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1460-02-15 ~ [RP] Et une intronisation, une !

 
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MessagePosté le: Sam 18 Fév - 00:34 (2012)    Sujet du message: 1460-02-15 ~ [RP] Et une intronisation, une ! Répondre en citant

Akane a écrit:


[ Un merci encore à Jd Lucie pour tout ce qui est de la création des parchemins de ce rp :wink: ]


Akane a écrit:
Nouvelle journée pour le maistre de cérémonies qu’était la normande.
Aujourd’hui encore elle allait encore officier, sauf que cette fois, il y’aurait du changement, de l’innovation, de l’allant.
La brune avait tenu à ce que cette cérémonie soit en harmonie avec la personnalité de l’intronisée du jour, l’avait questionné pour que l’ensemble de la Maison Royale soit… au diapason quant à l’organisation… Tempête motivée, qui veillait à ce que tout soit prêt pour le jour J.

Toujours pour changer, la cérémonie se déroulerait en la Grande Chancelerie. La brune avait opté pour une tenue simple, mais élégante. Point de robe, mais des braies noires, des cuissardes neuves, une chemise blanche cintrée à la taille, et une veste de velours verte cintrée également. La coupe de la chemise des plus originales laissait dépasser les extrémités des manches, portées en revers, et ornées de boutons dorés comme ceux de la veste.

A son arrivée, elle salua la Garde Royale, présente comme toujours, laissa son manteau à un serviteur, puis alla vérifier si les pupitres se trouvaient bien installés. Le plan concernant les placements avait été laissé à l’huissier.




Dans une salle annexe, la Bouche s’affairait comme toujours et avait accepté de relever le défi, malgré les difficultés techniques imposées par un tel déplacement.

Et Aranelle, qui comme toujours veillait à ce que tout soit parfait en terme de décoration. Cette intronisation s’annonçait sous des bons hospices.


Alfred a écrit:


Alfred avait reçu le message pour être acteur à cette intronisation de la Chancelière et Vice - Comtesse Terwagne de Mericourt, c’est ainsi qu’il fit une visite en plein parcours à son ami Maecenas, afin d’apporter sa participation comme convenu à cette intronisation.


15 Février 1460


Une Cérémonie aussi importante qu’un bal de sacre ne pouvait laisser grandir l’indifférence qui, elle, nait de l’ignorance ; Alfred s’était pratiquement accommoder à soigner sa présence en revêtant une tenue convié aux trouvères, menue et possédant un sac. Comme instrument, il avait apporté le luth, car il appréciait la sonorité de l’instrument…
Comme par tradition, deux Carrosses aux armes des Casaviecchi prirent la destination de la Grande Chancellerie de France. Il y avait à ce convoi dix chevaux, tous des appaloosa, deux cochers, quatre laquais et deux artistes à bord, chacun de son carrosse. Le chemin était moins sinueux et la France très belle pendant ce cours chemin, cette fois, il avait sa renommée à mettre en jeu pour faire beau. Bien que sa musique n’avait pas encore donner aux oreilles françaises le vrai message et la sonorité bien mieux qu’une lecture du recueil des bonnes manières. Son arrivée sonna d'une présentation:


- Maestros, Alfred Casaviecchi de Liestz et Maecenas Naevius Naias, artistes invités.


Lylla a écrit:
Il lui avait fallut mettre en suspend son voyage, faire fouiller malle et coffre pour trouver enfin LA tenue que la blonde trouvait le mieux adaptée à la cérémonie qui se préparait, et encore confier Capucine à d'attentive rigueur afin de pouvoir mettre un point final à sa vesture loin des petites menottes curieuses.

Vêtue d'un brun chaud qui tranchait en douceur avec sa blondeur, ses cheveux soigneusement ramassés en chignon par des mains habiles, le collier de perles qui ornait son cou parfaitement assortie à sa ceinture, confortablement entourée de fourrure pour lutter contre l'hiver et de dentelles pour satisfaire aux goûts Lyllanesque, Lylla put enfin se rendre en la Grande Chancellerie.

Son carton d'invitation en main, la procureur adjoint suivit les consignes qu'on lui donna à l'entrée du batiment et poussa un soupir de soulagement en apercevant devant elle le Procureur Général. Ouff elle n'était pas en retard comme elle le redoutait !


Le bonjour, Lylla Cardinal d'Eirbal. Annonca t elle à l'huissier sis à l'entrée tout en tendant son invitation, avant de rejoindre son confrère et supérieur.

Bonjour Monsieur le Procureur
lui lanca t elle accompagné d'un charmant sourire. Il faut dire que la blonde était plus que ravie de voir le talent de Terry si justement récompensé par cette nouvelle fonction.


.jim. a écrit:
Peu habitué à ce genre de cérémonies, le jeune officier royal suivit de près ses collègues procureurs en espérant ne pas trop déparer après la venue de la splendide Lylla.

D'un air un peu emprunté, il tendit son carton d'invitation à l'huissier.




Point de baron ni de monseigneur, il était peut-être l'un des seuls officiers royaux à ne pas être noble. Aussi, annonça-t-il les trois lettres de son nom sans cérémonie. Peut-être un jour, songea-t-il intérieurement...

Jim, procureur adjoint ès la Cour d'appel. annonça-t-il modestement.


Aranelle a écrit:
Ce fut une journée chargée de plus qui attendait la jeune Aranelle, bien occupée depuis quelques temps à imaginer une décoration qui conjuguerait les deux passions de la Chancelière de France, à savoir la musique et la justice. Des idées naissaient dans l'imagination de la jeune femme, et se confrontaient pour étinceler de mille feux. C'est ainsi que commandes furent passer à quelques artistes jouissant d'une grande reconnaissance afin d'alimenter la salle qui accueillerait l'intronisation en éléments subliminaux.

La jeune femme fut arrivée très tôt en les locaux de la Chancellerie, toujours accompagner de maints documents, où elle notait ses idées diverses et variées et quelques croquis lorsqu'elle osait le graphisme. Et très vite, une large bande de tissu en sinople et cousue de fil d'or traversait la salle. Cette soierie pouvait facilement s’apparentait à un long tapis oriental. Quelques sculptures de petite taille longeaient ce tissu de part et d'autre, représentant des instruments de musique bien connus de chaque habitant du Royaume de France, comme la harpe ou la clarinette, en passant par le luth. Ces sculptures étaient taillées dans un marbre vénitien sobre, qui apportait une touche classique à la salle.

De même, des fresques mettant en scène troubadours et trouvères recouvraient un mur de la vaste pièce. Ces peintures étaient associées avec bon goût, et apportaient une note esthétisme à l'ensemble. De nombreux clins d’œil au domaine de la justice constituaient la salle de réception. Toutefois, les éléments décoratifs majeurs de la pièce résidaient en deux statuts à la visée extrêmement symbolique, et qui étaient placés face aux grandes portes de la salle, et auxquelles le Grand Maître de France tournerait le dos durant son office. Deux anges ailés dorés tenant une balance de justice dans une main, et une flûte dans l'autre trônaient à l’extrémité du tissu de sinople.

Aranelle observa le travail réalisé avant de sourire aux invités et au musicien qui venait d'arriver. Aussitôt, elle alla à la rencontre du Maitre des Cérémonies, accompagnée du ménestrel.


- Akane, voici Alfred Casaviecchi de Liestz et Maecenas Naevius Naias, le musicien qui officiera après l'intronisation.


Terwagne_mericourt a écrit:
[Bureau du Chancelier, heure H moins quelques sabliers :]

Juste un instant, j'en ai presque fini avec ce courrier.

Ces mots, elle les avait prononcés sans même relever le visage, le regard plongé vers sa plume et le parchemin que cette dernière caressait, remplissait de mots officiels et juridiques, rendus poétiques uniquement par les courbes qui les composaient.

Ces mots avaient eu pour écho un profond soupir, ou même plusieurs profonds soupirs, émis tour à tour par celle qui attendait qu'elle la laisse enfin se pencher sur sa coiffure, par celle qui espérait bien pouvoir terminer de lacer son corsage avant, sans oublier celle qui voulait vérifier l'ensemble et donner son avis d'experte.

Bien évidemment, aucune d'elle ne comprenait pourquoi la Vicomtesse avait décidé de se plonger dans son travail si peu de temps avant la cérémonie... Et pour cause, aucune ne la connaissait suffisamment pour savoir que c'était sa nervosité et sa peur qu'elle tentait ainsi de faire taire, de cacher, d'enfouir au plus profond d'elle-même.

Se plonger dans le travail, encore et toujours, pour oublier... Oublier qu'en cet instant elle se sentait plus petite que jamais, plus perdue que jamais! Oublier cette impression d'être une intruse dans ce monde qu'aujourd'hui elle côtoyait chaque jour à Paris, cet univers où se croisaient tous ces grands noms et où le sien lui semblait si anodin, ces illustres personnes devant lesquelles elle se sentait si banale, elle l'ancienne troubadour qui un jour avait posé ses bagages en Berry, elle qu'on y avait surnommée la "Tempête" à cause de ses manières trop spontanées, trop peu protocolaires, trop imprévisibles.

Elle finit malgré tout par poser la plume et se lever, se mettant ainsi à la disposition des mains - bien trop nombreuses à son goût - qui immédiatement se mirent à la triturer de partout, tirant lacets et mèches de cheveux, faisant remonter jusqu'au bord du corsage le semblant de poitrine qui avait résisté à ses nombreuses périodes de jeûne par manque d'appétit, et pire que tout allant jusqu'à oser lui pincer les joues pour les rendre plus roses.


Suffit!
Ca suffit comme ça!
Je n'en supporterai pas plus de toute façon!

Je me fiche d'être belle, de plus!
Je ne suis pas intronisée ce jour pour ma beauté, me semble-t-il.
Si j'avais du compter sur mon physique, et bien je...


Elle n'acheva pas sa phrase, si ce n'est d'un mouvement de main rapide et semblant balayer l'air, mais surtout chasser tout ce petit monde plus loin.

Vous pouvez disposer, je trouverai bien la porte et la salle toute seule.
Et puis j'ai besoin de quelques grains de sable de solitude.


Quelques instants plus tard, elle avait obtenu cette solitude, celle qui forcément rimait avec d'autres doutes et d'autres interrogations silencieuses., mais surtout trois prénoms... Hugoruth, Aimelin, Kernos...

Hugoruth, celui qui jamais n'avait cru en elle, celui qui avait voté contre sa nomination de Juge à la Cour d'Appel alors même que tous deux étaient fiancés pourtant, la jugeant inapte, trop ignorante, trop peu intelligente... Celui qu'elle haïssait aujourd'hui autant qu'elle l'avait aimé jadis, peut-être justement parce qu'elle l'avait aimé à un point inimaginable, incontrôlable, inqualifiable! Et cette haine, qu'elle détestait pourtant ressentir, elle qui jamais n'avait éprouvé ce genre de sentiment auparavant, la faisait espérer qu'aujourd'hui il avait vent de sa nomination, du parcours qu'elle avait effectué depuis leur rupture, et qu'il regrettait de l'avoir mal jugée.

Aimelin, qui serait là aujourd'hui, à ses côtés mais aussi à ceux de Alienor, donnant une fois de plus vie à ce triangle qui les unissait tous les trois. Aimelin qui lui avait offert cet anneau qui pendait à son cou et qu'elle enserra alors dans sa main, comme pour y puiser quelque courage, quelque certitude en sa propre valeur.

Kernos, son "Ut", sa clé, celui avec qui elle avait écrit les plus belles partitions de sa vie, celui sans qui sa vie n'était devenue qu'un requiem. Requiem quelques fois brisé par des refrains aussi éphémères que légers, aussi inconsistants que sonnant comme du déjà vu.

Kernos, dont elle n'avait reçu aucune réponse, et dont elle avait souhaité qu'il fasse partie de ses deux invités personnels. Serait-il là? Le retrouverait-elle aujourd'hui, après tous ces mois de silence de part et d'autre? Elle ne l'espérait même plus, vu son absence de réponse.

Une larme coula sur sa joue, et elle la regarda tomber sur le sol, dans un bruit qui la fit penser à la pluie, cette pluie si chère à son coeur, celle dont elle se plaisait à dire qu'elle n'était composée que des mots d'amours que ceux qui nous avaient quittés trop tôt nous envoyaient de là-haut. Cette pluie qui à ses yeux était la plus belle mélodie au monde.

