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1461-08 ~ RP Du pain et du vélin

 
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MessagePosté le: Jeu 22 Aoû - 00:42 (2013)    Sujet du message: 1461-08 ~ RP Du pain et du vélin Répondre en citant

Kawa a écrit:
Et si la croute était brûlée, son pain était chaud et moelleux au-dedans (…) tu te laisse tomber à genoux et tu déchires le sac. L’odeur de pain frais te monte aux narines.
La première bouchée te colle à la gorge, et tu manques de t’étrangler. Il va falloir que tu prennes ton temps. Il te faut tout réapprendre depuis le commencement.

[ Jay McInerney - Bright lights, Big city / Journal de vol d'un oiseau de nuit ]

    Quelque part en Bourgogne

    Chambre confortable de prime abord. D’inconfort déçue, d’un confort inconfortable. Les draps n’étaient pas seulement rêches, l’oreiller n’était pas seulement commun, la désuétude l’attitude était celle de celle qui n’attend plus. Qui n’attend plus rien. Qui a déjà trop attendu.
    Il y avait dans ces chambres d’auberge toujours la même odeur qui flottait, même les fenêtres ouvertes, laissant à la brune la même impression surannée.

    De ce temps suspendu, elle a tiré une à une les cordes, et qu’en est-il tombé ?
    Une meurtrissure. Une déchirure, un mur.
    Le mur qu’elle a elle-même dressé, ce sont ses barricades, les barricades qui la protègent, les barricades qui se dressent haut, mais qui se fissurent parfois. L’usure, l’usure du temps…

    Pourquoi avaient-ils fait ce choix ?
    Voilà l’immonde question qu’elle se posait depuis qu’elle savait. Retrouver ce frère, cet autre soi, ce miroir que l’on a brisé. Avoir choisi le fils, avoir abandonné la fille. Toujours le bien pour le mâle, et pourtant, ne pas pouvoir l’en blâmer. Etre heureuse, être heureuse, qu’il eut été épargné. Une vie heureuse, une vie gâchée. Le choix…

    Mais quand, déjà, avait-elle été sereine ? C’est vrai, cette atmosphère doucerette, intime et sans faste rappelait peut-être, sans doute, aux voyageurs à l’âme vagabonde les souvenirs chers d’une enfance passée dans une maisonnette chaleureuse, au milieu de conversations patoisantes et bruyantes. Elle, c’était un autre sentiment qui résonnait à ses oreilles quand elle cherchait l’écho d’une enfance. Pour elle c’était les coups, le travail forcé dans cette ferme paysanne, ce couple qu’elle avait du… il avait bien fallu les faire taire, il avait bien fallu qu’ils arrêtent, il avait bien fallu… et ce chien qui venait lui voler son pain, même le chien… même le chien. Lui, elle l’avait épargné.

    A l’ombre du voile, noir, sombre, désespéré ; la lumière, la joie, le partage.
    Tout ce qu’elle aurait voulu avoir, il l’avait eu ; tout ce qu’elle avait eu, personne n’aurait souhaité le recevoir. Ne pas connaître son passé était si confortable que lorsque celui ci avait éclaté, elle avait alors retrouvé le néant. L’anéantissement.
    S’échapper. Vite. Ne pas se retourner, se terrer dans le mutisme, s’y lover, s’y endormir avec le seul vœu de ne jamais se réveiller.

    Si là au fond de son cœur, il y avait toujours eu ce vide, ce creux, ce trou béant, elle pouvait désormais le nommer. Là, c’était la place d’Aimelin, ce frère, plus qu’un frère, un jumeau, cette moitié arrachée à son enfance. Ce frère, cette moitié d’elle était bien trop loin, depuis bien trop longtemps.
    Il lui manquait.

    Les pieds fins furent déposés sur le plancher chaud, réchauffés par un soleil aveuglant, les volets comme souvent avaient oublié de se fermer, la jeune femme ferma les yeux un instant éblouie.
    Encore une nuit sans sommeil maugréa-t-elle

    L’écritoire de voyage était posé là, à quelques pas, mais comment écrire, comment dire tout ce que les années auraient du remplir ? Et comment combler cet abîme qui séparait ces deux êtres aux vies si différentes ? Quels mots lui souffler ? Cela faisait si longtemps… longtemps qu’elle cherchait, et ses maux à elle, cela faisait longtemps qu’elle les avait tus. Alors partager, échanger… est ce qu’elle savait encore ? Est ce qu’elle pouvait encore ?

    Elle passa ses doigts sur le vélin tendu, esquissa un geste vers l’encrier, se ravisa, regarda par la fenêtre, journée d’été bien claire, touches ombrées, ambrées de promesses dorées. Encaisser, chercher, se perdre pour se retrouver.

    Peut-être qu’il était temps de refaire le chemin à l’envers. Alors elle trempa la plume dans une encre fraiche et intense, noire, profonde, en entama l’épître qui, depuis tout se temps se profilait dans son esprit


      A Aimelin de Millelieues Seigneur de…

      Bon, laissons,

      Cher Aimelin,

      Il y a de ces moments qui n’ont que trop tardé, et dont l’urgence enjoint à l’action, dont le besoin enjoint à la plume, dont l’âme elle-même se doit répondre.
      Un de ces moments, tu l’as compris, est celui de cette lettre.

      Cela fait bien longtemps que nous n’en avons plus échangées, vagabonder, sourire, retrouver le vent sur mon visage, retrouver la sensation familière de ne rien avoir de familier. Peut-être qu’il faut ça. Il fallait ça.
      Tu le sais.

      Il fallait parcourir un chemin, celui de l’acceptation peut-être, d’un passé tronqué, d’une vie gâchée, d’une enfance commune que l’on nous a volée. Digérer une amertume anonyme sans plus de vengeance, digérer d’avoir eu à perdre sans combattre.
      Prendre, on m’a pris ma vie Aimelin, on me l’a prise comme ça, sans me consulter, plus rien n’est à prendre chez moi, je ne laisserai plus jamais qui que ce soit s’emparer d’une part de moi, fût-elle infime, il faudra attendre, attendre que je veuille ou que je puisse donner.
      Un besoin, un oubli pour accepter de ne pas avoir de souvenirs. Et pour se préparer, pour pouvoir, en créer de nouveaux.

