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[RP] Post tenebras lux

 
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MessagePosté le: Mer 13 Juin - 22:22 (2012)    Sujet du message: [RP] Post tenebras lux Répondre en citant

Alienor_vastel a écrit:
    Après les ténèbres, la lumière

[Vendôme, 12 juin]

La lueur du jour commençait à peine à faire fuir les ombres de la nuit lorsque les cavaliers franchirent enfin la porte du village. Aliénor rabattit dans son dos la capuche de la cape de laine qui la préservait de la fraîcheur du petit matin, dévoilant un visage aux traits tirés autant par la fatigue que par l'inquiétude.

Ils avaient quitté Tours la veille, après avoir attendu, en vain, le retour de Marine ainsi qu'elle le leur avait promis. Un aller retour à Vendôme, avait dit la petite rouquine, pour voir ses amis qui s'y trouvaient.
Mais l'aller retour durait, et les rumeurs qui allaient bon train sur le marché de la capitale tourangelle où la blondinette s'était rendue pour un lèche-échoppe dominical avait fini de la convaincre qu'il n'était plus temps d'attendre, et qu'il fallait en avoir le coeur net quant au retard inopiné de Marine.

Elle avait bien essayé de se rassurer, de ne pas montrer ses alarmes, de se persuader qu'elle projetait sur la fillette la peur de ce qui leur était arrivé, à Aimelin et elle, un peu plus de deux mois auparavant sur les routes de Champagne. Sans doute Marine avait-elle prolongé un peu son séjour, ou alors son lapin s'était enfui et elle lui courait après, du moins c'était ce qu'elle avait dit à un Marc au moins tout autant préoccupé qu'elle, qu'eux. Sauf que le lapin était resté à Tours.

Mais en vain, il restait au fond d'elle ce petit pincement au coeur, ce regret de l'avoir laissée partir seule sur les routes. Ils en avaient parlé, avec Aimelin, avaient hésité à l'accompagner, mais il ne voulaient pas lui donner l'impression qu'ils la surveillaient, ils souhaitaient lui laisser cette liberté dont, tel un oiseau, elle avait tant besoin.
Et puis elle avait promis de revenir rapidement.

Mais Marine n'était toujours pas revenue.

Et puis il y avait ce rêve...



    [Tours, à l'aube du 10 juin] *

    - Comment ça, poutrée ?

    Les sourcils se froncent, signe chez elle d'incompréhension ou de désapprobation. Les deux, dans le cas présent.

    - Poutrée par l'armée d'Giffard !
    - Bah voyons...


    Ca lui est sorti comme un réflexe. Faut dire aussi qu'elle se défie de la fonction de Connétable, d'abord parce que ça lui a volé son père, bien des années auparavant. Et puis la déroute de Péronne à l'automne précédent, envoyer au casse-pipe des hommes et des femmes contre deux fois plus nombreux qu'eux protégés par des remparts, ça lui est un peu resté au travers de la gorge.

    - J'étais dans la lance de Kay, Esta et tout le reste, ils me ramenaient à Tours...
    - Hmpf. Le Coeur Navré s'est rendu et ils les poutrent quand même !
    - Elouan... Elouan... L'était là aussi... Ils l'ont tué...
    - Et en plus ils s'en prennent à des enfants ! Désespérant...


    Désespérée, mais surtout énervée. Un regard prolongé vers le visage exsangue qui lui fait face, semblant flotter dans l'air léger, et un long silence avant que la voix de Marine ne le brise.

    - L'Très Haut décidera si j'meurs... Ou si j'reviens...
    - Ben j'espère qu'il fera le bon choix et qu'il verra qu'il y a des gens pour qui le fait que tu reviennes est important
    - Ca fait mal ... D'mourir... Ils étaient plusieurs... J'ai rien pû faire...


    Un petit soupir alors que les pensées vagabondent un instant vers cette route champenoise, cette armée champenoise qui les avait attaqués, Aimelin et elle, sans raison valable. Et une petite grimace en même temps qu'elle porte machinalement la main à son flanc, là où ses côtes bien que ressoudées, la font encore parfois souffrir.

    - J'ai connu ça, ma puce... Faut que tu te raccroches à tes raisons de revenir. Moi c'est la main d'Aimelin, et sa voix, qui m'avaient retenue, quand les soldats m'avaient laissée pour morte.
    - Oh...