Cette pensée la fit ouvrir le tiroir de son meuble et en tirer le seul objet qui jamais ne l'avait quittée depuis qu'elle-même avait quitté le monde des troubadours : sa flûte! Elle la caressa un instant des doigts, n'osant y poser les lèvres, puis referma le tiroir et se leva pour se diriger vers la porte, et ensuite la salle où certains invités devaient déjà se trouver, vu le temps qu'elle avait mis à rassembler ses forces et chasser ses démons.


----------------------------

[Couloirs de la Grande Chancellerie, quelques sabliers plus tard :]

Démarche faussement assurée, regard perdu dans la contemplation de ses propres pensées, le Chancelier avance, encore et encore, se dirigeant vers la salle des cérémonies, repensant aux échanges qu'elle a eus avec qui de droit au sujet de l'organisation de cette cérémonie.

Ces échanges par missive où on lui demandait ses éventuels souhaits de thème et où elle avait répondu, avec simplicité et spontanéité, qu'elle avait deux grandes passions dans la vie, toutes deux aussi importantes l'une que l'autre : la musique et la justice. Son interlocutrice y aurait-elle trouvé quelque inspiration? Elle le découvrirait bientôt...

Pour l'heure, bien plus que la réponse à cette question, c'était surtout un moyen de calmer les battements de son coeur qu'elle cherchait, et comme souvent elle le trouva dans la chanson. Chantonner était comme un rituel chez elle, avant chaque entrée en salle d'audience, avant chaque entrée dans un lieu bondé de monde aussi.

La chanson qui lui vint sur les lèvres à cet instant la fit sourire, tant elle lui ressemblait, tant elle pouvait paraitre aussi comme un aveu.


J’ai pleuré tant de fois que je n’ai plus de larmes
Pour en arriver là
Je suis tombé cent fois mais sans tomber les armes
Pour en arriver là
J’ai marché sur ma vie plus souvent qu’à mon tour
J’ai mis le mot fini presque à tous mes amours
Pour en arriver là

(Dalida, parce que oui j'aime cette chanson, désolée si j'en déçois certains^^)


Arrivée à quelques doigts de la porte de la salle, elle s'interrompit, prit une profonde inspiration, et entra...

Elle avait bien prévu de lancer un petit "bonjour", mais la vision de l'ange à la flûte lui coupa direct le souffle... Elle n'aurait pu imaginer plus beau symbole.


Kernos a écrit:
Le jour d'avant: Un Dauphinois à Paris*

Il n'avait jamais aimé Paris...

Il faut dire qu'il n'avait jamais apprécié les villes en règle général, surtout ces derniers temps. Trop de gens concentrés à la perche carrée avec tous les désagréments que cela engendre, en particulier le bruit et l'odeur. En cela, on pouvait dire que la ville mettait les hommes sur un pied d'égalité, sinon les deux: nobles, bourgeois, paysans et mendiants, tous avaient les chausses crottées.

Trop de maisons et d'échoppes, grignotant sur la voie publique, alignant sans discontinuer leurs façades vous cachant le ciel et l'air pur, vous enfermant d'avantage encore dans ce cloaque grouillant où germaient les infections aussi surement que les incendies.

Trop de tout, c'était cela qui le dérangeait le plus, la ville n'était qu'exubérance continuelle et bigarrée, où se côtoyaient l'or et l'argile, le luxe éhonté et la misère la plus noire... et Paris était la quintessence de tout cela, la Ville par excellence, où la puissance royale avoisinait les filles follieuses sous le regard complaisant de Notre-Dame.

Fils de paysans, né paysan, soldat de métier et baron errant par nécessité, Kernos avait le goût des grands espaces. Il fallait vraiment que la nécessité soit capitale, et même vitale, pour pousser le provincial convaincu (invaincu?) qu'il était, à monter en Paris.

Et elle l'était. Si obsédante, si puissante, si... omniprésente pour lui qu'il s'accommoda sans broncher des lieues de bouchon qui survinrent alors qu'il arrivait en périphérie de la Cité de Clovis. Tellement absorbé qu'il ne prêta nulle attention aux invectives et aux injures colorées qui fusaient de toute part, alors qu'il était coincé depuis une heure entre deux chariots à boeufs, son palefroi piaffant à la fois de nervosité et d'impatience à force d'avancer par saccade dans cette longue colonne d'hommes et de bêtes qui s'étendait jusqu'à la porte Saint-Victor... Peu importait ces désagréments face à cette pensée qui emplissait son être en entier: il allait la revoir. La crasse, la fatigue, le vrombissement des mouches autour du bétail, les cris des hommes, l'agoraphobie, tout cela n'était que peccadilles à côté de l'Amour.

La colonne se remit en branle, s'arrêta à nouveau, repartie encore pour mieux s'immobiliser. Le manège perdura encore quelques heures avant que le Rouvray ne puisse enfin franchir les murs de Paris et s'engouffrer dans ses artères labyrinthiques pour un non-initié... comme lui. Heureusement, s'il existe un Dieu pour les ivrognes, il y en a aussi un pour les amoureux. Après avoir tourné en rond un certain temps dans le quartier, manqué de rentrer dix fois en collision avec les hippomobilistes parisiens manquant cruellement de courtoisie aux rênes, il finit, enfin, par trouver l'auberge qu'on lui avait recommandé et qui bénéficiait - comble du luxe! - d'une écurie privée. Il laissa sa monture aux bons soins des palefreniers, et alla se présenter à la réception.


Bonjour, Kernos Rouvray, nous nous sommes échangés quelques pigeons, j'ai réservé une chambrée pour la semaine.

Mais ouiiii, M. le Baron Rouvray! Je vous ai inscrit sur mon registre, nous vous attendions un peu plus tôt. Vous avez fait bonne route?

Epuisante...La circulation aujourd'hui...

Ne m'en parlez pas! Avec le marché dans deux jours... On a l'impression que c'est jour de sacre!
Le tenancier, homme de petit taille mais à l'embonpoint prononcé, poussa un petit rire. Mais vous devez être fatigué après toute cette route, je vais vous appeler quelqu'un pour vos bagages et vous montrer votre chambre. Nous vous avons réservé la suite "Baronniale", avec étuve privée, matelas à plume et vue sur Notre-Dame. Il agita une clochette, et un jeune homme en livrée arriva. Veux-tu conduire M. le Baron à sa suite et porter ses fontes?

Le valet opina du chef. Le tenancier prit congé et Kernos emboîta le pas du garçon, n'aspirant qu'à une chose: s'écrouler de sommeil. La chambre était plutôt coquette, des tapisseries simples ornaient les murs, un fauteuil, ainsi qu'un écritoire trônaient aux côtés du lit, face à une porte qui devait donner sur le cabinet d'aisance. Tandis que le valet déposait ses bagages et allait attiser les braises du foyer, Kernos alla contempler la vue. Au-dessus de la marée de tuiles, il distingua les tours hautaines de la cathédrale de Paris dominant les cieux alentours, et plus loin vers l'Ouest, la tour du Louvre. Un léger toussotement l'arracha à cette contemplation.

M. Le Baron...Il se tourna vers le jeune homme. Les repas sont servis en salle commune au rez-de-chaussée, mais si vous souhaitez manger dans votre suite, il vous suffit d'appeler le service d'étage, un page se tient dans le couloir de prime aux complies si vous avez d'autres besoin. Notre auberge dispose également d'un barbier, ainsi qu'un tailleur particulier. N'hésitez pas. Bonne fin de journée, M. le Baron.

Kernos lui donna un écu, et le valet se retira en s'inclinant. Une fois seul, il passa la main sur ses joues et son menton... Oui, peut être qu'il serait judicieux de faire appel à un barbier, il n'avait pas pris soin de son apparence et de lui depuis des mois, cheveux et barbe avaient poussé lui donnant un air certainement plus sauvage qu'auparavant. Il soupira.

Nulle envie de se laisser tripoter le visage par un inconnu, surtout pas ce soir même si... même si il désirait paraître à son avantage demain, quand il se retrouverait face à elle, pour qu'elle le reconnaisse derrière ces traits rudes dont le temps, la tristesse et les voyages l'avaient gratifié. Ses doigts, instinctivement, trouvèrent le chemin de l'anneau pendant à son cou... Juste un bain alors, pour ne pas passer pour le dernier des rustres en présence des Officiers de la Chancelerie.

Il appela le page et lui commanda une petite collation pour calmer son estomac, ainsi que de l'eau chaude. Quelques minutes plus tard, il baignait dans le bac jusqu'à la taille, frottant ses membres avec savon et éponge vigoureusement, réfléchissant à ce qu'il dirait, ce qu'il ferait quand il se retrouverait devant elle... Un bon seau d'eau lui remit les idées en place. A quoi bon s'évertuer de penser, de planifier? Il se laisserait guidé par ses sentiments au moment venu. Peu importait qu'il se retrouva muet d'émotion, larmoyant comme pucelle, ou éclatant comme harnois au soleil, tout ce qui comptait c'était qu'elle serait là, qu'il serait là, et peut être que ce "Nous" qu'il avait tant recherché, tant pleuré, s'embraserait de lui-même dès qu'ils seraient l'un près de l'autre... Ou bien s'évanouirait comme songe face au jour.

Ruisselant, nu, il traversa la suite pour se planter à nouveau devant Paris s'étendant devant lui. L'Ether tirait sur le rouge, une constellation de torches s'allumait petit à petit dans les rues annonçant le règne de la nuit... Notre-Dame... Demain, tout sera joué sur l'Île de la Cité. Les acteurs se préparent chacun de part et d'autre de la Seine, profitant de l'ultime répit offert par les ténèbres les séparant des feux de la rampe et du jour pour s'imprégner de leur rôle.

Son coeur battait comme un tambour de guerre... Patience... Le dénouement est proche... si proche qu'il s'en brûlerait les doigts... Un dernier regard avec que l'obscurité n'engloutisse tout... Demain, il saura... Il sentait la fièvre monter, se répandre en lui à travers les veines... Patience... Le vertige au bord du précipice, les tripes qui se serrent avant de prendre un dernier élan... Tant de choses se bousculaient encore dans sa tête...

Il ne trouva que difficilement le sommeil, abruti de fatigue après une si longue chevauchée et saoulé par le son de ses propres pensées... à moins que ce ne soit celui des badauds en goguette qui chantaient en sortant d'une taverne voisine:


Paris c'est une blonde
Qui plaît à tout le monde...**


Décidément, il n'aimait pas Paris...



Le jour J, à l'heure H


L'aube s'était levée en même temps que le Rouvray.

La tête encore embrumée, il se hissa hors des draps et s'employa à se rendre présentable. Il avait convenu de partir tôt, au cas où les rues seraient aussi encombrées que la veille, et surtout pour ne pas arriver en retard s'il venait à se perdre en chemin. Quelques ablutions et coups de rasoir plus tard, il revêtit les vêtements qu'il avait commandé pour l'occasion, toujours de noir et d'argent à l'exception de sa cape doublée de fourrure et de la chemise dépassant de son pourpoint, toutes deux d'un rouge profond. Il alla vers le miroir pour voir le résultat.

Sa barbe était désormais moins drue, suivant le tracé de sa mâchoire sur un pouce avant de remonter en fine moustache autour de sa bouche. Il avait retiré les mèches éparses qui descendaient au creux de son cou... ce n'était pas trop mal. Il ajusta la chaîne pour que l'anneau vienne reposer au-dessus du chêne rouvre d'argent cousu sur son torse, se perdit quelques instants dans les courbes du bijou puis quitta son reflet pour lacer ses bottes et quitter la suite.

Le palefrenier vint l'accueillir à l'entrée des écuries, Grayswandir tenu à la longe.


Bonjour, Messire, vous êtes bien matinal! Il lui tendit la corde. Je lui ai fait faire sa "vidange" et j'ai poli sa robe à coup d'étrille... Bel espagnol que vous avez là!

Kernos le remercia d'un hochement de tête et d'une piécette, avant de mettre le pied à l'étrier et d'embrayer sur le pas.

Même de bon matin, les rues étaient fort animées. Entre les chariots garés en double file devant les échoppes pour ravitailler les étales avant l'arrivée des premiers clients, les ivrognes regagnant leurs logements d'un pas hésitant, les chanoines quittant l'office de prime ... la faune parisienne entre splendeurs et décadences... mais tout cela n'était qu'anecdotique, tout comme les deux jets de seaux d'ordures venus depuis les hauteurs qu'il esquiva de justesse, alors qu'il approchait des quais. La Seine qui coulait ici n'était pas comparable à celle qu'il connaissait, celle qui l'avait vu grandir dans ce petit hameau normand... S'il cherchait un élément familier pour se rassurer, ce n'était pas dans ces eaux sombres, poisseuses qu'il trouverait du soutien, et Dieu sait qu'il en avait bien besoin.

