendrait à nager et à pêcher avant de monter sur le bateau qu'il faisait faire. Son père n'en était pas à la première promesse non tenues mais Angélique voulait s'accrocher à l'espoir qu'il viendrait les tenir. La blondinette se souvenait parfaitement des paroles de sa mère vis à vis de lui "Parce que Papa a d’autres choses à faire que de s’occuper de nous d’accord ? Papa, il est dans une armée et il fait la guerre. Voilà pourquoi".
Angélique secouait la tête, elle ne voulait pas croire que son père l'avait oublié, pas après toutes les promesses qu'il avait faites.

Le soir, à l'auberge, Angélique écoutait sa mère et l'Inconnu discutait de la continuité du voyage devant les assiettes fumantes. la Pas Plus Haute que Trois Pommes poussa son assiette et monta directement dans la chambre qu'elle partageait avec sa mère. Il fallait qu'elle sache si son père l'oubliait comme sa mère lui disait. Elle fouilla dans les affaires de sa mère pour trouver de quoi écrire et se mit à l'oeuvre.


Citation:
Cher Papa,

Me voilà en voyage avec maman et l'Inconnu qui doit s'appeler Ameline ou Aime quelque chose ... Papa, j'ai demandé à maman pourquoi on ne voir et elle m'a dit que tu ne te souciais que de ton armée. Papa, je veux savoir si tu m'oublie ....

Ta Fille,
Ange


Angélique attrapa un pigeon sur le rebord de la fenêtre, attacha son mot et le laissa s'envoler. Et tout en espérant une réponse, Angélique partit se couchait.

Aimelin a écrit:
[Montbrisson, fin novembre 1458]


Les jours passaient dans cette ville du Bourbonnais d'un calme reposant. Le jeune seigneur en profitait pour aller pêcher sur le lac et s'évader vers ce coin de terre où elle reposait.
Revenant du lac, il s'était rendu à "l'auberge du Drakkar" tenue par Ladyday, une amie d'Azilize à qui il avait promis d'aller lui donner le bonjour.

La jeune femme qui tenait une auberge l'avait reçu chaleureusement, lui offrant vin chaud et pochon.

Tout en retournant à l'auberge il pensait à ses deux compagnes de voyage. La gamine semblait absente, ne cherchant pas à faire le moindre pas vers le jeune homme qui faisait son possible pour être agréable. Il savait qu'on n'achetait pas l'estime ou l'attention des autres, et ça le rendait perplexe. Peut être qu'au fil des semaines il arriverait à décrocher un regard moins hautain où un sourire qu'elle laisserait échapper sans faire attention.

Kirika semblait elle aussi préoccupée et il faisait son possible pour être discret et ne pas trop empiéter sur la vie de la mère et sa fille.
Lorsqu'il était seul, il en profitait pour replonger dans son passé, il revoyait ses yeux, son sourire. Il devait y arriver, il le fallait mais dieu que c'était dur de vivre sans elle.

Angelle a écrit:


[Pau, fin novembre]

Depuis qu'elle avait rencontré Aimelin, la fillette venait tous les jours à l'Auberge du Casteth pour le voir, pour parler, pour aider Jeanne. Elle avait fait de ce lieu sa deuxième maison, et puis Gus venait souvent aussi, alors elle se sentait chez elle.

Aime, elle l’aimait beaucoup, mais elle aimait pas quand il avait des secrets. Apres tout elle était une fille et les filles tout le monde sait que ça aime bien savoir les secrets des autres, surtout des garçons. Alors à chaque fois, elle le faisait parler. Il lui avait dit qu'il n'avait jamais vu de princesse au casteth mais elle était sûre qu'il voulait pas lui dire parce qu'il était amoureux en secret d'une belle princesse.
Pis Aime il était beau et il avait un cheval qui courrait plus vite que le vent, et Gus lui disait toujours que les Princes avaient des chevaux pour enlever les Princesses. Alors elle se faisait son petit monde persuadée qu'il était parti délivrer une princesse des mains d'un vilain brigand.

Ca faisait plein de fois où elle dormait depuis qu'Aime était parti. Il lui manquait mais elle avait promis qu'elle pleurerait pas et qu'elle serait une grande. Elle attendait d'être seule pour laisser libre court à son chagrin en serrant contre elle le petit coffret de bois dans lequel dormait un joli collier et une poupée de chiffon avec un cœur gravé sur la poitrine, des cadeaux d'Aimelin.

Elle leva le nez de sa feuille sous l'œil bienveillant de Gus qui lui apprenait à lire et écrire.


- voila et j'ai pas trop fait des fautes

Elle relut sa missive à haute voix.

Citation:
Aime,

Ca fait plein de dodos où t'es parti et moi j'aide Jeanne. Elle me fait plein de bons gateaux et puis Gus y vient souvent. Je crois qu'il est namoureux d'elle et moi je fais comme si je voyais pas.

Tu reviens quand dis ? tu l'as délivré la princesse ?

Tous les jours je regarde la poupée dans le coffre et j'ai mis ton collier comme ça t'es toujours avec moi. Puis je te parle.
Jeanne elle dit que tout va bien à l'auberge et puis Gus il l'aide.

Gus y dit que je dois arrêter d'écrire parce qu'il va prendre ma lettre pour la donner à un pigeon.

Je te fais plein des calins pour que tu les gardes

Angelle

Le vieil homme lui avait assuré qu'elle partirait tres vite et elle s'était endormie en rêvant à l'oiseau qui allait voler au-dessus du royaume pour aller porter sa missive à son ami.


Aimelin a écrit:
[Retour quelques mois en arrière.
Pau, un jour de septembre 58]



- Aiiiiiimmmmmmeee

Il avait sursauté et levé le nez, laissant en suspent son geste, le pied d'Ataïr bloqué entre ses jambes, le regard fixé vers les portes de bois de l'écurie.

- que t’arrive t il Angelle
- j’ai tombé
- tu es tombée
- oui .. j’ai tombé


Question idiote en voyant la fillette le nez dans la paille. Le jeune seigneur avait alors abandonné sa tâche pour se diriger vers elle. Il s'était accroupi à sa hauteur pendant qu’elle se relevait, une larmiche au bord des yeux.

- ca va pas trop de mal jeune cavalière ?
- moui
- viens je dois finir de curer les pieds d'Altaïr


Il s'était remis à l'ouvrage sous le regard observateur d'Angelle.

- moi quand j’serai grande j’s’rai noble et puis aussi je s’rai une princesse
- une princesse ? il te faudra trouver un prince
- pourquoi y’en a pas ?


Il avait à nouveau abandonné le sabot cette fois terminé et s'était redressé regardant la gamine haute comme trois pommes qui lui faisait face.
Un petit sourire à celle qui semblait attendre une réponse convenable.


- hum il n’y en a pas beaucoup tu sais.
- Tu en connais des princes ?


Ce qui était bien avec la petite, c’est qu’elle avait toujours le chic pour les questions bizarres.
Petit moment de réflexion avant de s’asseoir sur une botte de paille.


- J’en ai connu qu’un seul
- T’as connu un prince ?
s'était dépêché d'ajouter Angelle en venant s’asseoir à côté de lui. Ses yeux brillaient, son sourire fendait sa petite frimousse.
- Oui.. ça fait longtemps tu sais.

Il avait laissé son regard gris croiser celui noisette et avait souri

- tu sais la vraie noblesse, on l’a ici... son doigt s'était posé doucement sur le cœur de la fillette. ... et toi tu n’auras jamais besoin d’être noble pour être une jeune femme pleine de noblesse, d’intelligence et de bonté.

Il l'avait regardé, essayant de l’imaginer dans quelques années. Elle n’avait que six ans, mais elle avait la lumière en elle, il le savait.

- Le prince il avait un beau cheval comme dans les histoires que me racontait mam.... sa mine s'était renfrognée, la petite lumière qui éclairait son regard avait disparu.

Aime l'avait regardé le cœur serré. Il savait que parler de ses parents pour elle, c’était comme parler de Dance pour lui. Elle avait cette petite larme imperceptible sur le coin de l’œil, qu’elle retenait du mieux qu’elle pouvait à chaque fois.

Angelle… Il repensa à leur rencontre, cette journée d'août à Pau. Le jour où il avait reçu la missive de Gnia lui demandant service. Un jour de fin d’été où le soleil faisait danser ses rayons encore chauds sur la place du Casteth et les envoyait danser effrontément sur le parchemin où la plume du jeune lieutenant tentait de glisser.


- j' m'appelle Angelle … 'vec deux L … comme les anges
- moi c'est Aimelin… enchanté Angelle avec deux ailes comme les anges


Depuis ce jour, elle partageait son temps entre chez Gus et l'auberge, se rendant utile aupres de Jeanne qui était ravie de ce petit rayon de soleil qui mettait de la gaité dans l’auberge.

- oui il avait un cheval.
- et l'avait une princesse ?
- ça je ne sais pas. Je devais juste veiller sur lui lorsqu'il sortait du casteth.
- alors tu veilleras sur moi quand je serai princesse
- je veille déjà sur toi mais ce sera un grand honneur


Il s'était levé pour lui faire une révérence et la fillette avait ri aux éclats.


[20 décembre, Dijon, la Bourgogne, son vin et … son vin]

Il entendait encore son rire lorsqu'il déplia la missive qu'un pigeon lui avait apporté. Assis à une table dans l'auberge où ils logeaient, il souriait en lisant, imaginant l'enfant en train d'écrire.
Les enfants. Même s'il avait repris sa vie de "sans attache", il y pensait souvent. Mais pour le moment ça n'était pas dans ses projets, il voulait juste profiter, ne prendre que le meilleur, et surtout ne pas s'attacher de trop. Il commença à rédiger une réponse.

Citation:
Ma petite Angelle … avec deux L

Tu vois ton pigeon m'a trouvé et j'en suis tres heureux. Je le renvoie vers toi avec ce petit mot.
… ...

Il lui avait raconté son voyage, ce qu'il avait vu, avant de terminer enfin sa lettre.
Citation:
... surtout fais attention à toi et n'oublie jamais que tu es là, dans mon cœur toujours.

je t'embrasse plein

Aime

Sa missive envoyée il pensa à Angélik, la fillette de son amie. Elle devait avoir le même âge, mais côté discussions, il n'était pas encore arrivé à avoir des échanges comme avec Angelle. La "pas plus haute que trois pommes" semblait ne pas vouloir connaitre le jeune gars qui pourtant ne se décourageait pas. Quelque chose la bloquait il aurait aimé pouvoir l'aider, si seulement elle se décidait à lui parler un peu.

Il commanda à boire et attendit que Kirika le rejoigne, relisant quelques lettres qui ne le quittaient pas. Quelques jours en Bourgogne leur permettraient de prendre un peu de repos et puis il avait des amies à rencontrer et un ami charpentier qu'il devait passer voir afin de lui emprunter son atelier et quelques outils le temps de quelques heures.


Gustave_ a écrit:


[Fin décembre sur les chemins de Bourgogne]


- ce gamin va me rendre fou j'me demande si un jour il va grandir malgré ses vingt et un printemps.

Emmitoufflé dans une grosse veste dont le col remontait sur son nez, une épaisse écharpe de laine tricotée avec amour par la Jeanne qui maintenait le vêtement bien fermé, un bonnet de laine enfoncé jusqu'à ses oreilles pour les protéger du froid mordant, Gustave menait son drôle d'attelage composé d'une charette et d'une mûle, sur les chemins bourguignons et enneigés. L'homme avait les cheveux grisonnants et la barbe assortie, et depuis le jour ou Angelle avait adopté Aimelin, il était devenu le père adoptif du jeune gars, aidant la jeanne à l'auberge, ce qui lui permettait de veiller sur la fillette qu'il avait recueilli apres la mort de ses parents.
Homme à l'allure bourru, il n'en était pas moins un grand coeur et le jeune gars faisait souvent appel à lui lorsqu'un problème survenait.


- Chalon ben m' v'la enfin arrivé.

Un arrêt à la première taverne trouvée histoire de demander son chemin et surtout histoire de boire quelques vins chauds pour se réchauffer du froid, et le vieil homme s'était remis en route, prenant la direction de l'auberge désignée.
Guère long fût le temps avant qu'il ne mette la main sur le jeune gars qui s'occupait de son étalon aux écuries.


- que le ciel du royaume me tombe sur la tête si mes pieds et mes mains ne gêlent pas d'ici la fin de l'hiver
- Gus !
l'ébouriffé avait levé les yeux, un franc sourire sur les lèvres en s'avançant vers l'homme ... quel bon vent t'amène

Il se foutait de lui ce gamin c'était certain, comme s'il ne savait pas quel vent l'emmenait jusqu'en Bourgogne.

- quel bon vent ? j'avais envie de voir la Bourgogne parait que les femmes y sont terribles
- les femmes y ont un sacré caractère c'est vrai, mais leur beauté vaut bien que l'on supporte ce fait mon ami.


Regard vers la charette et la mûle apres l'accolade du vieil homme..

- voici ce que tu m'as demandé Melin, et puis ça de la part de Jeanne et de Angelle.
- merci bien ... hmm je devine quelques bonnes choses à manger, Jeanne a toujours peur que je dépérisse.


Il donna au jeune homme un paquet soigneusement plié et quelques parchemins.

- si on chargeait tout ça avant qu'la nuit ne tombe ?


Aimelin a écrit:

[Décembre, Bourgogne... dans la neige]


La Bourgogne… Dijon… Chalon… Chalon… Chalon…. Chalon… …tiens on est pas déjà passé là hier ? mais si on y est passé, et même les jours d'avant. Alors c'est qu'on avance pas

Elles patinaient dur les roues de sa charrette au jeune ébouriffé, et malgré l'aide précieuse du bon vieux Gustave qui avait quitté le Béarn pour venir le rejoindre à Chalon, elle refusait de continuer. Du moins la mule refusait d'avancer, mule que le jeune seigneur avait surnommée affectueusement Planplanette, parce que d'une part c'était joli à prononcer, et que lorsqu'elle avançait, elle lui donnait toujours l'impression de faire du surplace, et même parfois de reculer.

La Bourgogne… Macon… enfin. Quelques heures de manutention allant de sa charrette aux réserves de la mairie de Chalon sous l'œil amical de dame le maire et l'ébouriffé était arrivé de bon matin à Macon, ville tant espérée... pour se trouver à nouveau pris dans la neige.

Harassé par leur nuit de voyage, il soupira et se laissa tomber assis sur un tas de neige bientôt rejoint par Gus.


- mortecouille le gamin mais pourquoi t'as accepté
- ben tu me connais Gus, moi les jolies femmes je peux pas résister et puis ce sont deux amies
- deux amies deux amies, en attendant on est là on se gèle la moelle et à cause de tout ça je dois boire ce vin pour me réchauffer le soir.
- te plainds pas on pourrait être dans un pays ne connaissant que le jus de pomme
- pouahhhh alors là j'crois que j't'aurai latté
- latter ? tu vas pas t'y mettre toi aussi… suffit des femmes qui ont la latte facile.
Tiens… la barque là… vire moi çà ! apres tout j'vais pas pêcher sur la glace.
- jeter la barque ? mais gamin t'as fait une chute de ton lit cette nuit
- ho une barque de perdue et bien ………… une barque de perdue


Petit sourire niais et rêveur en repensant à cette nuit à Dijon.

- hé gamin reviens sur terre t'es à Macon, il neige, on patine, tu viens de jeter ta barque comme un benêt que tu es, et deux femmes sont une sérieuse menace pour ta vie
- mm ? deux femmes où ça ? ah oui


Un gamin lui portant deux missives interrompit cette longue discussion savoureuse et ô combien intellectuelle. Ouverture du premier pli et froncements de sourcils.

Ciel ! on l'avait retrouvé !


- La cour d'appel ? la pou.. la pou.. pou… dieu du ciel ! elle me poursuit celle là !
- mortecouilles ! une femme fait elle entendre le joli son de sa plume gamin ?


Il regarda sa charrette et son chargement tout en ouvrant l'autre pli et afficha un sourire. Il aurait dû commencer par celle là. Comment refuser une invitation de sa blonde chieuse préférée.
Petite moue réfléchie… Kirika était en chemin donc il allait l'attendre et puis ils pourraient passer au Ban champenois, puis fileraient apres à la cour d'appel pour leur témoignage. Regard vers Gus.


- Kirika doit nous rejoindre elle ne devrait pas tarder, nous devons nous absenter quelques jours. Tu veilleras sur sa fillette du même âge qu'Angelle. Surveilles la charrette sinon la Duchesse et la Cac vont me latter si je n'amène pas tout ça à destination.
- pars tranquille gamin je t'attendrai en dégustant du vin de Bourgogne... j'me forcerai
- en parlant de vin essaies de t'en procurer quelques tonneaux que tu porteras au domaine et à ma suzeraine. Je me charge de rapporter du vin à Angélyque et Lena pour me faire pardonner ce contretemps.


Quelques affaires préparées en attendant sa brune amie, puis les deux jeunes gens avaient pris la direction de Reims, chevauchant sur les chemins enneigés du royaume, pour arriver au Ban Champenois.

Le temps de se présenter, d'arranger sa tenue sombre et sa cape sur ses épaules, puis de replacer son épi rebelle, son amie à ses côtés, il avait suivi un garde dans les couloirs jusqu'à la porte concernée qu'il poussa discrètement en fermant les yeux. C'était toujours dans ces cas là que la porte émettait souvent un grincement vicieux et sournois afin de bien faire remarquer à l'assemblée qu'un retardataire arrivait.

Un coup d'œil en entrant et se dirigeant sur le côté. Du beau monde, quelques visages connus qu'il irait saluer apres et Malt resplendissante dans une robe qui ne faisait que rendre sa silhouette encore plus alléchante, surtout en partant du haut.. du moins du haut de la robe.
Abandonnant son détaillage ducal il remonta jusqu'aux émeraudes de sa blonde amie, esquissant un petit sourire complice tandis qu'il prenait place non loin du mur.




[ Quelques jours plus tard, janvier 1459 - Cour d'Appel ]


Les deux jeunes béarnais se firent annoncer, et tout en suivant l'huissier qui les guidait le jeune lieutenant ne pouvait s'empêcher de regarder s'il n'apercevait pas une autre Juge de sa connaissance, rencontrée lors d'une autre affaire. Elle qui lui avait dit ne plus espérer le croiser ici, il valait mieux se faire discret. Les femmes, surtout lorsqu'elles sont jolies et contrariées, ont tendance à avoir la latte facile.

Un signe de la tête en remerciement au garde, et ils s'installèrent discrètement, pendant que le jeune Seigneur laissait son regard gris faire le tour de la salle.



Dernière édition par Archiviste le Mer 25 Jan - 12:27 (2012); édité 5 fois
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MessagePosté le: Mar 16 Nov - 17:33 (2010)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Jeu 27 Jan - 16:06 (2011)    Sujet du message: 00 ~ 1458-11-15 - Plutôt que de croupir en Guyenne pourquoi ne pas voyager Répondre en citant

Terwagne_mericourt a écrit:
Paris, un matin de janvier :

"Encore un matin,
Qui cherche et qui doute
Matin perdu cherche une route".

Elle chantonnait ce matin-là, même si le coeur n'y était pas. Elle chantonnait non pas parce qu'elle débordait d'entrain, mais bien pour cacher les notes du requiem de ses envies et de sa motivation. Elle chantonnait surtout pour tromper le silence qui régnait dans les murs bien tristes et froids de la Cour d'Appel en ce début de janvier, cacher le silence que certains avaient laissé en s'en allant vers des lieux où elle-même s'en irait sans doute un jour, ou peut-être une nuit.

Au-dehors, la neige continuait de fondre, rejoignant le néant ou la terre, selon le point de vue de chacun, dans un murmure de rivière languissante, et Terwagne se surprit à penser que la mélodie de la pluie cognant contre les vitres des salles d'audience lui manquait. Combien de fois avait-elle regardé les gouttes s'écraser et mourir dans une longue glissade sur un des carreaux afin de tromper son ennui en attendant que le témoin suivant daigne enfin s'avancer?

Pour sûr, l'audience qu'elle avait en cours actuellement était d'un autre genre, du genre plutôt animée pour ne pas dire orageuse... Bruyante mais pas encore assez pour faire taire l'absence de l'avocat prévu au départ. Comme elle s'était réjouie du défi que représentait pour elle une audience avec lui! Comme cette simple idée avait fait couler une nouvelle vague de motivation dans ses veines! Comme...

Comme elle avait été triste et déçue d'apprendre qu'il avait décidé de s'en aller jouer dans un autre théâtre, surtout!

Toute à ses pensées vers sa charge de Juge - qui était une des rares dont elle n'avait pas démissionné après son dégoût de tout et de tous, qui était surtout celle qui lui permettait de s'éloigner de ce Duché où elle avait beaucoup donné, mais aussi beaucoup saigné - elle avançait donc vers la salle de réunion des Officiers de la Cour d'Appel, voulant s'assurer qu'aucune nouvelle pièce importante n'avait été ajoutée au "dossier brûlant" sur lequel elle travaillait. Elle avançait, le regard porté vers le bout du couloir où soudain une silhouette apparut, mettant fin à ses pensées pour l'entraîner vers de nouvelles.


Aim... elin?


Un simple murmure interrogatif, qu'il ne put pas entendre... De toute façon, cela ne devait pas être lui, juste un homme ayant le même gabarit, la même taille, la même allure...

Toujours est-il que lorsqu'enfin Terwagne quitta la salle de réunion, dossier sous le bras, elle se rendit non pas directement en salle d'audience, mais bien dans son bureau personnel afin d'écrire à celui dont elle n'avait pas pris de nouvelles depuis bien longtemps, celui qu'elle avait rencontré en ces lieux il y avait de nombreux mois à présent.


Citation:
Messire Aimelin...

Vous ici?
Non, sans doute ais-je rêvé!?

Non pas que je rêve de vous, rassurez-vous, mais figurez-vous qu'alors que je me rendais dans la salle d'audience où je mène actuellement une audience des plus épuisantes, les yeux encore embrumés de sommeil, il m'a semblé vous apercevoir au fond d'un des couloirs de ce bâtiment qui n'a rien de très gai aux petites heures, et encore moins lorsqu'il fait gris au dehors.

Sans doute ais-je mal vu, vous ais-je confondu avec un autre qui avait le même genre de silhouette que la vôtre... Quoi qu'il en soit, cela m'a en tous cas fait penser à vous, et donner envie de vous écrire pour prendre de vos nouvelles.

Bien à vous,


Terwagne


Et quand enfin elle se présenta en salle d'audience, elle avait sur les lèvres un sourire simple et détendu, celui qu'ont tous les gens qui viennent de se souvenir que la vie ne se résume pas au travail.


Aimelin a écrit:
[donc quelques jours apres la Bourgogne... Paris - Cour d'Appel ]


- Vous êtes Aimelin ?

Le nez dans ses missives, la voix le fit sursauter. Il pensait que Kirika était revenue, mais afficha un regard surpris vers le garde qui s'était approché de lui, un air sérieux sur le visage.
Bigre qu'avait il donc fait encore. Cette convocation n'était elle donc qu'un piège pour lui tomber dessus et lui faire avouer ses péchés qu'il essayait tant bien que mal de dissimuler aux yeux de tous ?
Aimer le calva n'était pourtant pas un crime et il le faisait en mémoire de sa chère petite Lily disparue trop tôt, qui lui avait donné l'amour de cette merveilleuse boisson.

