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1459-12-29 ~[RP OUVERT] Damoiselle recherche explication dorée

 
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MessagePosté le: Jeu 29 Déc - 10:49 (2011)    Sujet du message: 1459-12-29 ~[RP OUVERT] Damoiselle recherche explication dorée Répondre en citant

    Je mets ce RP en 1460 car il est suivi de [RP] Errons, errons, petits patapons ... ( j'suis fan )
    __________________________




Loh a écrit:
Cette bestiole vient de me filer entre les pattes! A croire que cette boule de poils noirs possède des mains plus agiles que les miennes! Tout ce qui est petit est... bien vite parti. Mouais.

Je m'arrête. Où suis-je? J'ai couru sans vraiment suivre une direction cohérente. J'écarquille mes mirettes océan. Je zieute à gauche. A droite. Je me suis éloignée de Compiègne. Sans m'en rendre compte. La ville semble plus grande. Plus agitée. Plus gouvernementale. On ne peut s'empêcher de froncer les sourcils en analysant le monde alentour. Un homme bien sapé passe raide comme un constipé, des vélins roulés tombant sans cesse sur ses pieds. Une dame à la poitrine généreuse semble bien pointilleuse face à une commerçante arnaqueuse. Et un gamin gredin tente de piquer un quignon de pain à un sacristain. La liste est longue. Pour ne point dire oblongue.

Trouver un noble. Ou l'hérauderie. Mais où s'adresser? J'approche d'un homme au chapeau pointu et plumé blanc. Étrange. Il paraît que les apparences sont trompeuses. Je passe outre. Je lève l'index pour l'interpeller.

- " Veuillez m'excuser Sire. Sire? "

Il m'ignore royalement, relevant le menton. Attention à la foulure du cou! J'humidifie mon regard. Non pour attiser la pitié. Mais qui sait, la charité? Je lève l'index pour interpeller une dame. Cette même madame à la poitrine généreuse. Plus que je ne le croyais d'ailleurs. Les détails sont parfois erronés, de loin. Elle a fini ses emplettes. Son minuscule panier d'osier est rempli de légumes, de fruits et de bouteilles de lait. Et ce gredin qui trotte à présent autour d'elle, à l’affut d'un gain. Elle m'éjecte d'un coup de popotin. Le gamin ricane. Ben tiens!

Je sens le découragement me gagner. Je finis par me figer au milieu de cette place qui semble publique. Je replace correctement la chaude couverture d'étamine de Marjo sur mes épaules et ma chevelure brune. Une mèche ondulée vient me chatouiller la joue droite. Je regarde dans le vide. Le sol, je crois. Je serre inconsciemment mon médaillon doré entre mes doigts fins. Ce même bijou qui me pose tant de questions. Celui-là même que je porte depuis ma naissance. Ce même souvenir qui ne m'a jamais quitté, même chez les nonnes de Bretagne. Il est chaud sur ma peau.



Mais! Que vois-je? Une boule de poils foncés? Didiou! Viens ici toi! Et je me remets à le courser, sans faire attention où je pose les petons.


Soren. a écrit:
Ah ça commence bien! Mais pourquoi ai-je toujours le don de me fourrer dans des situations pas possibles? Pourquoi? Qu'ai-je fait à celui qui se trouve là-haut pour être toujours dans le pétrin? Elle a dit que les sœurs l'avaient laissé partir? J'espère que ce n'est pas vrai car sans ça, je ne sais vraiment pas ce que je vais faire d'elle! Et d'abord, pourquoi je m'occupe d'elle? Hein? Pourquoi? Oui, bon, elle m'a soigné au couvent de la Mère Sérénité. Elle m'a donné de son temps... mais cela vaut-il la peine que je me la coltine pendant des semaines et des semaines? For fanden! Et pourquoi lui ai-je donc promis de faire d'elle une danseuse d'eau? Pourquoi? Søren mon gars, apprends donc à fermer ta bouche au lieu de dire des âneries! Il y a des moments, je me demande vraiment si je n'aurais pas mieux faire de l'épouser cette donzelle choisie par mon père! Comment s'appelle t-elle déjà? Bah! Aucune importance! J'aurais eu une existence bien tranquille au moins. J'aurais eu un petit castel, des serviteurs à foison, de la boustifaille à me faire péter la panse, et deux ou trois courtisanes qui auraient fait tout ce qui était possible pour s'attirer mes faveurs.

Au lieu de ça, je me retrouve maintenant à jouer à cache-cache avec une gamine dans des vêtements rapiécés et élimés et une blessure qui n'est pas encore cicatrisée. Par les milles enfers de Hel, où peut-elle bien être partie?

Je questionne les champignons à droite, à gauche. Oui, une jeune dame.... brune... plutôt jolie, des yeux bleus, des cheveux moyennement longs...et une fleur blanche dans les cheveux. Par là? Vous êtes sur? Merci... Ils sont gentils les champignons tant qu'ils ne savent pas que je suis un artichaut. Artichaut? Oui, c'est comme ça que ce tavernier me considère toujours! Pfff.. Il n'a vraiment rien compris celui-là! L'est bien un tavernier! Artichaut? Danois oui !

Où peut-elle bien être allée bon sang? Si au moins j'en avais une idée...La chasse n'a jamais été mon fort mais tant qu'à faire, je préfère encore chasser qu'être chassé!