Le sang lui frappait aux tempes de plus en plus violemment à mesure qu'il s'approchait de la Grande Chancellerie. Sa gorge se faisait plus sèche, et cela n'avait rien à voir avec l'odeur de la Seine. Belle image, à vrai dire, que ce Baron tremblotant sur sa monture... C'était miracle déjà qu'il ne se soit pas perdu en chemin, ne lui demandez pas non plus d'avoir fière allure alors qu'il s'apprêtait à affronter son Destin. Et ne vous méprenez point non plus sur les tremblements de sa personne. N'y voyez pas une quelconque lâcheté de sa part au moment de se rendre face au bourreau... Juste l'émotion qui l'empoignait par les tripes et qui ne le quitta pas d'une semelle jusqu'à ce qu'il trouve une stalle libre pour son cheval et se présente aux portes de la Chancellerie, carton d'invitation en main. Il prit une grande inspiration, salua la garde et pénétra dans la salle... Et fut aussitôt littéralement sublimé.

Ce n'était pas la décoration de la salle, grandiose au passage, aussi bien dans le raffinement des statues, la finesse des fresques que dans le choix des thèmes. Encore moins la majesté de ces deux messagers célestes lui faisant face... Non, son émoi ne tenait pas à la beauté des lieux, mais à la silhouette si fine, si fragile en comparaison de ce qui l'entourait, qui se tenait à quelques pas de lui.

Elle avait beau être de dos, ils avaient eu beau être séparés depuis presque une année, Kernos la reconnu immédiatement. Comme une évidence, une vérité absolue ancrée en lui, comme si ces mois d'obscurité, d'errances et de tourments n'avaient jamais eu lieu.


Terwagne...

Ce nom s'était glissé hors de ses lèvres sans même qu'il ne s'en rende compte, sa pensée et son souffle s'étant joints inconsciemment en cet instant. Elle était si proche de lui... si proche qu'il pouvait presque la toucher du bout des doigts, sentir son parfum de giroflée...plus proche qu'elle ne l'avait été depuis des lustres...

Bondir pour la presser contre lui aurait été si aisé. Etreindre sa taille avec la force dévorante que lui donnait le désespoir, sentir sa peau contre la sienne, toutes ces choses qu'il avait désiré si ardemment et qui le brûlaient depuis sa disparition, depuis cette lettre d'adieu... Mais elle paraissait si fragile en cet instant, si vulnérable qu'il eut peur de la briser. Alors il resta là, désarmé, attendant qu'elle se retourne avant que son bouillonnement ne l'emporte dans un élan irrésistible qui pourrait les détruire tous les deux.





* G. Gershwin, "Un américain à Paris"
**Mistinguette, "Ça c'est Paris!"


Aimelin a écrit:
"Bien sûr que je viendrai, comment ne pourrais je venir à une journée aussi importante que celle-là".

Le carton d'invitation glissé dans la poche de son veston, il souriait tout en marchant aux cotés de la blonde Aliénor, sa main ayant attrapé machinalement cette chaine à son cou où pendaient médaillon et anneau. Les sentir entre ses doigts, comme à chaque fois que l'anxiété le gagnait avant qu'il ne les glisse à nouveau sous sa chemise. Ses pensées étaient tournées néanmoins vers celle qui recevait aujourd’hui les honneurs tant mérités. Dire qu’il était fier d’elle était bien trop faible. S’il avait fait taire ses sentiments pour elle afin de ne pas la tourmenter et vivre ceux avec Alie et ne pas déranger ce que le temps installait sur lui doucement, il n’en était pas moins très proche, et son plus fervent supporter sans doute. Il la connaissait, il savait lire ses silences et ses regards, il la poussait doucement lorsqu’il la sentait en équilibre, semblant vouloir tomber du mauvais côté, il était celui qui avait confiance en elle et en ses capacités de femme, que ce soit dans une fonction ou dans sa vie personnelle.

Depuis plus d’une année, Terry s’était installée doucement dans sa vie. Pas de la façon dont ils l’auraient sans doute souhaité tous les deux, le temps jouant souvent bien des tours, mais peut être de façon bien plus définitive. Il ne pouvait pas se voiler la face, elle était devenue essentielle et indispensable, et il pensait souvent que s’il devait refaire un jour tout ce chemin parcouru depuis ce regard posé sur sa main lors d’un procès en Cours d’Appel, il le referait sans hésiter. Elle était de ses personnes trop importantes à ses yeux pour qu’il la néglige et la laisse se fâner dans un coin.

Un petit regard anxieux à la blondinette qui connaissait sa rétissence à toutes ces cérémonies. Afin d’être le plus présentable possible, le jeune connétable champenois avait revêtu braies noires et chemise blanche brodée de gris, posé par dessus un veston de couleur gris foncé et s’était glissé dans ses bottes, posant en touche finale sa cape bleu sombre sur ses épaules. De cette cérémonie ils en avaient reparlé avec Alie. Il lui avait dit son bonheur et son anxiété et les deux jeunes gens s'étaient rassurés en se disant que tout se passerait bien et que leur amie brillerait, comme elle le faisait bien souvent.

Les grandes portes de la salle n'étaient plus qu'à quelques pas de eux, et il s'arrêta avant de poser ses mirettes grises sur Aliénor.


suis je assez présentable ? je ne connais pas tous ces gens et n'ai pas l'habitude de venir en ces lieux.

Des cérémonies il en subissait pourtant de nombreuses depuis quelques mois, que ce soit de façon privée, où pour sa fonction, mais celle-ci était particulière, et il se rappela sa dernière discussion avec la Vicomtesse, dans son auberge de Sainte. Tout allait bien se passer, il le lui avait certifié, et il n'y avait pas de raison que cela ne soit pas.

Lanfeust86 a écrit:
Une cérémonie était organisée pour l'intronisation du Grand Chancelier de France et le rouquin avait été choisit.
Serait ce pour ces capacités vocales ? Une menace envers toutes les oreilles présentes ?
Que nenni, il était surtout l'un des derniers membres des huissiers royaux et de la Maison Royale d'ailleurs vu les démissions...
Il avait revêtit une tenue mélangeant rouge et or avec toutefois le collier des huissiers royaux, la clef d'argent.

La Grande Chancellerie de France, il n'y était venu qu'une ou deux fois à vrai dire mais il trouva facilement la salle grâce à un page qui passait par là.
Il n'y avait guère de monde lorsqu'il entra et se positionna donc devant la porte un pupitre et une liste d'invités.
La Grand Chambellan était là également, il la salua d'un signe de tête qui disait : Prêt !

Les premiers firent leur entrée, c'était les artistes, bon on prend les noms, on remercie et on annonce :

Maestros, Alfred Casaviecchi de Liestz et Maecenas Naevius Naias.

Hop là il avait pas fait trop fort vu qu'il n'y avait pas grand monde, il attendrait que l'assemblée soit réunie avant ça.
Et on continue cette fois c'est un procureur qui arrive vu sa toque, Lanfeust prend alors son invitation et annonce.


Monseigneur Gaultier de Ravart, Procureur Général Royal.

Hop lui c'est fait on raye sur la liste et on attend le suivant.
La dernière cérémonie qu'il avait faite c'était avec la Reyne qui avait décidé de prendre son rôle, il s'était éclipsé.
Cette fois ci c'était le Grand Maître qui officiait donc il avait accepté et s'était porté volontaire.
Ah tiens une dame approche, il l'écoute et regarde la liste.
C'est bon !


Dame Lylla Cardinal d'Eirbal, Baronne d'Arzillière, Procureur adjoint royal.

Pas longtemps après un autre procureur adjoint, il prend l'invitation, consulte la liste et sourit à l'homme avant de l'annoncer.

Jim d'Yzernay, Procureur adjoint royal.

Et voilà un invité de plus qui faisait son entrée, Lanfeust observa alors la décoration exécutée pour l'occasion, les femmes avaient bon goût c'était indéniable.
Il se rappelait alors du décorum de la cathédrale Notre Dame de Paris, lieu de son mariage, un si beau et grand mariage...
Là aussi les femmes avaient fait du grandiose mais bon avec son épouse, c'était pas autrement.
Sortant de ses pensées, voilà que la Chancelière de France faisait son arrivée, le rouquin ne devait pas l'annoncer cela serait au moment de l'intronisation. toutefois elle semblait pétrifiée.
Hum que se passe t il ?
Tiens d'ailleurs un homme semblait attendre derrière lui aussi.
Il était bien si un bouchon se déclenchait...

Akane a écrit:
Elle regardait la décoration, pensive, tout était magnifique.
Aranelle la sortit de ses pensées en lui annonçant que les artistes étaient arrivés.


- Bonjour Aranelle, très chers artistes, ravis de vous revoir en cette occasion, j’espère que la route a été bonne. Je vous laisse prendre place.

Le maistre de cérémonies remarqua l’entrée d’une dame. Il devait s’agir justement du Grand Chancelier.
Cette dernière resta admirative et touchée face au décor qui était mis en place, et la normande de se dire qu’elle savait pourquoi elle œuvrait quand elle vit cela.


Elle s’apprêtait à se diriger vers l’intronisée du jour quand un homme rejoignit celle-ci. Ne voulant pas troubler ce moment, elle alla effectuer une dernière vérification d’usage…


Alienor_vastel a écrit:
Un petit sourire amusé qui bien vite se veut rassurant à la question d’Aimelin. L’un comme l’autre ne couraient pas après les cérémonies, ne s’y rendant que par obligation ou par amitié. Et celle-ci rentrait dans la seconde catégorie, même si Aliénor se doutait qu’elle n’aurait jamais été conviée si elle n’avait pas rejoint les rangs de la Grande Chancellerie près d’un mois plus tôt. Mais ce n’était pas pour autant qu’elle considérait sa présence à ce moment là, en cet endroit là, comme un pensum ou une corvée. Non, au contraire, elle était fière et heureuse pour la Vicomtesse, de voir ses compétences et ses qualités reconnues. C’était d’ailleurs ce qu’elle lui avait écrit, juste après sa nomination, en toute simplicité et en toute sincérité, au nom de cette amitié singulière qui existait entre elles.
Etait-ce cette amitié qui l’avait incitée à se porter candidate lorsqu’elle avait pris connaissance des recrutements à la Grande Chancellerie ? Non, bien sûr que non, son envie d’œuvrer au sein du Grand Office était indépendante de ce genre de considérations. Tout comme le choix qui avait été fait de lui confier la fonction qu’elle occupait maintenant l’avait aussi été. Mais c’était ce qui la poussait à vouloir faire de son mieux, ne pas décevoir, consciente d’avoir accédé à sa charge sans passer par la case expérience.

Et une réponse sur le même ton.


Oui, tranquillise toi, tu es… une petite hésitation, cherchant le mot le plus adéquat. "Parfait" lui semblant un peu trop pompeux, la blondinette opta pour un… très élégant, tu ne dépareras pas.
Et puis, ce n’est pas une présentation de mode, le plus important c’est que tu sois là pour Terwagne, non ?


Etrange sentiment, étrange situation, que celui qui partageait sa vie depuis plusieurs mois soit l’un des invités personnels de celle qui était mise à l’honneur ce jour. Etrange et pourtant non, lorsque l’on connaissait le lien entre Terwagne et Aimelin. Cette relation qu’Aliénor avait mis du temps à comprendre, et dans laquelle elle se gardait bien d’intervenir ou d’interférer, se faisant discrète autant que faire se pouvait pour la préserver, parce qu’elle en savait l’importance pour eux deux, s’éclipsant pour les laisser parler lorsqu’elle se sentait de trop, comme lors de cette soirée dans l’auberge de Sainte, lorsque la Vicomtesse leur avait justement annoncé la tenue de cette cérémonie. De ce qu’ils s’étaient dit alors, elle n’en savait que peu, n’avait pas posé de questions, laissant simplement le jeune homme lui faire part de ses doutes et de son anxiété, et tentant de les apaiser.

