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02 b ~ 1459-12-04 - En quête d'espoir: Interlude cavaleresque II

 
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MessagePosté le: Lun 5 Déc - 22:54 (2011)    Sujet du message: 02 b ~ 1459-12-04 - En quête d'espoir: Interlude cavaleresque II Répondre en citant

Kernos a écrit:
Interlude cavalresque: Allées et retours sur les chemins de l'incertitude

Impression de déjà vu, la même que ces derniers mois. Lui, juché sur sa selle, silhouette sèche et esseulée se détachant sur le ciel d'Automne, la route. Le froid, les remords, les pensées, tous les accessoires sont là, inchangés depuis le début. Encore une chevauchée... toujours la chevauchée, il se demande parfois si elle ne sera pas éternelle. Quoique...

En y repensant, c'était un formidable tête à queue qu'il venait d'effectuer. Galopant à bride abattue, baigné dans l'incertitude et sa propre sueur, affrontant les silences de son seigneur, résolu à offrir sa chaire au couperet du premier vide-gousset qui l'attendrait en route, il avait suffit d'une lettre... Une seule petite lettre, non... c'était plus que cela: une réponse, ce qu'il demandait simplement, quelque chose qui aurait mis à bat le mutisme qui le cernait, l'étouffait. Une réponse. Non de celui qui aurait légitimement du la lui donner, ce dernier semblait le dédaigner au plus au point, mais d'une autre, qui n'avait aucun lien, aucun devoir envers lui, aucun serment: la Bourgogne lui avait tendu la main.

Le Rouvray avait déjà franchi Cosne, et s'apprêtait à en faire de même avec Sémur quand la lettre de la Duchesse lui était parvenue. Tournant aussitôt bride, il avait abandonné la route du Lyonnais-Dauphiné pour regagner Cosne où on lui proposait plus que ce qu'il avait depuis des mois... Un feu... Il en sentait encore la chaleur, la carresse au fond de lui. Un léger brasier qui crépitait encore maintenant dans sa vieille carcasse, alors qu'il avançait à nouveau solitaire et au milieu des vents, effaçant quelque peu l'amertume de sa bouche et la froideur de son corps.

Kernos s'en souviendrait. Depuis combien de temps n'avait-il pas chevaucher en compagnie? Depuis combien de temps n'avait-il pas goûté à cette camaraderie franche et simple d'un campement? L'odeur de la paille et du purin se mêlant à celui du bois qui se consume, le musc des chevaux, le cuir, le fumet des pièces de viande qui grillent, celui du vin qui circule entre les tentes, les éclats de voix et de rire ça et là, le bruit des lames qu'on affute, l'odeur des hommes. Des mois durant, le regroupement de ses semblables et l'agitation des villes lui soulevaient le coeur et l'estomac. Il les avait fui comme on fuit un pesteux, de peur que son mal ne vienne se saisir de lui-même mais là, tout avait été différent. Etait-ce ce sentiment de fraternité temporaire qui nait des alliances de circonstances entre hommes d'armes, qui savent bien que demain c'est peut être à vos côtés qu'ils tomberont et partagent la même fortune? Il n'avait pas envie d'y réfléchir, il voulait juste ressentir encore un instant cette chaleur maintenant qu'il était de nouveau seul et Joinville bourguignonne.

Die... Valence... Vienne... Lyon... Mâcon... Chalon... Dijon... Sémur... Tonnerre... Cosne... Sancerre... Cosne... Sémur... Cosne... Tonnerre... Champagne... Joinville et à présent Langres pour redescendre vers le Lyonnais-Dauphiné, achever le détour auquel il était contraint pour repartir sur la voie de l'errance qu'il s'était tracé jusqu'à elle, son Incertitude, son Obsession, son Exil, sa Rédemption, ses Larmes, ses Cris, Son Dénouement... Terwagne. Pourquoi n'as-tu pas semé de grains derrière toi, cette fois, qu'il soit plus aisé de te retrouver sur les chemins et leurs pavés que tu as foulé?

Une aube de plus qui déchire les cieux abyssaux en une plaie béante. La veille, il a fait ses adieux à ses compagnons. Sa place est ailleurs, il n'a pas dormi à Joinville, préférant trancher tout d'un coup, c'est dans une grange isolée de la campagne environnante qu'il s'est installé pour envoyer une lettre au Prévôt de Champagne pour obtenir sauf-conduit et dormir. C'est dans cette même grange, allongé sur la paille qui s'éveille au bruit d'un grattement dans les combles. Un pigeon... Kernos s'étira et se frotta les yeux. N'était-ce point un rouleau à la patte du volatile? Il se redressa et délivra l'animal de son fardeau.