De questions imprécises en réponses floues, de piécettes distribuées à droite en remerciements envoyés à gauche, je me retrouve finalement sur la grand route. Est-il possible qu'elle ait quitté Compiègne? Oh oui! Ça serait bien elle ça! Je lui ai pourtant dit que les routes sont dangereuses, que les brigands pullulent. Bon, j'ai assez vadrouillé! Où suis-je arrivé? Reims?!?!?!?!Les chances de la retrouver sont faibles. Si je n'ai pas de piste sérieuse, j'irai à la maréchaussée pour déclarer sa disparition. Après tout, ce n'est pas comme si elle était la dernière de gueuse. Avec cette guerre, une petite noble qui disparait, ça devrait intéress... Oh For fanden! Je ne la retrouverais pas, il ne faut pas rêver, mais... tant qu'à être dans la capitale, je vais passer à la hérauderie de Champagne. Eux devraient pouvoir me dire de quelle famille elle est issue!


Loh a écrit:
Le château de la noblesse champenoise. C'est ici que j’atterris. A croire que cette boule de poils le voulait! Destin? Bestiole dressée? Hasard?

Passé l'immense domaine sauvage, j'entre dans un hall immense. Mes pas résonnent. C'est désert. Pas de gardiens? Je remonte sur mes épaules cette couverture qui me sert de cape. Un courant d'air me picote les extrémités. J'en viens à regretter le chant des quelques oiseaux hivernaux et le crissement enneigé des arbres dansants démunis.

Je stoppe ma marche. Toujours personne. Je tourne sur moi-même afin d'observer la décoration ambiante. Du gris. Encore du gris. Et des tas de tentures colorées aux formes strictes. Des couronnes. Des animaux. Des carrés. Des losanges. Des voiles. Des clefs. De quoi en perdre sa devise en latin!

Je penche la caboche vers mon médaillon pendant. Lui aussi possède des formes étranges. Je fronce les sourcils. Je secoue mes mèches ondulées d'une hochement négatif. Pourquoi ces gens m'aideraient-ils? Ils ne me connaissent même pas! Je ne suis qu'une gamine. Une inconnue des chemins crasseux!

Je serre les poings, dévoilant mon cou ainsi qu'une partie de mon épaule droite. Satanée couverture! Et puis, j'en ai assez de courir sans rien trouver! Je repars chez Marjo. En marchant tranquillement. Elle acceptera de m'héberger. De prendre soin de moi. En me préparant quotidiennement du chocolat chaud tiens!

Sans m'en rendre vraiment compte, mes paluches suivent mes pensées. Je m'apprête à sortir du castel, la tête ronchonneuse courbée vers les pavés reluisants. J'en arrive même à me prendre les pieds dans le tissu laineux, me laissant danser une furtive lambada solitaire.

Le guerrier danois? Je n'y pense même pas! La preuve!


Soren. a écrit:
"D'argent, aux trois têtes de loup arrachées de sable"... En suivant le chemin que l'on m'a donné pour me rendre à la hérauderie de Champagne, je me remémore les armoiries que j'ai aperçues sur le médaillon de la fillette. Oui, c'est ça! "D'argent, aux trois têtes de loup arrachées de sable"... un fond blanc sur lequel est posé trois têtes de loup noires. Une chose est sure : la fillette ne fait pas partie de la noblesse danoise. Les armoiries des maisons danoises, je les connais toutes! Père a suffisamment insisté là-dessus. Sur ce point au moins, il a eu gain de cause!

Le problème, c'est que je ne sais même pas par où commencer. Je réfléchis un instant. Je cogite. Des nœuds se forment dans ma tête. J'essaie de me mettre à la place de mon père. Voyons... J'ai une fille dont je veux me débarrasser, je l'envoie au couvent... mais où? Hum... De deux choses l'une... Soit j'ai des projets pour elle et j'ai besoin de la garder sous la main. Dans ce cas, je l'envoie dans un couvent proche de mon castel... ou tout au moins, pas trop loin. Soit je ne veux plus la voir et le je l'envoie à l'autre bout du royaume! Ouais... Quelle hypothèse choisir? Ai-je vraiment le choix? A quoi me sert de prendre comme hypothèse que son père l'aurait envoyé à l'autre bout du royaume? Pas à grand chose non, car cela ne peut m'aider dans mes recherches. D'accord! Alors, imaginons qu'il l'ait placé à portée de mimine... Le principe est donc de rechercher autour de Vannes... Faire des recherches centrées sur Vannes et s'étendre de manière circulaire. Tiens, j'y pense... Sa parlure, son accent...peut-il m'aider? Hum... cela ne veut rien dire si elle a été éduquée chez les sœurs. Elle a du prendre la parlure des moniales...

La bâtisse immense pointe enfin le bout de son aile. Pas de doute, c'est bien ici. Ce bâtiment reflète parfaitement l'arrogance et l'esprit de supériorité qui nous anime, nous autres nobles. Je souris. Je m'aperçois que, malgré mon bannissement, je suis encore attaché à me origines. Est-ce par goût du privilège? Ou simplement par respects pour mon ascendance ? Bah, ce n'est plus le temps de se poser des questions philosophiques, mais d'agir!

Ouf! J'ai le souffle coupé! Un coup dans le ventre! Je me recule d'un pas sous le choc! Mais qu'est-ce que... La fillette! LA FILLETTE ?!?!?!?!


Toi? Ici? Décidément, tu prends l'habitude de me faire du rentre-dedans toi!

Le hasard. Entre elle et moi, tout n'est toujours qu'une question de hasard. Le couvent de la Mère Sérénité... Compiègne... et Maintenant la hérauderie. Je croise son regard. Elle n'a pas l'air vraiment contente, mais bon sang ce qu'elle a de jolies mirettes. En cet instant, je bénis l'autre là-haut qu'elle ne soit pas plus âgée et plus mature. Elle aurait sans doute pu lire dans mon regard des messages que je préfère cacher. Pour une fois, la chance est de mon côté.