Il regarda autour de lui, ne voyant personne dans ce long couloir où il s'était installé avant que l'audience ne commence. Conseil de Mel qui revint en sa mémoire : la meilleure défense, c'est l'attaque Aim'. Il se leva d'un bond, bras tendus vers le garde et poignets croisés.


- oui j'avoue !
Je suis Aimelin, surnommé également l'ébouriffé, ou encore affublé de divers sobriquets aussi subtils et légers... que la plume du chapeau de ce messire là bas
regard étonné du garde dans la direction indiquéj'avoue adorer le calva mais ne pensais pas que c'était un crime d'en boire… surnommé encore l'insulteur de pou.. hésitation de pouvons nous y faire quelque chose ? … l'ancien connétable vilain tourmenteur de soldats … le m..
- une femme m'a demandé de vous remettre ce pli
- une femme ?
- une femme
- ha une femme
haussement de sourcils
- oui … une femme
- mais une femme… femme ? ou une femme avec un habit de Juge ou de Procureur … ou geolière
ajouta t il à mi voix.

Quoi que les femmes étaient toujours des femmes quelles que soient leurs fonctions, mais disons que ce renseignement lui permettait de savoir si la femme était oui ou non armée d'une latte.

- une femme Juge
- aie … pour moi ? enfin pas la femme la missive… bien… merci beaucoup.

Missive qu'il prit en regardant l'homme.

- missive qui méritera réponse je pense, pourriez vous attendre quelques instants ?

Il déroula le parchemin et le parcourut des yeux, parce que c'était le plus commode pour lire, et afficha un grand sourire. Décidément, les femmes le gâtaient et peut être allait-il étendre sa renommé. Un regard en face de lui, vers le bureau dont la porte était ouverte.

- mm ne bougez pas je reviens.

Les femmes ont ce chic de vous accorder tout ce que vous désirez, enfin dans une certaine mesure bien entendu, du moment que vous le demandez avec votre plus beau sourire. C'est donc armé d'une plume, de l'encre qui va avec et de quelques parchemins qu'il ressortit s'installer sur son banc.

Citation:
Vicomtesse Terwagne,


Quel plaisir de vous lire, en attendant de vous voir je l'espère.

Vos yeux ne vous ont joué aucun vilain tour, je suis bel et bien en ces murs qui raisonnent de jugements et de verdicts.
Un procès dans lequel j'ai témoigné en Béarn est responsable de ma présence icelieu.

Je dois vous avouer que malgré la neige et le froid, je préférerais être sur les chemins.

Depuis mon dernier courrier de novembre, mes chevauchées m'ont amené en Bourgogne ou une halte de quelques temps me permet de rendre service à mes amies Lenada et la Duchesse Angélyque. Service retardé par le patinage de ma charrette sur les chemins bourguignon, et service interrompu momentanément par ce procès qui je dois bien vous l'avouer, est pour moi une perte de temps.

Peut être pourrons nous discuter lors d'une pause et échanger de visu quelques discussions qui je l'avoue sont toujours agréables avec vous, sinon je vous renouvelle ma promesse de venir vous rendre visite, aussitôt que je serai de passage par chez vous.


Respectueusement


Aimelin


- si vous pouviez lui porter ma réponse, ce serait tres aimable... je pense être encore quelques heures icelieu

Il regarda le garde s'éloigner dans le couloir, un petit sourire sur les lèvres. Décidément, ce voyage lui réservaient bien des surprises.






Terwagne_mericourt a écrit:
Quelle audience!!!! Par Aristote quelle audience!!!!

Retenant un soupir exaspéré devant la sortie du Primat de France qui s'offusquait qu'on ne prenne pas pour argent comptant sa parole, de par son simple titre, elle reporta son attention sur l'avocat du plaignant, celui qui était là où aurait du se trouver Maître Ryllas. Etrangement, il semblait soudain bien calme, et elle supposa que cela n'allait pas durer. Il devait sans doute avoir quelques soucis de digestion qui l'empêchaient de se lancer dans un nouveau monologue digne d'une Comédie tragico-comique, mais le calme ne durerait pas, elle en aurait mis sa main au feu.

Parlant de main, la sienne la faisait quelque peu souffrir depuis qu'elle se l'était ouverte en voulant aider Monseigneur Odoacre à se relever, se blessant sur un des morceaux de verre venant de la fiole brisée par le requérant, ou son avocat, elle ne savait plus très bien.

En attendant que celui-ci prenne enfin la parole, elle profita du calme plat qui avait pris place pour se pencher sur sa réponse à la dernière missive livrée par un greffier, missive personnelle venant d'une des autres salles d'audience, missive signée Aimelin.

Elle sourit, se disant que certains allaient finir par se demander ce qui se tramait entre les deux salles, le même huissier faisant des allers-retours depuis le début de la journée, livrant missives à l'un, réponses à l'autre. Deux inconnus ou presque, se parlant de leur passé par vélins pour tromper leur attente respective dans deux salles d'audience séparées par quelques pas seulement. Voila qui avait de quoi porter le qualificatif "étrange", ou même "décalé". Et alors? Alors rien, puisque malgré tout la Juge était on ne peut plus attentive aux divers propos tenus dans la révision de procès dont elle avait la charge.

Attentant l'avocat, donc, elle se mit à laisser couler l'encre sur le vélin, avant de faire un signe discret au greffier, lui confiant pour la salle voisine la missive suivante.


Citation:
Seigneur Aimelin,

C'est étrange au fond, mais je viens de recommencer trois fois cette missive, avant même d'en avoir écrit une seule phrase. Oui, rien que l'en-tête me posait soucis. J'ai eu bien du mal à enfin réussir à la commencer par autre chose que par "Cher ami"...

"Cher ami", voila qui aurait été bien absurde, alors que je vous connais si peu au fond. Qu'avons-nous partagé au juste? Rien, ou si peu, diraient certains. Une rencontre en salle d'audience, où vous étiez témoin et moi Juge, quelques regards autour d'un anneau qui ne quittait pas votre main et m'intriguait de par la force que vous sembliez y puiser, de très rares missives relevant plus de la politesse que d'autre chose à l'époque, et puis... Et puis cette série de missives que nous échangeons à présent, qui nous replongent tous deux dans notre passé et font sans doute office de présentation.

Et pourtant...

Pourtant, sans que j'en comprenne moi-même la raison, j'ai l'impression que chacune d'elle me permet d'effleurer un peu plus la personnalité qui se trouve derrière cet anneau qui m'a tant intriguée, mais aussi me permet de vous livrer chaque fois un peu plus de la femme qui se cache sous la robe de Juge de la Cour d'Appel.

Peut-être ne devrais-je pas vous dire aussi franchement ce que je m'apprête à vous délivrer, mais après tout, si l'on m'a surnommée "La Tempête", c'est en premier lieu en raison de ma spontanéité, celle qui me fait livrer à tous les choses telles qu'elles me viennent, sans peser chaque mot, sans retenir mes sentiments ou mes pensées. Me livrer telle que je suis, dans le bon comme dans le mauvais, que ce soit dans ce que j'ai de plus beau comme dans ce que j'ai de plus laid. Je pense que jamais je ne changerai, au fond... Je suis décidément incapable de feinter, de tourner autour du pot, de porter un masque ou de mettre des gants. Certains hommes que j'ai aimé disaient de moi que j'étais trop vivante, trop passionnée, trop spontanée, mais surtout trop vraie. Ils n'avaient pas tord, je le crains. Ce côté trop vraie les effrayait, j'espère que ce ne sera pas votre cas...

Je m'apprêtais donc à vous dire que vos lettres, mais aussi et surtout les miennes, sont en ce moment pour moi comme une fenêtre ouverte sur mon passé, mon présent, mon futur... Une fenêtre où pour la première fois depuis longtemps je suis juste une femme, plus une machine politique, plus un acteur de la justice, plus une personnalité à abattre ou à mettre sur un piédestal, selon les points de vue de tout un chacun. Point de titre, point d'argumentaires, point de justifications, point de discours, ni de formules de politesses... Juste un échange, comme je n'en avais plus eu depuis de nombreux mois. Mais bien plus que cela, il y a enfin cette impression légère de se dire que non, on ne cherche pas à trouver votre talon d'Achille, pas la façon de pouvoir vous critiquer, vous faire tomber, ou même encore vous soutirer quelque profit.

Juste une femme, qui parle comme telle, qui ne cherche pas à plaire ni à déplaire, qui n'est finalement qu'elle-même... Voila comment je me sens à chacune des missives que nous échangeons. Et de cela je voudrais juste vous remercier, non pas par des lettres tracées sur un vélin, mais de vive voix, dans ce couloir où j'espère bien vous croiser en quittant ma propre salle d'audience.


Avec toute ma sympathie,


Terwagne Méricourt.

Regard entendu de l'homme, qui n'eut même pas à demander à qui au juste il devait la remettre, lui qui était le lien entre eux deux depuis de nombreuses heures à présent.

Elle le regarda quitter la salle, puis sans que personne ne semble comprendre quelle mouche la piquait soudain, elle s'éloigna de son pupitre et déclara l'audience interrompue pour quelques minutes, le temps que chacun puisse se dégourdir les jambes et qu'elle-même puisse aller faire changer son pansement.

Deux minutes plus tard, elle prenait place sur le banc se trouvant devant la salle d'audience où se tenait la révision du procès dont il lui avait parlé. Avec un peu de chance elle pourrait lui dire "merci" de vive voix.


Aimelin a écrit:
[Paris - Cour d'Appel, un matin de janvier ]


Replonger dans ce passé et n'en retracer que les faits essentiels et les grandes lignes, l'avait fait tomber à nouveau dans ces tourbillons qui occupaient sa tête, l'isolant du reste du monde. Sa main qui se portait à ce médaillon et cet anneau accrochés par leur chaine d'argent autour de son cou depuis le 19 juillet. Son regard gris qui se perdait ailleurs avant qu'il ne reprenne pied dans la réalité.

Il avait regardé partir le messager avant d'entrer dans la salle d'audience désespérément vide de celle qui dérangeait la cour pour son dossier avant que l'huissier revienne lui déposer nouveau pli.

Lecture qui s'arrêtait sur certains passages. Il était vrai qu'il ne lui avait jamais vraiment parlé de cet anneau qui tournait entre ses doigts lorsqu'ils s'étaient connus à la Cour d'Appel lors de la révision du proces de Ptit. Cet anneau faisait parti de lui, comme maintenant celui de Dance qu'il avait autour du cou avec son médaillon.
Soupir de lassitude en regardant la salle d'audience et reprise de sa lecture. Un sourire qui apparait en lisant les mots alignés les uns à la suite des autres, tellement vrais. Sans la connaitre il la devinait, imaginant ce qu'elle avait pu vivre et ce qu'elle pouvait ressentir. Il était étrange d'échanger missives avec une inconnue et de se rendre compte que l'on entrait dans ses souvenirs, comme l'on feuilletterait un livre.

A mesure de sa lecture il se sentait des points communs, dans cette spontanéité qui lui avait si souvent joué des tours face à ceux qui manipulaient dans l'ombre, affichant visages innocents et offusqués, accusant leurs détracteurs d'agir comme eux le faisaient sans mots dire. Petit sourire en lisant les dernières phrases avant de jeter un regard autour de lui, de glisser quelques mots à sa complice de voyage et de se lever discrètement pour se diriger vers l'huissier et lui chuchoter.


- plutôt que de m'endormir je vais attendre dans le couloir. Prévenez moi lorsque ça commencera enfin.

A peine les portes franchies il aperçut Terwagne assise sur le banc face à la salle d'audience. Toujours aussi belle, et toujours ce même regard qui ne vous lâchait pas. Une femme de plus qui l'intriguait, Un sourire franc en se dirigeant vers elle, voix légèrement atténuée afin qu'elle ne porte pas trop loin.

- je suis heureux de vous revoir et de pouvoir vous saluer de vive voix également.
Cette audience traine à débuter.


Soupir en prenant place à ses côtés avant de tourner ses mirettes grises vers elle.

- j'aime beaucoup votre côté "vrai" comme moult de mes amies. C'est pour moi un gage d'honneur et n'en suis jamais effrayé.

Petit sourire taquin en baissant la voix.. je suis entouré de femmes de caractère et j'avoue que ça n'est pas pour me déplaire.


Terwagne_mericourt a écrit:
[Paris - Cour d'Appel, un matin de janvier ]


Quelques minutes à peine... Quelques minutes bien peu nombreuses et pourtant largement suffisantes pour la faire plonger au coeur de ses souvenirs et de ses états d'âme. Plonger, oui, c'est l'expression consacrée. On laisse ses pensées s'envoler vers nos rêves, et plonger vers nos souvenirs. Pourquoi cette différence dans le choix du verbe? Si elle s'était penchée sur la question, Terwagne en serait rapidement arrivée à la conclusion que lorsque l'on est tourné vers ses rêves, on chute réellement lorsque l'on revient au moment présent, tandis que quitter ses souvenirs demande bien plus de temps et d'efforts, comme une remontée en pleine noyade.

L'homme qui en apparaissant la fit remonter à la surface n'avait rien d'un morceau de bois passant à la hauteur d'une noyée, du moins pas dans sa conscience à elle, et pourtant en quelques fractions de seconde à peine il la sauva de la noyade qui semblait bien décidée à l'emporter.

Elle leva vers lui son regard, à la fois souriant et emprunt de nostalgie, un regard sombre comme la nuit mais où brillaient de bien nombreuses étoiles aux noms sans importance pour l'heure. Ensuite, ses lèvres s'entrouvrirent rapidement pour répondre à son salut, mais elle retint quelques instants les syllabes qui étaient prêtes à en fuser le temps de le regarder s'installer avec simplicité et une espèce de nonchalance naturelle.


Moi aussi, je suis heureuse de vous revoir et d'entendre votre voix.
J'en avais pratiquement oublié les intonations, me semble-t-il...


Remarque idiote, et pourtant vraie. Sa voix venait de la surprendre tant elle était différente du souvenir qu'elle en avait gardé en salle d'audience. Mais peut-être était-ce simplement du à la différence de contexte. On ne témoigne pas de la même voix que ce que l'on échange réellement avec quelqu'un dont on a envie d'en connaitre plus. Sa voix à elle devait sans doute lui paraitre plus douce que lorsqu'elle présidait une révision de procès.

Son regard posé sur lui, et ne pouvant s'empêcher de descendre en direction de cette main sur laquelle elle avait si longtemps promené ses yeux ce jour-là, elle l'écouta, son sourire s'accentuant au fur et à mesure de ses mots, mots qui la firent légèrement rosir par instant il faut bien l'avouer. Et lorsqu'il lui adressa ce petit sourire taquin en murmurant, elle commença à lui répondre sur le même ton.


Voila qui doit être bien plus intéressant que de l'être par des jupons et dentelles sans conversation.

C'est à cet instant précis qu'elle entendit la voix d'un avocat bien connu d'elle, et pour cause il était un de ceux qu'elle appréciait le moins voir dans les audiences dont elle avait la charge, l'homme étant adepte des rumeurs de corruption au sein des Officiers de la Cour d'Appel. Il ne manquerait plus qu'il la surprenne en plein délit de murmure avec un témoin! Pour sûr il en ferrait des choux gras à défaut de pouvoir en écrire un article pour la presse locale.

Sans trop réfléchir, elle se leva d'un bond, plantant son regard dans celui du sieur Aimelin.


Et bien puisque je ne vous effraie pas, permettez que je vous enlève à la vue des mauvaises langues qui aimeraient par trop me surprendre en conversation privée.

Sans attendre de réponse, elle lui attrapa la main et l'attira à sa suite vers une des portes située en bout de couloir, espérant que personne ne se trouve derrière. Ouf! Celle-ci était close, c'était bon signe! Elle chercha son trousseau de passe-partout et ouvrit rapidement l'assemblage de bois, ne le refermant sur eux deux qu'une fois à l'intérieur de ce qui n'était rien d'autre qu'une salle d'archives.

Pfiouuuu! J'ai bien cru que ça en était fait de votre réputation!

Alors seulement elle se rendit compte qu'il devait la prendre pour une folle, et elle se détourna pour cacher le rouge qui venait de lui monter aux joues, feintant de s'intéresser au paysage que l'on pouvait apercevoir depuis la fenêtre.


Aimelin a écrit:
[Paris - Cour d'Appel, un matin de janvier ]


Sa voix était telle qu'il l'avait imaginé en lisant leurs échanges. Différente de celle de la Juge qui l'avait questionné la première fois en Cour d'Appel, elle n'en était pas moins captivante, même si le ton se voulait d'avantage amical.
Tout en étant plus détendu que lorsqu'il témoignait, c'était un fait, il n'en restait pas moins réservé, il s'adressait tout de même à une Juge et une Vicomtesse.
Un regard pour suivre le sien vers sa main droite avec quelques pensées perplexes avant de repenser à l'anneau qu'il faisait tourner entre ses doigts le jour de cette fameuse audience.
Instinctivement il porta la main dans l'échancrure de sa chemise où la présence de la médaille et de l'anneaux le rassura.


Voila qui doit être bien plus intéressant que de l'être par des jupons et dentelles sans conversation.

Son sourire ne le quitta point lorsqu'il répondit.

les jupons et dentelles sans conversat…

"Pas le temps de tout lui dire,
pas le temps de tout lui taire… "
elle s'était levée d'un bond, lui avait adressé quelques paroles concernant un enlèvement pour fuir les mauvaises langues, et elle l'avait entrainé par la main dans le couloir.

Enlevé par une Juge !

Sa première pensée fut : "diantre comment vais-je retrouver le chemin de la salle !" suivie aussitôt d'une autre en la voyant s'arrêter devant une porte au fond du couloir : "pourvu que personne ne nous voit", suivie elle-même d'une foule de questions pendant qu'elle s'occcupait à chercher une clé.

Quelle était cette pièce où elle l'entrainait. Un bureau rempli de dossiers avec des parchemis étalés de parts et d'autres et des fauteuils pour converser ? une chambre personnelle confortable et douillette pour les moments de repos des juges ou procureurs durant les procès interminables ? Cette éventualité lui soutira un sourire où se mêlait une certaine inquiétude quand à la durée de cette entrevue si tel était le cas.

La vue de la salle d'archives l'arrêta net dans ses rêveries de conquêtes victomtessiennes et il jeta un regard curieux dans la pièce, pendant qu'elle refermait soigneusement derrière eux, ce qui ne lui échappa point, même s'il n'en fit cas.

Bigre, il devait y en avoir des secrets la dedans. Une salle d'archives, pourquoi pas. Et puis qu'importait le lieu, il fallait voir le bon côté des choses, il était en tête à tête avec une Juge, Vicomtesse fort belle de surcroit, qui pour l'instant tenait il est vrai davantage le rôle d'une geolière de salle d'archives pour béarnais égaré à la Cour d'Appel.
Pourquoi s'en plaindrait il, elle n'avait de plus pas de lattes à sa portée.

Il songea à sa brune amie, sa complice de voyage, et pria pour qu'elle ne les ai pas vu partir main dans la main, et encore moins entrer dans cette salle, ce qui ne manquerait pas de l'exposer aux taquineries habituelles, pointées d'une légère petite jalousie que la jolie brune tentait de dissimulers mais qui n'échappait pas toujours à l'ébouriffé, lorsqu'elle évoquait les femmes qui l'entouraient quel que soit le lieu où ils se trouvaient.


Pfiouuuu! J'ai bien cru que ça en était fait de votre réputation!

Au diable la réputation, c'était le moment d'appliquer sa devise, "Prendre ce que les femmes donnent, du moment que ça fait du bien et n'engage à rien".. devise qui venait d'ailleurs de naitre en son esprit et dont il faudrait qu'il parle à Dotch et Maltea.

Voix plus calme et posée en répondant.


mmm vous savez, ma réputation me précède, me poursuit et parfois s'échappe et voyage sans moi, dans des lieux que je ne connais point et où je n'irai peut être jamais.
Et puis la réputation est ce que font les autres de nos actes ou de nos paroles, ou parfois de ce qu'ils imaginent. Elle peut être tant différente de la réalité que je ne m'offusque presque plus de ce fait… et si je faisais attention, je ne serais point avec vous … enfermé dans une salle d'archives.


Il se retint un rire en pensant à certaines langues qui se délieraient délectablement en imaginant aisément ce que pouvait bien faire le couple. C'était tant évident pour certains que parfois il se prenait à penser qu'il devrait agir de sorte à donner raison aux rumeurs les plus folles.
La voyant se tourner vers la fenêtre la plus proche, il se plaça derrière elle, regardant par-dessus son épaule, non pour tenter une approche plus … rapprochée… mais pour essayer d'apercevoir ce qui semblait captiver la Vicomtesse.


cette ville est immense

Voila tout ce qu'il avait trouvé à dire, devant l'étendue des toits qui s'étalaient à perte de vue, comme les champs et bois dans son Béarn.


Terwagne_mericourt a écrit:
[Paris - Cour d'Appel, un matin de janvier ]

Et les rôles s'inversèrent :

A cet instant précis, cette image s'imposa à elle, brutalement, comme une évidence la rendant légèrement chancelante. Pour preuve, elle posa sans même en avoir conscience sa main sur le rebord de la fenêtre.

Oui, elle qui l'avait enlevé, menant en quelque sorte la danse de leur entrevue, elle se retrouvait soudain dans le rôle de celle qui était coincée, par sa simple présence dans son dos, à quelques pouces de distance à peine. Oh bien sûr elle n'était pas prisonnière, pas à proprement parler coincée, elle pourrait toujours se dégager du peu d'espace laissé libre entre le corps de l'homme et la vitre, mais le sentiment d'être en quelque sorte prise au piège n'en était pas moins là.

Oui, elle qui lors de leur première rencontre avait été celle qui représentait la "grandeur" de la justice, elle se sentait brusquement devenue bien petite face à lui, lui dont elle devinait sans même le regarder qu'il devait la surplomber d'au moins une tête.

Parfois, sans que l'on en comprenne la raison, les idées les plus saugrenues se fraient un chemin dans notre tête, et ce fut alors le cas de celle que l'on avait surnommé "La Tempête" ou encore "La Perle noire du Berry" avant de l'affubler de cet épithète dont elle s'amusait au final bien plus que de s'en plaindre... Des idées saugrenues, oui, où elle se vit à sa place à lui, et se demanda ce qu'elle aurait alors fait comme geste, ce qu'elle lui aurait dit... Sans doute n'aurait-elle rien dit, au fond, pour éviter de sortir une chose aussi incompréhensible que la réponse qu'elle lui fit alors.


Immense, oui... Immensément effrayante...

C'est étrange, le pouvoir qu'elle a sur mes émotions lorsque je la regarde de la sorte. Je la trouve à la fois fascinante, belle, insaisissable, effrayante, intrigante, troublante...

Oui, voila, elle m'intrigue et m'effraie à la fois, me donne envie de mieux la connaitre et en même temps de m'enfuir. L'envie de m'y élancer et la peur de m'y perdre.


Sa seconde main se posa alors sur le rebord de la fenêtre, quelques secondes à peine, juste le temps de respirer avant de se retourner vers l'homme qui était toujours dans son dos.

Je crois que je ferrais bien mieux de ne pas trop la regarder, au fond. Cela rendrait sans doute mes propos bien moins étranges.