    Un léger sourire vient s'afficher sur les lèvres pâles de la gamine.

    - Faut que je vois avec les autres, on vient te rejoindre

    Les autres, c'est Aimelin, Ellesya, Marc, Minah, les proches de Marine, ceux qui l'attendent à Tours, ceux avec qui ils sont venus du Mans, première étape de ce tour du Royaume qu'ils veulent faire.

    - Attends Sya...
    - Elle ne sort de chez les soeurs que demain soir
    - Attendez..
    .

    Un silence à nouveau

    - Oh Aliénor... Prend soin de mon lapin, de mes pigeons boule de neige, de Roxy et de Chenapan... Pis aussi de mes vers d'terre ! S'il te plaît ! Pis aussi d'Marc !
    - Oui bien sûr !


    Bien sûr qu'elle le fera, même sans ça d'ailleurs ! Et surtout de Marc, depuis qu'ils se sont retrouvés, une quinzaine auparavant, elle a pu constater le lien qui unissait le jeune homme à la gamine, et elle se doute que l'absence de Marine va fortement lui déplaire. Ce qui est d'ailleurs un doux euphémisme.

    - M'ci Aliénor...
    - De toute façon, au plus tôt, on se ramène avec ta ménagerie !


    Et à propos de ménagerie, cette habitude qu'a Marine de sauter du coq à l'âne.

    - Pourquoi les grands sont méchants...?
    - Si seulement je pouvais te répondre...
    - C'est pas juste...
    - Non c'est pas juste ! On te dira que tu étais au mauvais endroit au mauvais moment... c'est ce qu'on nous a dit quand on avait été poutrés nous aussi. Pour quelques uns, des innocents prennent aussi.


    Un petit reniflement se fait entendre, Aliénor cherche machinalement un mouchoir à tendre à la gamine

    - J'fais quoi...?
    - Tu expliques au Très Haut que tu dois revenir !
    Petite grimace, mauvais souvenir Ca va faire mal par contre
    - M'en fiche !


    Et un sourire de la blondinette face à Marine qui croise les bras, boudeuse

    - Tu es courageuse, c'est une des choses que j'aime en toi ! Et puis on sera là... pour te tenir la main
    - J'sais...
    - Tu vas te remettre, et puis après on continuera ce voyage
    - Ne t'inquiète pas Aliénor... Ca va aller...
    - Ben si je m'inquiète... toujours pour ceux que j'aime !
    - J'souffre plus...
    - Tu laisses pas tomber, hein !


    Un silence. Long, pesant.

    -Marine !!! Faut que j'aille embêter le Très Haut pour qu'il t'aide à revenir ?! Même pas peur !

    Ce qu'on peut jeter comme fanfaronnades quand on rêve ! Quoique...
    Et un souffle léger dans le cou d'Aliénor.


    - Aliénor, ça va aller... Un instant de silence Aimelin...
    - Il va s’inquiéter aussi. On prendra la route de Vendôme au plus tôt.
    - Il ne doit pas s'inquiéter... Ca va aller...
    - On arrêtera de s'inquiéter quand on verra de nos yeux que ça va aller !
    - N'soyez pas choqués...
    - On en a vu d'autres, des gens qu'on aime aussi.


    Là c'est davantage pour se rassurer elle, ne sachant à quoi s'attendre et ne pouvant s'empêcher d'appréhender.
    Et un regard de la rouquine derrière elle.


    - Il faut que je te laisse Aliénor... J'dois parler avec l'Très Haut... Ou j'sais pas qui...
    Tu m'aimeras toujours, hein ?

    - Bien sûr, n'en doute jamais !
    Et dis lui, au Très Haut, que s'il te ramène pas, je me pointe pour lui dire ce que j'en pense !
    - M'ci... Je vous aime...
    - Nous aussi on t'aime, ne l'oublie pas !


    Et Marine, image éthérée qui disparaît peu à peu, de sourire à Aliénor qui lui envoie un baiser du bout des doigts.