      Vois-tu ce cœur blessé et durci qui est le mien s’est ouvert à toi. Et cette faille qui l’entaille a cessé de saigner, de battre, de cogner, pour s’apaiser enfin.
      Une marque, une trace. Une attache, que j’ai cru pouvoir estomper. Un mode d’être, que j’ai cru pouvoir sauvegarder. Une habitude, enfin, qu’il me faut te céder car depuis le jour où j’ai su, plus rien, au fond, n’a été pareil.

      Car enfin malgré l’amputation dont nous avons été, chacun à notre façon, les victimes, le lien était indéfectible et le demeure. Et c’est ce lien aujourd’hui, qui distendu par une absence que je reconnais trop longue, m’appelle à te revenir.
      Et ce lien qui nous unit n’a cessé de m’accompagner, n’en doute pas une seconde, pas une des mille lieues que j’ai parcourues n’a été franchie sans ton nom, sans ton souci, que fait-il ? Que se passe-t-il ? Comment vont-ils ?

      Ne te méprends pas, mon frère. Je ne te parle pas d’une malédiction, d’une douleur, d’un fardeau, ou que sais-je encore ?
      Je te parle de cette sensation douce-amère qui accompagne et pèse à chaque pas, de savoir que quelque part, ailleurs ou tout près, il y a cet être pour lequel on compte et qui compte pour nous. Que cette liberté, conquise dans la douleur et dans la peine, et chérie depuis comme le meilleur des biens, le plus sûr et le seul, est désormais ténue, tenue sous le joug des liens d’un sang que l’on découvre avec plaisir.
      Ce sentiment, tu le connais, tu l’as toujours connu, A moi, il a fallu l’apprendre.

      Je te parle surtout de ma hâte et de la chaleur avec laquelle je t’envoie ces quelques mots, car je prends la route.
      Encore une nouvelle fois, avec la destination la moins incertaine que j’aie pu choisir ces derniers temps. C'est-à-dire vers toi. Il me tarde de revoir ton visage, même s’il est gravé dans mon esprit, serti des plus beaux sentiments. Les effusions d’affections, les grands gestes, ne sont toujours pas cependant inscrits parmi mes usages. Il y a de ces penchants indécrottables, je suppose, qui malgré mes efforts, ne se gommeront pas.
      Je devine ton sourire. Tu ne me demandes pas cela. Je le sais.

      Alors instruis-moi. Je m’enquiers de tes nouvelles. Des tiennes et de la belle Aliénor, de ta terre aussi, de tout ce qui fait ta vie, et de tout ce qui fera l’objet de discussions que je sais que nous poursuivrons jusque dans les ténèbres moites des nuits d’été.

      K.


Aimelin a écrit:
[La Champagne... mais trop tôt pour les bulles]

"Le ciel n'est plus qu'un long tissu de brume
Il va faire une nuit sans lune
Et demain je n'aurai pas dormi"
(cabrel – je rêve)


Son regard abandonna la course d'un nuage qui doucement s'étirait sous la pale lueur de la lune, pour se poser sur l'endormie. Il faisait frais près de cette fenêtre où il avait pris l'habitude de venir se poser sur l'encadrement, pour respirer lorsque le sommeil ne venait pas. Trop de questions, trop d'inquiétudes. Ses prunelles suivirent doucement les courbes allongées, pour s'attarder sur le ventre recouvert d'une fine chemise mais qui lui laissait imaginer ce qui pouvait se passer à l'intérieur. Est ce que ce petit bout le reconnaitrait ? Est ce qu'il serait un il ou un elle ? Est ce qu'il serait à la hauteur pour le protéger. Et s'ils étaient deux ? Comme Kawa et lui.

Une ombre s'invita alors qu'il se remémorait ces mots qu'il connaissait par cœur "deux nourrissons nés le même jour de la même mère, sont signes du sans nom... au risque que le Très Haut ne s’en prenne à l’un de vous.... je vous ai séparés par amour …"
Cette missive de sa mère, gardée jalousement dans un coffret et qu'il avait lu des centaines de fois imaginant celle qu'il n'avait jamais connue mais qui lui avait manqué tant de fois. Cette lettre qu'il avait pu lui faire lire, à elle, son double, après qu'ils se soient retrouvés cet hiver là, sur cette place enneigée, au milieu du bordel incomensuré des défenses champenoises ... encore ? Le hasard était parfois étrange.

Le signe du sans nom... et s'ils étaient deux ?

Sans bruit il se dirigea vers ses vêtements posés sur une chaise et sortit de la poche de son pantalon, un vélin plié soigneusement. Prenant garde de ne pas réveiller Aliénor, il se dirigea vers la petite table et alluma la chandelle avant de laisser à nouveau son regard parcourir les phrases couchées... "on m’a pris ma vie Aimelin, on me l’a prise comme ça, sans me consulter".
Le sourire qu'elle avait deviné était apparu. Elle revenait et peu lui importait que ce soit pour deux jours ou deux mois, elle revenait. Les effusions d'affections n'étaient pas les usages du frère et de la sœur, même si lui faisait quelques progrès depuis Aliénor. Il sourit à cette fois, à l'Auberge des Petits Cailloux, ou il lui avait collé une bise sur la joue parce qu'il était heureux. D'abord étonnée elle avait eu un réflexe de fuite, et elle lui avait dit ne pas être habituée. Au fil des jours, de rares fois elle s'était appuyée sur son épaule, et ils étaient restés sans parler.
Nul besoin de mots lorsque la personne à ses côtés était notre double. Et quel meilleur moyen de combattre ces maudites insomnies qu'en maniant la plume.
Plume et vélins sortis, il laissa courir ses mots.
.

Citation:
K.

Il est des moments où l'on doit savoir suivre la course d'une étoile, sans la déranger, sans que notre souffle n'en dévie sa trajectoire.
Le regard la suit, amusé, étonné, parfois admiratif ou émerveillé, et puis l'on se penche pour tenter de la voir s'enfuir jusqu'à ne devenir qu'un minuscule point qui disparaît avec les premières lueurs du jour.
Et le soir venu, on se surprend à la guetter et à la suivre à nouveau lorsqu'elle réapparait au regard pour continuer à nouveau sa course, libre, et revenir à la tombée du jour.

Tu fais partie de ces étoiles que l'on ne doit pas déranger dans leur course, et qu'il faut laisser scintiller pour qu'elles se sentent libres. Je ne connais que trop ton besoin de liberté pour en avoir discuté avec toi.
Nous nous sommes promis de ne plus nous perdre où que nous soyons, quelles que soient les distances qui nous séparent.
Lorsque je pense à toi je regarde le ciel en me disant que quelque part tu le vois aussi, et ça me rassure, même si j'avoue que tu me manques.