Aimelin a écrit:
[Paris - Cour d'Appel, un matin de janvier ]

(Prisonnier dans une salle d'archives)

Des toits, des toits, des toits et parfois .. des toits. Comment pouvait on vivre sans voir la nature, autant de questions qui tournaient dans la tête du jeune lieutenant, avant de réaliser qu'il se tenait derrière Terwagne, ce qui avait limité l'espace d'évolution de la vicomtesse entre lui et la vitre.

Il avait baissé les yeux sur elle en se décalant légèrement sur le côté, souriant aux qualificatifs employés pour décrire la ville. Il aurait bien employé les mêmes pour la décrire elle s'il n'avait de temps en temps un sursaut qui le faisait rester les pieds sur terre. Ne jamais trop se dévoiler et puis ne prendre que le bon côté. Le lui dire ne pas lui dire, nous verrons bien.

Et puis elle lui tournait le dos et ça arrangeait bigrement le jeune gars qui laissa son regard filer sur les derniers toits. Comme tout le monde le sait, les femmes étaient imprévisibles et se faisaient un malin plaisir, inconsciemment ou pas, à contredire les pensées les plus ancrées dans l'esprit de leurs interlocuteurs, et donc la Juge se retourna ce qui eût pour effet de laisser les mirettes grises du jeune Seigneur, croiser les siennes.

Par les cornes du bourrin, il était bien plus aisé de lui parler quand elle ne vous regardait pas. Il abandonna le regard de la jeune femme pour fixer la poignée de la fenêtre, ce qui facilitait ses pensées et donc faciliterait sans doute son élocution.


mm.. je.. oui.. mais..

Non, ça n'était pas forcément le cas. Il toussota.

moui... comme vous le dites... fascinante, belle, insaisissable, effrayante, intrigante, troublante... qui donne envie de la connaître et de s'enfuir de peur de s'y perdre.

Regard gris qui revint se poser très brièvement sur le sien.

comme certaines femmes qui nous attirent et nous effraient de peur d'y laisser nos convictions et nos sages décisions.

Ne serait il pas en train d'essayer de la séduire, ou de trouver un prétexte pour ne pas essayer de le faire vu ses récentes résolutions sur les femmes, auxquelles il tenait plus que tout. Liberté quand tu nous tiens, la Bourgogne, le Béarn, et le reste. Petites pensées à quelques moments passés fort agréables depuis son voyage, et éclair de lucidité qui vint l'avertir d'un danger, d'où le changement rapide de sujet en portant sa main gauche à la chaîne qui pendait à son cou, prenant l'anneau entre ces doigts.

mm je crois ne vous avoir jamais parlé de cet anneau.

Voila qui était parfait afin de dissiper cette légère gêne. Il n'y avait pas à dire, il avait le don naturel pour orienter les discussions vers les chemins qu'il souhaitait. Cela marchait ... enfin du moins lorsque la personne en face n'avait pas les mêmes talents que lui, et la Vicomtesse avait l'air de posséder nombreux talents.

Et même s'il n'était pas facile pour lui de parler de cet anneau depuis que sa blonde n'était plus, il s'était promis d'en parler avec Terwagne, et cela tombait bien, elle était face à lui, peut être juste un peu trop près ce qui le fit faire un pas en arrière. Mais point trop, il aurait été bien dommage de ne pas profiter d'une telle proximité si agréable.




Terwagne_mericourt a écrit:
[En dehors du temps, Paris - Cour d'Appel ]

Pour toute réponse, il commença par bafouiller, semblant chercher ce qu'il pourrait bien répondre à ses propos, lui donnant encore plus la certitude que ces derniers avaient du être bien incompréhensibles, ou peut-être trop compréhensibles, au fond. Trop, oui... Peut-être la brève union de leur regard lui avait-elle permis de lire en elle, d'effleurer un instant ses pensées et son âme...

Dans une sorte de pudeur, elle baissa alors les paupières. Non pas dans un geste étudié comme tant d'autres auraient pu le faire, mais bien comme - sur un champs de bataille - elle aurait réajusté son armure pour éviter de laisser voir la faille qui s'y trouvait. Ses cils étaient simplement devenus, l'espace d'un instant, un bouclier empêchant le danger de frôler son point faible.

Danger... Point faible... Devenait-elle donc folle? Cet homme n'était pas dangereux, elle l'avait lu dans ses yeux, et elle, elle n'était pas faible! Elle se refusait de l'être! Elle ne l'avait été que trop ces derniers mois déjà!

Oh bien sûr ils avaient tous cru que sa froideur en surface était la preuve de son insensibilité, de son ambition inhumaine, et aucun n'avait compris que tout cela n'était qu'un masque pour cacher son sang et ses larmes, un mur de pierre pour masquer un champs ravagé où même sa foi en l'Homme n'était plus que cendres. Ils l'avaient crue forte au point de supporter toutes leurs bassesses, toutes leurs attaques, et n'avaient pas imaginé un instant que derrière la façade gouverneur se trouvait une femme perdue, blessée, agonisante.

Mais tout cela était terminé à présent, elle ne voulait plus être faible... Et si jamais il devait lui arriver de l'être à nouveau, elle refusait de cacher ce qu'elle était, refusait de faire mentir son corps, son être! Refusait de se faire passer pour ce qu'elle n'était pas!

Elle rouvrit les yeux pour lui répondre, avec un sourire aux lèvres, que cet attrait effrayant dont il parlait n'était pas le seul apanage des femmes, que certains hommes... Que certains hommes avaient...


L'anneau.... Oui, l'anneau... Jamais, non...

L'image de celui-ci venait de la frapper de plein fouet,réveillant en elles une multitude de pensées impossibles à distinguer les unes des autres tant elles se chevauchaient, s'emmêlaient, se heurtaient les unes aux autres. Un choc, oui, qui eut pour résultat ces quelques syllabes bafouillées dans un murmure.

Des syllabes qu'elle aurait voulu compléter par des mots, mais qui étaient bien difficiles à trouver dans le fatras de ses idées se bousculant.

Son regard se posa alors sur sa propre main, cette main où jadis avait trôné un anneau également, même si il n'était pas fait d'or mais de paille. La trace avait disparu depuis bien longtemps, et l'anneau s'en était allé rejoindre en volutes celui qui lui avait offert, mais en son coeur il resterait sans doute gravé pour l'éternité. Zel... Elle avait mis bien du temps à être en paix avec son souvenir, à réussir à prononcer mentalement son prénom sans sentir ses larmes couler sur ses joues, sans avoir envie de hurler qu'elle haïssait la terre entière, et que jamais plus la nuit ne lui semblerait belle, la pluie musicale, le vent ami.

Quittant finalement l'emprunte invisible de cet homme qui l'avait abandonnée bien malgré lui, elle releva les yeux vers son interlocuteur, et plus précisément vers l'objet qui pendait à son cou.


Jamais vous ne m'en avez parlé, non.
Jamais je n'ai osé vous le demander non plus.

C'est étrange, lui aussi il m'intrigue et m'effraie, je crois.
Peut-être parce qu'il est celui autour de qui tourne notre premier regard échangé, qu'il est la première chose que j'ai eu envie de découvrir de vous, et que...

Il est des portes qu'on pousse parfois trop brusquement et dont on regrette longtemps d'avoir vu ce qui se trouvait derrière.

La nudité est à la fois la plus belle et la plus affreuse des choses.


Aimelin a écrit:
[Paris - Cour d'Appel, un matin de janvier ]


C'était étrange comme le fait de penser à cet anneau et ce médaillon réveillait des souvenirs si chers et si terribles. Cette matinée de juillet qui s'était achevée par ce gouffre sombre qui l'avait englouti pendant qu'un torrent de haine et de douleur avait ravagé son visage et son cœur, le laissant plusieurs jours sans réaction. Cécé et Dotch avaient été là, une fois de plus, le laissant donner libre cour à sa douleur tout en tentant de recoler ces morceaux de lui qui s'étaient éparpillés comme pour tenter de rejoindre ce rayon de soleil qui lui échappait.

Ses yeux gris abandonnèrent la Vicomtesse pour se porter au dehors, vers les toits, vers ce soleil qui n'arrivait pas à percer les nuages neigeux recouvrant la ville. Son sourire avait disparu pour laisser place à un visage qui ne laissait transparaitre aucun sentiment. Seuls ses yeux avaient cette drôle de lueur où brillait une mélancolie mélangée à quelque chose qui ressemblait à un sourire.

Sa voix s'était faite plus confidente, comme s'il voulait choisir chaque mot. Dire ce qu'il faut pour cette fois, ne pas en dire trop pour garder cette part de douleur qu'il avait en lui et ne pas réveiller cet orage qui vrombissait en lui à chaque fois.


cet anneau est celui d'un amour disparu en janvier 56, qui, avec le mien gravé de mon prénom ne m'ont plus jamais quitté.
En juillet 57 le soir où j'ai fais la folie d'intégrer l'armée félonne Vae Victis à Lourdes, j'ai donné le mien à celle que j'aimais.


Un regard rapide vers la juge qui avait pris connaissance du dossier Vae pour l'affaire de Ptit, avant de se perdre à nouveau par la fenêtre derrière elle. Un sourire léger quand il évoque Dancetaria.

elle était sergent de l'ost.
elle m'a demandé pourquoi Vae, mais ne m'a pas demandé de renoncer à mes idéaux, jugeant qu'elle n'avait pas le droit de m'empêcher d'aller au bout de ce que je pensais juste.
Elle s'est contenté d'avoir peur pour moi, pour nous, d'avoir peur que l'on doive s'affronter par les armes.
Elle m'a alors dit que cet anneau lui porterait bonheur, nous porterait bonheur, et que nous nous reverrions, qu'il ne pouvait pas en être autrement.


Il s'arrêta quelques secondes, sa voix devenait moins sûre, quelque chose bloquait sa gorge. Les souvenirs qui ressurgissaient encore plus traitres et présent qu'il ne le pensait.

cet anneau nous a porté bonheur c'est vrai.
A la troisième bataille, celle qui a été fatale à Vae, je suis tombé presque sous ses yeux.
Elle qui m'a fait transporter à la tente médicale où la Duchesse Dotch de Cassel m'a sauvé la vie.
J'en ai gardé une cicatrice sur mon flanc droit et mon amour avait gardé sur elle mon anneau.


Ses yeux se posèrent sur Terwagne.

aujourd'hui cet anneau je le porte à mon cou avec son médaillon gravé d'un soleil.

Un léger sourire qu'il affiche malgré tout, essayant de reprendre pied dans le présent.

voila... je m'étais promis de vous parler de cet anneau que vous sembliez avoir remarqué lors de notre première rencontre à la Cour.
Il est une partie de mon passé, un passé qui me fait vivre et avancer.


Un passé qui le faisait changer, qui lui avait insufflé cette façade nonchalante afin de taire tout ce qui était au fond de lui.
Aimer sans s'attacher, ne prenant que ce qui le poussait vers la vie.


je ne regrette pas que vous ayiez poussé cette porte que je tiens fermée bien souvent. J''essaie de vivre avec ce passé.
J'ai pris des décisions sur ma façon d'être, je suis juste un peu différent parce qu'il est nécessaire parfois de se protéger.


Petit regard autour d'eux, à cette salle qui devenait pour quelques instants la complice de leurs confidences. Sourire qui s'élargit en posant à nouveau son regard sur la jeune femme.

si je n'avançais pas je ne serai pas sur les routes avec une jolie brune et sa fille,
je n'aurais pas de jolis souvenirs de ce voyage,
et je ne serais pas enfermé avec vous dans cette pièce

Le passé peut parfois nous faire agir bizarrement, et j'espère qu'il va continuer de la sorte me concernant.




Terwagne_mericourt a écrit:
[En dehors du temps, Paris - Cour d'Appel ]

Dans son dos : le gris du ciel bien lourd, le froid, la ville avec ses mystères, ses coins d'ombres, cette ville à la fois tellement proche et tellement inconnue, l'immensité du monde, ce monde que jamais elle ne comprendrait vraiment... Face à elle : Aimelin, avec son regard gris et lourd lui aussi, soudain distant et pourtant bien là, parti vers ailleurs et malgré tout plus proche qu'il ne l'avait sans doute jamais été, dévoilant son passé et semblant brusquement s'y enfermer pour quelques instants tout en lui en ouvrant la porte plus grande... Aimelin avec ses coins d'ombre lui aussi, et pourtant quelques rayons de soleil éphémères sur les lèvres à certains instants de son récit.

Silencieusement, presque religieusement, elle l'écoutait, n'osant bouger d'un cheveu, comme si elle craignait que le moindre mouvement de sa part vers lui ou vers ailleurs ne le fasse refermer brutalement cette porte qu'elle avait entrouverte et que lui-même venait de lui ouvrir plus grand en se livrant bien plus qu'elle ne s'y était attendue.

Religieusement, oui, c'est ainsi qu'elle l'écoutait, avec dans le regard la même petite flamme timide, hésitante, et émerveillée que celle qu'on trouve dans l'oeil d'un enfant se faisant enfin conter un secret qu'il espère et craint à la fois, ou encore voyant s'ouvrir enfin devant lui, dans la pénombre, une boîte au trésor qui l'intrigue depuis longtemps, et tremblant pourtant - malgré son envie de savoir - d'en voir surgir une araignée ou un crabe.

Sans même en avoir conscience, de façon imperceptible, son corps entier s'était tendu, en même temps que son oreille, pour mieux accueillir la confession, mieux comprendre chaque mot, mieux ressentir chaque sentiment se trouvant derrière ceux-ci. Elle ne bougeait pas d'un cil, pas d'un cheveu, son regard posé non plus dans le sien, mais sur ses lèvres, comme si elle voulait y cueillir les sons avant même qu'ils n'en sortent, craignant de les voir se perdre entre le moment où il les prononçait et celui où ils lui parvenaient à elle, prête à les attraper au vol pour que personne à part eux ne partage cet échange murmuré.

Sentiment étrange au fond, où vous avez l'impression que l'autre se met à nu devant vous, qu'il est plus proche de vous que jamais, et qu'il s'éloigne en même temps, repartant vers un monde dont vous ne connaissez rien, mais surtout où vous n'avez rien à faire. Tellement proche, et tellement lointain.

Lorsqu'il se tut, elle resta un long moment silencieuse, non pas parce qu'elle ne trouvait rien à dire, mais bien bien parce que trop de choses se bousculaient en elle... Des questions, fort logiquement, mais également l'envie de lui livrer à son tour un petit morceau de son passé. Elle fit descendre ses yeux de ses lèvres à son cou, regardant l'anneau, puis finit par les remonter vers ses yeux à lui, laissant échapper deux syllabes... Les mêmes deux syllabes que celles qui l'avaient poussée à quitter sa salle d'audience pour les lui dire de vive voix.


Merci...

Ce fut la première chose qu'elle eut envie de lui dire, avant de s'en expliquer par d'autres mots, plus nombreux, mais non plus volumineux.

Merci pour... votre confiance.
Merci d'avoir partagé avec moi ces souvenirs qui vous sont visiblement si chers, si doux, et si douloureux à la fois.
Merci de ne pas m'avoir prise pour une folle lorsque je vous ai emmené dans cette pièce, sans trop y réfléchir sur le coup, je l'avoue.


Nouveau silence, durant lequel elle se mordille la lèvre inférieure, comme toujours lorsqu'elle hésite à dire ou faire quelque chose, lorsqu'elle se sent comme une équilibriste sur un fil trop tendu. Et puis, au bout d'un moment, tout comme l'équilibriste finit toujours par faire un pas malgré tout, Terwagne finit par s'exprimer.

Le passé guide nos pas, oui, et ce bien malgré nous quelques fois.

Le mien m'a poussée, durant de fort nombreux mois, à épouser l'Anamour à défaut d'avoir échoué avec la mort et puis l'amnésie... Je me suis jetée dans les bras de la première par deux fois, elle me les a refusés, tandis que la seconde a marché un bout de temps à mes côtés avant de m'abandonner, de la même façon brutale que l'avaient fait ces trop nombreux hommes que j'avais aimés...

Trop nombreux, oui, et qui me valurent quelques fois d'être surnommée "la collectionneuse", comme si j'avais choisi de les voir tous me briser les uns après les autres.

Zeltraveller, lui il ne l'avait pas voulu, c'est le ciel qui me l'a repris cet amour, tout comme il me l'avait offert un jour pluvieux d'octobre, sur un marché en Orléans, devant un chapeau d'homme que je voulais absolument acquérir.

Non, lui il n'a pas voulu me briser, mais les autres...

Astaroth, Hugoruth, Maleus... Maleus, c'est différent malgré tout, j'ai du lui faire tellement de mal à une époque, que je ne parviendrai sans doute jamais à me le pardonner moi-même, et tout cela pour Hugo...

Hugo! C'est sans doute celui qui m'a le plus détruite au fond!

Ensuite, il y a eu Walan, et... Thorvald... Raithuge... Et l'Anamour... Et...


Thorvald... Elle se demanda soudain si son interlocuteur le connaissait de nom, si il risquait de la juger par rapport à sa liaison avec cet homme, mais au fond d'elle, elle n'en avait cure. Elle l'avait aimé, et jamais elle ne renierai cela, quand bien même il avait choisi par deux fois de la pousser vers un autre que lui, pour ne pas l'éclabousser de son nom justement.

Un nouveau silence s'installa, mais elle n'en eut pas vraiment conscience. Son regard s'était soudain voilé d'une brume nostalgique, et elle-même semblait s'être envolée vers... là-bas!



Aimelin a écrit:
[Paris - Cour d'Appel, un matin de janvier - une salle d'archives ]


Merci… c'était bien la première fois qu'on lui disait merci lorsqu'il ouvrait en partie la porte de son passé. Il laissa ses yeux fixer ceux de la Vicomtesse, un instant décontenancé. Des yeux à lui rappeler ses promesses de non promesses.

ces souvenirs me sont chers et font partis de moi. Ils expliquent en partie certaines de mes attitudes où certaines de mes réactions il est vrai.

Sourire au mot "collectionneuse". Sans doute avait il la même réputation à son arrivée en Béarn, une âme charitable ayant pris soin de mettre Quasi en garde. La suite de leur relation avait dû rendre la personne bienveillante, bien idiote aux yeux de certains.
Les noms qu'elle évoquait ne lui disaient rien. Lorsqu'elle s'arrêta il la regarda étonné. Elle semblait attendre une réponse ou une remarque de sa part.


je ne connais point les hommes dont vous me parlez mais … je connais ce mot "collectionneuse" enfin au masculin me concernant. Souvent dit à tort sans savoir.
Faiblesse du ragot et idiotie de celles et ceux les rapportent.
Dites vous bien que ceux qui vous jugent ou colportent ne sont que jaloux. Je pense ainsi et j'en souris.


Il recula de quelques pas en souriant, se permettant de l'observer, laissant son regard dessiner sa silhouette féminine avant de revenir croiser le sien en souriant.

cela dit, il est normal que vous attiriez les jalousies.

Il ne valait peut être mieux pas lui énumérer le nom de ses amours passés, ou conquêtes. Mais il avait un point pour lui, jamais il n'avait trompé celles avec qui il était. Et puis maintenant, il y avait celles du présent, qui partageaient ces moment n'appartenant qu'à eux.

j'ai connu moult femmes toutes plus belles les unes que les autres. De simples villageoises comme je l'étais, à des Duchesses ou Comtesses.
J'ai eu trois histoires où le mot mariage a été évoqué.
Deux ont rejoint Aristote bien trop tôt, l'une, par ailleurs diaconesse, a été infidèle et m'a fait pousser quelques cornes avant d'épouser un pauvre gueux éleveur de cochons.


Petit arrêt en ne pouvant retenir un rire.

les femmes sont imprévisibles.
J'ai toujours été fidèle, mais lorsque mon cœur est libre, j'estime qu'il va où il veut et je lui ai donné entière liberté depuis juillet. N'en déplaise aux envieux, tant que cela me fait plaisir ainsi qu'à celles qui partagent cette façon de voir.


Il refit un pas vers elle et reprit son air sérieux, ayant vu le regard de Terwagne se voiler légèrement. Drôle d'endroit que cette salle pour des confidences, comme si les archives voulaient garder un dossier de plus.

Sa voix se fit plus douce, plus rassurante.


Est-ce pour toutes ces raisons que vous vous êtes jetée dans la vie politique ?
J'avoue avoir du mal à rester trop longtemps dans ce milieu qui détruit plus qu'il n'apporte.


Terwagne_mericourt a écrit:
[Dans les faits : Un matin de janvier, Cour d'Appel de Paris - Dans la tête : Ailleurs, dans le passé ]


Thorvald... Depuis combien de temps n'avait-elle plus penser à lui au juste? La question fusa dans sa tête, tandis que les mots de ses dernières missives lui revenaient en mémoire. Ces mots remplis d'excuse, de déception, de chagrin, et d'adieu surtout. Comment avait-il pu annoncer leurs épousailles, renoncer à sa vie de gardien des bains à la Cour des Miracles, en pensant que les choses étaient telles que lors de leurs dernières rencontres, ne même pas comprendre que cet homme qui l'accompagnait alors était l'élu de son coeur, que leur distance n'était due qu'aux liens du mariage qui le liaient encore à une autre mais que... ? Thorvald... Monsieur et Madame T comme ils se surnommaient tous deux... Elle eut soudain l'impression que le vent entrait par la fenêtre pour lui apporter l'odeur des giroflées, cette essence qu'elle portait alors et à laquelle il était allergique, préférant l'odeur de la Rose rouge sans doute...

Ce fut la voix d'Aimelin, douce, chaude, fragile et pourtant forte jusque dans ses murmures, qui la fit remonter dans le présent, le regard encore un peu perdu. Alors elle se concentra à nouveau sur sa bouche, comme si elle s'était rattrapée à un fil pour ne pas plonger plus profondément dans les eaux troubles et troublantes de son propre passé.

Suspendue à ses lèvres, elle s'aperçut à peine de son regard glissant comme une plume le long de son corps, juste assez pour en ressentir un frisson léger comme celui que lui procurait jadis le vent d'été quand elle s'allongeait au coeur de l'herbe encore humide de rosée. Juste assez pour sentir la vie couler en elle, mais sans bouillir ni gronder.

Elle le vit reculer, se rapprocher, l'entendit rire, mais tout cela ne semblait plus que la frôler, la retenir dans le présent sans vraiment l'y attacher. Son visage restait impassible, comme figé dans une expression fragile, et il aurait pu le rester longtemps encore, si il n'y avait eu ce mot qui telle une lame brisa le mince fil auquel elle s'accrochait pour ne pas couler à nouveau vers l'imparfait d'un passé composé, trop composé, ou plutôt décomposé.

La politique... D'impassible son visage devint douleur, tandis que son corps se tournait, pour mieux cacher au témoin de ses aveux la douleur qui allait de paire avec ce simple mot. Oui, elle lui tourna le dos, avec pudeur et violence pourtant, comme une femme voulant cacher une tare physique, mal à l'aise, honteuse d'être telle que dieu l'a faite.

Sa voix devint plus faible encore. Craignait-elle donc que certains mots redonnent vie aux fantômes auxquels ils étaient associés?


Pourquoi la vie politique?
Les raisons en sont diverses, ont changé au fil des ans.
Elle m'a perdue par moments, sauvée à d'autres....

Lorsque j'ai rencontré Hugoruth, celui qui jusque il y a peu était Président de la Cour d'Appel, il était politicien, candidat au siège de Duc en Berry, et moi j'étais troubadour attendant la mort au pied d'un arbre. Je venais de perdre Zeltraveller, deux jours avant nos noces.