Sourire de Dame Fortune ou bien pied de nez du Destin? Le hasard était-il de la partie? Le Rouvray laissa retomber son bras tenant la lettre fraîchement lu. Aimelin de Millelieues... Oui, c'était bien celui auquel il pensait... Se pourrait-il que... Enflamme-toi, Espoir, avant que Doute et Jalousie ne commencent à brûler! Cela ne pouvait qu'être que ce Aimelin.

Sans prendre le temps de mettre ses bottes, il se précipita vers ses fontes pour en tirer son nécessaire d'écriture. Quelques minutes plus tard, palefroi sellé et bottes enfilés, debout sur le seuil de la grange, il regarda s'envoler le pigeon avec sa lettre au Connétable et son espérance.


Citation:
Kernos Rouvray, Baron de Mévouillon & Sire de Glandage,
Au Sire Aimelin de Millelieues, Connétable de Champagne, Sire d'Etampes sur Marne, salut & paix!


En premier lieu, je vous remercie pour votre autorisation de traverser votre Duché. Voilà pour ce qui est de l'officiel, à présent, passons au personnel.

Je n'ai qu'une question à vous poser, une simple question qui pour moi m'importe plus que tout le reste, sauf votre réponse. Savez-vous où se trouve Terwagne Méricourt en ce moment même?

Je sais que vous êtes son ami, que vous comptiez énormément à ses yeux et comment vous vous êtes rencontrés, aussi je vais être franc avec vous. J'aime Terwagne. Elle a disparu sans laisser ni trace, ni adresse, seulement une lettre et voilà six mois que je chevauche à sa recherche. J'ai traversé deux fois la Bourgogne, le Berry et si je n'étais pas convoqué au ban du Lyonnais-Dauphiné, je serai en Orléans, ou peut être plus loin encore dans l'espoir de trouver ne serait-ce qu'un soupçon d'indice sur le lieu où elle séjourne. Six mois que j'affronte le froid, la faim, mes doutes et les périls de la route dans ce royaume en guerre, abandonnant tout le reste juste pour entrevoir une étincelle, un rayon de Lune. Six mois d'errance et de perdition qui pourraient trouver leur dénouement - bon ou mauvais ce n'est pas à moi que cela appartient - sur un mot de vous.

Puisque vous êtes son ami, et que je gage que son bien être ou plutôt son existence-même compte à votre âme, je vous confie mes intentions en toute sincérité. J'ai une bague accrochée à mon cou depuis Lyon, que je compte lui offrir en même temps que ma vie, libre à elle de les accepter ou de les rejeter, l'une comme l'autre... quelque soit sa décision, je m'y plierai car je n'ai plus rien à perdre, sinon de ne plus jamais entendre la mélodie qui était notre et qui résonne dans chacun de mes souffles, mais au moins je saurai qu'elle est en vie, peut être heureuse, même sans Nous.

Je vous prie de bien considérer ce que je viens de vous révéler et vous supplie d'apporter réponse à l'homme usé qu'un seul espoir tient encore debout.

Je serai à Langres dans la matinée, j'y attendrai votre réponse.

Que le Très-Haut vous garde.

Faict à Joinville, le 4e jour du mois de décembre de l'an MCCCCLIX,



L'oiseau s'effaça sur l'horizon. Il mit le pied à l'étrier et s'élança vers la Champagne, vers sa destinée.



Aimelin a écrit:
[Château de Reims le 3 décembre]


La plume qui crissait sur les parchemins n’était pas celle habituelle qui laissait couler les mots destinés à ses amies ou à la blondinette. D’ailleurs, en songeant aux amies, il était peut être temps de leur donner des nouvelles. La plume qui s’appliquait était celle qui avait pour tâche de répondre aux demandes de LP et autorisations en tout genre qui arrivaient continuellement dans la boite du jeune Connétable, ou par erreur dans d’autres boites, mais qui finissaient de toute façon sur son bureau, avec un léger retard pour les dernières. Un dernier courrier remis par le prévôt et un petit haussement de sourcils en lisant le nom du demandeur… Kernos… Kernos… il était certain d’avoir entendu ce nom quelque part.