Je ne sais d'où tu m'as écris mais je t'attends avec l'impatience d'un frère et le sourire que tu as deviné sur mes lèvres.
En ce moment, nous nous trouvons à Compiègne où nous défendons encore la ville.
Je vais avertir notre Prévôt de ta venue afin que tu n'aies pas soucis de LP.
Il suffirait de toute façon que tu lui dises que tu es la soeur d'Aimelin pour qu'elle soit capable de t'envoyer escorte.

En relisant ta lettre, je me rends compte que je pense souvent à toi, à nous, à ce qui nous est arrivé, à ce que nous n'avons pas vécu ensemble.
Toi et ta souffrance avec ces misérables qui t'ont volée sur les chemins alors que mère voulait te confier à de braves gens.
Moi et ma vie insouciante au milieu des vergers avec des gens qui m'ont appris l'amour des chevaux, et tant d'autres choses.
En ce moment ces images de nous enfants m'obsèdent. Nous étions deux.
Dans cette lettre que je t'ai montrée, mère nous dit nous avoir séparés par amour afin que le Très Haut ne se venge pas sur nous du fait que nous soyons nés le même jour de la même mère.
Aujourd'hui je me pose cette question. Avait elle eu raison de nous protéger au prix de ta souffrance.

Te parler d'Aliénor. Au moment où je t'écris elle dort et ces pensées à propos de nous, enfants, tournent dans ma tête parce qu'elle va me faire le plus merveilleux des cadeaux, lorsque la campagne se couvrira de couleurs jaune et feu. Tu sais que nous ne sommes pas bien disciplinés pour respecter l'ordre des choses et nous n'avons pas dérogé à la règle.
Nous ne sommes pas encore mariés, faute de trouver le temps, et puis je t'attendais, et comme tu dois déjà t'en douter, elle attend notre premier enfant.
J'avoue être inquiet et impatient en même temps et je sais que je n'aurai jamais la force de faire comme mère si cela arrivait qu'ils soient deux.

Depuis ton départ de Sainte il y a une année il s'est passé tant de choses. Nous avons tenté de voyager et nous sommes arrêtés au Mans. Les guerres encore les guerres.
Et puis Marine a fait de sales rencontres et d'ailleurs je m'inquiète pour elle. Depuis février où elle est venue à Etampes je n'ai plus de nouvelles. J'ai écris sans réponse et n'ose plus écrire à sa mère adoptive de peur d'apprendre l'inévitable. Je préfère être lâche que malheureux. Peut être l'as tu croisée, ou as tu eu de ses nouvelles.
Et puis en mars nous sommes revenus en Champagne afin d'aider la Reine et depuis nous y travaillons et malgré le ban libéré par ce nouveau roy, nous protégeons encore ces terres.
Heureusement pour l'instant, côté joutes je n'ai pas de tournoi à organiser, ce qui me permet de souffler un peu, même rarement.
Dans peu de jours je dois aller participer à des joutes en Languedoc, au Tournel. Peut être nous accompagneras tu, Aliénor s'est résignée à ne pouvoir participer que du côté spectateur.

Tu vois, nous aurons mille choses à nous dire et ma blondinette sera heureuse que tu sois enfin là, elle ne peut aussi s'empêcher de s'inquiéter pour toi.

Que le Très Haut veille sur toi.

Ton frère


Il suivit le pigeon des yeux jusqu'à ce qu'il se perde dans la pâle lueur du jour qui chassait doucement les ombres et sortirait bientôt victorieuse de leur combat.


Kawa a écrit:
[ La Champagne… Il fait soif...]

« Nous sommes dans les broussailles ; croît en nous l’herbe mauvaise, un crin mental qu’il faut arracher par poignées pour découvrir le paysage qui nous entoure. »

[ de Christian Charrière
Extrait : Le Maître d’âme ]

    Une petite halte, toute petite…

    Les pas de Nomade semblaient plus léger, la terre Champenoise, il semblait la fouler avec plus de détermination qu’à son habitude, elle ne le ménageait pas, ne prenait pas le temps de s’arrêter dans les villages environnants, à quoi bon, elle savait où elle allait… pour une fois.
    Elle avait reçu le pigeon de son frère en avait détaché le message mais, n’avait pas encore pris le temps de lui répondre, elle se torturait ainsi encore un peu, imaginant ses mots, imaginant sa surprise, longtemps qu’elle avait quitté les lieux et pourtant rien ne semblait avoir changé, elle se demandait si le vieux Greg était toujours là…
    Il l’avait fait sourire ce vieil homme…

    Elle semblait détendue, relâchée et pourtant quelques lieues plus tôt un brigand avait tenté de la désarçonner d’une part et de la dépouiller d’autre part… il avait réussi la première étape mais pas la seconde, la jeune femme avait du apprendre à se battre comme un homme, et elle n’avait aucun remord, aucune hésitation, elle s’était débarrassée de ses bourreaux et n’avait jamais rien ressenti de leur avoir ôté la vie, elle avait aussi été recherchée à l’époque, s’en était suivi une course infernale, quand on se cache, quand on est au aguets tous vos sens semblent en éveil, plus sensibles, plus développés, elle avait appris à manier l’arc en premier, son arme de prédilection, sans doute parce qu’elle était silencieuse et rapide, que l’on pouvait à loisir se camoufler et attendre sa cible, puis l’épée qu’elle avait choisie courte, plus légère et donc plus maniable, elle cachait enfin en permanence une dague le long de sa cuisse gauche, bien sûr, elle n’était pas invincible, après tout ce n’était qu’une femme, une femme dont la silhouette pouvait témoigner de nombreuses heures d’entrainements.

    Non, elle n’était pas vraiment faite pour les travaux d’aiguilles, de ménage ou de cuisine, elle s’était construite dans un univers masculin, avait appris parmi eux, et pour quelques uns elle en gardait un souvenir reconnaissant, parfois tendre, d’ailleurs elle préférait leur compagnie, ne trouvant guère d’intérêt à partager les commérages de ces dames, elle parlait peu, écoutait beaucoup, ignorait souvent…

    Un de plus… elle avait souri lorsqu’elle était remontée sur sa monture, elle s’était rapidement débarrassée de la poussière du chemin ; elle avait juste souri et s’en était retournée sans plus de considération pour le pauvre hère qui gisait là…
    Un jour de chance, peut-être… de trop bonne humeur, elle l’avait épargné…

    La nuit tombait désormais et la faim lui tenaillait les entrailles, un campement fut bien vite installé et c’est là alors que son repas s’achevait et que sa monture fut libérée de sa selle, qu’elle entreprit sa lecture.