La blonde adolescente lissa pensivement du plat de la main son bliaut de velours bleu d’Ynde dont les longues manches fendues laissaient entrevoir le pelisson hermin qu’elle portait en dessous, avant de remonter ses doigts vers le banolier fait de la même étoffe et brodé de fils d’or formant des arabesques sur le tissu, et qui, porté haut, soulignait sa taille et son décolleté, pour en vérifier le laçage pour la énième fois. Elle avait hésité à attacher ses cheveux en un chignon mais avait finalement opté pour les laisser libres dans son dos, juste retenus par un fin cercle de métal lui ceignant le front. Seuls deux bijoux complétaient sa vêture, le médaillon posé au creux de sa poitrine et gravé d’une rose et d’un chardon entrelacés, et la bague qui ornait l’annulaire de sa main droite depuis les premiers jours de janvier.

Une main tenant son carton d’invitation, elle s’apprêtait à saisir de l’autre celle d’Aimelin puis se ravisa, lui murmurant pour le rassurer, pour se rassurer
Tout va bien se passer… avant de lui faire signe qu’il était temps d’y aller.

Quelques pas encore avant de se trouver sur le seuil de la salle de cérémonie de la Grande Chancellerie. Et de s’y arrêter à la suite de ceux qui les y avaient précédés. Reconnaissant, malgré l’homme qui les en séparaient, Terwagne devant eux.
En profitant pour balayer la pièce de ses pervenches, un sourire au coin des lèvres en prenant conscience du thème choisi, à l’image de celle qui lui avait fait aimé la pluie, de celle qui avait emporté son imagination vers des mers agitées et des ciels orageux.


Elisabeth_stilton a écrit:
[Pendant ce temps à l'hôtel Arnvald]

Une jeune blonde se détendait dans ses appartements parisiens tandis que sa jeune camériste s'occupait à ce que les caméristes s'occupent. Un carton d'invitation était placé sur une pile de papier et c'était la jeune Lucine qui se chargeait de rappeler à la blonde ses obligations. Ce qu'elle fit donc. Elle vint trouver sa maitresse pour lui brosser les cheveux avant de l'aider à enfiler la robe qu'elle mettrait pour la cérémonie.

Madame, c'est l'heure.
L'heure de ?
Et bien de se préparer pour la cérémonie d'intronisation du Chancelier.
Même pas en rêve je n'irais pas.
Mais pourquoi madame ?
Je ne l'aime pas, j'estime qu'elle ne mérite pas sa place, pourquoi irais je ?
Parce que c'est votre supérieur madame et que la bienséance le veut.
Je ne fais pas partie des gens qui font des ronds de jambes pour obtenir des faveurs.
Mais madame elle pourrait vous remplacer ! Cela ne vous dérange pas ?
Oh tu sais Lucine, elle connait mes qualités, elle sait ce que je pense d'elle, si elle veut me renvoyer pour ma franchise peut me chaut, je saurais alors qu'elle ne veut que des toutous autour d'elle.
Madame vous ne pouvez pas dire ça vous ne la connaissez pas !
C'est pour ça que j'ai dit si.


La camériste continuait de s'occuper de sa maitresse, c'est qu'elle prenait grand soin de la chevelure de sa jeune maitresse. On dirait une profusion d'or, une cascade même. Elles étaient toutes deux silencieuses, jusqu'à ce que la blonde rompe le silence.


Tu sais Lucine que la GMF n'a pas daigné répondre à mon courrier pour m'expliquer pourquoi elle l'avait choisit elle plutôt que moi.
Ah non madame, encore que si réponse il y avait eu vous m'en auriez parlé.
Certainement Lucine. Tu as finie ?
Bientôt madame. Mais vous pensez sincèrement qu'elle n'a pas sa place ?
Oh elle a des qualités ça ne peux le nier mais non en effet pour moi elle n'a pas les épaules ni le caractère pour. Sais tu comment elle était surnommée en Lyonnais ?
Non madame.
L'opportuniste.
Ah.
Voilà tu a compris. Enfin nous verrons au fur et à mesure ce que ça donne. Cela ne m’empêchera pas de faire mon travail.
Oui je me doute, je vous vois assez travailler partout pour le savoir, d'ailleurs vous en faites trop des fois.
Je sais mais regarde j'ai réduis mes activités justement pour pouvoir être chancelier, comme quoi j'aurais pas du.
Mais si madame, on a besoin de vous là bas.
Possible, tu sais vu ce qu'on dit certaines personnes j'ai des doutes, je pense qu'on aimerait me voir partir.
Ne dites pas ça.
Oh tu sais il en faut plus pour avoir ma peau. Aller, j'ai du travail je vais pas faire trempette là dedans durant des heures.


La jeune femme se prépara et se rendit à la chancellerie. Au moins avec tout le monde à l'intronisation elle serait au calme.

Terwagne_mericourt a écrit:
"On n'étaient pas du même monde...
Mais qu'est-ce que ça fait, maintenant
Puisque les anges et les colombes
Se sont enfuis avec le vin ?"

(Damien Saez)



L'ange... La flûte... Son regard posé sur l'allégorie de marbre, les lèvres entrouvertes, Terwagne s'était immobilisée, totalement, devenant à son tour semblable à une statue.

Si elle avait parlé de sa passion pour la musique à celle qui l'avait interrogée sur ses goûts, elle ne lui avait en revanche absolument pas parlé de l'instrument dont elle-même avait longtemps joué : la flûte. Simple hasard, sans doute, que justement ça soit une flûte qui symbolise la musique aujourd'hui dans ce magnifique décor...

Quoi qu'il en soit, le temps s'était comme suspendu pour la Vicomtesse, du moins en apparence, parce qu'intérieurement la vie coulait bel et bien en elle, faisant affluer un océan de souvenirs, de pensées. Des pensées, ou plutôt des souvenirs tristes et pourtant si doux, si chers, si chauds.

Elle qui quelques instants plus tôt pensait à Hugo, Aimelin, Kernos, les oublia soudain aussi brutalement que ce que la vision de l'ange à la flûte s'était imposée à elle!

La flûte... C'était Zeltraveller qui lui avait appris à en faire sortir les sanglots et les éclats de rire de son coeur.

La flûte... C'était l'instrument que tous deux avaient partagés dès les premiers jours, celui qui leur avait tenu compagnie lorsqu'ils traçaient la route main dans la main, celui qui leur avait permis de se dire certains mots, au creux des nuits passées avec le ciel pour seul toit.

La flûte... Sa flûte.... C'était le seul objet qu'il avait emporté avec lui là-haut le jour où la mort le lui avait volé, au milieu des flammes, la veille de leurs noces.

Zeltraveller... Son ange, perdu, sans vraiment en comprendre les raisons à l'époque. Le premier homme pour qui elle avait tremblé, souri, rêvé, chanté, mais surtout joué de son souffle pour en faire naître des notes.

Cette passion pour la flûte, elle ne l'avait jamais partagée avec Hugo, ni Aimelin, ni Kernos... Non, avec aucun! Juste avec Zeltraveller, et...

Maleus! Tout aussi brutalement que les souvenirs de Zeltraveller avaient surgi en elle, la frappèrent de plein fouet ceux de l'époque où elle jouait des odes à la lune sur les toits de Sancerre, bouteille de calva coincée entre les genoux, en compagnie de celui qui plus tard deviendrait "Le borgne"... Mal', comme on le surnommait alors... Maleus, qu'elle taquinait en chantonnant "Honnis soit qui Mal' y pense"... Maleus qu'elle avait quitté pour Hugo, de façon imbécile.

Elle aurait pu rester longtemps encore ainsi plongée dans ses souvenirs, immobile dans l'entre-portes, si une voix bien précise prenant sa source dans son dos n'était venue la caresser, avec force et douceur, fragilité et certitude, chaleur et profondeur, la faisant tressaillir jusqu'au plus profond de son être, réveillant tant de doutes et de certitudes à la fois, tant d'amour et de douleur, tant de futurs éteints et d'hiers à jamais gravés en elle.

Sans vraiment s'en rendre compte, elle pivota sur elle-même, et leva son regard vers le sien, ne sachant même pas ce qu'elle désirait y trouver, y lire, y chercher. Elle se sentait si petite, si perdue, si égarée, si femme au fond! Cette femme qu'elle détestait être, cette femme qu'elle n'avait jamais réussi à faire taire en elle autrement qu'en endossant à bras le corps une charge, une fonction, s'y jetant à coeur et à corps perdu... Le travail c'était une certitude, quelque chose que l'on pouvait contrôler, c'était tellement moins effrayant.

Alors, perdue comme elle l'était en cet instant, elle ne trouva pas d'autre porte de secours que celle de la fonction, du devoir, et du protocole, fidèle à elle-même au fond.


Baron de Mévoullion, je suis heureuse que vous soyez là.

Vous savez mieux que quiconque à quel point j'ai toujours eu du mal avec les honneurs et les mises en avant, et comprendrez donc aisément à quel point j'avais aujourd'hui besoin de visages connus et aimés, mais aussi d'un bras sur lequel m'appuyer pour oser entrer dans... l'arène.

D'ailleurs, je crois que nous bloquons l'accès à la salle, et qu'il vaut mieux nous faire introduire avant de nous faire huer.


C'est à cet instant précis qu'elle aperçut les visages de ceux qui attendaient de pouvoir entrer, parmi lesquels Aliénor et Aimelin. Elle leur adressa un sourire, de loin, les remerciant silencieusement de leur présence, puis porta à nouveau son regard vers Kernos, puis vers son bras.

Etait-ce la vision de Aimelin et Alienor qui la poussa à faire le geste qui s'en suivit? Ou simplement sa trop grande spontanéité qui n'était jamais aussi incontrôlable que lorsque ses émotions étaient à leur paroxysme? Elle aurait été bien incapable de le dire, mais toujours est-il qu'elle avança alors sa main vers le bras du Baron, et l'y posa avant de s'avancer de quelques pas et de s'adresser au Huissier Royal, qu'elle reconnut pour l'avoir croisé à la l'Assemblée Nobiliaire lyonnaise.


Bonjour à vous.

Je pense que vous m'aurez reconnue, mais peut-être point mon invité personnel, le Baron de Mévouillon.

Nicolas.df a écrit:
En retard ? Il n'était jamais en retard, il ignorait le sens du mot. C'est donc fort naturellement que Nicolas se présenta, sinon le premier, en tout cas dans les premiers. Comme dans toutes les cérémonies vaguement officielles, on ramassait les invitations à l'entrée, histoire de s'assurer qu'on restait entre personnes de bonne compagnie. Il tendit donc la missive à l'huissier.



Il aurait volontiers séché ce pince-fesses. Les évènements de ce genre traînaient invariablement en longueur, et celui-ci se tenait en plus en l'honneur d'une nomination que le borgne désapprouvait vigoureusement. Officier de la Cour d'appel ou non, il serait donc volontiers resté chez lui. Seulement, il était prévu que les serments se fassent à ce moment-là... joie, bonheur.

A ce stade de ces réflexions, il se fit la remarque que l'huissier mettait tout de même un certain temps à vérifier l'invitation. Mais celui-ci semblait attendre quelque chose.


Qu'y a-t-il ? Elle n'est pas... oh. Mes excuses, Nicolas de Firenze, juge près la Cour d'appel.

Lanfeust86 a écrit:
Ah ça y est la Vicomtesse semblait bouger et se retourner vers l'homme qui se trouvait derrière elle.
Soupire de soulagement du rouquin, ils les regardent s'avancer et s'incline légèrement.

Bonjour à vous Vicomtesse.
Je connais le baron de Mévouillon pour avoir réalisé les recherches sur ses fiefs vassaux.
Bonjour Baron.


Il raya alors leur deux noms sur la liste des invités avant de regarder à nouveau la Vicomtesse.

Je ne dois point vous annoncer, tant que la Grand Chambellan n'a pas commencé son discours de présentation Vicomtesse.

Il les laissa passer et annonça tout de même le baron.

Messire Kernos Rouvray, Baron de Mévouillon et Seigneur de Glandage.

Voilà, c'était fait, il les regarda s'avancer à l'intérieur de la salle et attendit que les suivant rentrent, ce qui ne tarda pas puisqu'ils attendaient derrière les deux derniers.
Erf finalement le bouchon commençait à se faire, il fallait donc aller vite.
Le rouquin prit leur invitation, écouta leurs noms et les annonça tout en rayant leurs noms également.


Messire Aimelin de Millelieus, Seigneur de d'Estampes sur Marne.
Dame Alienor d'Assas, Dame de Lesmont et Secrétaire de la Grande Chancellerie de France.