Sans lâcher la missive qu’il parcourut du regard il s’appuya contre le dossier du fauteuil, avant de lever les yeux vers la porte. Mais ce nom bien sûr, c’était l’homme qu’avait quitté Terwagne avant qu’elle ne parte sur les chemins. Sa main libre se porta sur sa joue, geste habituel du jeune homme tandis qu’il se remémorait les discussions avec son amie la Vicomtesse, laissant un sourire éclairer son visage avant de s’assombrir légèrement.

Depuis le dernier soir où elle était venue dans son bureau prendre les consignes et où avait suivi une discussion entre les deux jeunes gens, les mots de la jeune Présidente de la Cour d’Appel résonnaient dans sa tête tandis qu’il revoyait son visage fatigué et son sourire triste. Toute l’affection qu’il avait pour elle n’avait pas suffit à lui faire naitre son si joli sourire. Elle l’inquiétait et il se maudissait souvent de ne pouvoir lui donner ce qu’elle aurait voulu, et lui aussi sans doute, et tout deux vivaient leur tendre amitié avec toute la force de l’attachement qu’ils avaient l’un pour l’autre. Ce soir là, elle lui avait dit des paroles qui lui avaient fait peur et il avait tenté de la réconforter tout en se montrant faussement en colère. A son retour près d'Aliénor, il avait évoqué cette discussion et il lui avait fait part de son inquiétude. Alors il veillait dans l’ombre, comme l’on pouvait veiller sur quelqu’un de cher à qui l’on tenait comme à la prunelle de ses yeux.

Abandonnant ses pensées il se mit à rédiger la réponse.


Citation:
Reims le 3 décembre 1459

bonjour,

Suite à votre demande, LP vous est accordé pour voyager entre joinville et la Bourgogne en passant par la ville de Langres. Ce lp prend effet à compter du 4-12.
La fermeture des frontières n'autorise pas d'autres déplacements dans le Duché.

Cordialement

Aimelin de Millelieues
Seigneur d'Etampes sur Marne
Connétable de Champagne


Il appela le garde pour faire partir les documents. Pourquoi était il persuadé qu’il allait recevoir une réponse qui lui parlerait de Terry.


[Château de Reims le lendemain]

Des claquements de bottes sur les dallages du couloir, et si l’on remontait le long des braies couleur terre surmontées d’une chemise de lin plus claire, on arrivait sur le visage du jeune connétable, visage où il était bien difficile de deviner un sourire. Un geste énergique pour ouvrir la porte de son bureau avant de s’arrêter et regarder Ernest planté devant elle.
Le jeune soldat qui faisait parti de sa garde personnelle, n’en était pas moins malgré son problème d’élocution, un homme sur qui il pouvait compter, même si parfois la communication n’était pas des plus reposantes et mettait la patience du jeune ébouriffé à rude épreuve. Un soupir en allant vers un coffre de bois, pour en sortir un sac de toile, refuge de ses plantes et autres petites fioles.


- Ernest, prends ces plantes et va aux cuisines me faire préparer un pot de tisane avant que ma tête n’explose.

Un bref regard pendant qu’il s’éloignait avant de venir s’asseoir lourdement sur le fauteuil, le regard posé sur la pile de parchemins, en marmonnant d’une voix sèche.

- je vais lui faire passer l’envie d’aboyer moi à ce noble prétentieux qui pense être au-dessus de tous

Il resta quelques secondes à penser à son amie Ysa, connue en début d’été 55, en même temps que Magdeleine et Lily et poussa un nouveau soupir d’agacement avant de saisir le premier parchemin de la pile et de commencer à rédiger réponses aux différentes demandes, puis il s’attaqua à ses modes d’emploi afin de faciliter son travail et celui de ses douaniers. S’il était Seigneur, il n’avait pas abandonné pour autant sa façon d’être et lorsqu’il avait une fonction quelle qu’elle soit, il se faisait un point d’honneur à rédiger des notes claires afin de faciliter le travail de chacun et de son successeur. Et puis lorsque la Duchesse cherchait un renseignement, elle avait moins de mal à le trouver au milieu du fouilli qu’avaient mis les prédécesseurs dans le château.