[Retour à Vendôme, 12 juin]

La blondinette secoua la tête. Certes, sa mère lui avait souvent raconté comment elle eu la prescience de la grave blessure de Pisan devant Orléans bien des années auparavant, alors qu'elle même combattait à l'autre bout du champ de bataille, comme si un lien invisible reliait alors les deux jeunes femmes, comme si l'une avait ressenti presque physiquement de ce que l'autre avait subi.
Mais c'était par trop irrationnel pour l'esprit cartésien de l'adolescente. Et puis ça ne se pouvait pas, il ne pouvait rien être arrivé à Marine !

A peine le temps de déposer à l'auberge les quelques affaires emportées à la hâte, et le petit groupe se sépara. Les pas d'Aliénor la menèrent jusqu'à une taverne, après tout, avec le marché, c'était là qu'elle avait le plus de chance de croiser du monde.
Et ce fut là qu'elle prit connaissance des nouvelles en blêmissant. L'attaque incompréhensible de l'armée du Connétable sur le groupe de prisonniers qui s'étaient rendus et se dirigeaient vers Chinon, escortés par des soldats tourangeaux. Marine, qui avait profité du convoi pour ne pas prendre seule la route qui devait la ramener à Tours. Et dont plus personne n'avait de nouvelles depuis l'affrontement.
Disparue.

D'une démarche pressée, affichant une mine soucieuse, elle regagna l'auberge pour faire part de ce qu'elle savait. Tournant encore et encore dans sa tête les possibilités qui s'offraient à eux après ce qu'elle venait d'apprendre. Se perdant dans les ruelles de Vendôme qu'elle ne connaissait pas, heurtant par moment un villageois tant elle était plongée dans ses pensées, s'excusant à peine d'un geste de la main.

Le soleil était déjà haut derrière les nuages lorsqu'elle rejoignit enfin le reste du groupe. Quelques mots d'explication, et une discussion à bâtons rompus dans laquelle chacun cherchait à se persuader que Marine allait bien. Oui, surement qu'elle avait eu peur devant la violence du combat, qu'elle s'était cachée et n'osait quitter le refuge qu'elle s'était trouvé, cela ne pouvait être que ça !
Malgré ce rêve qui revenait en boucle, et dont Aliénor tentait de libérer son esprit.

De toute façon, il n'y avait qu'une chose à faire maintenant. Se rendre sur le lieu où Marine avait été vue pour la dernière fois.
Et se mettre à sa recherche.



---------------------
* Ecrit à quatre mains


Aimelin a écrit:
[Quelques jours auparavant]

" Et entendre ton rire s'envoler aussi haut
Que s'envolent les cris des oiseaux..."

(Renaud - Mistral gagnant)


Parfois la vie se plaisait à jouer des tours, semblant faire revivre des évènements déjà vécus, des situations déjà connues, des états d’âme sans cesse ressurgissant.

Tours… Vendôme… Le Mans… un petit tour par Laval pour revenir à Tours… la boucle était elle bouclée provisoirement en attendant qu’ils continuent leur voyage ? C’était sans compter sur la petite rouquine de neuf ans qui tenait plus que tout à aller voir Kay et des amis sur Vendôme.


- j’peux y aller dis j’reviens de suite j’te promets
- tu nous promets d'être prudente
- ouiiii !


Il avait hésité à la laisser partir seule sur les chemins malgré qu’elle en ait l’habitude pour son jeune âge, mais il n’avait pas eu le cœur à la suivre ne voulant pas lui donner l’impression qu’il la surveillait. Il veillait, il la guidait le mieux qu’il pouvait, il répondait à ses questions, ils parlaient beaucoup mais pour lui, il n’était pas question de façonner Marine à leur manière comme avait voulu le faire certains qui aujourd’hui l’avaient reniée. Elle en avait souffert, aujourd’hui elle avait retrouvé un certain équilibre entre Aliénor et lui, Marc son frère de cœur, Minah et Ellesya qu’elle devait sans doute considérer comme une grande sœur plus proche d’une mère. Aimelin aimait à les regarder échanger et il était rassuré de voir les liens que certains nouaient avec elle. Lui n’aimait pas montrer ce qu’il ressentait, il n’avait jamais été habitué à ça, mais il veillait sur elle avec toute la tendresse qu’il avait pour cette petite mioche rencontrée un jour de janvier passé sur une place champenoise enneigée.