    Délicatement elle déroula le parchemin, se mit à sourire dès les premiers mots, puis leva la tête, elle aussi, elles filent les étoiles, elle ne s’était pas rendue compte, avait sans doute perdu la notion du temps, plus d’une année, elle fronça les sourcils.

    Le prévôt avait déjà été contacté et elle s’était bien gardée de lui faire savoir qu’elle était sa sœur, pas de passe-droit, elle avait quand même laissé son nom, le leur…
    Il est vrai que son frère n’était pas inconnu en ces terres, pas comme elle, qui était inconnue un peu partout tout en ayant quelques connaissances en quelques endroits. D’anciennes batailles menées, de franches amitiés, de simples connaissances, ou plus rien ; On lui disait souvent l’avoir déjà croisée quelque part…
    Elle répondait par un sourire amusé…
    Qui se souviendrait d’elle en Champagne…

    Quand il évoqua leur mère son visage se ferma d’une légère grimace, elle ne pardonnait pas à cette femme, eût-elle toutes les raisons du monde, fussent-elles les meilleures, elle ne pardonnait pas… Elle n’avait pas évoqué avec son frère ce léger détail, sans doute qu’elle aurait tout le loisir de lui faire part de ses sentiments à ce sujet par la suite. Leur père, ils n’avaient pas eu le temps de l’évoquer ou très peu, quelques ombres persistaient encore mais elles étaient du passé…

    Son regard se figea alors et elle se mit à déglutir… un enfant…
    Un enfant…

    Sans plus tarder elle prit la plume… parcourant quand même les derniers mots qui après cette nouvelles eurent du mal à se figer dans son esprit.




      Aime,

      J’ai franchi tes terres il y a peu, rencontré un retardataire malheureux, je vais bien, rassure-toi, lui, moins…

      Je serai auprès de toi dans quelques jours je pense, une petite semaine au plus, il semble quand même qu’il se trouve quelques trainards sur vos routes, pour ça le paysage n’a pas beaucoup changé… pour le reste non plus…

      Tu me dis que je suis partie depuis plus d’un an, j’en suis surprise, à croire que le temps a du se figer pour moi. Tu me trouveras peut-être changée, un peu… beaucoup…

      Aliénor va donner naissance… alors ça c’est… c’est une nouvelle merveilleuse, j’en déduis qu’il va falloir te marier, toi, te marier, il va t’en falloir des cailloux… des trésors de cailloux… je suis heureuse, un ou une ou deux Millelieues de plus dans ce royaume, je dis que ce serait vraiment fantastique.
      As-tu retrouvé nos sœurs ?
      J’y pense souvent, je me demande qui elles sont, si elles nous ressemblent un peu, si elles ont hérité de ce caractère particulier que quelques mauvaises langues diront mauvais… il n’en est rien n’est-ce pas ?
      Il faut juste, prendre le temps d’apprendre à nous connaître et nous pouvons nous montrer quelque fois… Mmh… aimables, bienveillants et, non, oublions ce que nous pouvons être. Soyons.

      Un enfant, c’est terrifiant… c’est doux, c’est tendre, c’est fragile aussi, tu dois être dans tous tes états… je t’imagine soucieux, je t’imagine souriant aussi.
      Aliénor est une des rares femmes avec qui je me suis entendue, j’ignore pourquoi mais il s’est passé entre nous quelque chose, je l’ai sentie proche de moi, elle me comprenait, mais sans doute était-ce la proximité qu’elle entretenait avec toi qui lui rendait les choses plus faciles… nous sommes différents sur la forme mais elle connaît le fond…
      C’est comme si elle pouvait lire en moi, sans que je n’aie besoin de parler, je me souviens de sa surprise, de son constat, d’apercevoir en moi les même réactions que les tiennes.

      Marine, non, je ne pense pas l’avoir croisée, elle était surprenante cette petite, elle restera le témoin de nos retrouvailles.
      Après tout si elle n’avait pas voulu prendre cette place, je n’aurais jamais entendu tes clochettes et… non ne ris pas c’était très sérieux tes clochettes… un vrai troubadour ambulant.

      Tu dois partir dis-tu… en Languedoc… cela signifie que je ne dois pas tarder.
      Aliénor en spectateur… je l’imagine pester, pire je l’entends…

      Il fait nuit, je reprends la route à l’aube. Compiègne, Compiègne quelques souvenirs en ce village…

      A tout bientôt.

      K.


Aimelin a écrit:
[La Champagne... mais c'est où ça ? ]

"Quelle solitude d'ignorer ce que les yeux ne peuvent pas voir ....
Dessine-moi un mouton
Le ciel est vide sans imagination"
(M.Farmer)



La bougie était soufflée, et non essoufflée, le parchemin dansait doucement devant ses yeux, sur le bureau, à peine soulevé par la petite brise qui se promenait sans aucune gêne dans la pièce où le jeune bailli finissait de donner ses consignes pour le cheptel.
Très important le cheptel. C'est qu'on s'y attachait à ces petites bêtes genre vaches, moutons et cochons.  Enfin petites si on les regardait de loin côté vaches parce que la marguerite d'hier avait failli lui ôter le bonheur de jouter pendant quelques temps à l'ébouriffé, si son sabot avait atteint son joli minois.

Dangereuse en plus la fonction de bailli, il faudrait qu'il en touche deux mots à sa jolie maman préférée, vu qu'il n'en avait qu'une de toute façon, à savoir la vice Duchesse qui ces jours ci faisait office de Duchesse, joli papa étant quelque peu souffrant. Et un petit sourire en repensant à sa discussion de la veille avec Malt. Elle l'avait encouragé et rien que ça valait tout l'or du monde, il se sentait prêt.
Les bestioles expédiées sur la foire où les braves gens pourraient admirer leur beauté et les acquérir ce qui serait encore mieux, le jeune brun regarda à nouveau le vélin frissonnant.