Un sourire satisfait s’était affiché sur son visage à la relecture de son parchemin, lorsque le garde lui apporta le pot magique, accompagné de deux courriers, dont la réponse de ce Kernos, comme il s’en doutait. Lecture avant de lever les yeux et prendre la chope de liquide chaud que lui tendait le jeune soldat.


mmm.. qu’est ce que je vais bien pouvoir lui répondre moi.
Je n’ai pas envie de raconter sa vie. Et puis elle lui aurait écrit si elle en avait eu envie non ?


Bien sûr qu’il comprenait l’homme, et savait ce que l’on ressentait lorsque l’abandon était là, souvent sans vraiment d’explications, juste parce que c’était un fait, un besoin ou une évidence pour l’autre. Avait il le droit de lui dire où était Terwagne ? Peut être qu’elle lui en voudrait de parler de sa vie et il n’aimait pas le faire. Leurs discussions à Etampes revenaient sans cesse, leurs promesses. Elle avait confiance en lui et leurs confidences n’appartenaient qu’à eux.

Il soupira regardant un instant le ciel qui se chargeait doucement de ces nuages qui se font malin plaisir à déverser leur eau quand ce n’est pas leur neige. Où était elle ? elle devait se cloitrer dans l’attente de ce que le destin déciderait pour elle, et lui n’avait pas envie d’aller la déranger dans ce mur de silence qu’elle bâtissait autour d’elle pour se protéger. Non, il ne pouvait pas lui dire où elle se trouvait, du moins pas avant de l’avoir vue et de lui avoir parlé de cette lettre, chose qui n’allait pas être facile pour lui, même si le bonheur de la jeune femme était primordial à ses yeux. "Un jour je viendrai vers vous et je serais heureux de vous voir heureuse… " … serait il vraiment heureux.

Il jeta un œil sur Ernest et abandonna ses réflexions à haute voix pour prendre la plume
.


Citation:
Reims, le 5 décembre


Baron Kernos,

Je ne sais pourquoi j’attendais votre réponse et vous avoue ne savoir trop quoi vous dire. Toutefois je puis déjà vous rassurer sur le fait que Terwagne est en vie et qu’elle est quelque part en Champagne. Ne me demandez pas où, ce serait la trahir que de dire telle chose sans savoir si elle le souhaiterait.

Je sais ce que c’est que de chercher quelqu’un pendant des semaines et des mois, de sentir le vide tout autour, et le sol qui s’effondre lorsqu’au bout du voyage, il y a ce vide encore et toujours.

C’est pourquoi je vais essayer de la joindre afin de lui faire part de votre missive. Elle m’a bien sûr parlé de vous également, et vous ne vous trompez point en disant que nous sommes chers l'un à l'autre. C’est une jeune femme que j'aime sincèrement, et je veille sur elle du mieux que je le peux, lorsqu’elle m’en laisse l’occasion.

Mais j’ai bien trop de tendresse ou d’amour, appelez ce sentiment comme vous le voudrez, mais ne dit on pas que l'amitié est l'amour du coeur, et de respect pour elle, pour me permettre de dire ce que peut être elle souhaite taire. Je connais ses colères et ses tempêtes et ne veux en aucun cas les provoquer, comme je connais ses douleurs et ses doutes et ses rares sourires ou l’on devine tant de choses qui la blessent.

Mais je vous promets d’essayer de la trouver afin de lui porter votre pli.
La Bourgogne n’est pas bien loin, et nos frontières sont encore fermées, mais quoi qu’il en soit, soyez assuré que je vous écrirai aussitôt des nouvelles reçues, à moins qu’elle ne le fasse elle-même.

Qu’Aristote vous garde.



Aimelin de Millelieues
Seigneur d’Etampes sur Marne


Lecture et relecture, il n'avait pas de sceau, mais sa signature suffirait. Le courrier déposé sur la pile qu'il donna au garde avec moultes recommandations, il se leva et posa sa cape sur ses épaules, la mine soucieuse tout en crochetant le fermoir. Sa blondinette serait de bon conseil et bien qu'elle ne lui posait jamais de questions elle savait l'importance de la Vicomtesse pour lui, et chose qui l'étonnait, elles s'appréciaient toutes les deux. Un salut de la tête aux gardes et il s'éloigna dans le couloir, ne prêtant plus attention aux cris qui pourraient se faire entendre en passant devant certains bureaux. Il avait bien assez de choses en tête.
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MessagePosté le: Lun 5 Déc - 22:54 (2011)    Sujet du message: Publicité

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