Comme tu le vois, je passe à la hérauderie de Champagne. Si tu dis vrai et que les sœurs se sont vraiment débarrassées de toi, c'est à ta famille que je te ramènerais. Ma dette envers toi, c'est ainsi que je m'en acquitterai... que tu le veuilles ou non. D'ailleurs si tu veux, tu peux venir avec moi faire ces recherches sur tes armoiries...

Sans attendre sa réponse, je m'avance dans le couloir du castel. Puis, je m'arrête. J'ai presque envie de me taper le front.

Mais qu'est-ce que je peux être stupide par moment!

Je me retourne, m'approche d'elle, lui tend la main. Je lui souris et sans autre forme de procès, je lui prends la main.

Non, finalement, tu n'as pas le choix! Tu viens avec moi! De gré ou de force! Je ne te lâche plus jusqu'à ce que ton père ait revu sa fillette.

Fillette... Et dire que je ne connais même pas son nom. Un jour, il faudra bien qu'elle me le dise. C'est bien plus pratique quand même!

J'ai une petite idée pour trouver ta famille. Il faut juste qu'on ait un peu de chance. Sinon, je ne peux pas croire qu'on ne va pas trouver ici un noblaillon champenois ou un fonctionnaire qui fonctionne pour nous aider! La Champagne n'est tout de même pas un duché complètement désorganisé non? Crois-moi, si on ne trouve pas ce qu'on est venu chercher, je le clamerai assez fort en place publique! Ils auront assez honte de leurs institutions qu'ils feraient amende honorable! Mais avant d'en arriver là, tu fais preuve de politesse et de diplomatie, d'accord?

Hum! Diplomatie? Moi diplomate? Je vais fouiller dans les tréfonds de mon éducation pour voir s'il n'en reste pas une petite graine... ou deux !

En attendant, j'utilise la puissance de ma voix masculine pour me faire entendre


Hé ho! Il y a quelqu'un ici? La Champagne est-elle assez courtoise pour aider un estranger ?

Diplomate ai-je dit?


Maltea a écrit:
Les pieds dans l'eau froide, elle avançait péniblement, tentant de suivre Massimiliano. Un sentiment de crainte mais aussi d'euphorie s'emparait d'elle alors qu'elle s'enfonçait plus en avant dans l'eau du lac. Il lui avait demandé de l'accompagner... lui son modèle qui ne s'était jamais intéressé à elle, la traitant comme une moins que rien.... D'abord les pieds, ensuite les mollets... elle ne se rendait pas compte que le danger était présent. Alors que l'eau lui arrivait maintenant au dessus des cuisses et qu'elle essayait de voir au travers de l'eau trouble, un mauvais pressentiment s'empara d'elle. Maltea regarda autour d'elle.... où était Massimiliano? Le froid de l'eau devenait mordant... se retournant vers la berge, elle le vit assit la regardant, ce qu'elle décelait comme étant un sourire carnassier sur le visage d'habitude de marbre de son frère la gela de l'intérieur. La peur lui fit fit un pas vers l'arrière et son angoisse s'amplifia... celui-ci ne rencontra pas le sol... pire, son corps bascula vers l'arrière, la faisant sombrer dans l'eau du lac... l'eau s'immisçait dans sa bouche, son nez, elle battait des mains, instinct de survie oblige... mais c'était peine perdue! Le froid engourdissait maintenant ses membres, elle cessa de s'agiter, se laissant emporter vers le fond du lac par des mains invisibles.... ses poumons brulaient, ses pensées s'envolèrent vers son père, sa mère....

- "Hé ho! Il y a quelqu'un ici? La Champagne est-elle assez courtoise pour aider un estranger ?"


Un cri de douleur se fit entendre venant de l'alcôve héraldique champenoise située à l'hôtel de la noblesse. La Favara venait de se réveiller en sursaut cognant sa blonde tête contre l'étagère faisant s'écrouler les écus et la faisant ainsi basculer en arrière, ses fesses épousant maintenant et ce, à la perfection, le sol dur et froid de la pièce. La chute lui ayant momentanément coupé la respiration, elle mit quelques secondes pour reprendre ses esprits.
Quel était l'abruti qui hurlait ainsi dans ce lieu réputé pour sa quiétude... enfin en dehors des prises de bec de la noblesse, mais Maltea évitait depuis quelque temps de lancer des débats arrivant à des combats de coq... ils se devaient de garder leurs forces afin de faire honneur à leur rôle de carpette. Se relevant tant bien que mal, se massant son ducal fessier des deux mains -une pour chaque fesse, n'allez pas dire qu'elle a une large croupe!- elle se dirigea vers le hall d'entrée... alors qu'elle débouchait dans celui-ci par une porte dérobée, elle s'étonna d'y voir une jeune fille accompagnée d'un homme... jamais elle ne les avait vu et elle se demandait comment ils avaient pu tout deux pénétrer le lieu aussi facilement.... où était encore passé le garde ainsi que ceux censé surveiller l'endroit de dehors? Plus aucune institution champenoise n'était sécurisée à l'heure actuelle! La roture prenait vraiment ce lieu pour un moulin! Affichant sa mine des mauvais jours, la duchesse s'avança vers eux et s'adressa à eux d'un ton relativement froid... elle détestait jouer les majordomes!


Qui êtes vous et que faites vous ici? Si vous cherchez la salle réservée aux bourgeois ... ce qui m'étonnerait grandement ceci dit en passant, il vous faut ressortir et prendre la petite porte, ici c'est l'hôtel de la noblesse pas le moulin où vous trouverez de quoi faire votre pain.