Je les ai rencontrés tous deux en même temps : lui et Maleus, qui était alors Capitaine. Hugo était un politicien, quelqu'un de profondément attaché à la terre du Berry, je l'appelais le bureaucrate. Maleus était Capitaine, mais surtout flûtiste, comme moi. Sombre et malheureux, comme moi... Nous partagions des soirées sur les toits, flûte en main, et des bouteilles de calva où nous noyions nos chagrins respectifs. Nous nous aimions, profondément, mais nous faisons beaucoup de mal au fond, l'un coulant entrainant forcément l'autre.

Un trio amoureux, avec une femme incapable de donner son coeur à l'un d'eux, le refusant donc à tous deux, et deux amis devenus ennemis. On nous surnommait "Le caillou, la Tempête et le Brouillard", même si Maleus m'a toujours appelée "La Perle noire", lui.

J'étais tellement déchirée, que j'ai voulu reprendre ma vie de troubadour, sans attaches. Alors j'ai pris la fuite, en quelque sorte... Enfin, peu importe comment, mais je me suis retrouvée à Cosne, mourante suite à l'attaque dont je vous ai parlé dans ma missive ce matin.

Hugo est venu me rechercher, Maleus m'en a voulu de cette fuite...

J'ai donné mon coeur au premier, brisé celui du second qui suite à cela a quitté tout et surtout le Berry, rejoignant des mercenaires.


Le Berry m'avait accueillie à la mort de Zel, m'avait sauvée en quelque sorte, et j'ai voulu le servir pour l'en remercier. J'ai commencé par les festivités, puis le commerce, et ensuite la mairie. Jusqu'à ce que Hugo et ses cousins créent leur propre parti et m'y intègre...

Voila comment je suis entrée en politique au départ, par amour! Par amour d'un homme, par amour d'un peuple aussi.


De fil en aiguille, j'ai pris la relève, crée un nouveau parti quand les cousins d'Hugo sont morts et que lui n'avait plus la force, me suis investie de plus en plus pour combler mon attente de ces épousailles qu'il avait programmées, reportées pour cause de deuil, reportées à nouveau pour autre deuil,... La politique pour continuer son combat à lui, mais aussi pour combler le vide affectif dans lequel il commençait à me laisser.

Et soudain, il s'est réveillé!

Il m'a dit "Quittons tout, partons rejoindre mes neveux et nièces en Lyonnais-Dauphiné, et marions-nous là-bas, loin de tout ce qui m'use ici!". J'ai abandonné pour la seconde fois ce qui était ma vie... La première fois mes rêves de voyages et de liberté pour le rejoindre en politique, la seconde fois toutes mes charges et fonctions pour le suivre en Lyonnais-Dauphiné.

Nous sommes arrivés à Vienne, et je ne l'y ai plus vu dès le lendemain.

De retraites en isolements dans son bureau, il était introuvable, injoignable, ne répondait ni à mes courriers ni à ceux de sa nièce... Jusqu'au jour où enfin j'ai reçu quelques lignes de sa main... Des lignes d'adieu, auxquelles je n'ai rien compris.

C'est à cette époque que sa nièce m'a fait entrer dans le parti politique où elle était, et que j'ai accepté de compléter une liste, tandis que j'apprenais que Hugo était retourné en Berry.

Je l'avais suivi pour... Me retrouver à nouveau seule sur une terre inconnue.

D'investissements politiques en tentative d'auto-empoisonnement, de noyades dans le travail pour rester la tête hors de l'eau en fonctions diverses pour oublier que j'étais seule, j'ai fini par laisser m'approcher le Vicomte d'Ancelles, Walan... Chef de file d'un des anciens partis du Lyonnais-Dauphiné, qui comme l'avait fait Hugo, m'a propulsée en politique, m'a aimée, même si c'était à sa façon, mais...

L'armée était plus chère à son coeur que moi, même si j'avais laissé Thorvald s'en aller pour lui laisser la place.

Oui, là aussi, triangle amoureux... déchirement interne... choix impossible... L'un part et l'autre reste pour mieux m'abandonner ensuite.

J'ai quitté Walan, je n'étais pas heureuse, ma vie n'était qu'attentes, comme elle l'avait été avec Hugo, et j'en comblais les vides en m'investissant de plus en plus politiquement.

La politique m'a sauvée à cette époque, comme elle l'avait fait auparavant. La politique était devenue mon amant, celui qui me faisait me déchaîner, me donner entière et sans retenue, manquer de souffle mais me sentir vivante. J'avais aussi rencontré Kernos, sans qui je ne serai sans doute plus là aujourd'hui, mais qui était encore marié à une autre, même si ils ne vivaient plus ensemble depuis des lustres.

La suite?

Et bien la Gouvernance tant décriée sur la façon dont s'est déroulée la reconnaissance du Gouverneur, celle qui m'a valu cet épithète, et ma prise de recul du monde politique durant deux mois.

L'attente de la dissolution du mariage de Kernos, aussi...

Et cette certitude que jamais je ne serai épouse, ni mère, que le temps passe, que ma vie n'est qu'un énorme gâchis, que je suis incapable de tenir le rôle qui est celui de toute femme au fond.

Descente aux enfers, solitude, alcool...

J'ai rempilé en politique, pour remonter la pente, pour cesser de penser à cet échec qu'est ma vie, pour m'endormir de fatigue et plus d'ivresse... Pour me sentir exister, pour servir à quelque chose... Pour leur montrer que non, ils ne m'ont pas achevée, malgré tout... Pour...

Je ne sais plus très bien, pourquoi je suis là, pourquoi je suis ici, pourquoi je vous raconte tout cela.


Elle se tut, aussi brutalement que ce qu'elle s'était tournée quelques minutes auparavant, sans oser lui faire face à nouveau, cherchant comment se rhabiller de façon digne après tout ce déballage qui venait de lui échapper.

Aimelin a écrit:
[Paris - Cour d'Appel, un matin de janvier - une salle d'archives ]


Et dire qu'il pensait avoir eu une vie compliquée ! ce furent ces premières pensées lorsqu'elle se tût, lui tournant toujours le dos. Son regard se posa sur sa nuque et il réfreina une envie soudaine de faire ce geste qu'il faisait tant souvent à certaines femmes de son entourage. Mais quelques éclairs de lucidité l'arrêtaient bien heureusement de temps en temps.

Ses mirettes laissèrent donc la nuque de la Vicomtesse pour se poser sur ces foutus toits qui il faut bien l'avouer lui servaient bien durant cette étrange discussion.


vous êtes ici pour parler simplement, en oubliant la Vicomtesse et la Juge.

Petit sourire en continuant d'une voix sereine.

les choix sont les éternelles épreuves que nous impose la vie. J'ai du faire des choix bien souvent, et j'en ai fait des bons et des mauvais. Et j'ai également subi des choix dont je suis sorti brisé.

Avant celle qui est la cause de notre discussion et dont je porte le médaillon et l'anneau, j'ai aimé une femme à la folie. Son prénom, Quasi. J'étais sûr d'avoir trouvé "celle". Je l'ai aimé comme on ne devrait jamais aimer, elle m’a aimé comme on ne devrait jamais arrêter. Mais elle avait fait un choix. Choix entre deux hommes, choix entre deux vies. Et ce choix, j'en vivais les conséquences chaque minute depuis elle.

M’éloigner des autres, m’oublier dans mon travail de lieutenant et de connétable…voila ce qu’a été mon quotidien pendant près de six longs mois, agrémenté de ci de là par des conflits autant stériles que véhéments. Si certains, dont cette femme à cause de qui je dois témoigner, pensaient me faire mal, je les laissais le croire. Seule Quasi pouvait et avait usé de ce pouvoir… me détruire.

Et en juillet, elle est revenue en Béarn… pas pour moi non, mais pour se marier. Allais je lui montrer qu'elle m'avait brisé, qu'elle avait fait de moi ce jeune homme au visage fatigué et à la silhouette amaigrie ? ça n'était pas l'image que je voulais donner de moi.
Elle me répétait souvent de vivre pour moi. Alors je me suis battu pour ça, contre ceux qui voulaient salir notre histoire, contre ceux qui pensaient que frapper un homme meurtri était un geste héroïque... mais surtout, avant tout, je me battais contre moi-même. Vaincre le vide, anéantir la douleur, voir gagner les rires... voila quel avait été mon combat.

Je n'ai quand même pas eu la force d'aller à son mariage. Je lui ai fait un parchemin lui souhaitant d'être heureuse avec lui ou un autre peu importait tant qu'elle l'était. Elle a répondu peu apres, me disant qu'elle avait espéré ma venue tout en comprenant mon absence et qu'elle serait toujours là. Elle me l'a prouvé en me proposant d'être mon avocat lors de mon procès pour Vae.
Je ne sais pourquoi à partir de ce moment là, j'ai été apaisé et je me suis rendu compte alors de la présence de ma blonde Dancetaria qui s'était installée dans mon cœur sans faire de bruit.


Il passa sur le côté et s'appuya d'une épaule contre le mur, la regardant.

Puisque nous en sommes aux confidences, c'est depuis sa disparition brutale en juillet, que je ne m'attache plus. Elle est là dans mon cœur à jamais, mais la vie est là tout autour.

L'ambiance devenait mélancolique, et ça n'était pas non plus cette image qu'il voulait donner de lui à cette jeune femme qu'il avait croisé à la cours d'appel, puis au mariage du fils d'Angelyque, l'actuelle Duchesse de Bourgogne, alors il la regarda d'un air taquin, et changea le ton de sa voix.

vous avez aujourd'hui devant vous un vilain libertin qui vit au rythme des humeurs des femmes. Amantes, amies, rarement amour car nulle promesse. Je savoure ces moments, j'en redemande parfois et au diable les esprits bien pensant, et je ne veux pas penser de quoi sera fait demain.

Il laissa son regard partir vers dehors avant de revenir sur elle et s'appuyer contre le mur.

j'espère ne pas trop vous choquer. Rassurez vous, je sais me tenir lorsqu'il le faut, et puis ne jette pas mon dévolu sur toutes les femmes que je croise. Et lorsque la difficulté est là, j'avoue que ça m'amuse. J'ai transformé ma souffrance en un jeu où je me perds pour arrêter de trop penser à ce passé qui me rendrait fou.

Il sourit de façon taquine et pensa qu'elle allait à son tour le prendre pour un fou.



Terwagne_mericourt a écrit:
[Paris - Cour d'Appel, un matin de janvier]

La voix d'Aimelin avait-elle quelque chose d'apaisant dans ses intonations? Sans doute, oui, du moins en ce qui la concernait elle. Elle l'écoutait, sans dire un mot, le regard perdu non pas vers les bâtiments de Paris, mais bien vers le ciel, et il lui semblait peu à peu remonter le fil de ses propres émotions, parcourir en sens inverse la pente qui l'avait perdue au cours de ses aveux, la laissant en pleine interrogation sur les raisons qui l'avaient poussée à se livrer ainsi à cet homme.

Oui, sa voix à cet instant lui fit l'effet d'un phare qui vous aiderait, alors que vous êtes perdu au coeur de la brume, à trouver non pas l'île que vous cherchiez, mais au moins la terre ferme, où vous pourrez laisser l'angoisse vous quitter, reprendre vos marques pour ensuite repartir.

Et alors qu'enfin elle reprenait pied, grâce à lui, elle le vit passer dans le coin de son champs de vision, prenant place non pas totalement face à elle, mais presque... Un sourire timide naquit alors sur ses lèvres, tandis qu'elle relevait lentement son regard vers lui et se faisait légèrement pivoter pour lui faire face.

Etrange sensation, mélange de pudeur et de confiance, que l'on éprouve face à quelqu'un devant qui on vient d'oser se dénuder comme jamais...

Son regard se posa dans le sien brièvement, avant de s'en aller caresser un instant la courbe de son menton, cet endroit qu'elle aimait particulièrement chez les hommes, cette ligne dont elle se plaisait à dire qu'en la regardant seule on pouvait se faire une petite idée du caractère de la personne à qui elle appartenait... Il y avait des mentons déterminés, des mentons hautains, des mentons froids, d'autres qui vous invitaient sans un mot à y poser les lèvres... Les mentons, elle y accordait autant d'importance qu'aux mains. Et si on lui avait demandé ce qu'elle regardait en premier chez un homme, elle aurait sans conteste parler de ces deux choses.

Lorsqu'il se tut, sur une note taquine, elle resta un long moment silencieuse, le regardant comme si c'était la première fois qu'elle le voyait, sans même se rendre compte que son regard pouvait avoir quelque chose de dérangeant.

Sur ses lèvres il y avait à présent un sourire bien difficile à interpréter, quelque peu énigmatique, et pourtant tellement simple et chaleureux, qui laissa finalement la place à de nouveaux mots, toujours murmurés, mais plus de la même façon. Ce n'était plus le ton des aveux, juste celui de l'intimité.


Vous ne me choquez pas, rassurez-vous, puisque j'ai moi-même vécu ainsi durant quelques mois... à deux reprises.
J'appelais ça l'Anamour, vous vous appelez cela le libertinage, mais c'est fort ressemblant au fond.

Je l'ai quitté quand j'ai rencontré Kernos...
Il est si...
Tellement...

Je n'ai pas de mot pour vous parler de lui.

Il me donne à nouveau envie de construire, et pourtant...

C'est étrange, mais parfois il me donne surtout envie de le fuir, comme si la simple pensée d'aimer me faisait peur, me replongeait dans les douleurs que ce simple verbe avait provoqué dans ma vie de par le passé.

Je l'aime et le crains, le désire et le fuis quand je me sens perdre pied face à mes sentiments, quand il me semble que je serai incapable d'encore vivre sans lui.

Alors, quelques fois, je joue avec le feu, m'éloigne de lui, me laisse tenter par certaines flammes, les effleurant sans les toucher vraiment pourtant, comme si je voulais me prouver que je suis encore capable de...


Une voix s'élevant dans le couloir à cet instant la fit stopper net, et blêmir légèrement, comme un enfant craignant de se faire tomber dessus en plein délit.

Sans plus dire un mot, dans un réflexe spontané, elle posa son doigt sur la bouche de son vis-à-vis, comme si elle craignait qu'il ne parle et qu'on les entende.


Aimelin a écrit:
[Paris - Cour d'Appel, un matin de janvier - une salle d'archives ]


Cela faisait bien longtemps qu'il ne s'était pas ainsi dévoilé. Peu de ses amies connaissaient tout ce qu'abritait la personnalité du jeune Seigneur, et il se livrait seulement au fil des discussions avec Dotch, Cécé ou Kirika, les rares amies à qui il parlait à cœur ouvert.
Mais depuis la disparition de sa blonde il avait changé, s'était un peu plus refermé et ses condidences devenaient rares, ses silences n'étant souvent entrecoupés que de discussions où il ne laissait entrevoir que certaines généralités sur lui, déposant un voile opaque et pudique sur ce qu'il était et sur certaines choses qu'il gardait précieusement au fond de lui. Montrer ses faiblesses étaient aussi donner des armes contre lesquelles il était difficile de lutter.

Il l'observait tandis qu'elle restait le regard perdu au dehors. Une femme de caractère, avec ses souffrances et ses joies, belle et attirante, une battante sans nul doute, une passionnée, partagée entre l'amour et la peur. Il aimait à échanger avec elle, simplement, sans se poser de questions.

Il la regarda se mettre face à lui, un joli sourire sur les lèvres, cherchant dans son regard quelconque reproche qu'il ne vit pas. Juste cette façon étrange qu'elle avait de l'observer, ce qu'elle fit pendant quelques instants. Il n'osa lui demander si quelque chose n'allait pas.


je trouve joli cette appellation "Anamour"… peut être qu'un jour je la quitterai mais j'avoue ne pas le vouloir de suite.

Un sourire à l'évocation de son aimé, sans pouvoir s'empêcher de replonger avant ce maudit jour de juillet où elle aussi lui avait donné cette envie de construire quelque chose.

J'ai connu ce désir de construire à nouveau, de regarder vers demain.
Aimer est une suite de joies et de peurs et je ne suis pas prêt à revivre cela dans l'immédiat, le destin se faisant un malin plaisir à tout détruire.
Certains appelleront cela de la lâcheté, moi j'appelle cela la liberté.


Une voix dans le couloir et le doigt qu'elle posa doucement sur sa bouche l'interrompit. A discuter ainsi, il en avait oublié la raison de sa venue en cette cours, raison ô combien ennuyeuse, qui assombrit aussitôt son visage, il était des personnes qu'il n'avait pas l'envie de revoir, leur seule présence réveillant en lui certaines haines contre lesquelles il essayait de lutter.
Il posa doucement sa main sur celle de la Vicomtesse, éloignant à peine son doigt de ses lèvres, pour murmurer.


malgré ce tête à tête fort agréable, il me faudrait peut être vous libérer.
Je ne voudrais vous prendre tout votre temps


Un petit sourire

nous trouverons bien une occasion pour discuter encore, hors de ces murs.
Je vous en ai fait la promesse




Terwagne_mericourt a écrit:
[Paris - Cour d'Appel, un matin de janvier]

De légèrement blême, son visage devint aussi subitement rosé, au moment où il posa sa main sur la sienne pour éloigner son doigt de ses lèvres...

"Terry! Tu seras toujours beaucoup trop spontanée, ma pauvre!"... Voila à quoi dut ressembler le sermon silencieux qu'elle s'adressa alors elle-même, avant de baisser les yeux vers leur deux mains, et de les relever aussi vite.


Oups! Euh... Oui, oui, en effet!

Même si je refuse de vous laisser porter la responsabilité de cette "prise de temps".
Après tout, c'est moi qui vous ai enlevé sur ce coup-là, et c'est donc à moi de vous libérer.

Et je vous préviens, inutile de plaider, je me montrerai intransigeante sur la culpabilité de l'un et de l'autre.


Elle ponctua sa dernière phrase d'un petit éclat de rire léger comme une note de musique sortant d'une flûte, et récupéra lentement sa main, sans quitter son regard, comme si elle avait voulu lui montrer qu'au fond ce geste la touchait malgré tout, sans qu'elle s'en explique vraiment la raison. Pourquoi diable jouerait-elle les hypocrites comme tant d'autres le faisaient? On a beau avoir le coeur pris et épris, on n'en reste pas moins femme pour la cause, et il faut être bien hypocrite pour affirmer le contraire.

Se dirigeant alors vers la porte, elle tendit l'oreille pour être certaine que plus personne ne se trouvait à proximité de celle-ci, tourna la clef pour libérer son confesseur confessant, la rangea, et se tourna une dernière fois vers Aimelin, dans un sourire léger et confiant.


Je compte sur vous pour tenir cette promesse.
Et sinon... Hum... Et bien je ferai appel, pardi!


Elle ouvrit ensuite la porte, l'invita du regard à sortir, fit de même et rejoignit sa salle d'audience, une nouvelle chanson sur les lèvres... Une chanson qui faisait "Moi, mes baisers, je les avais perdus, et je croyais déjà avoir tout embrasé..."


Aimelin a écrit:
[Paris - Cour d'Appel, un matin de janvier]


Il aurait été fieffé menteur de dire qu'à cet instant il ne la pensait pas charmante et touchante... pourquoi juste à cet instant, alors que c'est l'image qu'il se faisait d'elle... troublante, attirante, charmante et .... il préféra laisser ses pensées tournoyer en silence, les expédiant discrètement derrière lui pour ne point avoir à les regarder et lui sourit.
Elle était une femme telle qu'il les aimait.

Son rire finit de clôturer son avis tandis qu'il souriait en libérant sa main, laissant ses mirettes grises plantées dans les siennes. Aristote avait sans doute encore bien des femmes à lui mettre sur son chemin et il bénissait chaque jour de pouvoir s'attarder sur certaines, laissant parfois une pointe de remord ou quelques regrets parsemer ce souvenir.

Sans un mot, il en aurait été bien incapable sans bafouiller, il la suivit des yeux tandis qu'elle tournait la clef dans la serrure, mouvement libérateur de cette prison pourtant si agréable.
Face à lui avec ce sourire dont il avait du mal à décrocher son regard qu'il porta pourtant vers le sien.


je n'oublierai pas ma promesse Terry

Il sortit de la pièce sur son invitation, regardant d'un côté et de l'autre dans le couloir. Soupir en pensant à l'audience où il devait témoigner.
Un dernier regard et petit clin d'oeil complice accompagné d'une petite inclinaison du buste tout en souriant.


Dame le Juge, cette audience a été des plus intéressantes, je vous en remercie. Ce fût un réel plaisir.

Chantonnant, il se dirigea vers la salle d'audience, saluant d'un sourire le garde à l'entrée.

mmm pas encore débuté ? ça commence à être long vous ne trouvez pas ?

Il ne croyait pas si bien dire, la Juge allait annoncer clôture du dossier pour non présence de l'intéressée.
En somme, la journée allait être belle, plus belle que prévue.

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MessagePosté le: Mer 16 Fév - 19:22 (2011)    Sujet du message: 00 ~ 1458-11-15 - Plutôt que de croupir en Guyenne pourquoi ne pas voyager Répondre en citant

--Gustave_ a écrit:


[Bourgogne, janvier, de retour de la Cour d'Appel ]


La Bourgogne, toujours, des voyages entre Savoie et Macon, de la neige et de la boue. Heureusement que la brune amie de Melin était à leurs côtés, faisant paraitre le temps moins morne, surtout pour le jeune lieutenant prévoté qu'il était.
La journée s'annonçait encore froide et les quatre voyageurs avait décidé de rester au chaud dans l'auberge, voulant prendre un peu de repos après ces journées passées à cheval à mener charrette sur les chemins.


- Melin ! on vient de m'apporter un message pour toi

Sûr que l'ébouriffé allait râler mais la femme avait été formelle. Le voyageur devait avoir ce pli au plus vite. La porte s'ouvrit sur le jeune gars au visage endormi à qui il tendit le parchemin.

- une jeune femme m'a remis ça pour toi
- une jeune f...
.Aimelin prit le plit abandonnant sans doute l'idée de réfléchir.

- un duel ?
- un duel ? comment ça ? t'as encore fait quoi bonhomme
- ben rien.... juste parce que je suis un voyageur habillé de blanc et elle n'aime pas ça disant qu'il faut avoir une âme bien noire pour être vêtu ainsi.
- t'vas pas t'battre contre une femme ?


L'ébouriffé, qui portait bien ce surnom donné d'ailleurs tendrement par Mélissande la louve de Champagne un jour de mars 56, surnom qui lui allait à ravir à ce moment précis, leva les yeux vers lui.

- bah j'ai été soldat et suis toujours garde comtal en Béarn, et je me suis déja battu contre des femmes et puis sa dernière phrase est claire.
"... J'espère qu'à défaut d'âme, vous aurez assez de courage pour m'y rencontrer." *
Puis ça peut être amusant et j'ai besoin de me défouler. Je vais accepter, et sans rien donner à Aristote. Il ne le mérite plus depuis qu'il m'a enlevé Dance.

Le vieux Gustave était resté perplexe devant les réponses du jeune gars mais ne fit rien pour l'en dissuader, ce gosse était bien trop têtu pour l'écouter.
La duel avait lieu l'apres midi, et il ne restait à Gus que la prière pour qu'il ne revienne pas éclopé.