Un sourire permanent depuis qu'il l'avait lu. Sa jumelle semblait être aussi heureuse que lui à la venue d'un enfant et il s'en trouva soulagé. Non qu'il avait peur qu'elle grimace, mais vu qu'ils avaient les mêmes réactions, ça le confortait dans le fait que devenir papa était .. merveilleux. Oui je sais il ne parlerait peut être pas comme ça lorsqu'il passerait des nuits éveillées à se soucier du moindre toussotement sans doute, mais pour l'instant il était sur un petit nuage dont seul un coup de lance le délogerait.
Une grimace à l'allusion de Marine et à son silence. Tout ça ne présageait rien de bon, ça n'était pas dans les habitudes de la petite rouquine de le laisser sans nouvelles si longtemps, et le jeune Etampes commençait à gamberger, imaginant des choses pires et bien plus encore.

Il se secoua, relut la brève réponse qu'il avait faite tout en se levant, emportant le parchemin avec lui avant de le confier à l'un de ses pigeons qu'il avait surnommé keunoeil, en raison d'une facheuse rencontre avec un clocher d'église.

Citation:
K.

Quelques jours. J'ai peine à y croire et je peux t'assurer qu'Aliénor et moi t'attendons avec joie. J'essaie de ne pas trop y penser pour ne pas passer mes journées au castel à guetter par la fenêtre.

Pour le mariage, dès que ce sera possible nous le ferons bien entendu, mais j'ai toujours voulu quelque chose de simple, avec les gens qui comptent pour nous.
Notre rêve était de nous marier sur une plage de Normandie, lorsque nous y étions. Mais même là bas nous n'avons pu trouver le temps, la guerre nous ayant bien vite rattrapée.
Comment font les autres pour se marier?

Des petits Millelieues, je n'avais pas pensé à ça, qu'ils porteraient mon nom et voilà que je suis encore plus impatient de rencontrer ce petit inconnu qui me fera surement devenir dingue. Ce qui me console c'est que sa mère le deviendra aussi, et peut être bien toute sa famille. Prépares toi donc à avoir des nerfs d'acier dans quelques mois.

Et oui un enfant c'est terrifiant. Mais au fil des années j'ai appris à les connaître, et avec la petite Angelle au domaine et puis Marine, j'ai acquis un peu plus d'expérience.
J'ai aimé parlé avec la petite rouquine, j'ai aimé ses réactions étonnées, désapprobatrices ou tout simplement rebelles.
Un enfant ça ne triche pas et il te dit ce qu'il pense, et de la façon dont il voit les choses. Ensuite, c'est à nous de lui expliquer s'il se trompe.
Je crois que je vais aimer ce rôle où j'aurai un plus petit que moi pour qui je vais compter plus que tout.

Les clochettes... Quelques gobelet d'étain dans ma besace et j'étais devenu un troubadour qui a suscité la curiosité.
Sais tu que j'avais envoyé de ces gobelet à la reine nebisa pour lui suggérer l'idée que nous pourrions les utiliser contre l'ennemi si nous n'avions plus d'armes ?
Elle ne m'a rien dit, mais a du me prendre pour un fou.

Et pour le Languedoc ne t'en fais donc pas, ce ne sera qu'un aller retour.

Je t'attends, nous t'attendons. Fais attention à toi en chemin.
A tout bientôt.

Que le Très Haut veille sur toi.

Ton frère


Kawa a écrit:
[ La Champagne... Encore trop loin... ]

« Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m’enrichis. »
[ Antoine de Saint-Exupéry ]

    Paisiblement, la porte de Reims se dessina. Les chemins n'avaient pas été sûrs, mais c'est sans réel soulagement que la brune atteignit la ville. Depuis longtemps, les embuscades ne l'effrayaient plus, de toute façon. Alors, bien armée, mais surtout sereine, elle cheminait comme de coutume, à l'aise mais alerte, le sourire rivé aux lèvres dans la chaleur tendre d'un été déjà déclinant, les pensées amarrées auprès de ce frère vers lequel depuis quelques jours déjà elle s'était enfin élancée.

    La vérité c'est que, au gré de cette douce songerie qui embrassait ses traits d'ordinaire plus durement affermis, elle songeait qu'il était bien heureux qu'elle se soit décidée, à ce moment là, à lui renvoyer une lettre. Elle songea que les coïncidences, si elles avaient jusqu'ici parsemé son chemin d'embûches, tournaient peut-être finalement en sa faveur.
    En effet, c'était probablement l'un des moments où son frère avait le plus besoin d'elle. Et elle l'avait comme ressenti. C'est vrai, pour Aimelin, les choses prenaient toutes couleurs et saveurs différentes maintenant que sur ses épaules, à ses responsabilités politiques sans cesse renouvelées, s'ajoutait celle d'une paternité à venir.

    Et sur les siennes, fatalement, pèseraient celles d'une tante, bientôt.
    Les enfants, elle n'y avait jamais vraiment songé. La jeune femme n'en avait jamais été dingue, pour reprendre l'expression qu'Aimelin avait employée dans sa lettre, mais qui ne faisait écho chez la farouche cavalière à aucune réelle expérience.
    Quelle expérience avait-elle eu de la famille ? La pire. Et qu'en avait-elle retiré ? Un goût de la liberté. Violent, pur, à s'en brûler les poumons et à s'en être brûlé les ailes mais aussi la trachée, lors de ces nuits sombres où dans les tavernes, bien tard, elle avait noyé, pour oublier, dans ses recettes de bière améliorées, l'amertume de jours qu'elle n'avait pas coulés heureux. Alors comment aborderait-elle ce rôle ?

    D'ailleurs elle n'aimait pas vraiment les enfants. D'ordinaire, elle ne s'attardait pas trop sur leurs babillages : dans ces futurs adultes, elle ne reconnaissait rien d'elle. Pas un point d'accroche, pas une similitude sur laquelle elle pourrait s'appuyer pour essayer de leur parler. Trop futiles, trop joyeux, trop pleins d'entrain et d'innocence, trop bavards, trop imprudents, trop curieux et presque pénibles au fond pour cette femme calme et ferme qui ne s'attendrissait pas de leurs jacasseries. Les choses seraient-elles différentes avec ceux d'Aimelin ? Sans doute.

    Par la force des choses, elle ressentirait probablement ce lien qu'elle a immédiatement eu avec son frère sans même le connaître, elle qui pourtant se livre peu. Mais alors quoi, que serait-elle, qu'une étrangère au fond avec laquelle cet enfant né et élevé dans l'amour n'aurait en fait rien à voir. Rien d'autre qu'un sang, mais c'était déjà tant.