Et un autre homme qui entre, sa tête lui dit quelque chose, mais il ne se rappelait guère de l'endroit où il avait pu le voir...
Il lui tendit son invitation et Lanfeust attendit le nom...qui ne vint pas.
Attente de quelques instants et il toussote légèrement pour attirer son attention.
Ah l'homme réagit, et son nom n'est pas inconnu, c'est le rédacteur en chef de la KAP.


Nicolas de Firenze, Juge de la Cour d'appel.

Aimelin a écrit:
Rassuré il l'était du moins un peu. Et puis le mot intronisation fit un effet à retardement dans sa tête légèrement encombrée de Connétable. Son amie la Duchesse serait elle là de par sa fonction ? Un sourire éclaira son visage à la pensée que peut être il allait revoir après de trop nombreux mois celle qui au fil des mois était devenue une véritable amie, une confidente, avant de devenir sa Suzeraine.

La jeune femme se tenant dans l'embrasure des grandes portes mit fin à ses pensées et le ramena de plein pieds dans la réalité. Un sourire en retour au sien, une façon de lui dire qu'il était là comme promis, sa façon à lui de la soutenir. Un petit sourcillement en la voyant prendre le bras d'un homme leur tournant le dos, et quelques pensées sur l'identité de celui qu'il devinait malgré tout et il la suivit des yeux lorsqu'elle fit son entrée. L'intelligence et la droiture faites femme. Voila comment il pourrait la définir. Bien sûr qu'elle avait bien d'autres qualités, mais ces deux là coulaient de source.

Et tandis qu'il s'avançait aux côtés d'Aliénor il repensait à sa visite le soir où elle lui avait montré sa lettre de candidature, hésitante, se sous estimant comme à chaque fois. Il avait dû la convaincre qu'elle était à la hauteur et que de toute manière le Grand Maître de France prendrait sa décision pour le bien du Royaume. Qui ne tente rien n'a rien, pensait le jeune connétable. Il s'en voulait juste, débordé dans ses parchemins champenois, de ne pas l'avoir félicitée le jour où il avait appris la bonne nouvelle. Elle peu présente, lui débordé, il ne l'avait félicitée qu'en pensée..

Tandis qu'il tendait à son tour le carton d'invitation à l'huissier, il laissa ses mirettes grises balayer les lieux, décorés pour elle, et chercha quelques visages connus, s'arrêtant sur celui de Lylla, jeune femme qu'il appréciait depuis leur rencontre. Et puis il chercha un autre visage, un autre sourire, l'un de ceux qui avait été là et qui l'était toujours lorsqu'il doutait de tout, celui de celle qu'il surnommait affectueusement "Beaux Yeux".

Kernos a écrit:
Pendant toutes ses errances, cent fois il s'était imaginé leurs retrouvailles, d'autant de manières différentes... Passionnées... Larmoyantes... Glaciales... Violentes... Indifférentes... dans une il était même question d'une gifle. Il avait envisagé le pire comme le meilleur mais, à force de fantasmer, il en avait oublié le don naturel de Terwagne de vous prendre à contre pied total.

Il était là, elle était là. Séparé l'un de l'autre par quelques pas. Deux corps se faisant face, immobiles et silencieux en ce bref instant. Autrefois, ils vibraient à l'unisson. Entrelacés dans cette même harmonie tumultueuse dont lui ressentait encore l'écho brûlant dans les tréfonds de sa chair. Etreints l'un dans l'autre pour ne former que ce "Nous", quelque chose qui était bien plus que Kernos et au-delà de Terwagne... Quelque chose que son coeur estropié éprouvait encore, comme l'infirme sent le membre qu'on lui a arraché... Quelque chose qui l'avait tenu éveillé des nuits entières, hanté par son absence, alimenté ses larmes et ses hurlements.

Quelques pas pour le monde qui les entourait... une année de tourments, de doutes, de manques, de déchirure et de solitude pour lui, presque une éternité et pourtant. Pourtant, sa simple présence, muette, figée, avait eu l'effet d'une lame de fond sur les rivages de son âme. Balayant, retournant, emportant vers le large les épaves de son désespoir.

Elle se retourna vers lui, dans un bref mouvement d'une légèreté élégante et si naturelle, de cette manière spontanée qui n'appartenait qu'à elle et le bouleversa. Là! ... Leurs regards se croisèrent enfin et sa respiration resta en suspens dans sa poitrine.

Que vit-elle dans ses yeux à ce moment? Lui-même n'aurait pu le dire car il y avait foule au balcon de ses émotions, criant et s'agitant pour échapper à l'incendie qu'elle venait de raviver. Sans doute une farandole, que dis-je, un tourbillon de tous ces sentiments interrompus, de ces évidences devenus non-dits, peut être oubliés. Un long cortège qui s'envola pour laisser place à la nudité dépouillée et crue, pour dévoiler ces quelques gouttes de vérité qui ne pouvait se réduire à des mots... "Jamais je n'ai cessé de croire en Toi"... Et y pu la revoir pour la première fois.

Bien sur, son apparence avait changé. Sa silhouette lui paraissait plus frêle, peut être était-ce dû au grandiose de la salle ou aux sentiments qu'elle éprouvait en cet instant, mais oui elle avait minci depuis la dernière fois. Elle qui se trouvait déjà trop dépourvu des courbes faisant d'une femme une femme, dépourvu de cette féminité qu'elle enviait aux autres parfois, avec qui elle se débattait lorsqu'elle devait se "déguiser", s'empêtrer dans les frou-frou mondain qu'elle avait en horreur. Elle qui ne se croyait faite que de lignes, souffrant de ses creux, de ses vides, de ses rondeurs avortées qu'elle interprétait comme une absence de fertilité. Ce corps qu'elle détestait, maudissait parfois. Ce corps et ses envies qu'elle muselait, refusait et combattaient quand elle était au plus bas... Ce corps que lui avait chéri, admiré, aimé, étreint, épousé... Ce corps qui, bien qu'amaigri, éprouvé, contenu, étouffé le bouleversait toujours... Ce corps qu'il devinait malgré la distance, où lui y trouvait l'écrin d'une beauté épurée qu'elle se refusait, les galbes certes fins mais bien présent dont elle était aveugle... Ce corps qu'il avait toujours su appartenir à une femme et qu'il voyait toujours ainsi... Une femme, par delà les mensonges dont elle s'entourait pour cacher ses peurs, par delà le masque des titres, des offices, des fonctions et les responsabilités, par delà l'éblouissement dont tout ce jour l'entourait... Une femme, vacillante, tantôt ardente. Tout simplement Terwagne.

Terwagne, la Tempête... Sa Lune... Elle était tout cela à la fois. Passant de la brise légère aux vents violents à vous faire perdre pied et haleine en un battement de coeur. Par moment voilée, absente de votre ciel de ténèbres, puis surgissant de nulle part dans toute sa plénitude argentée pour vous illuminer, ou ne vous laissant deviner qu'un fin quartier d'elle-même, à vous d'appréhender le mystère de sa face cachée... Inattendue, surprenante, renversante... Terwagne et ses surprises, dont elle allait encore lui donner une démonstration magistrale, dès ces premiers mots brisant un silence d'une année... Une belle pirouette.


Baron de Mévouillon, je suis heureuse que vous soyez là.

"Baron"!" Vous"! Sans doute d'autres que lui en aurait prit rage. "J'ai passé un an à cavaler sur les routes de France, risquant la mort à chaque pas, tout ça pour te retrouver parce que tu t'étais enfuie, et voilà ce que je récolte?". Mais voilà, une fois son équilibre émotionnel retrouvé, il sourit. Oui, il sourit. Cette distance de ce "vous", tout ce protocole mis entre eux avait pour lui un sens bien précis. Un sens qui se précisa à chacun de ses mots, les renvoyant à leur passé commun, à des scènes qu'ils avaient vécu ensemble, où ils s'étaient donné la réplique à plusieurs reprises. L'espace de quelques mots, Kernos s'était retrouvé propulsé dans l'église de Vienne, deux années plus tôt, une histoire de mouchoir mais aussi de bras déjà. Il se souvenait de la pression de ses doigts menus sur sa peau, à l'aube de leur histoire... Un autre souvenir le happa... Lyon cette fois, dans la grand' salle de Pierre-Scize. Lui debout la main posée sur le dossier du trône ducal. Elle, assise dessus... Rechute dans le présent. Il continua de la regarder, souriant, lui présentant son bras.

Mon bras n'a jamais cessé d'être tien. C'est donc volontiers que je te le rends, en espérant que lui et moi serons à la hauteur de l'occasion.

Il frissonna quand sa main se posa sur lui... Comment des doigts aussi minces pouvaient être à la fois si légers et si présents? Sa propre main se posa, tremblante, sur la sienne et ils avancèrent, saluant au passage l'huissier aux cheveux de feu qu'il connaissait en tant que héraut d'armes. Voilà, ils étaient dans la place... tiens? Depuis combien de temps avait-il arrêté de respiré?


Dotch a écrit:
Le grand Maître de France arriva à la cérémonie d'intronisation du grand Chancelier de france. Vêtue de sa longue robe parme elle arborait un large sourire.

Elle se présenta devant l'homme qui annonçait les invités.


Bonsoir Messire, Dotch de Cassel, Grand Maître de France.

Elle attendit que l'homme l'annonça, essayant de zieuter par dessus son épaule, pour voir si son vassal qu'elle savait être parmi les invités d'honneur du Grand Chancelier. Voilà des mois qu'elle ne l'avait pas vu, beaux yeux, comme ils aimaient s'appeler lorsqu'ils étaient un intimité.


Ingeburge a écrit:
A celle-là, elle irait! Si la duchesse d'Auxerre avait insolemment séché la cérémonie de ses petits camarades Grand Prévôt et Grand Ambassadeur, cérémonie qui était aussi censée la concerner selon des plans bien tordus, à celle-là, elle irait. Déjà, parce qu'elle n'était pas elle-même à l'ordre du jour et que c'était bien rare, depuis de longs mois qu'elle ne fasse rien durant une cérémonie. Ensuite parce que ça la changerait du Languedoc qui commençait, juste un peu, à lui taper sur les nerfs comme le bondissant accent local lui irritait sérieusement les oreilles; Paris, en cela, serait magique. En outre, parce qu'elle était assurée de pouvoir s'emplir agréablement et dignement la panse grâce aux merveilles forcément préparées par la Bouche. Enfin, parce qu'elle devait soutenir, au moins moralement, celle qui avait été son Maître des Cérémonies et qu'elle avait lâchement abandonnée, du fait notamment des susdits plans tordus.

A celle-là donc, elle vint! Et la duchesse d'Auxerre toute de noir vêtue et escortée de ses gardes lombards, dans le sillage de la patronne de la Curia Regis, de se présenter à l'huissier, non sans avoir lutté pour trouver, pas du tout familière des lieux qu'elle était, le salon où se tiendrait la sauterie du jour. C'était bon signe d'ailleurs, ça, qu'elle ne connaisse pas cet endroit, car hormis ceux y œuvrant, généralement les habitués de l'endroit n'y étaient pas invités pour leur agréable conversation. Attendant que son tour vienne, elle se posta à bonne distance du duc de Souvigny chargé en ce jour de l'accueil des invités, ses yeux confirmant là ce que ses oreilles avaient cru percevoir : c'était l'huissier-qui-vous-crève-les-tympans qui était de corvée. Elle l'avait entendu de loin, alors qu'elle cherchait le salon, tant l'homme savait de sa seule voix faire trembler les murs.

Prudente, elle s'approcha enfin quand il lui revint de décliner son identité. Démarche à laquelle le ne sacrifia d'ailleurs pas :

— Mon très cher Sépulcre, le bonjour.
Pitié, pitié, pitié.


Akane a écrit:
Observer, toujours observer, être à l'affut.
La brunette maitrisait très bien cet art subtil qui l'aidait en bien des choses.
Ainsi, elle remarqua que le Grand Chancelier se trouvait être disponible, que le Grand Maistre de France venait d'arriver et... le Roy d'Armes...Chose qui l'étonnait, elle ne pensait pas la voir ce jour.

Elle savait l'affection - tout ceci est ironique bien sûr - que les Grands Officiers, et les Pairs portaient à ce genre d'événements, elle le savait, oui, pour ça qu'elle voulait changer un peu la donne.

Déterminée, et en attendant que l'huissier du jour annonce les nouvelles arrivantes, elle alla donc voir la future intronisée, avec le sourire, bien sûr.


- Bonjour Grand Chancelier. Comment vous portez-vous ? Vous êtes prête pour ce grand jour ?