[hrp] * publication lettre autorisée[/hrp]

Aimelin a écrit:
[Bourgogne... mi janvier]


Décidément la Bourgogne était riche en aventures pour le jeune gars arpenteur des chemins enneigés, en cet hiver 58-59. A peine revenu de Bourg où il avait livré quelques miches et quelques maïs à la Duchesse de Savoie de la part de la Duchesse de Bourgogne, voici qu'une jeune femme n'aimait pas la couleur de ses habits. Pourtant c'était joli le blanc… certes un peu salissant mais joli, et ça lui seyait à ravir.

Une petite réponse à son admiratrice il rédigea.

Citation:
Braise.. mmm femme ?

Ciel ! encore une admiratrice qui ma reconnu malgré que je sois arrivé de nuit et avoir passé la journée à dormir afin de me remettre en route ce soir.
Vous devrez attendre mardi pour avoir le bonheur de m'avoir en face de vous, car la duchesse n'attend pas et elle a la latte facile.
Et puis ce sera vite fait, ne vivant pas ici, je n'ai rien à offrir à l'église qui ne me donnera pas de coup de main, en traitresse qu'elle est envers ceux ne pouvant lui apporter aide matérielle.
A mardi pour un petit repas en tête à tête.
J'apporte les fourchettes, vous savez, ces petits ustensiles qui piquent.


Aimelin

Il espérait bien que la jeune femme apporte le vin, mais il n'osa le proposer. Rendez vous fût donc pris pour le soir 19h, et comme il voulait être discret, annonce fût donc faite par les organisateurs sans doute.
Citation:
Grand événement ! Le prochain duel opposera Petite_braise à Aimelin le 2011-01-11 19:00:00 dans cette magnifique lice !

Côté discrétion c'était loupé, heureusement, personne ne le connaissait dans cette ville.
Il haussa les sourcils en reposant la missive au milieu des autres, bien rangées dans ses affaires et se prépara. Il s'agissait de ne point faire attendre la belle et surtout de ne pas la décevoir.

Et voila la lice en vue… pas celles des joutes à cheval qu'il fréquentait depuis quelques mois, mais celle des combats à pieds. Combattre contre une femme n'était pas quelque chose qu'il affectionnait, mais puisqu'elle le désirait autant lui faire plaisir, il n'avait jamais su dire non à une femme de toute façon.

Petite Braise en vue, vague salut, et en piste, c'est qu'il avait encore des cargaisons à transporter pour la Bourgogne.

A peine le temps d'observer son adversaire que le jeune Seigneur attaque et fauche la jeune femme, comme un épi de blé en plein vol. Geste remarquable, geste parfait, dira le commentateur. Le jeune lieutenant fronça les sourcils, Petite braise se tordant de douleur sur le pré.
Mais ce n'était qu'une ruse, car son ennemie se releva aussitôt pour le faucher à son tour et aller rejoindre la meule de blé, plié en deux par la douleur. Sacrebleu c'est qu'elle n'y était pas allé de main morte !


- 10 points partout !

Le coup suivant n'avait pas été un cadeau et Petite_braise avait dû le sentir passer. Un grand sourire sur le visage, il la regardait mais voila que la belle, chaude comme un mouton enragé faillit lui fracasser la machoire.

- Heyyyyy ! vas pas me défigurer
- 5 pour l'ébouriffé et 7 pour la Braise !
- ça va ca va … tu pourrais pas donner les scores à voix basse ça me déconcentre là


Le coup d'apres avait été bien paré par la jeune femme et voila qu'elle remettait ça, s'en prenant à la machoire du jeune gars.

- 2 pour l'ébouriffé et 3 pour la Braise !

Regard noir vers l'arbitre en se frottant la machoire. Il allait plus pouvoir s'en servir de quelques jours à ce rythme là. Action, réaction, le jeune béarnais faucha la jeune femme qui rejoignit lameule de blé sous l'œil satisfait de son expéditeur.

- faudra je reprenne un champ de blé, je commence à bien savoir faucher je trouve
- 16 points pour Aimelin ! ... la victoire revient à Aimelin avec +13 points de dégats!
Célébrons ses louanges et chantons la geste de ce héros à nul autre pareil ! Aimelin a gagné un doonuts.
- un dou quoi ?
haussement de sourcils non non j'en demande pas tant… mais merci merci
- ne soyez pas modeste, vous avez élégamment massacré Petite_braise, ce misérable vaurien, en un magnifique combat en 1 contre 1. Vous l'abandonnez, anéanti, geignant, au milieu du pré, pendant que le public acclame votre nom : "Vive aimelin ! Vive aimelin !". Quelle raclée !
- comment ça geignant au milieu du pré ? que nenni il ne sera pas dit que je laisserai une jeune femme ainsi.


Bon prince, il aida la jeune imprudente à se relever et la conduisit chez un médicastre, avant de retourner à son auberge rejoindre ses compagnons de voyage, pas peu fier de leur annoncer qu'il était sur le tableau des Maîtres d'Arme du village.

Décidément il l'aimait bien la Bourgogne… de belles femmes, du bon vin et de l'aventure… il reviendrait, c'était certain.


Kirika a écrit:
[Date et lieu inconnu…Surement quelque part entre la folie et le vide total. Ou alors dans un rêve qui sait ?]

Un rayon de soleil qui caresse sa joue, se faufile dans son cou, essaye d’atteindre la glace qui emprisonne son cœur…Sans succès. Puis ce rayon de soleil devient plus fort, si fort qu’elle en a presque mal aux mirettes alors que ses paupières sont closes et elle n’a d’autre choix que d’ouvrir les yeux, curieuse de connaitre la raison d’une météo si étrangement clémente en ce plein mois de…Novembre ? Peut-être décembre ?
Tiens une prairie verdoyante, un soleil de plombs, une chaleur à faire tomber les ptits vieux comme des mouches, un beau ciel bleu…Serait-on déjà en été ? Etrange, pourtant elle aurait presque juré qu’hier encore c’était l’automne, un automne bien hivernal d’ailleurs, avec vent glacial, tempêtes de neige et tout et tout ! Vraiment très étrange, mais bref pourquoi pas hein…

Kirika se redressa, passant une main devant ses yeux ensommeillés et se frotta légèrement le visage dans l’espoir d’émerger de son brouillard personnel. Un coup d’œil à gauche, un à droite…Rien à l’horizon…Juste le calme plat à perte de vue…Franchement déprimant si vous voyez ce que je veux dire…Bon courage ! Aller debout ! Oula p’tetre pas si vite…La tête qui tourne…Ouap non ça va, on se retrouve pas les quatre fers en l’air et on reste stable miracle. Et en bonus les trente-six chandelles ont arrêté de dansé la polka devant ses yeux ! Yeah.

Bon déjà elle tient debout la brune. C’est quand même un bon point. Petite inspection de soi-même, apparemment manque pas de bout quelconque…Et ça c’est cool.


Maman...

Ah tiens, p’tetre pas aussi calme que ça la prairie…

Angélique ?

Tour d’horizon…Rien ! Bon deuxième tour sait-on jamais. Non non vraiment rien. Serait-elle devenue blonde au point de ne pas voir sa fille alors que la verdure environnante ne doit pas dépasser trois pouces de haut alors que son petit monstre fait au moins trois pommes ? Calcul rapide dans sa tête, petit mouvement discret pour chopper une mèche de cheveux et analyser les dégâts…Ouf, pas de drame à l’horizon c’est bien une ligne foncée qui se balade entre ses doigts.

Maman...

Ah vi, la gamine, elle l’avait presque oublié avec sa crise de panique capillaire… Bon un pied devant l’autre, en avant marche ! Ah non apparemment c’était pas par là parce que y’a pas de trace d’une minipouce haute de trois pommes qui murmure, gémit, chouine ce mot horrible…C’est quoi déjà d’ailleurs ?

Maman...

Ah oui celui là ! Celui qui fait que toute femme qui a enfanté au moins une fois va entendre toute sa vie. Ce mot, il rend limite complètement sur les nerfs…Vous savez pourquoi ? Parce qu’a chaque fois que votre marmot va l’employer ça va être la panique instantanée ! Si si et là ça va être la course à la question dans son cerveau en moins de deux secondes… « Qu’est-ce que j’ai oublié de faire ? », « Qu’est-ce qu’il va me demander ? », « A quelle question embarrassante vais-je avoir droit aujourd’hui ? » enfin bref, voyez le genre quoi… Mais à part ça on les adore les gosses…Quand ils dorment… Pourquoi on parle de ça déjà ?

Maman...

Ah ouais voila, la môme de Kirika qui répète ce fameux mot. C’pas le tout mais faudrait p’tetre la retrouver sa mioche. Nan parce qu’on râle tous à cause des sales gosses mais au fond on les aime très très fort. On donnerait notre vie pour eux même. Vous saviez que…

Maman...

Bon ok…J’ai compris, je me la ferme…Ah tiens, c’est pas une mèche blonde que j’entre-aperçois ? Non non pas dans tes cheveux ! Lâches cette paire de ciseaux et cette mèche ! Il vient d’où ce ciseau d’ailleurs ? Et pis regardes plutôt par-là ! Non non pas à droite ! Non là, à gauche ! Voila c’est ça ! Tu la voit la mèche blonde ? Mais si là ! Ah enfin tu la voit bon ben aller courre For…Euh Kirika…

Et voila la brune qui s’élance vers son petit cœur d’amour qu’elle aime très fort. Si si tout ça.
Bizarrement, ces quelques mètres au pas de courses l’ont épuisés…Elle pourtant si endurante d’habitude, ça lui fiche un coup et elle finit à genoux a même pas un mètre de son ange. Et histoire de bien l’achever, sa fille se transforme sous ses yeux…La chevelure d’or devient d’ébène et les yeux d’émeraude virent à l’acier.


Angélique !

Mais il est trop tard, et se tient maintenant à la place de sa fille une brune aux yeux gris. Fillette qu’elle connait bien d’ailleurs, oui ça pas de doute, puisque c’est elle, au même âge qu’Angie.
Grande Kirika et mini Kirika s’observent en chien de fusil, toute deux sur la défensive… Et sans que la grande ne puisse rien faire pour aider la petite, voilà que le décor change. La prairie laisse place à une pièce de bonne taille, la mini brune n’est plus allongée sur le sol mais dans un grand lit. Au moins c’est plus confortable. Et pis elle dort maintenant. Grandes enjambées vers la fenêtre, coup d’œil dehors…Et là c’est limite la crise cardiaque ! Hurlement à faire frissonner un mort puis mordage de lèvre dans les règles de l’art pour s’arrêter d’un coup et de se retourner pour vérifier l’ampleur des dégâts, mais non rien, la gosse dort toujours…
Et un soupir de soulagement plus tard la voici qui cavale dans les couloirs de la demeure de Miramar, la fameuse demeure de ses parents qui a brûlé. Cette même demeure pour laquelle son frère s’est tué à la tâche, au sens propre du terme comme au figuré d’ailleurs, pour tout rebâtir. Demeure maudite pour Kirika, qu’elle soit petite, moyenne ou grande ! Bref, alors qu’elle dévale les escaliers c’est le choc ! Devant elle sa mère et son père en chair et en os !
Et là, pendant quelques secondes, grande et petite Kirika se confondent pour ne faire qu’une, un seul et même être larmoyant, pour la même raison. Papa et maman de retour à la maison, après des mois/années d’absence suivant le point de vue…Absents car partis en guerre pour la plus jeune, absents car morts pour la grande… Et là c’est la catastrophe intersidérale, grande Kirika, prise de folie qui s’élance vers les parents de Miramar…Avant de passer à travers eux et de comprendre enfin. Ce temps ne lui appartenait plus. Et les larmes de couler avec deux fois plus d’ampleur en se retournant pour voir mini pouce sauter dans les bras de ses parents, inconsciente de ce que la destinée leur réservait.


Maman…

Encore ce mot…

Maman…

La prise de conscience est violente lorsqu’elle entend la voix de mini Kirika se confondre avec celle de sa fille Angélique.

Ne m’abandonne plus jamais…Maman…

La respiration qui devient saccadée, la vision qui devient incertaine et là…le noir…Le noir total…Le noir profond…

Et d’un coup la lumière vive qui brûle les yeux, yeux qui s’ouvrent d’un coup pour apercevoir un plafond délabré, et à l’extrémité de son champ de vision la chevelure d’or qu’elle cherchait… les larmes qui repartent de plus belle, de se lever à la hâte, dégoulinante de la sueur de son cauchemar, et de serrer sa fille dans ses bras sans que celle-ci n’y comprenne quoi que ce soit de l’état de sa mère…



Nous sommes en janvier, et cela fait maintenant depuis deux mois que ce rêve hante Kirika, au point que lorsqu’elle relève la tête des boucles d’Angie pour regarder à travers la fenêtre, elle voit la gosse brune assise sur le rebord qui lui murmure…


Ne m’abandonne plus jamais…

…Avant de se laisser basculer dans le vide dans le silence le plus total…Et Kirika de resserrer sa fille plus étroitement entre ses bras, de peur qu’elle reproduise la même action et de répéter sans cesse

Jamais je ne te laisserais…

[Quelques heures plus tard – Dans une auberge de Macon]

Assise sur le rebord de la fenêtre, dos contre l’un des montants et les pieds bloqués contre l’autre, Kirika observe…Elle observe la vie de la ville, avec une vue directe sur le marché animé en cet après-midi ensoleillée…Et ses yeux ne peuvent s’empêcher de parcourir les pavés deux étages plus bas qui habillent la route. Pas de traces de sang bien sûr, comment un souvenir pourrait-il vraiment se briser les os en sautant d’une fenêtre.

C’est une silhouette au loin qui la tire de ses sombres pensées. Le bras qui se lève pour faire un signe de la main à son ami qui traverse la rue pour rejoindre leur auberge.

Aimelin ne savait rien de la folie, qui peu à peu s’installait dans la tête de Kirika, et cette dernière essayait de ne rien laisser paraitre, pour ne pas l’inquiéter. Après tout, il avait lui-même ses soucis et n’avait pas besoin d’assumer ceux des autres. D’un autre côté, elle ne se leurrait pas sur les capacités de son ami à détecter ses sautes d’humeur depuis deux mois, il ne pouvait pas passer à côté et devait bien se douter de quelque chose. Mais c’était tellement plus facile pour Kirika de se voiler la face, se disant que personne ne remarquerait rien. C’est pourquoi la brune afficha son sourire le plus convainquant sur sa frimousse, qu’elle prit sa fille par la main et qu’elle sortit du bâtiment pour aller à la rencontre de son compagnon de voyage.


Alors m’sieur, j’espère que tu l’as gagné ton duel ! Dis-moi c’est quoi la prochaine étape après la Bourgogne ?


Aimelin a écrit:
[Macon – Janvier]


Les dernières recommandations au charretier transporteur, tandis qu'étaient chargés deux tonneaux du meilleur vin sous l'œil bienveillant de Gustave. Vin promis vin dû et il regarda partir le chargement qui devrait arriver sous peu vers son amie et la Duchesse.
Il aurait aimé trouvé le temps d'aller les saluer mais le temps lui manquait comme toujours. Regard vers Gus déjà sur sa charrette elle aussi chargée de tonneaux et diverses victuailles et affaires.


- salue Jeanne et embrasse la petite Angelle. Et fais attention à toi sur les chemins.
Et n'oublie pas de faire porter ce que je t'ai confié à la Duchesse de Saint Florentin
- fais attention à toi gamin et veilles bien sur tes deux compagnes
- ne t'en fais pas


Les mirettes grises suivirent la charrette jusqu'à ce qu'elle tourne le coin de la rue puis le jeune lieutenant fit demi tour. Il devait rejoindre sa brune amie et la "pas plus haute que trois pommes" à l'auberge. Les rues étaient animées, la place du marché fourmillait comme à son habitude. Un étal garni de quelques nourritures et miches bien fraiches attira son regard. Un bonjour et quelques instants plus tard, il se remettait en route, un sac de toile contenant de quoi régaler leur appétit pendant quelques jours.

L'auberge et surtout une silhouette dans l'encadrement de la fenêtre lui soutirèrent un sourire. Un signe de la main dans sa direction.
Kirika … elle l'inquiétait depuis leur départ. Souvent il lui demandait si tout allait bien, jetait des regards vers sa fillette qui ne décrochait que de rares mots au jeune homme. Elle lui en voulait cette gamine c'était certain. Mais pourquoi ? il faisait tout pour essayer de la faire sourire mais c'était bien souvent peine perdue, la gamine le regardait presque avec un air de reproche, ou tout simplement imperturbable. Souvent il abandonnait, parler à des gosses c'était pas son fort, hormis à la petite Angelle, peut être parce qu'elle était comme lui, seule au milieu des autres, seule avec sa douleur qui ne ressortait que la nuit. Mais il était tenace et il revenait sans cesse à la charge, non pas pour se venger du silence d'Angélique, mais parce qu'il voyait sa souffrance.

La jeune brune et sa fille qui sortaient de l'auberge en venant vers lui le sortirent de ses pensées et il afficha un grand sourire.


Alors m’sieur, j’espère que tu l’as gagné ton duel ! Dis-moi c’est quoi la prochaine étape après la Bourgogne ?

oui je l'ai gagné et j'avoue que la demoiselle ne s'est pas laissé faire. Sur ce coup là il m'a bien épaulé

Il désigna le ciel puis regarda la fillette avant de replonger son regard dans celui de sa mère.

ça te dirait d'aller revoir notre Duché ? j'avoue avoir envie de fouler à nouveau les terres champenoises et puis nous déciderons ensemble de là où nous guiderons nos pas.

Il s'avança et se plaça à ses côtés, une main vint se poser sur l'épaule de la jeune femme tandis qu'il baissait légèrement la voix.

tu vas bien ? tu sais que je suis là et qu'on peut parler de tout.

S'il y avait bien une chose qu'il n'aimait pas, c'était de savoir ses amies soucieuses et elle avait beau vouloir le cacher, il se rendait bien compte de ses silences et de ses absences lorsqu'il lui parlait et que déjà elle était ailleurs. Il avait d'ailleurs une idée derrière la tête la concernant et il comptait lui en parler, peut être que ça lui redonnerait le sourire. Il l'attrapa par les épaules tout en l'entrainant vers l'auberge apres un petit sourire à la fillette toujours accrochée à sa mère.

mm… tu sais que j'ai mon domaine à Etampes et… j'aimerais te proposer.. enfin .. plutôt de demander quelque chose.

Kirika a écrit:
[Macon - Devant l'auberge]

La Champagne ?

Et là le silence… C’est dingue de voir la force que peuvent avoir quelques mots. La Champagne ? Duché ou elle avait vécu les plus belles années de sa vie, mais aussi les plus difficiles…La Champagne…Voulait-elle y retourner ? Non assurément…Elle n’avait personne à aller voir là-bas, et franchement elle ne ressentait aucune nostalgie envers les paysages…D’un autre coté…Pourquoi ne pas y retourner pour voir des endroits inconnus, de nouveaux bâtiments crées depuis son départ…ça pourrait être enrichissant. C’est pour ça que la réponse s’imposa d’elle-même.

Bien sur ! Allons en Champagne, tu sais que je ne peux rien te refuser de toute façon.

Et puis elle ne se l’avouerait jamais, mais ça serait aussi l’occasion pour elle de retourner dans un certain domaine, surement en ruine, encombré par les souvenirs de toute une vie. Après tout, quel autre moyens de trouver une signification à ses rêves que de retourner chercher les réponses à la source. C’était décidé ! Elle retournerait au domaine de Miramar, domaine de ses défunts parents, puis de son défunt frère, et en toute logique son propre domaine maintenant, si elle l’avait entretenu. Et comme pour lui donner raison, le visage souriant de sa mère prit place devant ses yeux, l’emportant quelques secondes dans des souvenirs heureux et au combien lointain. C’est la raison qui fit qu’il se passa un long moment avant qu’elle ne se rend compte de la remarque chuchotée par Aime. Elle secoua légèrement la tête comme pour dissiper les vapeurs d’un rêve encore trop présent.

Ne t’inquiètes pas…Je…Je vais bien je t’assure…

« …Je suis juste poursuivis par de vieux démons, pas de panique ! » C’est ce qu’elle aurait voulu rajouté. Mais bien heureusement ou non, qui sait, elle ne le fit pas, trop consciente que cette phrase ne rassurerait pas son compagnon de voyage et qu’en plus de ça, il la prendrait surement pour une folle si elle lui expliquait vraiment ce qu’elle voyait. Après tout, on ne croise pas tous les jours sa propre version miniature qui saute par la fenêtre du deuxième étage ou dans le cas présent, vient de passer dans la rue, derrière le dos de son ami, obligeant la brune actuelle de se hisser le plus discrètement possible sur la pointe des pieds pour regarder par-dessus l’épaule robuste d’Aime et suivre son souvenir des yeux…Non assurément, on ne la comprendrait pas et elle passerait pour une folle. Mieux valait qu’elle garde ça pour elle.
De toute façon, son ami les redirigeait déjà vers l’auberge.


mm… tu sais que j'ai mon domaine à Etampes et… j'aimerais te proposer.. enfin .. plutôt de demander quelque chose.

Kirika tourna son visage vers Aime et haussa un sourcil.

Me demander quelque chose ?

Les amis passèrent la porte de l’auberge et la brune, après avoir murmuré à Aime « attends, deux secondes je reviens », alla directement commander quelque chose à boire avant de s’installer à une table pour attendre leurs boissons. A ce moment-là elle se tourna de nouveau vers son ami.

Vas y je t’écoute, que ce passe-t-il ? C’est quelque chose de grave ?

Qui a dit que Kirika était d’un naturel pessimiste ? Et bien celui qui l’a fait avait parfaitement raison !

Aimelin a écrit:
[Macon - Janvier, dans l'auberge]


Un sourire sur le visage du jeune homme pendant qu'elle lui parlait. Mais quelque chose le chiffonnait à chaque fois qu'il la regardait, sans qu'il n'arrive à savoir quoi. Ils se connaissaient depuis tant de temps, qu'il finissait par être habitué à ses silences, à ses rires, et s'il y avait une chose qu'il n'aimait pas, c'était poser des questions.

Rares étaient les fois où il posait des questions sur la vie personnelle de ses amis, et rares étaient les fois où lui-même se livrait à cœur ouvert.
Il restait souvent dans le domaine du vague, maniant l'humour afin d'éviter certaines discussions qui le touchaient davantage. La Vicomtesse Terwagne, durant leur petit tête à tête dans cette salle d'archives de la Cour d'Appel, avait réussi un véritable exploit en le faisant se dévoiler ainsi.


Ne t’inquiètes pas…Je…Je vais bien je t’assure…

Sa réponse ne le rassura guère mieux mais il évita de le montrer. Il ferait un peu plus attention dans les jours qui viennent et il arriverait bien à percer ce voile qui parfois obscurciçait le regard gris de sa brune amie.

Il s'était légèrement tourné lorsqu'il lavait vu regarder par-dessus son épaule et ne l'avait pas questionné, s'étant contenté de la prendre par les épaules pour la conduire à l'intérieur de l'auberge. Il avait mis la curiosité de la jeune femme sur le passage d'un homme qu'elle avait du remarquer.

Assis en face d'elle, il jetait de temps à autres des regards à "pas plus haute que trois pommes" qui se murait dans son silence, le rompant parfois pour lui dire que de toute façon, il ne se débarrasserait pas d'elle et qu'elle ne laisserait jamais sa mère partir seule avec lui. Des mois qu'ils étaient en chemin, des mois qu'elle ne lui adressait la parole que lorsqu'elle était obligée.