    Elle, elle n'y avait pas vraiment songé, à fonder une famille. Son frère qui allait se marier et avoir un enfant, évidemment, ça la rappelait à son propre statut. Solitaire, clairement. Les tendresses qu'elle avait eues s'étaient dissipées bien vite dans l'éclair incandescent de passion, ou s'étaient révélées trop ennuyeuses, trop confortables, trop sirupeuses et trop importunes pour qu'elle les prolonge. D'ailleurs, s'engager n'avait jamais été une option. Et ils l'avaient su, dès le départ, même si parfois, ils avaient essayé de la retenir. On ne la force à rien, et essayer de la contraindre, c'est la perdre.

    Quoi qu'il en soit elle pénétra dans la ville, après avoir montré patte blanche en présentant son laissez-passer à l'entrée de la capitale, d'un geste rituel sans plus vraiment devoir y faire attention : l'habitude rongeait tout, jusqu'à l'imprévu qui aurait pu surgir d'une altercation. La jeune femme avait tout de même remarqué que les gardes étaient aux aguets, la région étant en conflit bien souvent, et les voyageurs n'étant pas tous aussi courtois que la brune. Le danger venait de partout, et probablement de l'intérieur, alors c'était un hochement de tête méfiant qui avait accueilli son autorisation pourtant hors de toute remise en question.

    Elle entra dans une taverne. Non pas qu'elle ait une envie folle de converser, mais elle cherchait un endroit où écrire à son frère. Elle partirait au plus vite, mais n'était pas sûre d'avancer beaucoup ce soir là. Le cheval était fatigué. Elle n'était pas de ceux qui poussent leurs bêtes à l'épuisement.
    Nomade, elle l'aimait, comme son compagnon de toujours et de toutes les fortunes ou infortunes. Alors elle tira un tabouret, sortit son écritoire de voyage, héla la tavernière pour une chope et sans prêter attention aux deux hommes déjà gris, elle se mit à rédiger une courte missive. Elle voulait gagner du temps : essayer de partir au plus tôt, et s'il fallait rester une nuit, pouvoir être prêts aux aurores.



      Cher Aime,

      Je partage ta hâte, d'autant plus que la route est longue, et dangereuse. J'ai du faire un détour. Je suis arrivée à la Capitale.
      Bien que solide, mon étalon fatigue, les caillasses mal polies, les crevasses des routes de Champagne...
      Ton pigeon a une drôle de tête... j'en suis perplexe...
      Enfin, ce qui compte, c'est que bientôt nous nous reverrons.

      Une plage de Normandie... Il est certain que l'évocation qu'amèneront les galets sera tout un symbole de votre histoire, à Aliénor et toi ! Je pense qu'il faut prendre le temps de faire ce qui doit être fait. Les hommes sont les hommes, et des fers sont chaque jour forgés pour mener des batailles. Je crois que ceux qui se sont mariés ont choisi de prendre ce temps qu'ils n'avaient pas. Et qu'une fois père, tu auras encore moins, d'ailleurs.
      Enfin quoi qu'il en soit, la Normandie étant désormais hors de portée, ne tergiverse pas trop sur le lieu. Ce qui importe au fond, c'est votre union, pas les fioritures autour. Mais tout cela, je ne te l'apprends pas.

      Enfin, je ne doute pas du charme qu’exerceront ce ou ces rejetons sur toi, et je ne doute pas que tu te réjouiras des moments passés avec eux. C'est drôle, comme les choses évoluent. Un an passé et te voilà sur le seuil d'une nouvelle vie. Tu vieillis, mon frère ! … Et bien que nous ayons le même âge, je crois pouvoir déjà prédire que les cheveux blancs parsèmeront ta chevelure avant la mienne !
      Cela dit effectivement, tu as déjà acquis une certaine expérience auprès des enfants, et je crois d'ailleurs que la petite Marine t'appréciait beaucoup. Enfin, tu as cette fibre paternelle, assez rare, je crois... Tant mieux, cela ne présage que de bons auspices.

      A tout bientôt.

      K.


Aimelin a écrit:
[Compiègne, fin aout]

"Si la vie s'était comportée mieux
Elle aurait divisé en deux
Les paires de gants, les paires de claques"
(Le Forestier)



Il avait levé les yeux et un sourire avait fendu son visage pourtant fatigué par des mois de défense et de travail. Elle n’avait pas changé, toujours aussi belle et ses yeux d’un gris perlé de vert pareils aux siens semblaient toujours chercher le petit détail qu’elle pourrait entre apercevoir lorsqu’elle les posait sur quelqu’un.
Une accolade furtive emplie de tendresse retenue avait marqué leurs retrouvailles, et puis des discussions teintées de regrets pour lui de n’avoir le temps de profiter de ceux qu’il aimait de part sa fonctions et ses obligations. Mais une promesse de toujours se retrouver et cette promesse ils la tenaient. Elle était une moitié de lui.
La soirée s’était passée comme s’ils ne s’étaient jamais quittés et elle le lui avait fait remarqué en souriant. Les confidences avaient été au rendez vous, les mots sortaient avec bien plus de facilité qu’au début de leur relation, et la discussion avait inévitalement déviée sur le futur Millelieues qui les avait ramené à leur propre enfance. Celle volée de sa sœur, celle heureuse qu’il avait eu en Languedoc, celle qu’ils n’avaient pas eu ensemble. Ce temps que malgré tout jamais ils ne rattraperaient, parce qu’une mère voulant les protéger les avait séparés. Alors ils s’efforçaient de compenser ce vide passé par le présent.
Et paradoxalement, s’il avait du mal à l’entrainer dans leur sillage pour les joutes sachant qu’elle n’aimait pas spécialement ces lieux, elle était devenue le temps de sa présence en Champagne, sa garde du corps attitrée. Il savait sa qualité de combattante et il comptait bien sur elle pour pouvoir l’entrainer un peu entre deux élevages de bestioles et quelques comptages d’écus.

Et c’était pendant un petit repos bien mérité alors qu’ils avaient croisé le fer qu’il repensa à cette invitation reçue il y a quelques jours.


Hum dis moiet de tourner ses prunelles vers elle.
Une amie de longue date m’a invité à lui rendre visite sur ses terres sises au nord de Sedan, et donc au nord de Reims, dans le Duché de Bouillon, où elle organise un tournoi de bretteurset de se gratter la joue droite en signe de perplexité.
Alie m’accompagnera bien entendu même si je sais qu’elle n’est pas ravie car j’ai décidé de participer.