Lanfeust86 a écrit:
Le rédacteur de la KAP venait donc de rentrer, la liste des invités comportait encore de nombreux noms, pas sûr qu'ils soient tous là mais bon...
Lanfeust n'attendit pas longtemps avant qu'une nouvelle personne s'approche et lui tend l'invitation.


Bonjour Messire.

Il vérifie alors le nom, le barre et annonce l'homme qu'il ne connaissait pas du tout.

Davyxiv de la Roche Tourbière, Procureur Adjoint Royal.

Et on laisse passer, finalement c'est plutôt monotone comme fonction mais on voyait passer du monde, on leur parlait même des fois...si si c'est possible.
Les allégeances il appréciait ça également, surtout lorsqu'il annonçait le régnant du Bourbonnais Auvergne, province de coeur où il avait quitté toutes ses charges ducales...
Une présentation le sortit de sa torpeur, le président de la Cour d'Appel, organe qui gérait des dossiers bien compliqués pour la plupart...


Shynai du Ried, Président de La Cour d'Appel.

Point longtemps après les membres de la Curia faisaient leur entrée à leur tour, et notamment le Grand Maître de France.
Le rouquin s'inclina alors par respect pour sa charge et lui répondit.


Bonsoir Votre Seigneurie.

Il annonça alors celle qui présiderait la cérémonie.

Oyez ! Oyez !
Sa Seigneurie Dotch de Cassel, Grand Maître et Pair de France, Duchesse de Saint Florentin, Comtesse d'Armentières, Vicomtesse de Cassel et Baronne de Château-Thierry.


Et voilà c'était fait, il espérait n'avoir rien oublié et que tout était bon surtout, pas facile quant on a une palanquée de titres et fonctions.
En parlant de palanquée, la suivante était bien aussi dans le genre, l'autre membre de la curia qui arrivait n'était autre que Montjoie.
Celle-ci semblait hésiter de s'approcher vers lui...bizarre...toutefois elle se décida et il eut le droit à un "très cher"...et ben...
Tout sourire qu'il était il lui répondit.


Le bonjour à vous Montjoie.

Une telle gentillesse méritait récompense et le Héraut-Huissier s'empressa de gonfler les poumons et d'annoncer avec vigueur et force sa chef héraldique.

Sa Seigneurie Ingeburge von Ahlefeldt-Oldenbourg, Roy d'Armes et Pair de France, Princesse Impériale, Duchesse d'Auxerre et de Berg, Comtesse de Carpentras, Baronne de Donzy et de Saint-Raphaël, Dame de Sainte-Anastasie-sur-Issole & de la Penne-sur-Huveaune.

Bon il espérait là aussi que tout était bon, il avait copié le nobiliaire bourguignon alors hein !


Aimelin a écrit:
Le décors avait été réalisé avec goût c’était le moins qu’on puisse dire, et ça le changeait un peu des murs du Château de Reims d’où il ne se gênait pas pour s’échapper lorsqu’il en avait l’occasion. Et puis Paris c’était le souvenir de toits enneigés et de ruelles sordides où vivait une faune des plus variées.

L’huissier qui donnait de la voix, et pas qu’un peu, le tira de ses contemplations lorsqu’il entendit le nom de Dotch, suivi de celui d’Ingeburge qui finit de faire résonner la grande salle. Diantre, cet homme avait du coffre, pourvu que rien ne se décroche des murs.
Tandis que ses mirettes grises se dirigeaient vers l’entrée de la salle, accompagnées d’un sourire. Qu’il était agréable de la revoir après tant de mois. Ca n’était pas le lieu pour les embrassades et les confidences mais il suffisait de quelques regards pour qu’ils se comprennent.


Lylla a écrit:
Dans son coin la blonde se faisait aussi discrète que possible. Certes quantité de visages lui étaient connu puisque cotoyés chaque jour au sein de la Cour d'Appel, d'autres venaient de plus loin, comme ceux d'Aimelin, qu'elle avait rapidement apprécier dès leur première rencontre et d'Alienor son inséparable compagne, un sourire affectueux étira les lèvres féminine, quand l'image de ces petits oiseaux nommés "inséparable" s'imposa à elle. Voilà qui leur convenait tout à fait.

Et puis la vedette du jour fit son apparition, totalement en harmonie avec ce lieu décoré en son honneur et où sous les regards admiratif de tous elle allait enfin prendre une place à la hauteur de sa personne. Dire que Lylla admirait Terry était peu dire, elle ressentait autant d'admiration que d'affection sincère pour cette femme si fragile et si forte à la fois.
Et aujourd'hui elle rayonnait littéralement, peut etre que l'homme dont elle tenait le bras n'était pas pour rien au déploiement d'une telle aura, mais une chose était sure, la voir ainsi réjouissait la jeune procureur-adjoint.

La tête qui telle une tortue rendre légèrement dans ses épaules quand la voix de stentor raisonne à nouveau. C'est qu'il y avait du beau monde ! Le Grand Maître de France, le Roy d'Arme ! Fichtre des personnes que la jeune femme n'avait jamais eu l'occasion de rentrer, tout juste si elle pouvait imaginer les voir "pour de vrai" au détour d'un sacre, alors là, de si prés, elle avait du mal à le croire !

Tenant son titre et sa charge avec fierté, Lylla n'en était pas moins à l'intérieur toute intimidée et dévorait des yeux tout ce qui se déroulait autour d'elle.


Alfred a écrit:

Le musicien sortit son haut bois du Poitou et regardait de part et d'autres si un peu de musique pouvait atténuer la fatigue du Heraut-huissier qui s'égosillait à tue-tête en hélant. Il y avait du beau monde et nombreux des hommes de Loi, quand il entendit la présentation de la Princesse Impériale et se dit qu'il y en avait très peu en Empire, mais la jeunesse de cet État donnait sûrement à la Duchesse de Berg un vivant amour pour la France.

Alfred venait d'apercevoir le chef de la KAP et pensait immédiatement à un joli article tout confiné avec des gentillesses sur nouvelle chancelière intronisée, tout de même pas besoin de valoir un prix de la plume d'or pour écrire un article de cette importance, juste conscient des errements à éviter.

Nicolae...
Di
Firenze
Quel nom charmant ! - et dire que les femmes détestent le silence, encore une peine, celle d'aller dire au Redac en chef de faire valoir la joie d'une telle dame dans un article, comme l'article sur l'entrevue avec la reine, le monde en serait edifié...


_ Nicolae di Firenze...


Il n'avait pas sa langue dans sa bouche, c'lui là. Osez perdre la notion des écrits en plein monde, ce serait un homme de bien dénué de sens moral - antipathique à la limite. Puis se rapprocha du rédacteur en chef, puisqu'il se sentait trahi et observé de toute part, mais il ne se gênait pas, tellement la musique lui transmit une autre sensibilité qu'il parvenait tant bien que mal à exploiter.


_Bonjour Nicolae Di Firenze ! vous aimez les cérémonies à ce que je vois.


Ne savait que dire et se jeta à l'eau en ajoutant.


_Vous savez que pour se marier il faut un témoin ; comme pour un duel. Pour une Cérémonie comme celle-ci, un article?!


Terwagne_mericourt a écrit:
Sa main s'était posée sur la sienne, et le ciel bleu sur eux aurait bien pu s'effondrer, la terre aurait bien pu s'écrouler, peu lui aurait importé (L'hymne à l'amour, Piaf) à cet instant.

Durant une poignée de grains dans le sablier qui régente le temps des mortels, le Chancelier oublia sa fonction, ce pourquoi elle était là, ce pourquoi elle avait donné tant d'énergie et de temps, pour n'être plus rien d'autre qu'une femme... Une femme perdue retrouvée, une naufragée éblouie pour la vision du phare qu'elle n'espérait même plus voir se profiler au loin quelques instants plus tôt.

Son regard se baissa vers leurs deux mains, et elle ferma les paupières pour mieux graver dans la terre glaise qui composait son âme le souvenir de cet instant. Quelques secondes à peine... Juste le temps d'inspirer et d'expirer... Juste le temps de sentir son sang se réchauffer.

Ensuite, elle fit ce que toujours elle avait fait, ou presque : elle fit passer en arrière plan ses émotions, ses doutes, ses peurs, ses faiblesses, et se focalisa non pas sur le paraître, non pas sur le rôle qu'elle devait jouer ce jour-là, mais sur les raisons profondes de sa présence : sa foi en cette justice pour laquelle elle oeuvrait depuis si longtemps, la seule constance dans sa vie, la seule chose que jamais elle n'avait abandonnée, quels que soient les orages de sa vie.

Ses yeux se posèrent sur la seconde statue d'ange, celle qui portait le symbole de cette justice dont le seul nom faisait renaître en elle tant d'énergie même dans les moments les plus noirs.

Ensuite, elle s'avança vers le milieu de la salle, toujours au bras de celui qui avait été la clé de ses plus jolies partitions, saluant d'un sourire les officiers de la Cour d'Appel déjà présents : le Procureur Général, le procureur adjoint Jim, la charmante procureur adjointe Lylla, pour laquelle elle éprouvait une tendresse toute particulière.

Les autres devaient être dans le "bouchon" qu'elle-même avait provoqué à l'entrée et ne tarderaient sans doute pas pouvoir entrer à leur tour....

En effet, quelques instants plus tard elle entendit qu'on annonçait le Juge de Firenze, le Président de la Cour d'Appel, mais aussi le jeune procureur adjoint Davyxiv... De loin, elle adressa un sourire radieux à celui dans les mains de qui elle avait remis ses espoirs pour la Cour d'Appel en lui disant qu'elle espérait qu'il veille sur elle comme un père, après tous ces mois où elle-même avait materné les membres de cet Office.

Mais brusquement sa nervosité revint au galop, lorsqu'elle aperçut le Grand Maître de France et le Roy d'Armes... Elle avait beau les croiser chaque jour ou presque à présent, elle avait encore bien du mal à se dire qu'elle, l'ancienne troubadour issue de nulle part ou presque, évoluait à présent dans le même monde qu'elles-deux. C'était le même genre de nervosité que celle qui l'avait prise jadis, lorsque toute jeune greffière elle avait vu Pl@$m de Montfaucon venir frapper à son volet pour discuter de son avenir à la Cour d'Appel après la fermeture du Greffe... L'impression d'être si petite en face, si anodine, si ignorante de tant de choses encore, ayant encore tant de choses à prouver.

Oui, comparé à tant d'autres qui à peine candidats à une fonction étaient d'ores et déjà persuadés d'être les meilleurs, les plus intelligents, les plus aptes, débordaient d'assurance et de supériorité, étouffaient d'arrogance, Terwagne avait toujours eu une attitude humble et consciente de ses faiblesses. Non, jamais elle ne se croirait infaillible et ne laisserait son assurance en ses capacités virer à la suffisance. Certains voyaient dans ce côté humble - et ça devait les rassurer - un manque de prestige ou de charisme, de certitudes, mais ceux-là ne devaient pas la connaître beaucoup.

La voix du Grand Chambellan s'adressant à elle lui fit oublier sa nervosité, et elle lui sourit avec simplicité, avant de lâcher, sans même s'en rendre compte, le bras de Kernos.


Bonjour à vous également.

Je vais bien, je vous remercie, même si le côté éblouissant de la décoration de cette salle m'a quelque peu aveuglée en entrant. C'est tout simplement... magnifique!

Je n'aurais pu rêver mieux.


Petite interruption, le temps de reprendre son souffle, et elle enchaîna en présentant l'homme qui se tenait à ses côtés.

Je vous présente le Baron de Mévouillon, l'un des mes deux invités personnels, venu directement du Dauphiné pour assister à cette cérémonie.

Le second de mes invités personnels ne doit pas être loin non plus...


Elle détourna un instant le regard, cherchant Aimelin dans la salle, désireuse de le présenter non seulement au Grand Chambellan, mais également à Kernos, Kernos qu'elle avait retrouvé grâce à lui et au lien étrange et profond qui les unissait au-delà des lancers de dés du destin.