Vas y je t’écoute, que ce passe-t-il ? C’est quelque chose de grave ?

Il sourit et se leva pour s'installer en face d'elle, jetant de temps à autre un regard à Angélique.

ho oui des choses tres tres graves, tellement graves que je ne sais comment t'annoncer cela...... il la regarda avec un faux air soucieux tout en prenant sa chope entre ses mains et la regardant quelques secondes.

Il leva les yeux vers elle.


rassures toi je ne vais pas me marier et donc je ne vais pas te demander d'être mon témoin.
Je ne vais pas non plus aller en prison, enfin je ne crois pas et si c'était le cas je connais une juge d'une beaut
.... hésitation... tres efficace qui me conseillerait [/b] ... regard vers la fillette ... puis ça ne concerne pas non plus pas plus haute que trois pommes rassures toi.

En fait ... ... il prit un air mystérieux et se pencha un peu au dessus de la table apres avoir regardé autour d'eux et baissa la voix... tu sais que je suis noble... il grimaça sans la lâcher du regard... et un bon seigneur se doit d'être un bon combattant.... il reprit une position normale... je dois donc m'entrainer régulièrement et j'ai besoin d'un maitre d'armes..

Il lui fit un de ses plus beaux sourires et but une gorgée de sa chope sans la quitter des yeux.

veux tu ... m'épouser ? ... non c'était bien trop tôt et puis ils n'étaient que des amis... devenir le maitre d'armes du Domaine ? et plus simplement celle qui veillera à ce que je ne me rouille pas trop de ce côté là ?

Il connaissait son habileté en tant qu'ancien soldat et pour lui, cette fonction lui irait parfaitement du moment bien entendu qu'elle lui plaisait.


--Gustave_ a écrit:


[Bourgogne, fin février ]

Il était où encore ce gamin. Tantôt à aider ce duché, tantôt à manier l'épée avec une inconnue, tantôt à ballader avec la jolie brune... il allait le faire devenir chèvre, ce qui arrangerait sans doute la Vicomtesse Vanyel qui aurait là une source pour ses bons fromages, ceci étant dit.

Tandis qu'il soupirait tout en finissant de préparer la charette afin de se rendre à Etampes avec son chargement, un gamin lui apporta un pli.


- pour le Seigneur pi' parait qu'c'est urgent
- urgent ? donnes moi ça bonhomme


Il tendit la main mais le gamin tenait bon la missive et n'avait pas l'air de vouloir la lâcher.

- ben tu m'la donnes ?
- j'ai usé mes chauss' moi à trainer partout


Regard sévère.

- un écu c'va pas vous ruiner

Gus sortit une pièce qu'il tendit sans la lâcher lui non plus. Le gamin afficha un large sourire et se dépêcha d'échanger le parchemin contre un écus sonnant.

- m'ci m'sieur

Le vieil homme reporta son regard sur le pli. Le sceau de la Duchesse de Saint Florentin. Pour sûr qu'il fallait qu'il la remette à Aime le plus vite possible. Et le voila parti pour l'auberge où il sait le jeune gars. Il ne fallut qu'un seul tour d'horizon pour le dénicher en tête à tête avec Kirika.
Une toute petite hésitation avant de s'avancer vers les deux jeunes gens.


- Aim' je te cherchais, j'ai un pli de ta Suzeraine et quel'qu'chose me dit qu'c'est urgent



Aimelin a écrit:
[Macon - dans l'auberge]


Lorsque Gus le cherchait ça n'était jamais anodin, et lorsque Gus faisait cette tête, Aimelin réagissait de suite.

- Dotch ? donnes moi ça

Il parcourut le contenu de la missive, prit un air soucieux et leva les yeux vers la jolie brune qui lui faisait face.

- mmm... je crois que nous parlerons de tout ça en chemin... nous allons visiter l'Orléanais, ça te dit ?
Levée de ban par la Reyne, nous devons rejoindre Patay.


Regard vers la gamine qui buvait sa tisane en silence. Il n'aimait pas emmener une fillette au milieu d'une guerre ou de menaces, mais il savait qu'il ne la séparerait pas de sa mère. Il tenta une approche.

- veux tu rester avec Gus à Etampes ? nous t'y rejoindrons dès que possible.
Si tu viens, je vais te trouver une épée à ta taille et bouclier, mais tu resteras à Patay dans une auberge.
- je n'ai pas besoin d'arme, les grands ne m'attaqueront pas. Et puis j'ai mon p'tit chat pour me défendre et mes couteaux en bois.
- si tu as tes couteaux en bois, alors je suis rassuré
petit sourire
- et puis si tu veux me perdre, faudra trouver autre chose, je laisse pas maman toute seule avec toi !

Il ne savait pas s'il devait sourire ou avoir le coeur serré. Il savait que ce n'était pas un manque de confiance mais un appel au secours. D'un autre côté il était rassuré de l'emmener avec eux pour l'avoir à portée du regard. Un regard entendu à la fillette et à sa mère avant de se lever.

- hé bien préparons nos affaires et mettons nous en chemin.

Regard vers Gustave.

- rejoins le domaine, je te ferai savoir où nous sommes.

Et les trois voyageurs s'étaient remis en marche pour Patay, puis Mortagne qui vit leur arrivée le premier jour du mois de mars.
Peu de jours dans la lance de la Comtesse Diane de Cheroy avant d'être démobilisés, et de pouvoir enfin prendre la direction de la Champagne, non sans une petite halte aux joutes des Grandes Ecuries Royales, d'où il était ressorti vainqueur, faisant honneur à sa Suzeraine Dotch de Cassel, à la Champagne et même au Béarn. Ascension sans faille durant ces joutes, des éliminatoires jusqu'à la finale qu'il remporta face au Comte de Lille. Pied de nez à cette vie qui l'avait souvent blessé, et qui lui apportait la victoire, face à l'un de ceux qu'il avait combattu en 1456, dans une armée aux portes de Compiègne, durant la guerre Champagne Artois. La vie était ainsi faite d'étranges rencontres.

Comme cette autre rencontre avec Aliénor de Vastel, fille de feu Magdeleine, une amie connue lorsqu’il vivait en champagne et disparue depuis. La ressemblance l'avait frappé après qu'ils aient pu discuter tranquillement et il avait fait la promesse de passer la voir lorsqu'ils seraient dans son Duché.




[Fin mars, la Champagne, Troyes, une taverne]

" Au point du jour, souvent en sursaut, je me lève,
Éveillé par l'aurore, ou par la fin d'un rêve...
V. Hugo"



Et c'était fait, une partie de la promesse était tenue, ils avaient foulé le sol champenois aux derniers jours du mois de mars.

Il était étrange de revenir sur ces terres apres tout ce temps passé en Béarn. Son dernier passage remontait en décembre 56 lorsqu’il était venu avec Quasi revoir les terres où ils avaient vécu chacun de leur côté. Souvenirs, rencontres, moments bien agréables, qui pourtant jamais ne reviendraient.

Compiègne : Magd, Ysa, Lily accompagnée de Pompoko, Malt et Richard. Que le temps était passé depuis, et que de douleurs avaient déversé leurs larmes en fines goutelettes depuis ce jour de décembre. Des ruptures, des disparus, des vies qui s'échappaient comme les fumées légères qu'emporte la brise.

L'Auberge où ils étaient descendus était silencieuse en ce début de matinée. Seul le crissement léger d’une plume troublait quelque peu le silence reposant de la grande salle.

Installé à une table, simplement vêtu de braies et chemise aux tons gris, le jeune homme avait déposé sa besace sur le côté, avait sorti plumes et parchemins, et s'appliquait à écrire, comme il le faisait souvent lorsqu'il trouvait un moment de calme.
Une fine bande de lumière tombait droite et blanche sur le parchemin où courrait sa plume hésitante, qui s’arrêtait par moment comme pour reprendre son souffle, pour ensuite continuer sa promenade, dessinant les mots qu'il s’appliquait à coucher sur sa missive, comme autant d'arabesques folles.

La rencontre avec Stephandra, de la Garde Royale, et leurs discussions où il avait eu la surprise d'apprendre qu'elle connaissait Russo et Vanyel, lui avait rappelé qu'il n'avait pas écrit à cette dernière depuis trop longtemps. Il leva les yeux, revoyant défiler devant eux ce mandat de Coms que son amie la Comtesse d'Ossau avait fait en Béarn en mai de l'année dernière, alors qu'il était connétable pour la deuxième fois après avoir servi Gnia, et qu'il était également au commandement de l'armée Balaguèra basée à Pau.
Reportant son attention sur le parchemin, il reprit sa missive, il devait lui parler des joutes, elle serait heureuse. La jeune Comtesse était l'une de ses plus chères amies, de celles qui étaient là sans rien dire, et savaient trouver les mots lorsqu'il le fallait. Elle avait été l'une des premières à lui répondre lorsqu'il lui avait annoncé la terrible nouvelle apres la disparition de Dance et sa missive avait rejoint celles qu'il gardait précieusement dans son coffret de bois.

La plume stoppa encore son envol tandis que les yeux gris suivirent quelques instants les petites poussières jouant dans la lumière et tournoyant autour d'elle. Un sourire éclaira son regard qui se porta alors vers la fenêtre ouverte à côté de la table à laquelle il s’était installé. Les mots de Vany tournoyaient comme les petits particules en lui murmurant…
"…elle nous regarde en souriant du paradis solaire. Je suis persuadée que l'on pensera ainsi à elle, lorsqu'un blond rayon de soleil viendra jouer avec nous…"

Un sourire, sans doute idiot pour qui entrerait et le verrai sourire aux anges, même s'il se demandait souvent comment il arrivait à vivre sans elle, elle qui avait creusé un gouffre immense dans lequel souvent il se noyait. "Souris comme j’aurais aimé te voir sourire, aimes comme j’aurais aimé pouvoir t’aimer.".
Sourire il y arrivait, aimer il ne pouvait pas, il se l'interdisait. Alors il se perdait aux bras des femmes, changeant de bras comme l'on change d'air, refusant les demain, promettant les jamais, fuyant lorsque l'une d'entre elles tentait de lui faire oublier sa promesse. Moments éphémères qui le rendaient plus forts au fil des semaines et amenaient doucement des sourires sur ses lèvres. Mais il savait que le chemin jusqu'à la sérénité serait encore long.

Il relut sa missive, enfin satisfait et la plia soigneusement avant de s'appuyer nonchalemment sur le rebord de la fenêtre, leva les yeux vers le bleu du ciel dans lequel s’effilochaient quelques nuages légers et blancs, que la brise promenait doucement, et repensa à d'autres missives promises.

Un regard autour de lui. Depuis son arrivée à Troyes, il avait rencontré quelques personnes en trainant un peu le soir en taverne, et puis il avait retrouvé Aliénor. Heureux de se revoir, ils partageaient leur temps entre discussions diverses entremêlés de rires, et l'évocation de quelques souvenirs.

Et puis chose étrange, la Champagne avait elle aussi maille à partir avec quelques animaux, non à poils mais à plumes. Ni des ours, ni des lions comme ce fût le cas en Béarn, mais des canards. Aime avait haussé les sourcils en entendant parler de tels volatiles et il avait pensé que peut être … rôtis… ça ne ferait pas un mets si désagréable que ça. Il avait donc affuté son épée et participait lui aussi à la chasse aux canards. Pensif, il se demanda comment il occuperait sa journée avant de rejoindre son groupe pour patrouiller dans la ville la nuit tombée.


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MessagePosté le: Ven 17 Juin - 16:32 (2011)    Sujet du message: 00 ~ 1458-11-15 - Plutôt que de croupir en Guyenne pourquoi ne pas voyager Répondre en citant

Aimelin a écrit:
[Troyes, fin mai et fin d'apres midi]

"Il n’y avait d’éveillé dans toute la chambre
qu’une grande bande de lumière qui tombait droite et blanche entre les volets clos,
pleine d’étincelles vivantes et de valses microscopiques…"
[A. Daudet - les vieux]



Une brève réponse... tant brève que le jeune lieutenant retourne le parchemin pensant que la suite est écrite au dos. Haussement de sourcils tandis qu'il lève les yeux vers le plafond de sa chambre baignant dans une douce pénombre en cette fin d'apres midi de mai, où la chaleur commence à poindre le bout de son nez. Seuls quelques éclats de voix émanant de la place devant l'auberge, se faufilent entre les volets presque clos et la fenêtre ouverte, pour venir chatouiller l'oreille du jeune homme simplement vêtu de braies, allongé sur le lit où il savoure la tranquilité des lieux et la fraîcheur de sa chambre.

Un petit trait de lumière empli de poussières qui dansent en folle farandole lui tient compagnie et s'amuse sur ses yeux, le faisant grimacer doucement tandis qu'il fixe une mouche qui vient se poser sur l'une des poutres du plafond. Une mouche… petit insecte volant qui se faufile partout, entend, va et vient sans que personne ne se rende vraiment compte de sa présence, sauf lorsque celle-ci devient gênante et qu'un geste de la main la chasse pour l'éloigner, quand ce n'est pas pour mettre fin à ses jours. Combien de temps vit une mouche… sans doute guère. Doit elle en entendre des secrets et des confidences, doit elle en voir des choses.

Ses pensées s'envolent, comme la mouche qui décide de changer d'endroit pour venir se poser sur un coin d'armoire, suivie par les prunelles grises.

Terwagne… Elle semble bien soucieuse, c’est ce qu’il devine à travers ses écrits. Il a suffisamment échangé de missives avec elle, pour arriver à lire ce qu'elle ne dit pas. Un peu comme avec Aliénor, ou parfois, nul besoin de mots pour échanger et se comprendre. Etrange comme un lien peut se faire si fort avec certaines, qu'il permet de lire ses non dits. Froncement de sourcils tandis qu'il pose le parchemin sur son ventre, le gardant entre ses doigts. Va t elle accepter de se livrer davantage lorsqu'elle sera face à lui, comme dans cette salle d'archives où petit à petit les deux s'étaient laissés aller aux confidences, à demi voix, à demi mots.

Leurs échanges de courriers lui reviennent en mémoire. Il se souvient lui avoir écrit que "seul le coeur peut mettre quelqu'un dans un tel état". Le coeur... le sien commence à peine à retrouver son apparence, tant il a volé en éclats lorsque sa blonde sénéchal a rejoint le très haut, le laissant précipité au fond d'un gouffre. Le ciel qui s'était ouvert à nouveau déchiré par des éclairs dans un fracas assourdissant, le monde qui s'était effondré tout autour, le vide, le noir, ne plus rien voir ne plus rien entendre, ne plus comprendre ce qui lui arrivait, et cette vie qui le quittait doucement. Cette folie qui remplaçait l'amour et le faisait s'éloigner des autres comme pour le punir de quelque chose qu'il n'avait pas fait. Pour oublier cette solitude qui lui glaçait le sang et l'empêchait de respirer, il s'était plongé dans son travail, s'était enfermé à nouveau dans son silence et sa souffrance.

Voile qui descend sur le regard gris qui semble scintiller sous le petit rayon de soleil, à moins que ça ne soit une larme qui glisse silencieuse et traitre le long de sa tempe pour venir se poser près de lui... seul le coeur peut mettre quelqu'un dans cet état.

Il espère bien qu'elle lui parlera, ou peut être à la blondinette qui sait écouter et comprendre elle aussi. Il ferme les yeux, il a encore une paire d'heures devant lui avant de descendre se joindre aux vivants.




Aimelin a écrit:
[Sainte Ménéhould, 26 juin]

"Mais il est un peu tard
Ote toi du chemin
Vagabond contre moi
Je vais la retrouver
Quelque part je la vois
Qui me touche la main
Y'a-t-il quelqu'un ? "
(Raphael - La Mémoire Des Jours)



Sainte Ménéhould. Dieu que ce simple nom réveillait en lui de grandes quantités de souvenirs à chaque fois qu'il le lisait ou l'entendait, des larmes et des rires, des rencontres aussi diverses les unes que les autres, allant du simple villageois qu'il était du haut de ses dix sept ans, à des nobles, qui à l'époque il fallait bien l'avouer, il ne portait pas en son coeur. Pour lui, noblesse était synonyme de mépris et d'indifférence... et d'ailleurs, il en était toujours persuadé, même quelques années plus tard, à la différence près c'est qu'il savait que tous n'étaient pas ainsi, parce que sa jeune vie lui avait fait cotoyer bon nombre de ces personnes. Et puis le destin avait voulu qu'il devienne Seigneur champenois, l'été 58, mais il était des choses que l'on ne pouvait refuser lorsqu'elles étaient offertes avec le coeur, et lorsque des liens vous liaient à certaines personnes. Il s'efforçait juste de ne pas changer, et il gérait son domaine de façon bienveillante.

Aux derniers jours de juin 56, le jeune ébouriffé avait quitté Sainte et la Champagne, tournant le dos à son passé, pour suivre son amie de toujours Shandra, la jeune veuve de Farell, en direction du Béarn comté que l'on disait florissant au sud du royaume, niché aux pieds des Pyrénées, afin de retrouver quelques champenois partis s'installer dans ce Comté, notamment Lara et Lily. Comté alors sous l'autorité de Juliano Di Juliani, premier Coms du Béarn. Peu de jours apres son arrivée, le jeune champenois avait intégré la Garde Comtale alors sous les ordres de Morphée von Frayner. Depuis il était toujours Lame, section inemployée mais non détruite... les mystères béarnais, et s'était dispersé entre fonctions comtales, Ost, Prévôté, mairie et quelques bêtises, le tout entrecoupé de deux belles histoires d'amour, dont la dernière avait fait voler son coeur en éclats lorsqu'Aristote avait rappelé à lui sa blonde en ce maudit jour de juillet de l'été dernier. Depuis, il vivait le présent, le mordait à belles dents sans jamais penser à plus loin, de peur que le sort ne prenne encore un malin plaisir à tout détruire.

La Champagne, il n'y était revenu qu'en décembre de cette même année 56 avec Quasi, lors d'un voyage où il avait retrouvé Malt et Richard, Francis de Joachim, Lily et Pompoko elles aussi en voyage, Ysa et Magdeleine. Et le destin s'amusait avec lui encore et encore le faisant revenir en Champagne ce printemps de l'année 59 pour y retrouver Aliénor, la fille de Magd.

Sainte Ménéhould. Il faisait chaud en ce début d'apres midi de fin juin, et le regard gris du jeune homme balayait le paysage qui s'offrait à ses yeux. Altaïr renâclait un peu, à l'embranchement de la voie de Compiègne et de Reims, et de la rue Chanteraine et sentier des Prés, tandis que son cavalier semblait hésiter. La rue Chanteraine descendait vers le lac, le sentier des Prés montait vers son moulin et l'ancienne maison Farell.

Laisser tourner Altaïr sur lui même, comme pendant ces secondes qui précédaient le moment où il s'élançait sur la lice. Hésitation du jeune lieutenant alors qu'il suffisait d'un simple geste de sa main pour qu'il descende vers la lac et ses souvenirs. Ce jour de mai où il avait dû se baigner nu pour aller récupérer Sosso qui dérivait dans sa barque, et puis les rires de Shan, qui cachée derrière un buisson, lui avait accroché ses braies dans un cerisier. Un sourire sur ses lèvres, en repensant à ces fins de journées et aux rires qui les accompagnaient souvent. Le temps de l'insouciance.
La taverne de la Famille, sa cousine Loïs et d'autres visages qui apparaissaient tandis qu'il chassait certaines images bien moins agréables, en caressant l'encolure de son étalon et que d'un petit mouvement de la main, il se décidait à le faire s'engager pour gravir le sentier des Prés.

Etrange impression de revenir seul avec pour toute compagnie le chant de la rivière qui dévalait pour plonger dans le lac. Une taverne à la place de l'ancien moulin de May, au 5 rue des moulins, devant laquelle il ne s'arrêta pas, et puis la maison de Shan sur la droite du sentier des Prés, où il fit stopper l'étalon, le temps de laisser son regard parcourir la bâtisse à l'abandon et ses alentours.
Des images qui se bousculaient, comme ce soir de juillet 55 après cette terrible journée en enfer* et le visage de sa blonde amie, dont il n'avait plus nouvelles aujourd'hui apres qu'elle soit partie voyager. Abandonnant ses rêveries il remit Altaïr en marche pour se diriger vers le moulin qu'il apercevait à quelques foulées un peu plus haut sur la gauche à travers les arbres. Il n'y était revenu qu'avec Quasi, et seulement pour deux nuits. Il avait trouvé un ancien meunier qui passait de temps en temps s'occuper du moulin et le garder en état, Aime avait tenu à ce qu'il reste comme il était.



[Le moulin fournil de la rivière]

Le portail de bois devant lequel il s'arrêta, était toujours fermé par un crochet de fer. Maintenant qu'il avait son domaine en Champagne et qu'il y venait régulièrement, il lui faudrait s'occuper du moulin également, mais le courage lui manquait. Trop de souvenirs. Il mit pieds à terre et souleva le crochet avant de pousser le portail qui émit un grincement, comme s'il se lamentait de cette main insolente qui venait le déranger dans sa solitude. Les rênes de l'étalon dans une main, il s'avança d'une dizaine de pas face à la Bâtisse et s'arrêta à nouveau, ses yeux gris parcourant la façade avant d'obliquer vers la droite, du côté de cet arbre qui abritait toujours le banc de pierres, puis son regard glissa encore un peu plus à droite, à quelques pas en retrait, vers une petite croix de fer gravée de trois étoiles qu'il devinait au milieu de quelques fleurs sauvages.

Il ferma les yeux quelques secondes pendant que l'étalon s'amusait avec ses cheveux, le bousculant doucement comme pour le faire réagir. Ce terrible matin de janvier revenait sans cesse à chaque fois qu'il revenait ici. La neige, le calme, et puis les cris, ces images, cet homme qui avait dévalé les escaliers, la peur qui lui avait broyé l'estomac avant que la douleur ne le pousse à tuer celui qui venait de transformer son avenir en passé. Il s'était ensuite écroulé dans la neige avant de venir se réfugier dans les escaliers où Sosso l'avait trouvé quelques heures plus tard, inquiète de ne pas le voir. **

Il inspira un grand coup et s'avança vers le moulin, laissant Altaïr livré à lui même. La grosse clé en fer était toujours à la même place sous sa pierre. Une hésitation avant de la faire tourner dans la serrure et de pousser la porte.





* RP "Une journée en enfer"
** RP Un beau soir l'avenir s'appelle le passé


Aimelin a écrit:

[Sainte Ménéhould, Moulin fournil de la Rivière, le 26 juin]

"Sans drame, sans larme
Pauvres et dérisoires armes
Parce qu'il est des douleurs,
qui ne pleurent qu'à l'intérieur
Puisque ta maison, aujourd'hui c'est l'horizon
Dans ton exil, essaie d'apprendre à revenir
Mais pas trop tard…"
(J.J. Goldman - puisque tu pars)




Les yeux gris s'étaient perdus sur le torrent dont le doux clapotis de l'eau contre la roue du moulin, accompagnait la lente ondulation de la frêle embarcation de bois attachée au petit ponton sur lequel il se trouvait.