Et de laisser son regard se perdre à nouveau au loin vers la campagne champenoise dont la légère brume matinale faisait encore frissonner les arbres de sa fraîcheur.

j’aimerais beaucoup que tu viennes avec nous.
Tout d’abord pour pouvoir profiter de nous tous et Alie en sera heureuse également, et puis
de se tourner vers elle avec un sourire compliceen tant que garde du corps et pourquoi pas de maitre d’armes ?
Je ne te mets pas dans un carcan je connais bien trop ton goût pour la liberté, je souhaite juste que ma sœur soit là et puisse veiller sur son frère en lui prodiguant ses conseils avisés et en l’encourageant de sa présence.
Et puis cela te donnera aussi l'occasion de pouvoir discuter davantage avec Aliénor.
Le temps que tu sois avec nous avant de repartir rejoindre tes chemins.

Qu’en dis tu ?


Kawa a écrit:
[ Compiègne, même heure, même endroit ]

« Si l'on veut retrouver sa jeunesse, il suffit d'en répéter les erreurs. » [ Oscar Wilde ]

    Elle avait regardé le village endormi aux lueurs de l’aube, elle avait poussé maintes fois quelques portes de tavernes et avait fini par le retrouver…

    L’impatience avait pris place, retrouver son visage, ses traits, son sourire discret, sa façon de baisser la tête, de se tourner, elle l’observait ce frère, son frère, elle l’avait trouvé fatigué, un peu las… elle n’avait pas poussé l’interrogatoire voulant juste profiter de l’instant…

    Elle avait éludé la question qu’il n’avait pas manqué de poser, à savoir ce qu’elle avait fait tout ce temps, c’est qu’elle ne savait pas par quoi commencer et puis surtout, il savait certainement déjà qu’elle ne répondrait pas…
    Entre eux les mots se jouaient souvent de non réponses qui parfois pouvaient en être…

    Ces derniers temps, elle avait été déçue, un peu, beaucoup, pour le moment c’était trop frais pour être quantifié, mais d’une déception qui finirait par passer.
    La mémoire est faite pour oublier… [ Yann Moix ]

    Sans ne savoir pourquoi, sur le moment, à ce moment, vraiment, elle avait ressenti cet immense sentiment de déception… c’était comme le courant d’une rivière qui vous emporte malgré vous, il est léger, vous pourriez mais vous ne voulez pas lutter, vous vous laissez emporter parce que vous savez qu’il vous faut être déçu, parce que même en lutant à contre courant la déception ne passera pas, elle restera là… intacte, alors à quoi bon lutter, vous abandonnez et vous vous laissez faire, vous laissez ce sentiment s’installer, il est confortable ce courant, c’est un courant qui va forcément vous amener à aborder une autre rive, c’est un effleurement d’âme, une lame qui passe près et qui vous rate de peu, vous avez eu chaud, vous avez tremblé et senti que la mort était proche mais comme une importune petite guêpe elle ne vous a pas piqué et vous restez là…
    seule…
    Seule et déçue.

    Peu importait pourquoi et peu importait qui, mais elle avait vraiment eu l’impression d’une complicité, une complicité complexe, d’une complicité complexée, c’était parti d’un « je veux que vous veniez plus que tout » à… rien du tout…
    Aucune réponse quand elle avait signifié son départ.

    Un air de mensonge, un air de rien, un air de, tu ne m’importes pas plus qu’une autre… seulement voilà, elle ne voulait pas être une de ces autres là… elle voulait être, tout simplement…

    N’est-il donc pas possible de ressentir un possible de complicité sans que l’emmerdement du désir s’en vienne à tout gâcher…
    Ne pouvait-il pas se dire que si elle n’avait pas été sa maîtresse c’est parce qu’elle ne le souhaitait pas… rien à foutre…
    Ce n’était pas ça… qu’elle voyait en lui…
    Un amant ce n’était rien… un amant ce n’était pas important.
    Lui, elle le voyait autrement… là était sans doute la blessure… l’attachement qui vous tombe dessus… que c’est con, elle s’était pourtant juré de ne pas s’attacher…

    Se rendre compte qu’on ne compte pas…
    Comment la voyait-il… il ne l’avait pas vue…
    Autant ne pas en être certaine.

    Elle avait pris la fuite, aucune autre issue possible quand le courant vous emporte…
    Elle avait écrit et c’est sans doute son orgueil, à moins que ce ne soit son indifférence ou sa fierté qui avait décidé pour lui de garder le silence c’est pratique…le silence, sauf pour celui qui le reçoit…


    Elle avait regretté d’avoir pris la peine d’écrire… d’écrire si peu, mais d’écrire beaucoup à la fois…
    On pouvait y lire … tant de choses en si peu de mots
    Si elle avait su… qu’il ne savait pas lire…

    Comment la voyait-il, c’était déjà du passé…

    Elle ne souhaitait pas le savoir, non, sa curiosité s’était arrêtée là…
    Là ou la déception avait commencé.
    Elle avait senti, ressenti, une blessure légère, une blessure sincère.
    Il avait pris, il était ainsi, elle ne lui donnerait rien, puisqu’il en était ainsi.

    Lui, n’était plus important à ses yeux, puisqu’il l’avait déçue, seul restait le sentiment de n’avoir rien été de plus aux siens…

    Il était ainsi… elle le savait aussi autrement… il ne savait pas qu’elle savait… tant pis…


Une amie de longue date m’a invité à lui rendre visite sur ses terres sises au nord de Sedan, et donc au nord de Reims, dans le Duché de Bouillon, où elle organise un tournoi de bretteurs…
Alie m’accompagnera bien entendu même si je sais qu’elle n’est pas ravie car j’ai décidé de participer.


j’aimerais beaucoup que tu viennes avec nous.
Tout d’abord pour pouvoir profiter de nous tous et Alie en sera heureuse également, … en tant que garde du corps et pourquoi pas de maitre d’armes ?
Je ne te mets pas dans un carcan je connais bien trop ton goût pour la liberté, je souhaite juste que ma sœur soit là et puisse veiller sur son frère en lui prodiguant ses conseils avisés et en l’encourageant de sa présence.
Et puis cela te donnera aussi l'occasion de pouvoir discuter davantage avec Aliénor.
Le temps que tu sois avec nous avant de repartir rejoindre tes chemins.

Qu’en dis tu ?


    C’était drôle parce qu’elle était sincère quand elle lui avait offert ses services pour un voyage périlleux… le protéger, être son garde du corps pas son exutoire de corps à corps.