Son regard, tout en parlant, détaillait la jeune fille à la robe élimée et rapiécée comme toutes gueuses se respectant.... cependant quelque chose retenait l'attention de la Brienne... une grâce naturelle, un port de tête altière ou un petit quelque chose sur lequel la blonde volcanique n'arrivait à mettre le doigt dessus. Le visage de la duchesse se radoucit légèrement et elle avança devant la jeunette, ignorant superbement l'homme l'accompagnant. La raison? Ayant promis d'être fidèle, elle était maintenant obligée de ne plus regarder un seul homme sous peine de succomber... quelle vie de ..... comme si il était possible de lutter contre sa nature la plus profonde....

Je suis Maltea Wagner di Favara, duchesse de Brienne et de Rethel et bien d'autres encore, présidente de l'assemblée nobiliaire de champagne et héraut de cette province. Vous êtes ici chez moi si je puis dire.... puis je vous aider?

Attendant une réponse, elle cherchait néanmoins du regard le fichu garde de l'endroit se demandant où il était parti cuver.


Coxynel a écrit:
Chevaucher ou ne plus chevaucher... Voilà la question qui turlupinait Coxynel depuis un moment. Certes le travail était intéressant mais, il était chronophage et demandait une assiduité qu'elle ne pouvait toujours avoir. Mais... c'était stimulant, elle apprenait des choses, les couleurs, les métaux, les partitions, les recherches. Elle avait même appris à dessiner! Puis regarder les registres de blasons avait le pouvoir de l'apaiser, surtout depuis qu'elle était enceinte et que les crises d'angoisses se faisaient de plus en plus oppressantes, bien qu'elle n'en montrait rien.

Et aujourd'hui, la blonde avait besoin de s'isoler et c'est donc au Ban Champenois qu'elle s'était naturellement rendue pour être seule et réfléchir. Vous avez déjà eu l'impression, vous, que votre vie prend un tournant qui ne vous satisfait pas ? Que vous vous ennuyez ? Que vous faites des choses que vous n'appréciez pas ? Que faire ? Changer de vie, partir et recommencer ailleurs ? Mais l'herbe était-elle plus verte ailleurs ? La politique de la terre brûlée, de faire table rase du passé, était-elle la meilleure solution ? Pas sûr...

La chevaucheuse en était là de ses considérations, tournant les pages de vieux ouvrages poussiéreux, le regard dans le vide, lorsqu'une voix d'homme retentit plus loin. Elle soupira... Qui pouvait bien venir la déranger en pleine méditation ? Elle décida d'abord de n'y prêter aucune intention. Peut-être que la personne qui criait, partirait si personne ne venait l'accueillir... Puis elle se résigna, c'était peut-être important! Aussi se leva-t-elle de la chaise où elle se trouvait affalée, jusqu'à présent, et réussit à se mouvoir jusqu'au hall d'entrée.

Son regard se posa sur les visiteurs, sur l'homme d'abord - celui qui avait joué de sa voix de ténor certainement - puis sur la petite demoiselle toute fluette. Quel drôle de "couple"... Et près d'eux la blonde duchesse héraut. Pff, si elle avait su, elle n'aurait pas quitté ses occupations hautement occupantes! Après les avoir dévisagé quelques secondes, elle leur demanda un peu nonchalamment, un vague sourire fatigué sur le visage.


Bonjour...
Se passe quoi là-dedans ?


L'envie d'ajouter, que dis-je de hurler!, "et pas la peine de crier, je ne suis pas sourde" avait failli franchir ses lèvres mais elle s'était retenue... Réplique sèche que l'on aurait aisément mise sur le compte de la silhouette plus qu'arrondi que lui faisait un squatteur sous le nombril.


Soren. a écrit:
Ainsi donc "ma" "diplomatie" porte fruit. Une donzelle à l'allure altière fait son apparition dans le couloir. Je regarde la fillette et lui fait un clin d’œil, le genre de signe qui veut dire : "Tu vois, je te l'avais dit, on approche du but". Ces yeux... A chaque fois que je croise ces yeux, je perds un peu de raison. Cligner pour briser le sortilège. Voilà qui est fait. Je murmure à la fillette...

Au cas où les nonnes ne te l'ont pas dit, et vu ce que l'on connait de ta situation actuelle, il vaut mieux saluer bien bas la dame qui arrive.

Aussitôt dit, aussitôt fait... enfin ce qui me concerne car tête vers le sol je ne peux pas voir comment ma partenaire réagit. Mon ton se fait plus posé, moins brutal.

Dame, permettez-moi de me présenter, je suis Søren Eriksen, héritier du Jutland dont les terres sont assujetties à la couronne dan...

A un frère ainé et un bannissement près, il n'y a aucun mensonge dans mes propos, propos qui sont d'ailleurs interrompus par la surprise qui s'empare de moi: la dame m'ignore royalement. Elle n'a d'intérêts que pour la petite. Je me relève. Je me retrouve de facto derrière la nouvelle venue qui s'est approchée de la fillette. Discrètement, je passe mon nez près de mon épaule droite, puis gauche. Ouais, effectivement... Avec une telle odeur et de pareilles frusques, je ne présente guère une belle image de la noblesse danoise!

Je suis euh... comment dire... le garde du corps, la gouvernante, l'ami et le confident de la fill... de cette dame. Nous sommes ici elle dame ne connait pas sa famille. Et...

Dame, dame... comment puis-je l'appeler autrement, fillette excepté : je ne connais même pas son nom! Mon discours est interrompu par l'arrivée d'une nouvelle donzelle au ventre arrondi. Je me retourne dans sa direction. Je lui fais un signe de tête pour la saluer, puis je me courbe de nouveau. La nouvelle venue au moins ne m'ignore pas. Eh bien, je continuerais à lui parler en la regardant. Dans ce jeu où chacun essaie de s'imposer, je commence à déplacer mes pièces.