Des yeux qui fixaient la rive opposée, pensant à ces galets quelque part, qui avait ricoché et défié le courant pour aller se poser sans mal sur l'autre berge. Ce moulin que la mère Léonie leur avait cédé pour quelques centaines d'écus et que May avait fait découvrir à Aime ce matin de début septembre 55. Leur moulin, leur maison… là où personne ne viendrait leur chercher problèmes. Cette bâtisse où il avait si souvent parlé, rit, murmuré, aimé.
Un voile descendait lentement sur ses yeux tandis que le petit vent qui soufflait faisait danser ses quelques mèches folles, un peu comme des petites flammes parfois calmes et puis reprenant un peu plus d'ardeur la seconde d’après. Il ferma les yeux quelques secondes pour chasser ce visage dont le sourire oppressait son cœur. Une chevelure brune, des yeux couleur noisette et un sourire permanent, devenu bien trop rares les dernières semaines de cette année 55. La fatigue, la lassitude, les tourments. Bien des personnes s'étaient acharnées sur elle, sur eux, comme s'il dépendait de leurs vies que le jeune couple ne puissent vivre en paix. Comme il les avait haïs de toutes ses forces, de toute son âme.

Après la disparition de Mayane et des jumeaux, et à son retour de ces quelques jours d'une chasse à Torras infructueuse, il était revenu dans ce moulin fournil de la rivière, il avait gardé la taverne de "La Famille" et y passait ses journées, essayant d'oublier le vide qui faisait échos à ses pensées.

Et puis peu de jours après, par une fin d’après midi, elle était venue le voir dans sa taverne. Sur le qui vive, le jeune meunier qu'il était l'avait regardé entrer.


- bonjour Aimelin… je viens vous voir parce que j'ai un gros problème
- un problème … à la mairie ?
- mm.. non… j'ai.. mon perchoir s'est cassé
- je peux vous en refaire un autre, il n'y a pas de soucis.


Le perchoir… un sourire se dessina sur ses lèvres à cette pensée. Il se revoyait entrant dans le bureau de Malt, alors Maire de Sainte, et poser le perchoir devant elle en lui disant que c'était un cadeau. Il revoit son air surpris, puis amusé et après échange de quelques mots sans éclat de voix, il était ressorti aussi simplement qu'il était entré, le coeur léger.

Et cette apres midi là, dans cette taverne, pourquoi ce trouble face à cette jeune femme qu'il avait haï du plus profond de son être. Ils avaient parlé longuement, s'étaient un peu découverts. Qu'il était étrange de détester quelqu'un que l'on ne connaissait pas. Elle était revenue la journée suivante, et il lui avait fait part de son départ le lendemain, pour Conflans, afin de rejoindre l'Armée Farell qui causait quelques soucis au Duché. Le chef d'armée lui avait parlé de ses projets de botter les fesses de la noblesse champenoise, et en voulant rejoindre Shandra, Aimelin pensait qu'il pourrait le convaincre de laisser la Champagne tranquille.
Sachant son départ, elle était venue le voir le soir au moulin, et n'en était repartie que le lendemain matin, non sans l'avoir mis en garde contre ce qu'il allait faire.

Conflans…il avait rencontré le chef d'armée mais un témoignage disant l'avait vu parlé à l'homme, allait entrainer peu de jours apres, sa mise en procès. Intégré dans l'armée le dimanche, il en était reparti le mardi, ayant eu l'impression de parler à des murs. L'armée était basée à Tonnerre avec promesse de ne faire aucune violence, mais il en était parti. Ca n'était pas dans ses convictions de semer le trouble gratuitement. Quelle folie l'avait donc prise de croire qu'il pourrait faire entendre raison à un fou. Quelques jours après son retour à Sainte, il avait reçu sa convocation au tribunal avec pour chef d'inculpation… haute trahison. Déjà…

Souvenir de cette discussion entre Malt et son amie Dame Pisan et de la promesse de cette dernière de lui botter elle même les fesses si elle le revoyait encore dans cette armée, même pour le bien de la Champagne. Témoignage de la blonde maire et recherches de cette promesse par le juge, Joffrey, lui avaient permis d'être acquitté. Se sentant une dette envers la Duché, il s'était engagé fin février dans l'armée pour prendre part à la guerre contre l'Artois, à Compiègne.

De fin février à fin mai, il avait occupé son temps entre les gardes sur les remparts, les batailles desquelles il s'était toujours sorti miraculeusement, et un travail d'infirmier à l'hospice de Compiègne, sous les ordres de son amie médicastre Belphegore et d'une autre femme médecin. Une courte liaison avec Mélissande, la louve, qui l'avait décidé à devenir Loup de Champagne en mars, et puis un retour à Sainte à sa démobilisation, continuant une liaison tumultueuse avec sa blonde, qui animait les moments d'une vie parfois trop calme.

Et puis ce concours de la rosière que Magdeleine alors présidente du comité des fêtes, lui avait demandé de présider. Concours rempli de moments savoureux et de dégustation de calva et madeleines, au milieu de tensions… tensions qui l'avaient décidé à accompagner Shan dans ce comté du Béarn, au sud du royaume. Fuir son passé, fuir ce qu'il n'avait pas le courage d'affronter.

Peut être était ce le fait d'avoir rencontré Aliénor qui lui donnait ce courage d'affronter ce passé depuis quelques mois, comme elle le faisait. Leurs discussions interminables, leurs peurs et leurs doutes de l'affronter, la promesse qu'ils se faisaient d'aider l'autre à passer ces épreuves que leur infligeait le temps. Un sourire en se demandant ce que faisait sa blondinette. Peut être était elle allée vers le lac, il attirait toujours tant de monde.

Comme il était étrange, que des qu'il posait les pieds à Sainte, tout ce passé revenait au galop. En décembre 56 il avait eu du mal à venir au Moulin et n'était resté que deux journées au village. Aujourd'hui, il se sentait la force de faire face à ces fantômes du souvenir. Il était entré dans la bâtisse, était monté à cet étage et avait ouvert en grand les fenêtres pour y laisser entrer la vie. La Léonie et son époux s'occupaient régulièrement de la bâtisse, et tout était en ordre, le temps semblait s'être seulement arrêté.

Il abandonna le ponton et fit demi tour, se dirigea vers l'arbre et vers ce coin d'herbe, où une petite croix de fer gravée de trois étoiles était plantée au milieu de quelques fleurs. Les yeux rivés sur les étoiles, il s'agenouilla, murmurant.


le moulin n'a pas changé tu as vu ? je te promets de toujours le garder et le faire entretenir.
Peut être un jour, résonnera t il de rires et de voix d'enfants.
je vous aime par delà le temps


Aurait il le même courage de retourner sur cette petite tombe dans ce cimetière qui borde le chemin qui mène vers les bois, à la sortie de Pau. Il ferma les yeux quelques instants avant de se relever et de se tourner face à la bâtisse. Il était des endroits où il aimait venir et revenir, où il aimait respirer cette odeur du passé qui l'aidait à vivre malgré tout, qui l'aidait à avancer… et ce moulin faisait partie de l'un de ces endroits chers à son cœur.

Un regard vers Altaïr qui avait cherché la fraicheur de l'ombre avant de se diriger vers lui, d'ouvrir une fonte pour en extirper quelques parchemins, de l'encre et sa plume, et de retourner vers le ponton, à cet endroit sous le grand hêtre dont il aimait à profiter de l'ombre.
Il s'adossa contre le tronc et entreprit de rédiger une missive à une jeune femme partie sans mot dire, et qui ne sortait pas de son esprit, comme ces rares personnes chères à son cœur, et qu'il n'avait pas envie de voir s'évanouir dans les méandres d'une vie parfois bien trop compliquée.**

Sa plume glissa lentement, hésitante, cherchant les mots justes, ceux qui lui donneraient envie de les lire.


Citation:
Sainte Ménéhould, le 26 juin 1459

Terwagne,

Ma plume me rappelle souvent à l'ordre afin de vous donner nouvelles, mais surtout afin d'en prendre. Depuis ce jour où vous êtes partie je ne cesse de penser à nos discussions, à nos rires et nos confidences, mais je ne vois que vos larmes et votre départ de cette taverne en nous promettant de ne pas oublier l'autre et de penser à lui.

Je tiens mes promesses et ne vous oublie pas, comment le pourrais je. Vous êtes l'une de ces rares personnes à laquelle mon coeur s'est attachée que vous le vouliez ou non. Ne pas vouloir voir les lendemains n'empêche pas le coeur de s'attacher aux personnes, aux lieux, à tout ce qui fait une vie. Aliénor m'a parlé de votre lettre avec un petit voile de tristesse devant les yeux. Nous aurions tant aimé sincèrement, que vous veniez avec nous, que vous puissiez vivre et profiter de ce présent comme nous le faisons, que vous nous fassiez encore rêver par vos mots, dans une course à la vie qui parait toujours bien trop courte.

Je pensais vous faire retrouver le sourire, je n'ai su que faire naître vos pleurs, incapable que j'ai été de vous donner toutes ces choses sans vous faire souffrir. Peut être que la vie me donnera tort un jour, et ce jour là mes larmes noieront l'encre sur mes parchemins. Mais une chose est sûre, je ne veux pas vous perdre, je ne veux pas perdre ce lien indéfinissable qui nous unit depuis cette discussion dans cette salle d'archives.

Il est des moments rares que l'on garde jalousement en soit, des moments que le temps n'efface pas malgré les sales coups qu'il peut nous faire. Je voudrais que vous vous rappeliez nos discussions et que nous puissions les continuer avec cette complicité qui fait que votre présence dans ma vie m'est aussi nécessaire pour vivre et avancer. Comment accepter que vous en sortiez alors que je vous ai ouvert les portes de ce passé qui me fait souvent me replier sur moi même. Le passé, le présent, tout ce qui fait que demain se construit au fil des jours.

Je ne sais si un jour vous me pardonnerez ces larmes que je n'ai pas su empêcher, mais je peux vous assurer que ce lien qui nous relie indubitablement ne cessera jamais d'être là pour moi. Je pense à vous, je m'inquiète de savoir si vous allez bien. Et quoi que vous disiez, quoi que vous fassiez, quels que soient vos silences, vous ne sortirez pas si facilement de ma vie et de mon coeur, où rares sont les personnes à y avoir pris place tranquillement.

Vous savez qu’Étampes vous est ouvert autant que vous le désirez, et si vous regardez au loin ces falaises, vous y verrez un petit bout de terre ferme sur lequel vous pourrez poser les pieds sans crainte de tomber.

Mon messager vous trouvera afin de vous porter ces mots que ma plume a couché pour vous sur ce parchemin.


l'ébouriffé


Ne jamais remettre à demain, ce que l'on a envie de faire dans l'instant. Regard qui parcourut à nouveau les mots et les phrases avant de se poser sur l'eau qui courait elle aussi, descendant chantante vers le lac afin d'y devenir bien plus paisible. Il espérait juste qu'elle lise ses mots écrits avec son coeur, qu'elle sache qu'il pensait à elle et ne l'oubliait pas.

Le messager envolé il repartit vers la bâtisse, avec l'envie de voir tourner à nouveau la roue et d'entendre le chant du grain qui s'écrase sous son passage.


Aimelin a écrit:
[Moulin fournil de la Rivière, le 26 juin]

"le visage plongé à terre
Clore un instant ses paupières
Pour chercher ce qui nous éclaire
Pendant ce temps
Le temps s'enterre"
(Calogero - Juste un peu de silence)



L'insigne de la prévôté tournait entre ses doigts, renvoyant par moment un petit reflet d'argent dans les yeux gris du jeune Lieutenant. Depuis combien de mois, d'années portait il ce petit insigne ? depuis le treize du mois de novembre de l'an 1456.
Un sourire éclaira à peine son visage à ce souvenir… Lara était maire de Mauléon.. Lara.. où était elle maintenant. Elle lui avait proposé d'aider le lieutenant en place, mikiss et il n'avait pas pu refuser. Les dossiers esclavagisme étaient devenus son quotidien, avec les courriers qu'il adressait aux Mauléonnais. Essayant d'éviter un maximum les procès il se démenait pour arranger chaque affaire… et puis le proc de cette époque dormait souvent et lorsque le jeune sergent allait le réveiller dans son bureau, il avait souvent à faire face au juge son épouse. Sourire malgré tout en repensant à ces moments. Et puis le sept décembre suivant, alors qu'il était parti en voyage et se trouvait à Argonne, il avait reçu missive lui annonçant sa promotion à lieutenant et aujourd'hui il l'était encore.
Une pause de quelques mois dans sa fonction, apres ses bêtises à Vae, et une reprise aux tous premiers jours de janvier de l'an 1458 en fanfare, avec plusieurs dossiers par jour, les lions et hérétiques s'amusant à lui faire user ses plumes. En compensation, il s'était fabriqué une belle collection de portraits qu'il avait dessiné suivant les fiches des vilains.

La prévoté… même s'il était encore lieutenant, en voyage, il avait perdu le goût de cette fonction après les attaques incessantes de la mégère et de celui qui lui servait d'époux. Bien sûr il restait en contact avec le Casteth de Pau, mais la passion du début n'y était plus, et il savait que cette fonction s'arrêterait lorsqu'il prendrait enfin la décision de s'installer ailleurs qu'en Béarn. Et cette décision trottait dans sa tête depuis pas mal de semaines, sans qu'il ne prenne de décision, ne voulant se presser.

Son regard balaya les lieux. Le Moulin-Fournil de la Rivière, son moulin... il y avait pensé bien des fois depuis ce maudit dix neuf juillet de l'été dernier. La bâtisse posée à quelques dizaines de pas de la rivière était au calme, seulement bercée par le bruit du torrent qui au fil des années avait creusé une marre bordée de cailloux, d'herbes et d'arbres, et sur lequel il avait bâti un ponton de bois auquel était amarrée une barque. Il s'était promis d'apprendre à pêcher aux jumeaux de May, Morgane et Gaël lorsqu'ils seraient plus grands. Mais la vie ne leur en avait pas laissé le temps.

La vie ne lui avait pas laissé le temps de tout faire, que ce soit en Champagne ou en Béarn. Combien de projets avait il fait, et combien avaient été anéantis. Depuis ce maudit jour de juillet, il refusait de penser à demain sachant que la vie se faisait un malin plaisir de tout détruire, et il préférait profiter du présent en y mordant à pleine dents. L'insigne passait doucement d'un doigt à l'autre pendant que le jeune seigneur fermait les yeux.

Comme il avait été fier de l'arborer, tout autant que son uniforme de Lame. Un pâle sourire s'afficha sur ses lèvres lorsqu'il repensa à ce jour du neuf août de l'année 56, lorsqu'il s'était agenouillé devant le Coms du Béarn, le Prince Juliano Di Juliani, sous les yeux de Morphée Von Frayner alors Connétable, pour lui prêter allégeance*. Il ressentait encore le contact de la main du Prince sur son épaule qu'elle avait serré fortement comme pour éprouver la résistance du jeune soldat.

Il se souvenait de ses moindres mots :
"Nous ne nous connaissons pas encore, Messire Aimelin et pourtant si vous êtes la, c'est que vos superieurs vous en ont jugés digne. Et comme je leur fait pleinement confiance, celle ci vous est également acquise. Suffisament pour vous permettre d'être armé en notre présence et de vous confier le soin de notre protection." .. le jeune soldat avait gardé ses yeux posés au sol de peur de se réveiller, alors que le Coms avait continué en relâchant un peu sa main : "Nous, Juliano Di Juliani, en temps que premier Comte du Béarn recevons votre serment. Soyez assuré en retour de notre Protection, de notre Justice et de notre Reconnaissance."

La jeune Lame qu'il était devenu, s'était relevée, croisant le regard noir du Coms qui lui avait adressé un franc sourire. Fierté de ce moment qui restait à jamais gravé en lui parmi tant d'autres. Hélas, appelée à tort par ses créateurs, le Corps d'élite de l'Ost, la Garde Comtale avait toujours suscité jalousies et critiques de l'ost. Depuis mars 57, il n'avait plus revêtu son uniforme, hormis une seule fois pour les allégeances au Coms Agnès de St Just, lorsqu'elle lui avait demandé, avec Ptit, d'être à ses côtés durant la cérémonie.

Lorsqu'il ouvrit les yeux son regard se posa sur quelques fleurs des champs à proximité du ponton, fleurs semblables à celle que lui avait donné la petite Angelle à son Domaine, avant qu'il ne reparte pour les joutes de Chaumont
: "C't'un porte bonheur pour toi. Puis chaque fois que tu la regarderas tu penseras à moi. T'as pas intérêt à la perdre Aime."
Il avait rangé soigneusement la fleur dans ses affaires, et avait rassuré la fillette qu'il n'avait pas besoin d'une fleur pour penser à elle.

Un regard vers la rivière qui descendait vers le lac en traversant le village et une pensée pour la blondinette aux yeux pervenches. L’après midi tirait déjà sur sa fin et il était temps de redescendre vers le village.



* rp ici

--Angelle a écrit:


[Champagne, Etampes sur Marne]


Quelque part, à quelques centaines de lieues d'ici, dans un domaine au milieu des vignes et des bois, une petite fille de six ans grattait un parchemin, alignant les mots et les phrases de façon appliquée, sous l'oeil bienveillant de Jeanne, la responsable des cuisines d'Etampes.


Citation:
Etampes, le 4 juillet


Aime,

Je vais pas écrir tro de bêtises parc'que Jeanne elle me surveille.
Maurin m'a dit tu allais venir bientot alors j'ai cueilli plein de fruits et de fleurs. J'espère que tu as toujours la fleur que je t'ai donné et que tu penses à moi, quand tu la regardes.

Moi je pense toujours à toi et j'aide Jeanne et même Gus, et puis Maurin m'apprend à soigner les chevaux comme ça je pourrai m'occuper d'Altaïr aussi.

Oublies pas tu dois m'apprendre à faire du cheval. Puis j'ai trouvé un nom pour le petit cheval en me rappelant de l'histoire que tu m'as racontée.
Je voulais l'appeler "caillou qui saute sur l'eau", mais c'est trop long alors Gus m'a dit de l'appeler "ricochet" parce que ça voulait dire ça.
Je peux dis ?

J'espère que tu diras à des princesses de venir et puis que la princesse avec les yeux verts que tu dis que c'est ta .. mm me rappelles plus... attends je demande à Jeanne... ah oui ta suze-reine, viendra encore me voir.

Je t'envoie plein des bisous qui volent comme les anges.

Angelle


Elle déposa un baiser sur le parchemin avant d'appeler Gustave, pour le lui donner, avec mille recommandations de bien le faire passer à Aimelin.

Guuussssssssssssss !


Aimelin a écrit:
[Ste Menehould, Le Moulin, mi juillet]

"Tout le long, le long de ta rivière
Il y aura, cailloux blancs, cailloux gris
De l'eau bleue, de l'eau pure, de l'eau claire
Mais aussi l'eau brouillée par la pluie..."
(J. Lapointe - La rivière)



Le regard gris pétillait en découvrant les mots couchés sur le parchemin qu'il venait de dérouler et qu'il avait trouvé le matin même sur la selle d'Altaïr. Assis sur le ponton qui séparait la rivière et la petite marre qui s'était creusée naturellement au fil du temps, il souriait. Un regard sur le cailloux lisse et tiède posé à côté de lui et une petite moue amusée laissant ses yeux revenir parcourir la missive. "... un caillou comme ceux que nous avions fait voler en cette journée d'avril...".

Son regard se dirigea vers l'eau qui courait. Franchir la rive, braver le courant et se poser de l'autre côté, à l'abri. La rivière. Si elle pouvait parler combien d'histoires raconterait elle. Les paroles d'Aliénor lui revinrent en mémoire :
" C'est comme cette rivière, elle semble si paisible aujourd'hui, sans doute s'est-elle mise en colère un jour, sans doute est-elle déjà sortie de son lit. "

Il était comme cette cette rivière lui aussi. Des colères il en avait eu qui l'avait fait sortir de son lit, même si aujourd'hui il était en partie apaisé après avoir vécu, tourmenté et changeant au fil des mois et des années. L'été cinquante sept lui avait donné son lot de colère et désillusions dans ce comté du sud du royaume. L'eau qui voyageait devant ses yeux lui apporta tout un flot d'images.


-- Retour arrière, juillet 57, le Béarn. --

" Il y aura des îles avec des plages
A côté, des torrents de malheurs
Des rapides et des quais de passage
Où on laisse des morceaux de son coeur"


Un sourire en regardant la rose et le petit parchemin qui l'enveloppait et qu'il déroule. Le neuf juillet, un jour comme un autre, pourtant cette rose embellit sa journée. Dance, elle n'a pas oublié ce jour où une année de plus vient s'ajouter à la liste de celles que le jeune ébouriffé a vécu... dix neuf aujourd'hui. Envolées les tourments lorsqu'il pense à cette maudite soirée de fin janvier où sa fiancée l'a trahi ouvertement en taverne. Aujourd'hui après bien des mois, elle se pose enfin en amie au fond de son coeur et il se sent serein.

Mais une autre haine a pris la place. Une haine qui le dévore et qu'il essaie de chasser depuis le mois de mai. Ce commandant ost, petit seigneur irrespectueux, vulgaire et imbu de sa personne, et son fidèle lieutenant, catin de bas étage servant son maître, deux soldats à l'âme plus noire que n'importe quelle oubliette du casteth de Pau. Mensonges, diffamations, provocations... le lot du jeune gars. Une discussion de fin juillet le décide. Cette haine dans son ventre, il doit l'évacuer. Un accord, et son nom finit au milieu d'autres sur un parchemin présenté en place publique de Pau.

Nous sommes le 1er août 1457.

Refus des négociations, il intègre l'armée Vae Victis aux portes de la ville de Lourdes*. Armée composée d'hommes et de femmes qui veulent la démission du coms. Se battre il n'en a jamais été question dans ces discussions. Mais fidèle à ses idéaux que sont la liberté et la justice, il se battra pour donner aux béarnais ce qui leur est dû, le respect. Ce respect que la comtesse a oublié dès l’instant de son intronisation. Ce respect qui permet de vivre en harmonie entre frères.

Ont ils tort ou raison…

Anneau gravé de son prénom qu'il donne à Dance, caporal de l'ost dans l'armée opposée. Un baiser volé, une promesse de se retrouver. Mais le lendemain les deux frères co-généraux disparaissent dans la nature, et Aimelin se retrouve aux côtés de Madg co générale, qu'il conseille du mieux qu'il peut pour éviter que le sang ne coule. Chef de section et logisticien, il veille sur ceux dont il est responsable.
Pour essayer d'arrêter tout ça, il écrit à la comtesse lui demandant de venir, ce qu'elle fait après bien des échanges courrier où ni l'un ni l'autre ne cèdent. Il reçoit aussi missive de Monseigneur Navigius, Grand Aumônier de France, désireux de les aider à trouver le chemin de la paix.

Mais les discussions avec le coms sont interrompues, le 6 août, sans se soucier de la comtesse présente dans le camp de Vae, faisant fi de ses ordres, l'armée face à eux lance l'attaque.



-- Lourdes le jeudi 6 août 57, Vae Victis, première bataille. --

"... Tout le long, le long de ta rivière
Il y aura, cailloux blancs, cailloux gris
De l'eau calme, de l'eau douce, de l'eau fraîche
Mais aussi l'eau noire comme la nuit..."


Se battre contre des béarnais, contre des amis peut être. Comment arrêter cette folie. Il ne veut pas n'a jamais voulu tout ça. Utopie de penser que l'ont peut changer les choses parce qu'on le désire ardemment et qu'on les pense justes. Lui qui s'est battu pour son Roy en Champagne, voila qu'il se bat contre son peuple pour défendre sa propre vie.