Mais l’inquiétude avait grandi au sein du petit groupe lorsque le jour prévu la petite voyageuse n’était pas revenue et que les rumeurs parlaient déjà de voyageurs attaqués par une armée royale. Aucune missive et ils avaient pensé qu’elle avait voulu rester un peu plus. Mais les inquiétudes n’étaient pas des sentiments qui s’envolaient comme les feuilles en automne et le petit groupe avait quitté Tours pour Vendôme bien décidé à retrouver leur petite sœur de cœur.

Leur arrivée à Vendôme s’était faite sans soucis malgré l’appréhension de savoir les chemins si peu sûr et le souvenir de ce jour vers Compiègne quand une armée champenoise s’était fait un plaisir de les prendre pour cible sans qu’aucun des soldats de n’arrête et ne leur porte secours. Ils n’avaient eu la vie sauve que grâce à Kawa, la sœur du jeune Etampes, qui s’inquiétant de ne les voir arriver était venue à leur rencontre et les avait trouvé inanimés sur le bord du chemin.
Des guerres il en avait fait plus que de raison du haut de ses presque vingt deux années et il savait la stupidité des hommes lorsque leur raisonnement ne se faisait entendre que par la force des armes.

Le petit groupe s’était retrouvé après avoir en vain cherché à savoir si quelqu’un avait aperçu Marine. Le forgeron chez qui il était passé pour Altaïr n’avait vu que des soldats, ce qui était loin d’avoir rassuré l’ébouriffé.

Tout ce qu’ils avaient pu glâner comme informations, c’était qu’un groupe de prisonniers du Cœur Navré, ainsi que deux gosses qui profitaient de voyager en sécurité, se dirigeaient vers Chinon, escorté par des soldats tourangeaux, et que ce groupe avait été attaqué par l'armée royale. Il n’avait pas fallu longtemps pour deviner que Marine était l’un des deux gosses. La peur s'était emparée d’eux, comme la détermination à refuser que le Très Haut la rappelle à lui, et ils avaient décidé de partir à sa recherche le lendemain. En partant de Tours, ils avaient voulu couper à travers la campagne pour aller plus vite, et sans doute étaient ils passés plus loin que le lieu du drame.

Mais cette fois-ci, ils reviendraient sur Tours en suivant le chemin qu’empruntaient les groupes et armées, et ils la retrouveraient à tout prix.


--Les.paysans a écrit:


[Le 12 Juin 1460 - Sous les remparts de Vendôme, lieu de l'affrontement- ]

Chanceux comme ils étaient, les trois copains aimaient bien revenir chaques jours sur les lieux de l'affrontement. En effet, un peu après la bataille, ils s'étaient approchés des corps, ne sachant pas quoi faire pour venir en aide aux blessés. Le plus idiot des trois trébucha sur le corps d'un des blessés, l'achevant par la même occasion et tomba nez à nez devant la bourse pleine d'écus d'un corps ! Et c'est là qu'il eut une idée grandiose d'après lui ! Et s'ils prenaient les bourses des morts ? De toute façon, s'ils sont morts, ils s'en fichent ! Bien évidemment, il soumit ses idées à ses copains !

Un était d'accord mais le deuxième avait peur que les morts viennent les hanter, parce que ce n'est pas du tout bien ce qu'ils font. La vue des écus suffit par le convaincre et bien que les corps finirent par être ramasser, les paysans fouillaient encore parmi la terre et la chair pour trouver quelques écus.

Chaques écus qu'ils ramassaient, ils s'agitaient car pour eux, ils allaient devenir riches ! Ils pourront quitter papa et maman, ne plus travailler aux champs et épouser de belles femmes ! D'ailleurs, ils ne se sont pas contentés de prendre que des écus mais aussi des armes et de belles montures. Parmi les chevaux, on peut apercevoir un poulain avec une couleur grise, légèrement blessé au niveau du flanc et une besace particulière attachée à la selle. En effet, Marine avait dessiné des trucs sur sa besace avec du charbon. Bien évidemment, les dessins ne ressemblent plus à rien mais le sac de la mioche a une particularité, une patte de peluche en ressort ! Quand le plus idiot, a vu la patte de la peluche, il a été pris d'un léger remord mais il s'est bien vite consolé en se disant que ça ferait sans aucun doute rougir la fille qu'il convoitait depuis quelques temps déjà.