...Et comme j'ai promis de la ramener chez son père, j'ai besoin de savoir qui elle est. D'autant plus que...

Une impulsion. Une impulsion nait dans mon esprit. Pourquoi? Comment? Je n'en sais rien. Je sais que je vais faire une bêtise et pourtant, rien ne m'arrête.

... j'ai également l'intention de demander sa main à son père!

Je suis le premier étonné de mes paroles. Ai-je vraiment dit ça? Moi? Ici? Et pourquoi? A quoi cela sert-il dans la présente situation? Ne pas perdre le contrôle de ses émotions, surtout pas! Oui, il y a de beaux tableaux accrochés au mur. Je ne m'y connais guère en art, excepté l'art de la guerre, mais je trouve soudain un intérêt particulier à la peinture...

Heureusement, mon rôle est terminé ou presque. J'ai envie de tourner mon regard vers la fillette pour voir comment elle va réagir désormais, mais ma dernière... déclaration... m'en empêche.


Loh a écrit:
Avez-vous déjà pu observer une personne passer d'une émotion ou sensation à une autre en très peu de temps? Douleur. Surprise. Bien-être. Décision. Amusement. Tendresse. Stupeur. Agrandissement de mirettes (comment cela, ce n'est guère une émotion?!). Curiosité. Admiration. Respect. Distance et rapprochement. Ce fut à peu près cela. Imaginez à présent ses expressions faciales. De quoi y consacrer un roman entier!

Maltea Wagner di Favara. Duchesse. Héraut. Froideur. Ignorance. Intérêt.
Une autre Dame blonde. Certainement de la noblesse elle aussi. Irritabilité.
Et... Seurn? Seurn Eriksen? Drôle de prénom! D'où cela peut-il provenir? Est-ce ainsi qu'il se nomme véritablement? C'est la première fois que je l'entends.


Je les regarde tout à tour avec ce qui me paraît être de la bêtise. Je m'apprête à me présenter lorsque...

Nouvelle surprise. Et par-dessus tout, gêne amoureuse. Mes joues doivent s'empourprer car je les sens brûlantes. Je ne bouge plus. Mon regard est fixé dans celui de la Duchesse. Je n'ose plus penser de peur d'une quelconque trahison corporelle. Loh, réagis! Fais quelque chose! Je secoue la caboche au rythme de mes ondulations brunes. La fleur blanche accrochée à mes cheveux tient comme une perle à son huître. Furtivement, je regarde ma main gauche comme si on allait me la couper.

- " Je... Il... "

Vas-y ma grande! Je tente de reprendre mes esprits.
Le ton de ma voix est posé. Quoique peu confiant. Je change de sujet.


- " Pardon, je ne me suis guère présentée. Je me nomme Loh. Du moins, c'est ainsi qu'on m'appelle au couvent où j'ai été élevée. Avant que je ne sois jetée. Enchantée."

Alors que je parle, ma tête s'incline avec respect. Et avec un léger amusement. Ensuite, je regarde "Seurn" de mes yeux couleur océan. Durant quelques secondes. Je remarque alors que ma main droite est toujours dans la sienne. Je n'exerce aucun geste de recul. Aucun. Sa peau est chaude. Lui ne me regarde pas.

Je pose à présent mon regard dans celui de l'autre Dame. Elle ne s'est guère présentée.

- " Je cherche mes origines en effet. On m'a conseillé de m'adresser à la noblesse champenoise à cause de... "

Petit moment de crainte. Et si ces personnes ne pouvaient m'aider? Me serai-je fait une fausse joie? Ma respiration se fait haletante.

- "... à cause de ce pendentif que je porte au cou. "

Ma main libre attrape le bijou doré et le met en évidence pour tous les regards présents. Je me surprends à sourire. Mon regard se fait pétillant. Non, bien sûr que je ne cherche à attendrir personne! Bon, peut-être un tantinet...


Coxynel a écrit:
Tel le cheveu sur la soupe, elle prit la conversation en cours. L'homme parlait en la regardant. Ce que comprit la blonde ? Il voulait savoir qui était la jeune fille pour l'épouser... Elle faillit lui répondre "pt'être simplement lui demander, non ? ", alors qu'une "délicieuse" odeur rancie venait lui chatouiller les narines...

Ses yeux balayèrent rapidement la pièce pour chercher d'où cela pouvait bien venir... Un rat crevé sous la commode là-bas, ou de la nourriture oubliée depuis - au moins des lustres - derrière ces moulures... ou bien... ses yeux verts se posèrent sur l'homme. Peut-être pas chercher plus loin... Un petit sourire sur les lèvres, ça arrivait à tout le monde mais la vache, ca te décapait les sinus là...

Bref!

Donc l'homme voulait savoir qui était la jeune fille pour la ramener à son père et lui demander sa main... Quelle idée...


Puis la jeune fille expliqua sa situation. L'abandon... la recherche de vérité, de ses origines... Pauvre môme! Elle réussit même à attendrir Coxynel avec ses craintes exclusivement somatiques et ses yeux de chat. Comment pouvait-on abandonner un enfant ? Son enfant ! Hormones de femme enceinte ? Instinct maternel qui s'éveille ? Peut-être... ou pas... Toujours est-il qu'elle sourit à la jeune fille tout en détaillant le médaillon qu'elle présentait.

Bonjour,
Moi c'est Coxynel, l'une des chevaucheuses de Champagne. Ce médaillon vous vient-il de votre famille de sang ?