Le premier soldat qui lui fonce dessus évite sa lame qu'il a abaissé et dont le bruit le rassure ... il préfère le bruit des fers qui se croisent que celui qui pénètre les chairs. Est ce la fatigue de cette journée où son épée qui pèse le poids. Son bras est lourd comme s'il refusait de lever cette épée qui s'abattrait implacable sur celui ou celle qui en voudrait à sa vie. Un autre choc des cris à côté mais pas le temps de tourner la tête il faut éviter ce soldat qui lui fonce dessus. Le bouclier de Lily se place entre lui et la lame qui le frappe avec force. Il grimace et frappe de son autre bras. Bruits des épées, les cris de rage quand Aimelin projette son ennemi au sol sauvagement. Survivre il le leur a promis.

Où est elle. Ses yeux fixent devant lui le moindre assaillant. La blondeur le frappera il ne pourra pas la manquer, il ne pourra pas lever son épée s'il la voit.. Mais pas le temps de distinguer, il ne voit que des ombres, des silhouettes des armes qui volent. Un autre cri non loin de lui pendant qu'il se retrouve un peu à l'écart. Eviter cette lame qui lui frôle le bras pour aller se planter dans la terre. Il grimace, recule, le fracas assourdissant des armes qui s'entrechoquent. Il croit entendre crier son nom et il se retourne pour voir ses compagnons se battre, et il la voit, elle, son amie Ptit, à quelques pas de lui, elle ne bouge pas, se tient debout face à une amie. Son regard se pose sur ses mains et il hurle en se précipitant sur elle.

Elle tombe au sol et il tombe agenouillé à ses côtés, l'appelle, la prend dans ses bras en lui disant qu'elle ne va pas partir, qu'elle ne va pas les laisser, elle n'a pas le droit, ce n'est pas l'heure elle a encore tant de choses à faire.

La nuit est déjà avancée lorsqu'il s'écroule sur sa paillasse, les yeux fixés sur la toile de tente au-dessus de lui. Des larmes ont coulé, les retenir devant les autres, par fierté, par pudeur, pour ne pas montrer ses faiblesses. Mais comment ne pas les montrer quand son amie gît entre la vie et la mort. Lutter contre la mort après avoir lutté pour sauver sa vie. Dotch lui a promis de veiller sur elle et a obligé le jeune béarnais à prendre du repos.

Il serre l'anneau au creux de sa main, si fort, que la marque se dessine sur sa paume. Crois en toi, crois en celui qui veille sur nous, et tu auras la force de continuer ton combat. Dieu qu'il est fatigué. Son corps entier le fait souffrir tant il le malmène depuis des jours. Il doit dormir et prendre quelques forces pour être devant ses hommes. Par chance aujourd'hui aucun n'a été blessé. En sera-t-il de même le lendemain.



* rp ici


Aimelin a écrit:
Retour arrière, Béarn, août 1457, Vae Victis.

"... Des amours, des cascades en lumière
Des enfants qui rient des ronds dans l'eau
Loin des chutes, des remous en colère
Qui nous font des larmes au fil de l'eau..."



-- Lourdes le Vendredi 7 août, deuxième bataille --

L'anneau tourne doucement entre ses doigts. Des pigeons qui arrivent sans cesse, certains empreints de reproches, où l'incompréhension mélangeait les mots et les sentiments, d'autres d'encouragement, de soutien, d'autres de prières de laisser la mort pour revenir vers la vie. Mais comment pourrait il partir de l'armée félonne et abandonner Madg à qui il a promis soutien et fidélité sans ressentir cette lâcheté qu'il déteste. Il n'est pas de ces girouettes sur lesquelles souffle le vent et qui les font tourner et virevolter sans arrêt changeant la direction de leur regard et de leur souffle. Il est homme de parole et jamais il n'abandonne, jamais il n'a laissé quelqu'un par manque de courage. Seules ses convictions le guident.

Dans tout ce qu'il lit une missive venue de Pau, le secoue... le mal qu'il lui avait fait quand elle avait lu son nom sur ce parchemin affiché. Il a essayé d'expliquer mais les mots ont du mal. La fatigue, la colère de la journée, l'angoisse qui prend le ventre et le fait tordre en deux, embrouille sa plume. Il sait ce qu'il se passe dans sa tête, il sait la comparaison qu'elle fait, ne doit pas comprendre que lui, droit et juste, se bat dans le camp ennemi. Pourtant s'il souhaite qu'une femme comprenne son geste c'est elle, Quasi. Que pensent aussi ses autres amies, perdues peu à peu de vue au long de sa souffrance, mais qui ne quittent pas pour autant ses pensées. Sans doute guère du bien. Ne jamais renier son passé ni ceux ou celles qui en ont fait partie. La distance s'installe, les souvenirs restent. Il ne pourra pas leur dire.

Ses pensées repartent encore en Champagne, l'Armée des morts vivants. Serait il sans cesse poursuivi par des fantômes qui font ressortir en lui son côté le plus dur et le plus borné.

S'il devait mourir sur le champ de bataille il aurait au moins la fierté d'être allé au bout de ses convictions, au bout de ses rêves de liberté et de justice. Mieux vaut mourir d'avoir voulu croire en ses idéaux, que de s'être laissé mener en laisse.


- ils ont lancé la charge !! ils arrivent sur nous !!

La réalité reprend sa place. Il replace l'anneau dans son ceinturon, lève les yeux vers l'armée qui fond sur eux dans un nuage de poussière. Le coeur qui s'accélère. Il relève son bouclier, son épée bien en main qu'il lève vers le ciel, avant de commander à sa section.

- bouclier en avant et ne frappez que pour vous défendre ! Qu'aristote vous protège !

Si l'on pouvait lire dans le gris de ces yeux on y lirait l'incompréhension. Encore devoir les affronter, encore devoir prendre le risque de tuer l'un de ses amis. Un regard vers Madg avant de n'avoir d'yeux que pour le danger qui s'approche à grands pas.

Lever son bouclier, parer les coups d'épées qui fusent, les lames qui passent si près de son visage, et celle qui effleure sa cuisse mais continue sa course quand Aime repousse son agresseur d'un coup de bouclier. Une douleur à l'épaule quand une lame vient le mordre pour laisser juste un petit sillon histoire de lui rappeler cette bataille.
Se retourner brutalement, parer une attaque qui arrive de derrière, faire croiser le fer, donner tout ce qu'il a pour rester en vie. Les dents serrés, le regard fixé sur chaque visage qu'il a en face de lui, essayant de deviner les regards sous les casques de certains. Pas elle Aristote, je vous en conjure pas elle. Comme il déteste se battre contre les siens.

Ce soldat est costaud et il doit mettre toute sa force, tout son désespoir pour le repousser violemment, parant ses coups, ripostant, tenant son épée si fermement qu'il a l'impression qu'elle s'est incrustée en lui. Personne ne la lui enlèvera comme personne ne lui enlèvera sa vie. Se retourner encore aux cris qui fusent derrière lui, faire face à ce soldat qui lui fonce dessus, épée levée... il lève la sienne prêt à parer encore une fois le coup qui veut le mettre à terre.

Un coup dans le dos le projette au sol où il tombe face contre sol, son front qui cogne brutalement... puis le noir.....

La chaleur, et un sentiment d'étouffer lui font ouvrir les yeux. La sueur et la terre lui ont marqué le visage. Que s'est il passé. Il se sent immobilisé par un poids sur lui, essaie de bouger pour faire glisser ce poids sur le côté, regarde l'homme allongé sur le dos, reste pétrifié devant le visage couvert de terre et de sang.
.. Orantes... son compagnon de section... son ami. Il approche son visage du sien, pose ses doigts à son cou, là ou l'on sent la vie battre ou se taire. Elle bat doucement il vit. L'éloigner, l'emporter comme il l'a fait pour Ptit.

Il se relève et s'agenouille. Tout autour d'eux des hommes et des femmes cherchent les blessés, les morts, cherchent les visages connus.

Sa section, où est elle ? Et Madg ? Il regarde sa main qu'il a posé sur Orantes et voit tout ce sang à nouveau. Son regard se pose sur le corps à côté... Louliane ! elle aussi git sur le sol, couverte de sang. Même réflexe, il va s'agenouiller pres d'elle, essaie de sentir ce petit signe de vie. Il n'y arrive pas, ne l'entend pas. Il leur faut amener leurs deux compagnons à l'infirmerie au plus vite. Il se relève hébété. Son ami a-t il voulu le protéger, est ce lui qui l'a forcé à s'écarter pour prendre le coup. Regard vers le reste de sa section.


je vais m'occuper d'Orantes, portez doucement Louliane et suivez moi il nous faut les sortir de là.

Même spectacle désolant après chaque combat. Celui-ci a été d'une violence inouïe. Les soldats adverses ont mis toute leur hargne à les décimer.

.......

Le jeune seigneur d'Etampes abandonna le cour de l'eau pour poser son regard sur le caillou d'Aliénor. Qu'est devenu son ami Orantes, il le sait en Bourgogne. Depuis Vae, certains sont morts ou disparus, d'autres ont repris leur vie après avoir payé leurs bêtises. L'eau court comme le temps qui passe, implacable, bousculant tout sur son passage, se frayant parfois un petit coin tranquille où elle restera, moins agitée comme dans cette petite marre.
Pourquoi penser à Vae, fantôme du passé qui revient à la charge ? Comme cette dernière bataille, ce baroud d'honneur.


Aimelin a écrit:
[-- Sur les collines béarnaises, dimanche 9 août 57 - baroud d'honneur --]

"Prendre hier à deux mains
Comme on secoue ses livres
Pour qu'il pleuve un refrain,
Un mot, .... l'envie de vivre"
(Maurane - Prendre hier à deux mains)



Ses amis sont à l'abri dans la tente d'infirmerie où les médecins s'affairent, dame Melian, et Dotch, son amie la Duchesse de St Florentin, ce qui le rassure un peu. C'est une femme droite, avec qui il a travaillé lorsqu'il était connétable et elle Cac... une femme de valeur comme il les aime, comme le sont ses amies. Il lui a promis de revenir entier.

Bientôt l'armée les balaiera, comme ce vent qui souffle sur la campagne et balaie doucement les quelques herbes rebelles qui osent encore se dresser face à lui. C'est comme si le temps s'était arrêté, ils attendent, le regard rivé sur la poussière que soulève l'armée qui se dirige droit sur eux. Aime lance un coup d'oeil à ses compagnons de combats, un sourire fatigué sur les lèvres. Madg sort sa dague. Ils sont quatre... nombre dérisoire face à l'armée qui fond sur eux, bataille inégale sans aucune chance, mais aucun n'a voulu fuir. Fidèles et loyaux, peu lui importe de tomber sur le champ de bataille pour ses idéaux, il aura été jusqu'au bout. Son regard se pose sur un compagnon qui s'agenouille pour prier.

Lui n'arrive plus à prier, Aristote ne l'entend pas sinon il aurait empêché que le sang ne coule.

La peur refait surface, la dépasser, lutter contre elle comme à chaque fois. Combattre sans peur c'est aller à la mort. Elle s'est terrée en lui le temps de lui donner ce répit dans lequel il a puisé tout son courage pour se tenir debout, épée en main, bouclier assuré contre lui pour défendre chèrement sa vie. Il sent les battements de son coeur s'accélérer, il ferme les yeux essaie de le calmer. Les soldats en face sont des soldats aguerris et Aime le sait, ils ne feront pas de cadeau. Est Elle encore au milieu d'eux... sans doute, il ne l'a pas vu à l'infirmerie.


Ils arrivent ... un murmure... Est ce la mort qui s'approche de lui si vite. Il peut en sentir le souffle. Sa main se serre sur le pommeau de son épée.

Cent fois il a imaginé ce moment, ce qu'il voudrait faire ou dire à ceux qu'il aime. Cent fois il s'est dit qu'il ne mourrait pas, mais là..... ils sont si nombreux. Ses pensées vont vers l'anneau, ils se sont promis... il ne pourra pas tenir sa promesse, il aurait tant voulu.
Le bruit des chevaux, des armes, se rapproche, ses mains se crispent, son regard gris se fait dur. La peur s'est figée pour ne laisser place qu'à son courage et sa rage de tenir debout jusqu'au bout.


Per lo Béarn !

Les seuls mots qui s'échappent quand il voit trois soldats lui tomber dessus. Son bouclier pare les coups, son épée rejette celles qui se lèvent sur lui. Il recule frappe à nouveau. Il se retourne et se trouve face à un homme croisé en taverne de Lourdes. Il est armé d'un bâton et en une fraction de seconde Aime le voit et l'envoie rouler à terre d'un violent coup de bouclier ; jamais il ne lèvera son épée contre un bâton.

Une douleur à la cuisse droite quand une lame le déchire, le fait se retourner à nouveau face à l'homme qui l'a frappé. La douleur est insoutenable mais il ne doit pas lacher son épée, il serre les dents, pare le coup suivant avec force, enjambant rapidement un homme à terre pour se rapprocher de Madg, aux prises avec un groupe de soldats. Mais un autre homme lui fait face et lève son épée, il avance son pied gauche et se campe solidement pour parer le coup. Ses forces l'abandonnent. Trois contre un, il ne va plus tenir longtemps.
Il doit aider Madg. Il fonce sur son agresseur pour le bousculer et changer de côté pour apercevoir la jeune femme. Son souffle s'accélère quand il la voit tomber. La rage le prend il n'a de cesse de parer les coups qui l'épuisent, non loin un autre tombe aussi.


Dans un cri de rage, repoussant l'épée ennemie qui s'acharne, il repart vers Madg et se retourne pour voir à nouveau l'épée s'abattre sur lui. Instinct de survie, il lève son bras gauche et le bouclier de Lily se place devant son visage. Le choc est d'une rare violence, son bras lui fait mal quand le bouclier explose sous la violence du coup, un autre cri de rage mêlé à la douleur quand la lame entaille son épaule gauche. Il n'a plus rien, il est à bout de force, et quand il tente de lever son épée pour parer le coup suivant il est trop tard. Une grimace déforme son visage quand il sent la lame se planter dans sa chair, labourant son flanc droit. Il va mourir, il en est persuadé, son corps n'est que douleur.

Il tombe à genoux le souffle coupé, lâche son épée, porte sa main gauche à son ceinturon, sur la poche dans laquelle se trouve l'anneau. Tout chavire autour de lui, les bruits s'estompent en un formidable brouhaha qui fait exploser sa tête mais il reconnait cette voix qui se rapproche.


Aimelin ... Aimelin ... AIMELIN !!

Il attend un autre coup qui l'achèvera, tourne son visage vers Madg couchée sur le sol... la protéger encore... il se laisse tomber à moitié sur elle, son bras droit tombant doucement de l'autre côté de la jeune femme. Tout se brouille.

Est ce ainsi lorsque l'on meurt ? Des visages qui défilent, une main qui tient l'autre anneau... son sourire. Il lui semble qu'elle est tout près, il sent presque son souffle lorsqu'elle le retourne doucement et relève ses cheveux qui lui collent au visage où se mêlent terre et sang. Un murmure qui semble venir de si loin ...
Aimelin, tu m'entends, Aimelin .. Je suis là ... C'est moi, Dancetaria ... Tu m'as promis, Aime, tu m'as promis ... Tu restes là, tu restes avec moi ... .

Il a l'impression que le temps s'est arrêté, doucement il s'enfonce dans la nuit, et puis tout devient noir.


Le jeune seigneur ouvrit les yeux. Un voile se posa sur son regard et sa main vint attraper doucement l'anneau pendu à son cou près du médaillon, tandis qu'il laissait s'échapper un murmure ... "tu vois... c'est toi qui est partie avant moi".
Il regarda le cailloux posé à côté de lui et l'attrapa. Deux cadeaux d'anniversaire si différents et pourtant si précieux.


Aimelin a écrit:
[ Ste Ménéhould, le moulin, début août]


"Avec le temps...
Avec le temps, va, tout s'en va
On oublie le visage et l'on oublie la voix
Le coeur, quand ça bat plus, c'est pas la peine d'aller
Chercher plus loin, faut laisser faire et c'est très bien..."
Léo Ferré - Avec le temps.


Les journées s'écoulaient tranquillement, le jeune ébouriffé seigneur de son état s'occupait du moulin, partageait ses journées et nuits avec la blonde Aliénor. Nulle promesse mais la vie, tout simplement, faite de petits bonheurs et de tristesses, faite de couleurs qui se mélangent parfois et assombrissent le ciel, mais couleurs qui nous maintiennent en vie. Et puis vie accompagnée de fantômes qui lui rendaient visite tous les jours.. petit à petit leur présence se faisait plus rare comme s'ils se décidaient enfin à laisser le jeune homme tranquille, et à n'être là que pour lui rappeler de temps en temps de ne rien oublier.

La blondinette était partie les derniers jours de juillet, pour faire quelques recherches sur des livres anciens. Ils discutaient parfois de son travail en héraldique, et le jeune homme écoutait avec attention, la regardant dessiner en souriant pendant qu'il essayait de comprendre. Une jolie complicité entre les deux jeunes gens, qui depuis mars, et surtout depuis cette ballade vers la rivière à Troyes devenait au fil des jours plus forte .

Ce matin là, il avait profité de la chaleur naissante, pour prendre sa barque nichée toujours à la même place, et partir sur le lac. C'était un endroit où il pouvait réfléchir et laisser couler ses rêves et pensées au fil de l'eau. Et ce matin là ses pensées étaient tournées entre autre vers cette jeune femme brune, cette amie avec qui il entretenait une relation si forte et parfois si difficile mais pourtant nécessaire. Une amie... sans doute que s'il n'avait pas décidé de venir en Champagne, elle serait autre pour lui. Il ne regrettait rien néanmoins et profitait de chaque moment, pour ne point avoir de regrets un jour. Il se sentait bien et apaisé, et il appliquait ce qu'il appliquait depuis toujours, prendre ce que la vie lui offrait et le vivre comme si c'était le dernier jour.

Le moulin faisait ressurgir les fantômes de son passé... Vae Victis et ses combats, cette peur qui se glissait en nous et nous faisait nous dépasser. Vae qui lui avait permis de rencontrer Terwagne, et qui avait renforcé l'amitié et le lien qui l'avaient uni à Dance, et celui qui l'unissait toujours à Célénya et à la Comtesse d'Armentières qu'il surnommait avec affection "beaux yeux". Sûr qu'elle les avait de beaux, et sûr qu'elle était belle.

Un sourire en repensant à leur rencontre. Elle et Dance formaient avec le jeune ébouriffé, un trio qui dépensait les écus du Comté sous le mandat du Coms Varden. Dotch était Cac, Dance était Bailli et lui était Connétable en charge des Lames en sus de sa charge habituelle. Courir de la caserne Ost bien trop loin, revenir au casteth, se rendre compte qu'il avait oublié un parchemin et repartir vers la caserne. Une belle complicité avait lié les trois conseillers, et le mandat terminé leur amitié s'était renforcée.



"Avec le temps...
Avec le temps, va, tout s'en va
L'autre qu'on adorait, qu'on cherchait sous la pluie
L'autre qu'on devinait au détour d'un regard
Entre les mots, entre les lignes et sous le fard
D'un serment maquillé qui s'en va faire sa nuit..."



Combien de soirs ou de nuits avaient ils refait le royaume la Comtesse et lui, devant une bonne bouteille de vin, qu'ils appréciaient l'un et l'autre, agrémentée quelque fois d'une belle tarte aux pommes que la Duchesse apportait, et que les deux amis dégustaient en riant. Ils s'étaient confiés, avaient évoqué leur passé, leur joies et leurs peines, leurs attentes et leurs doutes, et lorsque le jeune gars s'était retrouvé dans l'armée de Vae, la Duchesse s'était immédiatement portée volontaire pour être médecin à l'infirmerie de campagne.
Il avait découvert alors, une femme qui ne ménageait pas sa peine pour venir en aide à ceux que l'on ramenait du champ de bataille. Elle avait pris soin de Ptit et puis malgré la promesse du jeune ébouriffé de revenir entier, elle lui avait sauvé la vie. Elle l'avait recousu, elle avait consolidé les os, avait fait refermer les plaies, surveillant ensuite le jeune homme les semaines après sa sortie de l'infirmerie, lui faisant de gentils reproches lorsqu'elle apprenait qu'il venait de faire une ballade sur Altaïr.

Vae lui avait apporté tourments, blessures et le mépris de quelques béarnais insignifiants, mais elle lui avait surtout apporté des amitiés précieuses, et une expérience qu'il n'oublierait pas. Dance avait disparu bien trop tôt, mais Terwagne, Dotch et Ptit faisaient maintenant parties de sa vie, chacune avec son histoire et il était heureux et fier de les connaitre.

Chaque individu se forgeait des expériences de son vécu, et il n'échappait pas à la règle. Et puis cet honneur que lui avait fait la Comtesse, en lui demandant d'accepter d'être son vassal. Il lui devait la vie, et il avait trouvé un moyen de lui être redevable jusqu'à la fin de ses jours.

Un sourire éclaira le visage du jeune seigneur en revoyant les images de ce moment, dans les jardins du château, lorsque sa blonde lui avait fait la surprise de les rejoindre... c'était le vingt du mois de juin.

Ils avaient passé les deux jours ensemble et puis elle était repartie se reposer au couvent faisant promesse qu'à sa sortie ils partiraient voyager sur les chemins. Voyager pour profiter d'eux, et voyager pour oublier cette poignée de mauvaises personnes qui se pensant indispensables, n'avaient d'autres objectifs que piétiner ceux ne pensant pas comme eux.

Promesse qui vola en éclats selon le désir d'Aristote, ce terrible matin du dix neuf juillet, lorsque soeur Elisabeth était venue au casteth
*.

Les fièvres qui avaient emporté celle qu'il aimait, l'avait laissé seul et désemparé dans une ville mouroir où au fil des jours, il se sentait mourir doucement, partageant son temps entre son "Auberge du Casteth" à Pau et son bureau de lieutenant de la Prévoté au Casteth. Un comté où les agissements d'une poignée faisait fuir les gens et il n'échappa point à cette règle non plus.

Une missive de son amie Gnia lui commandant des chevaux, qu'une fois trouvés il avait conduit lui même en Guyenne. Première sortie de Pau, du Béarn depuis juillet 57, et une bouffé d'oxygène. Et puis retrouvailles de son amie la brune Kirika, elle aussi invitée chez son Infâme Grandeur, et de discussions en rêveries, les deux amis avaient pris les chemins afin de voyager au gré de leurs envies. Et leurs envies, les avaient fait passer par la Bourgogne, où pendant quelques jours Aimelin avait rendu service à ses amies Angélyque et Lenada, avant de prendre la direction de la Champagne.
Kirika ayant décidé de se poser un moment avec sa fillette sur Troyes, le jeune lieutenant avait décidé de partir en vadrouille avec la blondinette.

Un regard vers le lac avant de sortir une missive reçue la veille et un sourire.


"Avec le temps...
Avec le temps, va, tout s'en va
Même les plus chouettes souvenirs ça t'as une de ces gueules
A la Galerie je farfouille dans les rayons de la mort
Le samedi soir quand la tendresse s'en va tout seule..."




* rp ici
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 00:25 (2018)    Sujet du message: 00 ~ 1458-11-15 - Plutôt que de croupir en Guyenne pourquoi ne pas voyager

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