Aimelin a écrit:
Ses mirettes grises balayaient doucement les lieux tandis qu’il remettait discrètement son épi rebelle en place d’un geste de la main. Un sourire étira ses lèvres lorsqu’il croisa le regard de Lylla lachant quelques instants celui de sa suzeraine pour se reporter ensuite sur la reine du jour qui conversait avec une jeune femme.
N’étant point habitué des lieux, il ne connaissait ni les noms, ni les titres ou fonctions de toutes ces personnes, hormis quelques unes comme la Princesse qu’il avait croisée il y a bien longtemps dans les terres du sud alors qu’il n’était qu’un voyageur usant les chemins de ses chausses. Et puis la voir lui rappelait le mariage d’Elorane, Vicomtesse aujourd’hui disparue.
D’autres visages ne lui étaient pas totalement inconnus et il mit ce fait sur les joutes auxquelles il participait, seul endroit où il fréquentait la noblesse.. enfin fréquenter était un bien grand mot, disons… apercevait.

Son regard se fit légèrement perplexe lorsque Terwagne posa le sien sur lui semblant lui demander de la rejoindre. Devait il s’avancer avant que ça ne commence ? Un coup d’œil vers Aliénor avant de faire quelques pas dans la direction de la Grande Chancelière. Il était l’un de ses invités et il se devait d’aller la saluer, même brièvement.

Un sourire arrivé à sa hauteur en s’inclinant doucement. Pas de baiser sur la joue ni de geste familier comme il pouvait le faire dans d’autres lieux moins protocolaires. Juste deux mots.


Bonjour Terry …


Terwagne_mericourt a écrit:
Son regard n'avait encore parcouru qu'un quart de la salle lorsqu'il croisa celui de l'ébouriffé, y plongeant brièvement malgré la distance, l'invitant en silence à la rejoindre si il le désirait.

Quelques fractions de seconde plus tard il s'avançait dans la direction du petit groupe qu'elle formait avec Kernos et le Grand Chambellan, avec sur le visage ce sourire qu'elle appréciait tant, même si il était bien différent de ceux qu'il lui adressait parfois lors de leurs tête-à-têtes, lors de ces rencontres privées qui s'espaçaient de plus en plus, par faute de temps, mais aussi sans doute par respect pour la relation qu'il entretenait avec Aliénor.

Ensuite, il prononça deux petits mots à peine, mais ce fut suffisant pour qu'elle se fasse la réflexion qu'il ne semblait pas beaucoup plus à son aise qu'elle-même. Etait-ce la cérémonie qui en était responsable? Ou alors la présence de Kernos? Kernos, cet autre dont il craignait malgré tout le retour dans son existence à elle, mais plus encore le risque qu'il les éloigne tous deux, ce qu'elle comprenait parfaitement, elle-même ayant si souvent ressenti ce sentiment à l'égard d'Aliénor.

Elle n'avait pas envie qu'il se sente mal, pas envie que la moindre crainte ne s'immisce dans son coeur à cet instant! Elle voulait qu'il sache avec certitude combien il était important pour elle, combien sa présence la touchait et la rassurait, mais surtout qu'il sente combien elle avait besoin de lui, même si Kernos était à ses côtés!

Alors, sans réfléchir plus avant, avec cette simplicité remplie d'assurance qu'elle mettait parfois dans les gestes les plus forts et les plus symboliques, elle avança sa main vers son avant bras et l'y posa, brièvement mais sûrement, avant de laisser sa voix franchir ses lèvres.


Très cher... Aimelin!
Merci d'être là... De tout mon coeur.
Je ne pourrais vous dire par des mots à quel point votre venue était importante pour moi.


Mais laissez-moi vous présenter...
Dame Akane, Grand Chambellan, et le Baron de Mévouillon, Kernos Rouvray.


Kernos a écrit:
Un sourire... Depuis combien de temps n'en avait-il eu un vrai? Pas un de ces sourires de convenance, qui vous viennent au visage comme un "bonjour". Ni de ceux que l'on porte comme un harnois, pour cacher les larmes de son coeur, ses failles et son désespoir. Un sourire, ce n'est pas seulement la tension des zygomatiques. Un vrai sourire, cela puise plus profondément, cela se nourrit d'émotions sinon, cela sonne faux.

Que n'avait-il eu de faux sourires ces derniers temps! Coincés sur le bord des lèvres, des sourires bâtards, travestis, des sourires contrefaits, joués, dénaturés... Il suffisait de lire dans ses yeux pour le comprendre: ces mascarades ne s'y reflétaient point. Sourires de paraître, sourires vides, asséchés, qui ne l'avaient que trop longtemps tourmenté... C'en était fini d'eux!

Kernos accompagnait Terwagne vers le centre de cette grande salle, réduite pour l'instant à eux deux. Leurs mains se reconnurent dans l'étreinte, comme de vieux amants se retrouvant malgré toutes ces années qui n'ont su émousser leurs sentiments.

Ces mains... plus expressives que ne le serait jamais n'importe lequel de leurs mots.

Ces mains... leurs mains... transcendant ce silence ému pour fredonner quelques notes qui trouvèrent échos en lui. Remontant le long de son bras. Rebondissant contre son épaule pour atterrir dans sa poitrine, se glisser dans son coeur et de là, se répandant dans tous les sens et pour tous les sens. Elles déferlèrent jusqu'à son visage pour éclater en un vrai sourire, accordant les yeux aux lèvres, le corps et l'âme au diapason.

De concert avec cette communion muette, comme le vieux chêne étendant ses branches à la caresse d'un printemps renouvelé, la vie sembla affluer à nouveau dans ce corps qu'il croyait usé et desséché.

Peut être sa silhouette se redressa quelque peu avec ses épaules. Sans doute les creux barrant son front s'atténuèrent légèrement, mais c'était sous l'écorce que la métamorphose se faisait plus intense. Elle lui insufflait une force nouvelle qu'il sentait bourgeonner en lui, chassant la raideur et le poids du chagrin passé de ses membres. Elle courait à travers lui, comme un torrent un lendemain d'orage. Débordante. Puissante. A la fois destructrice et créatrice. Elle le réveillait, non le révélait à lui-même... Terwagne...

Il avait envie de la serrer par la taille et de l'entraîner avec lui dans cette danse, au rythme de la mélodie résonnant au milieu des statues, s'élevant le long des colonnes pour éclater en une cascade de notes se déversant du plafond... Ses doigts s'envolèrent des siens et de son bras... le Rouvray revint sur terre.

Terwagne venait de s'avancer vers une femme brune, vêtue de noir, de blanc et de sinople. Kernos balaya alors la salle du regard, profitant de cette interlude pour retrouver quelques grammes d'esprit. Il n'y avait point musicien en action pour l'heure, cette musique qu'il avait entendu, elle venait de lui, ou plutôt de leurs retrouvailles.

Entendant que Terwagne le présentait à son interlocutrice, il s'avança légèrement en inclinant le buste, sans se départir du sourire qu'elle avait mis en lui.


Kernos Rouvray, enchanté.

Assez court, certes, mais il faut dire que Kernos n'avait plus trop l'usage des conversations, et que son attention était toute subjuguée par la Demoiselle qu'il accompagnait. Cette dernière semblait d'ailleurs chercher quelqu'un du regard, sans aucun doute ce second invité personnel dont elle venait de faire mention. Il suivit des yeux son regard, jusqu'à un jeune homme se tenant aux côtés d'une demoiselle blonde, quelque peu en retrait. L'homme s'avança alors vers eux. Un peu plus petit que Kernos, les cheveux quelque peu ébouriffés, les traits plaisants et le regard gris, assortit à ses vêtements.

Qui était-il? Kernos en avait le pressentiment, mais il attendit que Terwagne ne réponde à ses salutations pour en avoir le coeur net.


Très cher... Aimelin!

Il en aurait mis sa main à couper, rien qu'à la manière dont celui-ci s'était adressé à elle, et au geste de la main de Terwagne. Ainsi, le fameux Aimelin dont Terwagne lui avait parlé autrefois, ce même Aimelin avec qui il avait échangé missives, se tenait debout devant lui, en chair et en os. Kernos le contempla un instant de plus près... c'était toujours un moment et un sentiment particulier de pouvoir mettre un visage sur un nom qu'on a si souvent entendu.

Cet homme n'était pas n'importe qui pour Terwagne. Elle lui avait conté leur rencontre, ce lien qui s'était formé en un regard et un anneau, leur correspondance... il n'ignorait rien de cela, ni que c'était en Champagne, là où lui vivait qu'elle s'était réfugiée en le fuyant lui-même.

Kernos fit un pas vers lui, plongeant ses iris d'écorce dans ceux d'acier du Champenois.


Sire Aimelin de Millelieues...

Le Rouvray tendit la main puis, se ravisant, se furent ses deux mains qui se posèrent sur les épaules du seigneur d'Etampes pour lui donner l'accolade.

Merci... encore merci pour ce que vous avez fait... pour ce que vous avez permis... Mille fois merci.
Je ne sais comment je pourrais un jour vous exprimer toute ma gratitude, ni comment vous remercier, mais merci encore... merci pour tout.


Sans doute n'était-ce pas le lieu. Sans doute n'était-ce pas respectueux du protocole, mais le Rouvray en avait cure. Comment aurait-il pu, de toute manière, rester de marbre face à celui qu'il considérait comme l'artisan de leurs retrouvailles?


Aimelin a écrit:
Il ne lui avait fallu que quelques secondes pour franchir la distance qui les séparait, laissant Aliénor quelques instants, n’osant trop regarder autour de lui. Jeune homme réservé et discret, il ne montrait son caractère bien présent que lorsque c’était nécessaire.
Un sourire aux remerciements de sa vicomtesse d’amie tandis qu’elle posait sa main sur lui et faisait les présentations, même s’il se doutait à ce moment là de l’identité de l’homme à ses côtés, vu la discussion qu’ils avaient eu ce jour là, à Sainte, et qui semblait l’observer. Réponse naturelle comme il le faisait toujours avec elle.


je vous avais promis d’être là

Le Grand Chambellan vers qui il se tourna et à qui il sourit en inclinant le buste.

mes respects et enchanté de vous rencontrer

Il se tourna ensuite vers Kernos pour le saluer à son tour quand celui-ci s’avança et se planta devant lui.

Sire Aimelin de Millelieues...

Une main tendue que le jeune Etampes s’apprêtait à prendre mais qui disparut aussitôt pour comme son homologue, venir se poser chacune sur une épaule. Haussement de sourcil tandis qu’il restait le geste suspendu et la main vide, sa phrase en suspend… Bar.
L’homme était un peu plus grand que lui, et surpris, Aimelin se laissa faire, jetant un regard vers Terwagne. Non pas un regard comme il avait l’habitude de lui adresser, complice ou interrogatif, mais un regard perplexe presque amusé de voir la réaction de l’homme qui lui donnait l’accolade accompagné de quelques mots auxquels il essaya de répondre.

... de ri.... c’était nat.. c’était ri..

Une salle de cérémonie à la Grande Chancellerie, une Princesse, un Grand Maitre de France, des personnes ayant fonctions, des étrangers de tous bords, et lui, en train de recevoir l’accolade de Kernos. Peut être que l’on allait penser qu’il avait été promus Grand Chancelier à la place de la Chancelière. Mais c’est qu’il ne voulait pas il n’en était pas question !
Et puis une petite fierté aux mercis dont il fallait avouer, le Baron n’était pas avare. Même pour sa victoire aux joutes des Grandes Ecuries Royales, il n’avait pas été félicité de la sorte, avec autant de chaleur et de spontanéité, et il se sentit un tantinet déconcerté lorsque le baron relâcha enfin son étreinte.
Prunelles aciers qui allèrent de Kernos à Terwagne avant de revenir vers le Baron. Il fallait répondre et il sortit sa réponse digne d’une grande pièce se jouant à la Cour.


de rien

C’était fou comme avec ces deux petits mots, on pouvait se tirer de situations embarrassantes. Toussotant il pensa qu’il pouvait faire mieux et laissa un sourire se dessiner avant de répondre rapidement ne voulant trop monopoliser le moment.

Baron.. il n’y a pas de merci, même si je suis touché.
Il n’y a que le hasard qui parfois se glisse dans la partie*





* clin d’œil à jd Terwagne.. voui j’ai pas pu résister

Terwagne_mericourt a écrit:
Sans dire un mot, se concentrant pour ne rien laisser paraitre sur ses traits des sentiments qui étaient siens face à ces deux hommes que rien ne rapprochait sans doute en dehors de la puissance de l'affection que chacun d'eux lui portait, elle assista à leurs échanges.

Pourtant, malgré tous ses efforts, son regard voyageait de l'un à l'autre... Kernos... Aimelin... Le trio prenait soudain forme physique, et sa réalité n'en fut que plus grande en elle.