Son regard interrogateur se porta sur la Duchesse de Brienne... Le médaillon était de belle facture, un ouvrage soigné mais ce qui y figurait ne lui disait rien du tout.


Maltea a écrit:
A défaut de la silhouette bedonnante et avinée du garde, une autre silhouette fit son apparition.... tout aussi bedonnante, le nez rouge en moins. Sa blonde chevaucheuse enceinte jusqu'au cou.... Maltea avait même peur de voir passer le bébé par sa bouche.... arrivant en se dandinant comme un canard. la duchesse retient un fou rire pour ne pas vexer la jeune femme et se concentra sur le « couple ». malheureusement, des images de Coxynel dansaient devant ses yeux et la seule chose qu'elle retint fut la déclaration de l'homme qu'elle chassa rapidement en voyant le médaillon.... elle avait vu le dessin de ce blason il y a peu mais où et pourquoi? Enfin où pas compliqué à trouver, c'était en rapport avec la hérauderie, mais une chose était sure et certaine, cela ne concernait en rien les terres de Champagne et sa noblesse.... non, cela devait venir d'une marche dont elle assurait la pérennité en attendant que celles-ci trouvent acquéreur.... l'Artois? Non pas possible, elle ne s'occupait que du dossier du comte de Thérouanne, seul royaliste égaré du troupeau artésien.... le Périgord? Elle avait laissé la marche à Henry et ne se rappelait pas avoir eu des demandes de blasons de sa noblesse.... le Maine? Sa comtesse à étriper? Une patente peut-être? Mais oui bien sur, la fameuse patente à laquelle elle avait répondu deux jours après sortant à peine de son lourd sommeil du à deux épées artésiennes..... qu'était ce donc encore que le nom de l'impétrante. La baronne de....de... son nom ressemblait à chaudière et elle était baronne de boron, grodon, vrodron...

Gorron! Il s'agit des armes de la baronnie de Gorron située dans le Maine. Oui c'est cela, les trois têtes de loups arrachées de sable sur champ d'argent.... Ne me demandez pas le nom de la femme la possédant, je ne pourrais vous le donner de tête, je me souviens juste que ça ressemblait à chaudière... Je dois me rendre à Paris, je fouillerai le nobiliaire.... où....

Se tournant sur Coxynel, renveloppant de son regard moqueur, elle continua sa tirade....

A moins que j'envoie mon chevaucheur ici présent, l'inactivité lui pesant sur les hanches et le ventre..... cela lui ferait peut-être perdre un peu de poids!

Ah ah petite vengeance personnelle du temps où celle-ci les prenait pour des idiots et clamait qu'elle n'était pas engrossée..... non si peu.....


Soren a écrit:
Loh... C'est donc son nom! Drôle de façon de l'apprendre! Je me demande même si elle vient de se rendre compte qu'elle m'a révélé un renseignement qu'elle m'avait savamment caché jusque là! Loh... Ça lui va bien. Oui! Ça lui colle même à la peau. Je la laisse expliquer son affaire, cela me donne le temps d'oublier ma bévue.

Mon esprit se met alors à vagabonder. Une odeur de rat mort me monte alors au nez. Rat mort? Je jette un coup d'oeil par-ci par-là lorsque j'aperçois une telle bestiole sous la bahut de chêne à quelques pieds de nous. Pas de doute, on a beau se trouver dans l’hôtel de la noblesse champenoise, il y avait ici un manque flagrant de nettoyage! Je fais preuve de ma diplomatie légendaire et fais celui qui n'a rien remarqué. Mon père aurait été fier de moi! Trois précepteurs se sont succédés pour m'inculquer les rudiments de cet art. En vain! Ils ont tous démissionné malgré les fortunes colossales que mon père leur avait octroyé.

Alors que les deux grâces échangent entr'elles, j'espère qu'on ne restera pas debout dans cette pièce pendant des heures. Une envie me vient. J'ai envie de tourtes, de perdrix aux airelles, d'oies confites, de pain aux épices et évidemment d'une bonne chopine de bière pour arroser le tout. Serait-ce une bévue diplomatique si je leur demandais de nous inviter à festoyer?

Mon esprit revient rapidement à la réalité quand j'entends Maltea prononcer deux mots magiques.


Gorron? Maine? Et c'est où le Maine? C'est loin d'ici ?

C'est la première fois que j'entends ce nom. J'en suis sur : je ne me suis jamais battu dans le Maine. Je jette un coup d’œil vers Loh. Elle vient de prendre contact avec une partie de son histoire, de sa vie, de sa famille. Comment le prend-elle? Je resserre ma main dans la sienne. Je suis avec toi Loh. Tu peux compter sur moi. Je ne t'abandonnerais pas.

Chevaucher jusqu'à Paris? Hum... en attendant, il faut bien fêter ça! Loh de Gorron... Ou Loh de la Chaudière... C'est joli! Dites-moi, votre grâce, n'auriez-vous un ou deux en-cas et un peu de bibine pour nous restaurer? Vous trinquerez bien avec nous non? Euh... On peut continuer à discuter dans une autre salle parce qu'ici je me... euh... sens... comme un rat mort!


Loh a écrit:
- " Ce médaillon vous vient-il de votre famille de sang? "
- " J'imagine que oui. Selon les sœurs du couvent de la Mère Sérénité, je le possédais déjà lorsqu'on m'y a déposée."
- " Gorron! Il s'agit des armes de la baronnie de Gorron située dans le Maine. Oui c'est cela, les trois têtes de loups arrachées de sable sur champ d'argent.... Ne me demandez pas le nom de la femme la possédant, je ne pourrais vous le donner de tête, je me souviens juste que ça ressemblait à chaudière... "

Chaudière? Loh de la Chaudière? Gorron? Maine? Où est-ce? Têtes de loups? La femme le possédant? Je repasse en boucle tout ce que la héraut vient de citer à l'instant. Serai-je fille de baronne?! Et mon père, en ai-je un? Toute famille noble possède une famille complète! Un bonheur composé! Parfait! J'ai donc mes deux parents! Obligé!