Bien évidemment, les copains n'étaient pas les seuls à chercher quelques écus, sous le regard méfiant de certains passants qui s'éloignaient à grande vitesse, ayant peur d'avoir des problèmes quelqu'il soit. Les trois copains s'en fichaient de tout, car tout ce qu'il compte, c'est qu'ils deviennent riches ! Adieu la morale ! Après tout, si ça se trouve, c'est le Très-Haut qui les récompense !


Alienor_vastel a écrit:
[12 juin - Près de Vendôme]


Ils avaient donc remis le pied à l'étrier. Si, pour venir, ils avaient coupé à travers la campagne, cette fois c'est la route qui relait Vendôme à Tours qu'ils prendraient. Après tout il paraissait logique que ce fut celle empruntée par une armée en déplacement.
La détermination de retrouver Marine remplaçait peu à peu l'impuissance qui avait saisie la blondinette en apprenant la disparition de la rouquine à laquelle elle s'était tant attachée. Ils y passeraient le temps qu'il faudrait, mais ils ne reviendraient pas dans elle ! N'osant même pas songer à un échec, ou pire. Le pire serait de retrouver son corps sans vie et Aliénor ayant déjà, malgré son âge, perdu de nombreux êtres chers, qu'il soit arrivé la même chose à Marine n'entrait pas dans le champ des possibilités qu'elle envisageait.

Un arrêt à la porte du village, pour demander à ceux qui les gardaient s'ils savaient où s'était déroulé l'affrontement, ne recueillant qu'un haussement d'épaules en signe d'ignorance, et un geste vague vers la direction qu'ils comptaient prendre de toute façon.
Un soupir s'échappa des lèvres de la blondinette, songeant qu'ils ne devraient compter que sur eux-même pour retrouver Marine. Un léger coup de talons dans les flancs de sa frisone, et ils se mirent en route. Les pervenches observaient, scrutaient, fouillaient les alentours, à la recherche d'un indice qui pourrait les aider dans leur quête.
A quoi pourraient-ils identifier le lieu qu'ils cherchaient, surtout deux jours après ? Une armée qui déferle sur un groupe, ça doit bien laisser des traces ! Un peu comme quand ils avaient été attaqués par cette armée de leur duché, sauf que la blondinette ayant sombré dans l'inconscience sitôt blessée, on ne pouvait pas dire qu'elle avait le souvenir de l'état du terrain après l'attaque.

Ils n'eurent pas à aller bien loin au final. Terre retournée, buissons foulés aux branches arrachées, débris épars, tout indiquaient qu'ils approchaient de l'endroit où l'on avait vu Marine pour la dernière fois. Aliénor tira légèrement sur les rênes d'Etoile pour la faire s'arrêter, se dressant sur ses étriers pour observer les lieux. Une grimace en imaginant sans peine la violence de ce qui s'y était déroulé. Un massacre, lui avait-on dit dans cette taverne, et elle arrivait sans mal à le concevoir.
Pervenches qui se voilent un bref instant en songeant à Marine, gamine perdue au milieu de la folie des hommes, et cette phrase de son rêve qui lui revient. "Pourquoi les grands sont méchants...? " Non, vraiment, avec ce qu'elle avait sous les yeux, elle n'avait pas de réponses à apporter.

La blonde adolescente avisa quelques hommes, des paysans visiblement si elle se fiait à leur vêture, et fronça les sourcils à la vue de leur comportement, réalisant ce qu'ils étaient en train de faire.
Se tournant vers Aimelin, elle pointa la main vers eux.


Des charognards, de ceux qui vont sur les champs de bataille pour dépouiller les morts et récupérer ce qu'ils peuvent ! S'ils sont déjà venus juste après l'attaque contre le groupe dont Marine faisait partie, peut-être auront-ils des choses à nous dire ?

Et la main redescendit, les doigts venant froler la poignée de la dague accrochée à sa ceinture. S'il fallait faire pression, elle n'hésiterait pas à s'en servir. Même si au fond d'elle elle préférerait ne pas avoir à le faire, non par peur, mais sa petite corpulence n'était pas en sa faveur face à ceux vers lesquels ils se dirigeaient maintenant à vive allure après avoir talonné leurs montures.
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MessagePosté le: Mer 13 Juin - 22:22 (2012)    Sujet du message: Publicité

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