C'est à cet instant qu'elle se fit la réflexion qu'il manquait une pièce sur l'échiquier, et pas n'importe laquelle! Celle qui avait été le garde-fou de son égarement à elle, celle dont l'amitié l'avait empêchée de se jeter dans le précipice pour mieux profiter du vertige, celle qu'elle appréciait autant que ce qu'elle l'avait jalousée certains soirs de solitude lorsqu'elle évitait les tavernes pour la laisser seule avec celui dont elle avait tant souhaité l'épaule... Aliénor!

D'ailleurs, où était-elle passée? Il ne l'avait tout de même pas abandonnée seule au milieu de la foule?

Oubliant un instant les deux hommes, elle se mit à la chercher du regard dans la salle, et finit par la repérer. Alors, sans plus de préambule, elle s'excusa et abandonna le petit groupe, pour mieux le retrouver ensuite sans doute.


Pardonnez-moi, je vous abandonne quelques instants.
Mon amie, et secrétaire hors paire, semble quelque peu esseulée et j'aimerais vraiment qu'elle se joigne à nous.


Sans un mot de plus, elle se dirigea vers la demoiselle blonde et la salua d'un sourire.


Akane a écrit:
[hrp]Attention au moment où Akane procède à l'intronisation, elle ne sait pas encore qu'elle est Grand Chambellan :wink: [/hrp]

Et la brune de saluer les personnes qui se présentaient à elle, mais le temps passa, et la cérémonie devait commencer.
Aranelle non loin d'elle, elle lui adressa un regard lourd de sens, lui signifiant ainsi qu'elle allait commencer. Azurs qui se posent sur la Sombre, mais point le temps encore de lui parler.

Deux, trois pas vers le Grand Maistre de France, avec un sourire. Salutations cordiales et quelques peu chaleureuses, elle l'invita à se placer pour que toutes deux puissent commencer.

Ceci fait, elle prit la parole.


- Très chers officiers de la chancelerie de France, Grand Officier nous faisant l'honneur de se présence, merci de prendre place, et le bonjour à toutes et tous.

Alienor_vastel a écrit:
Les doigts avaient quitté le médaillon pour aller rejoindre et s'entremêler à leurs homologues de l'autre main dans le dos de la blondinette. Blondinette dont les pervenches passaient alternativement du décor de la salle aux musiciens avant de revenir sur Terwagne et ceux qui l'entouraient. Elle se doutait de l'identité de l'homme, un autre triangle réuni mais toujours la même base, et savait qu'Aimelin craignait que son retour dans la vie de leur amie ne l'éloigne de lui, même s'il voulait par dessus tout qu'elle retrouve enfin le bonheur auquel elle avait droit. Un sentiment légitime sans doute, au vu des liens entre eux, et que l'adolescente pensait infondé cependant, si cet homme tenait à Terwagne autant qu'elle-même tenait à Aimelin. Comprendre la relation entre la Vicomtesse et le jeune Seigneur, comprendre l'importance de ce lien pour eux deux, et ne pas y interférer en raison de ça, par amitié pour l'une et par amour pour l'autre, c'était ce qu'elle faisait.

Ses doigts jouaient dans son dos, faisant machinalement rouler autour de son annulaire, sa bague, ce cadeau de sa suzeraine. Étrange de penser qu'alors qu'elle clamait refuser tout engagement, comme pour mieux s'en persuader elle-même, elle avait accepté sans hésiter de lier son avenir à celle qui était plus qu'une amie pour elle. Une pensée pour celle-ci, et un petit sourire amusé en songeant à la dernière cérémonie d'intronisation à laquelle elle avait assisté avec elle, celle de Montjoie, et au cours de laquelle elle avait joué la garde rapprochée de sa blonde duchesse héraut.

Pervenches qui vagabondent avant de s'arrêter pensivement sur les anges. Et l'impression d'une présence qui s'approche, la tête qui se tourne pour constater que Terwagne était venue à elle. Un murmure alors que son regard se dirigeait à nouveau vers les statues
La justice et la musique... Deux des facettes de la même personne...
Deux des facettes, la blondinette en connaissait au moins une troisième, lorsqu'elle avait découvert la Tempête au cours de ce qui avait finalement été un de leurs rares échanges personnels, ces missives envoyées et reçues en cette fin de printemps de l'an précédent. Cette missive aux points de suspension qu'elle avait mis du temps à comprendre, et qui, à y bien songer, avait sans doute forgé et consolidé leur amitié bien plus sûrement que leurs discussions le plus souvent impersonnelles quand il leur arrivait de se croiser en taverne, si l'on exceptait les quelques fois où Terwagne s'était un peu dévoilée en les emmenant dans son monde de poésie. Amitié, respect, admiration, affection même, pour la femme qu'elle était, malgré, grâce ou à cause, elle ne savait, du lien qui existait avec le même homme, différent certes mais indéniablement aussi fort.

Avant de revenir sur terre, sortant de ses pensées, et d'adresser un sourire franc et chaleureux à la jeune femme.


Bonjour Terwagne !...

Dieu qu'elle pouvait être empotée et maladroite quand elle s'y mettait, plus habituée et à l'aise pour s'exprimer à travers des silences ou des regards, encore qu'avec la meilleure volonté du monde, elle ne savait pas quoi dire d'autre. La féliciter, lui dire qu'elle était fière pour elle, elle l'avait déjà fait. Qu'elle était sincèrement heureuse de voir ce qu'elle avait lu, même brièvement, sur son visage, peut-être ?
Elle n'eut pas le temps de chercher les mots, la voix de celle qui semblait être la maîtresse de cérémonie annonça le début des festivités, et Aliénor dirigea un instant son regard vers les places attribuées au personnel de la Grande Chancellerie avant de revenir croiser le regard de Terwagne. Espérant qu'elles auraient l'occasion de parler plus tard.



Terwagne_mericourt a écrit:
[hrp]Oups, j'suis blonde Embarassed [/hrp]

Bonjour, Dame la Secrétaire de la Grande Chancellerie.

C'est de cette façon taquine et amicale que Terwagne répondit à la demoiselle, avant de la complimenter sur sa tenue vestimentaire et de l'inviter à se joindre à eux.

Vous êtes resplendissante, et extrêmement élégante, je tenais à vous le dire.

Mais, bien plus encore, je tenais à vous enlever à cette solitude et à vous présenter le baron de Mévouillon, qui a bien failli étouffer Aimelin sous son accolade de remerciements.

Venez, allons les rej...


Pas le temps de finir sa phrase, et encore moins de la mettre en application, le Maître de cérémonie invitait tout un chacun à rejoindre sa place, réveillant ainsi la nervosité de la Vicomtesse.

Elle tourna son regard un peu perdu vers Aliénor, puis vers les deux hommes qui étaient ses invités personnels et se trouvaient plus loin, et leur adressa à tous trois un sourire rendu timide par les émotions qui l'assaillaient à cet instant.

Un dernier murmure à la demoiselle, juste avant de rejoindre sa place.


Je crois que cela attendra, au final...
A tout à l'heure.

Ingeburge a écrit:
Et c'est la raison pour laquelle Lanfeust de Troy périt et qu'il périt bien évidemment dans d'atroces souffrances (pas de détails mais pensez ongles, pensez pince; pensez plante des pieds, pensez feu; pensez bras et jambes, pensez chevaux), en tous les cas dans l'esprit d'Ingeburge qui venait, à nouveau, de perdre un de ses tympans après que le vibrant huissier eût fait démonstration de la qualité sonore de son organe vocal. C'était tentant de tourmenter le duc de Souvigny mais la duchesse d'Auxerre n'en avait guère le temps, n'avait surtout pas envie de se salir et puis, c'était la fête à Terwagne, pas celle à Lanfeust, il ne fallait pas se tromper de héros du jour. La Prinzessin se contenta donc d'un regard torve, un de ceux qui font plonger la température sous le zéro et de secouer son index en direction de l'Auvergnat comme une gouvernante l'eût fait avec un sale môme.

Remise de ses émotions, Ingeburge entra tout à fait dans la salle, non sans croiser ses mains dans le dos tant ses doigts frétillaient à l'idée de se refermer sur le cou de Lanfeust, et elle salua légèrement de la tête les présents, en reconnaissant certains, en découvrant d'autres, gratifiant la duchesse de Cany d'une plus ample inclinaison de la tête. Ses pas la guidèrent vers la place réservée aux Grands Officiers de la Curia Regis et ils firent bien : le Maître des Cérémonies annonçait le début de l'intronisation.


EDIT = relecture

Dotch a écrit:
La Duchesse de Saint Florentin alla à l'invitation de la dame des Cérémonies s'installer sur son fauteuil. La cérémonie allait pouvoir débuter elle pourrait ensuite prendre un peu de temps pour aller son vassal qu'elle n'avait pas vu depuis quelques temps maintenant.


Akane a écrit:
Tout le monde avait pris place ?
Parfait !


- Merci à toutes et tous d'être présents, pour la cérémonie d'intronisation de notre nouveau Grand Chancelier, Terwagne Mérincourt, et de lui prêter hommage. Comme vous devez en douter, cette dernière a été nommée il y'a peu par Sa Seigneurie Dotch de Cassel, Grand Maistre de France...

Signe de la tête au Grand Maistre, puis à l'huissier Lanfeust qui devait appeler la future intronisée à se présenter devant la Cassel.


Guillaume_de_jeneffe a écrit:
En retard, en retard, il allait être en retard. En retard, en retard, il était en retard. La nuance n'était pas subtile, elle était sensible. Le chevalier avait laissé filer beaucoup trop de temps avant de se décider à se préparer pour la cérémonie qui verrait la création d'un nouveau porteur du manteau d'or, d'une nouvelle porteuse, plus exactement. Et ce qui devait arriver arriva puisqu'il quitta la tour Saint-Michel trop tard, avait été gêné par les sempiternels embouteillages lutéciens et dut même courir dans des couloirs qu'il ne fréquentait que peu de peur d'arriver à l'heure où les portes seraient ouvertes... pour laisser sortir l'assistance...

Arrivant à l'heure H+pas mal, au final, il se décida à jouer profil bas. Avant de se rappeler qu'en tant que Grand Officier, il allait devoir traverser toute la salle pour siéger à la vue de tous. Peste soit du protocole, parfois... Il rehaussa donc les épaules et d'un pas décidé, se dirigea vers... dedieu, la Noirissime et la Blondissime. Ce qui faisait au moins une personne qui voulait sa peau. Eh bien ma foi, si aucun autre Grand Officier ne se radine en vitesse, il va se retrouver pulvérisé façon puzzle...


Alienor_vastel a écrit:
Une petite moue lorsque Terwagne s'adressa à elle, la nommant par sa fonction icelieu alors qu'elle-même l'avait appelée par son prénom. En plus d'être maladroite et empotée, voila qu'en plus elle s'étrait montrée fort peu protocolaire !
Avant de croiser son regard malicieux et de pousser un léger soupir de soulagement. Comment avait-elle pu oublier l'humeur parfois taquine de la jeune femme, d'ailleurs elle se souvenait encore de la façon dont elle lui avait annoncé qu'elle avait réussi à l'examen pour son poste et qu'elle était prise ?!

Le sourire alla s'élargissant, la main plissa machinalement quelques plis de sa robe, la tête s'inclina légèrement et les pervenches se dirigèrent un bref instant vers les deux hommes que Terwagne avait laissé pour venir vers elle. Ainsi donc elle ne s'était pas trompé concernant l'identité de l'autre homme, et elle avait explication du geste qu'il avait eu envers Aimelin, et qui l'avait à la fois intriguée et amusée, quand elle l'avait vu faire d'où elle était.

Un hochement de la tête, prête à accompagner Terwagne, mais interrompue par la maîtresse de cérémonies. Et un haussement de sourcils en voyant la réaction de la jeune femme, son sourire comme appréhendant ce qui allait suivre maintenant.
Alors Aliénor, dans un élan spontanné comme elle savait faire, tendit la main pour la poser sur celle de son vis-à-vis, la serrant brièvement, faisant apparaître dans ses pervenches une petite lueur rassurante. Comme un silencieux "courage, ça va bien se passer !". Non, plutôt un "c'est à vous Terwagne, allez cueillir les fruits que vous avez bien mérités".
Un acquiescement de la tête à son murmure
A tout à l'heure, oui avant d'aller rejoindre sa place, dans les rangs des officiers de la Grande Chancellerie.
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MessagePosté le: Sam 18 Fév - 00:34 (2012)    Sujet du message: Publicité

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