C'est une folie! Imaginez ma tête! Imaginez les sensations que je peux ressentir! Sa main dans la mienne en premier. Et mon secret familial en partie levé en second.


Le guerrier répète certaines de mes questions et de mes arguments. A haute voix. J'ai envie de le couper. Pas en rondelles non! Juste de paroles! Je suis tellement pressée d'acquérir une carte du Royaume de France et de commencer ma recherche! Je suis tellement pressée de rencontrer cette Dame Chaudière!

Je n'ai toujours pas parlé depuis ma présentation. Je ne trouve rien à dire. Je regarde de mes grands yeux azur les deux Dames de la noblesse se chamailler amicalement. Elles semblent beaucoup s'apprécier. Je souris. De plus en plus. Pour finir par déposer mes lèvres sur la joue la plus aisée d'accès de chaque nobliau. J'en oublie la différence de statut. De naissance. De connaissances. De fonctions. Pas de chichis! Et le tout sur la pointe des pieds! En douceur! Chaudement!

Sans attendre les représailles, je file vers la sortie. Mon pas est rapide. Presque coursé. J'entraîne mon amour secret par la même occasion. Et je souris de malice. Me retournant une dernière fois.

- " Je vous remercie Mesdames! Pas le temps pour de la boustifaille! Je vais entamer des recherches de mon côté! Pouvez-vous en faire de même? Nous siégeons à l'auberge du Chat Perché à Compiègne! "

Impolitesse? Ne dit-on pas qu'il ne s’agit pas de boutonner, mais de faire ce qu’on veut, parce que « jeunesse oblige"?


Soren a écrit:
A peine ai-je le temps de réaliser que mon souper vient de me passer sous le nez, que je suis déjà dehors à arpenter le pavé champenois en compagnie d'une noble damoiselle. Main dans la main, Loh de la Chaudière semble impatiente d'en connaître davantage sur ses origines. Elle ne peut visiblement pas attendre. J'ai d'ailleurs à peine eu le temps de saluer les dames Coxynel et Maltéa et de leur souhaiter bon vent. Je le vois à ses yeux, elle est curieuse. Elle se pose mille questions, échafaude mille plans, mille scénarios. Elle s'imagine déjà devant son père, sa mère. Elle se voit sans doute dans leurs bras.

Loh...

Personne ne lui résiste. Elle se faufile dans la foule avec l'agilité du renard, pousse du bras l'impertinent qui avance sans regarder devant lui, saute au dessus d'une flaque d'eau. Son pas est rapide, très rapide. C'est tout juste si on peut appeler cela marcher.

Loh de la chaudière...

Elle est jolie. Non... Elle est belle, très belle. Tant de l'extérieur que de l'intérieur. Me laissant entrainer, je regarde ses cheveux bruns onduler au vent, effleurer sa nuque après chaque soubresaut de son corps. Mes yeux remplacent un instant ces mains que mon imagination pose à cet endroit, sur elle. Elle. Je perds pied avec la réalité lorsque mes lèvres balaient la peau nue de son cou, lorsque ma joue affleure sa nuque, sa gorge. Cette imagination est fertile, trop fertile. Mes propres paroles me permettent d'oublier un instant ces songes agréables.

Damoiselle de Gorron!

Enfin, elle s'arrête et se retourne vers moi. Ma mâchoire est crispée. Il n'y a aucune colère en moi. Je dois juste être capable de rester en contrôle de mes actes. Mes yeux croisent ses deux océans. Ils sont profonds, très profonds. Je m'y noie avec délectation, avec envie. Et à peine ai-je réussi à m'en sortir que je glisse sur la courbe de son nez. J'essaie de me rattraper mais c'est cette fois la rondeur de ses joues qui me fait basculer. Je perds l'équilibre. Ma tête me tourne. Je suis balloté d'une joue à une autre. Je virevolte entr'elles pour finir par atterrir sur le lobe de son oreille. Je cherche mon salut dans le tour des lieux que j'entreprends mais je dérive encore plus. Je baisse timidement le regard devant elle et c'est sa gorge qui me barre alors le passage. Impossible de faire demi-tour. Impossible de...

Veux-tu bien arrêter un instant, j'ai quelque chose à te dire...

Je n'ai toujours pas lâcher sa main. Instinctivement, je resserre même mon étau. L'autre main est libre... mais pas pour longtemps.

Le Maine est loin de la Champagne, tu n'y arriveras pas aujourd'hui...

Mes yeux repassent une fois de plus sur la moindre parcelle de son visage. D'un doigt, je viens prendre une mèche rebelle et la remettre à sa place. Mon regard s'ancre dans le sien. Il lui envoie toute l'intensité des sensations qui déferlent en moi à cet instant.

J'irai avec toi dans le Maine. Je te ramènerai à ta famille.

Le revers de mon doigt glisse de son front vers sa joue, puis descend lentement dans son cou. Tout en douceur, avec lenteur, par effleurements.

Je te l'ai promis et je suis un homme d'honneur mais...

Je contourne une première fois son oreille puis la paume de mon doigt visite l'endroit sans aucune précipitation. Elle fait le tour du propriétaire, satisfaite des sensations qu'elle ressent au contact de sa peau. Mon souffle est irrégulier. Il roule à la surface de sa gorge, contourne le cou pour finir par se perdre sur sa nuque et descendre le long de son échine.

...aujourd'hui...

Je ramène mon doigt sur le devant de son visage et je suis le contour de ses lèvres. Je la touche à peine.

... Tu as eu beaucoup d'émotions...

Ma main est toujours dans sa main. Je m'approche au plus près d'elle, place l'assemblage manuel dans son dos et l'attire vers moi.

... et moi aussi!

Mon visage s'approche du sien, comme cela, en pleine rue, au milieu des passants et des badauds qui continuent leurs activités comme si de rien n'était. Pour moi, ils ne sont plus là. Il n'y a que Loh et moi ici.

Ma joue effleure la sienne, à gauche, à droite. J'approche mes yeux de sa peau et mes cils effectuent quelques battements...le baiser du papillon comme on dit dans le Jutland. Sa peau se hérisse. Mon nez vient à la rencontre du sien, le contourne et reprend contact. Tout en douceur. Sans aucune précipitation... Le baiser de l'esquimau cette fois. Sans marquer un seul arrêt mes lèvres viennent effleurer les siennes. Je suis leur tracé, les agace comme le faisait mon doigt auparavant. D'abord celle du haut, puis celle sa jumelle du bas. Mon contact se fait plus appuyé à la commissure de celles-ci. Je dérive un instant vers son lobe d'oreille que je mordille, que j'agace du bout des dents... juste ce qu'il faut.


Mais l'instant passé n'est rien en comparaison de ce que je ressens actuellement...

Je fixe son regard une fois de plus. Celui-ci remplace avec force les mots qui ne veulent sortir de ma bouche.

Loh de la Chaudière, je...

Je n'ai surtout plus la force d'attendre. Je penche la tête vers la droite et mes lèvres viennent se déposer sur les siennes alors que mes yeux se ferment dans une lenteur infinie...


Loh a écrit:
Sans trop comprendre comment, je me retrouve contre lui. Lui. Lui, qui a pointé le bout de sa lame au couvent de la "Mère Sérénité", blessé, par un froid hivernal. Lui, que j'ai soigné avec patience, durant des mois. Lui, dont j'ai pansé le torse avec fascination. Lui, que j'ai observé de nombreuses fois, discrètement, cachée derrière un pilier de marbre. Lui, qui m'a fait rire de nombreuses fois. Lui, qui m'a réconforté lorsque le ciel était nuageux et pluvieux. Lui, qui a fait pétiller mes mirettes. Lui, qui m'a fait découvrir un drôle de sentiment affectueux, bien trop fort pour une si petite personne comme moi. Lui, qui m'a fait aimer ces doux fourmillements inexplicables à chaque extrémité de mon corps. Lui!

Ses doigts glissent sur ma peau. Ils dansent la valse lente. En trois temps. Le rythme cardiaque. L'envie retenue. Et le regard ancré au fond de l'océan. Nos doigts enlacés sont cette immobilité. Les yeux en avant attaquent le sol du talon, du peton droit. La paluche gauche frôle l'esgourde avec élégance. Les deux pieds sont presque joint. Je recule un tantinet. De surprise. Mes mèches virevoltent sous ses doigts agiles. Il plaque mon corps contre le sien. Sa main glisse sur ma taille, les miennes avec. Mon cœur s'ajuste à la même mélodie que la sienne. Elle s'élève. Elle varie. Elle s'amplifie. Elle résonne.

Il m'est impossible de parler. Je n'en ai pas la force. Je suis subjuguée par cette danse inconnue. Elle nous fait tournoyer. J'en ai la tête qui tourne. Lorsque la mienne se positionne à gauche, la sienne se poste à droite. Et inversement. Je m'incline sur la pointe des pieds. On se balade. Il fredonne. On compte. Trois. Deux. Un.

A l'instant où je ferme les mirettes pour respirer de l'air frais, mon territoire est envahi. Une chaleur intense s'approprie mes lèvres. Elle a le goût d'un cochon grillé. Un porcinet à la douce vision, doté d'un tutu rose et de ses ballerines. C'est le deuxième homme qui m'embrasse. Mes amandes azurs s'ouvrent alors brutalement. Mes sensations sont divergentes. Bien. Mal. Je ne réfléchis plus. Je l'éjecte. Oust! Mes mains s'éclipsent des siennes, éclairant son torse d'une brusque poussée. Le tout combiné à une baffe claquante. Mon regard se fait abyssal. Mes fins sourcils se font grondeurs. Je recule mélodiquement. La donzelle Brise s'immisce entre nous deux. Encore une femme!

- " Seurn! Qu'est-ce qui te prend? "

Je suis irrésistiblement attirée par lui. Et pourtant. C'est comme s'il venait de déchirer en mille confettis un conte de cape et d'épées.

- " Tu es un homme à femmes. Un guerrier. Un fils de Duc. Je ne suis qu'une... qu'une... fillette."

Ce dernier mot me fait mal. Il m'étouffe. Il m'écorche la gorge. Il me brûle la langue. Mais c'est la vérité. Je ne suis qu'une fillette. Seul l'impulsion a parlé pour lui. Et encore! Il ne peut être attiré par moi! C'est un rêve! Mon rêve! Ça ne peut se réaliser! Je ne désire pas souffrir! Je préfère fuir!

Ce que j'exécute à la seconde. Sans me retourner. Je cours. Sans destination précise. Sans laisser de traces. En autorisant une gouttelette cristalline se déplacer sur la rondeur d'une de mes joues rosies par les émotions.


[hrp]Peut-on fermer ce topic svp? Merci![/hrp]

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MessagePosté le: Jeu 29 Déc - 10:49 (2011)    Sujet du message: Publicité

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