    Et là quelques semaines plus tard, son frère… son frère… lui proposait ce qu’elle avait offert…

    Elle avait souri, curieusement, elle avait souri, elle avait cette habitude malsaine de ne rien montrer de ses sentiments ou de ses émotions…

    Inévitablement celui qu’elle cachait de sa mémoire déçue s’invitait à leurs tables…

    Imperceptiblement son regard s’était ouvert vers ce frère.


Je suis déjà ton garde du corps, tu es mon précieux, et s’il fallait donner ma vie pour sauver la tienne, pas un instant je n’hésiterais… d’autant plus aujourd’hui qu’un enfant va naître de notre sang. Je n’ai rien d’autre à protéger sinon que ta vie, la mienne ne m’importe pas.

    Elle disait vrai, elle se fichait bien de ce qui pouvait lui arriver, elle était ainsi, ce n’était pas nouveau, vivre au jour le jour lui convenait, ne rien attendre, et aujourd’hui plus qu’hier ne plus rien espérer.


J’accepte de t’accompagner.

    Devait-elle lui dire qu’elle avait connu Eusaias, juste avant son règne, à l’époque du roy proclamé et que de leurs rencontres il avait reçu son poing dans la figure dans une taverne pleine, qu’en retour il lui avait fait proposition de rejoindre ses rangs, sans doute qu’il aimait les caractères bien trempés, sans doute qu’elle aurait été dans son élément avec les mercenaires de l’époque, d’ailleurs elle s’y sentait bien…
    Elle s’était souvent dit qu’elle prendrait bien de temps à autres quelques contrats. L’avait-elle fait ?


    Il lui était venu à l’esprit à une époque de rentrer dans un ordre quelconque, les deux choses étaient différentes mais il s’agissait bien d’ôter la vie, d’un autre coté obéir à un ordre… obéir tout court…
    Était-ce vraiment fait pour elle…

    Par contre prendre des risques, il fallait bien l’avouer, les risques elle adorait ça… voilà ce qui la faisait encore un peu vibrer… se sentir vivante dans le précipice de la mort… amusante variation sur l’art de tomber… ou de se relever…


    Ne pas en parler était aussi bien, le roy avait été, il n’était plus.
    Mais peut-être que, quelque part là bas, quelques-uns la reconnaîtrait, ça pourrait être drôle… quoi qu’il en soit elle ne reconnaîtrait personne, bien d’autres arts étaient à manier avec précaution, la discrétion, le silence faisaient partis de ceux là… l’art ou la manière…


Je serai ton maître d’armes si tu le souhaites, tu sais, peu importe le titre, je suis avant tout ta sœur… je ferai de mon mieux dans tous les cas pour soutenir ma famille.

Ce genre de combat mon frère, implique sans doute quelques égratignures, au mieux… ne pensons donc pas au pire…
Je comprends qu’Aliénor ne soit pas ravie.

Nul reproche, un constat simple.

Aimelin a écrit:
[Toujours au même endroit]

"Rien d´important, que l´essentiel
Une mesure absente
Un rien laissé à la portée
D´une vie impuissante "
(Calogero)



Ce qu’il aimait avec sa sœur, c’était cette façon d’écouter et de répondre parfois d’un battement de cils, et tandis qu’il lui parlait il l’avait observée naturellement, cherchant à lire au fond de ses prunelles ce qui clochait.
Pour avoir été séparés pendant des années parce qu’ils étaient nés le même jour de la même mère et que c’était signe du sans nom, leurs mots marchaient à l’unisson, leurs cœurs battaient au même rythme et il était souvent curieux de les voir réagir de la même façon, jusqu’à faire les mêmes gestes ou à prononcer les mêmes mots au même moment. Et il savait qu’il y en avait des non dits entre elle et lui. Peut être arriverait il à en apercevoir quelques uns au fil des jours et Bouillon était l’occasion de pouvoir se retrouver d’avantage. S’ajoutait à cela, le plaisir pour lui de revoir Agnès, l’une des rares à lui avoir donné sa chance après son aventure dans Vae Victis, l’une des rares à lui avoir fait confiance en lui permettant de prouver sa valeur quant d’autres se disant amies lui avaient tourné le dos à grand coup de diffamations. Depuis ce jour de septembre 57, une amitié indéfectible et respectueuse les liait, elle qui avait été Reyne sans qu’il ne cherche à profiter de ce fait, et lui simple seigneur.

Il resta quelques secondes pensif, troublé par ces premiers mots qui le frappèrent en plein cœur avec une violence pareille à cette épée qui lui avait labouré le flanc en Béarn lorsqu’il était tombé à genoux, hébété, son prénom hurlé au milieu de la poussière et du bruit des armes, raisonnant encore parfois dans ses cauchemars.

Mourir pour lui. Il posa son regard un instant sur la main de sa sœur avant d’y poser doucement la sienne et de relever ses prunelles vers elle.


jamais je ne te demanderai de perdre la vie pour moi. Je ne veux pas tu entends ?
Te perdre serait perdre une partie de moi.
Je suis tellement fier de ce que tu es.
Et s’il devait m’arriver malheur un jour, j'aimerais que tu veilles sur cet enfant et sa mère.


Il serra doucement sa main avant de laisser un sourire éclairer furtivement ses traits lorsqu’elle accepta.

Oui tu es ma sœur et quoi que tu fasses je serai toujours fier de toi.
J’espère pouvoir te présenter ainsi qu'Aliénor, à Agnès.
Elle est une personne importante pour moi non pour ses titres, mais pour ce passé que nous avons en commun.

Je sais que je risque d’être blessé mais je suis ainsi.
Parfois impossible, parfois inconscient peut être, et souvent tenace avec ce besoin de me prouver sans cesse que je suis vivant.


Et de rire doucement

Tu as quand même devant toi le champion du royaume des joutes de 1460 et j’ai deux belles victoires à mon actif pour cette année qui tire vers sa fin.
Et puis tenir une épée me permettra d’évacuer bien des tensions accumulées depuis que je suis au conseil ducal. Plus de cinq mois sans véritable action que celle de défendre, m’auront sans doute oté quelques réflexes primordiaux mais je ferai au mieux.
Je me sentirai aussi rassuré de vous savoir ensemble et pas très loin toi et Alie.


Et tandis qu'il lâchait sa main, il lui murmura d'une voix à la fois taquine et rassurante, tout en faisant signe au tavernier.

et puis peut être me parleras tu un jour de ce qui cloche et de ce qui parfois, atténue un peu la flamme que je vois briller dans tes yeux.


Kawa a écrit:
[ Encore au même endroit ^^]



    Elle le regarda un instant avant d’ajouter


Je suis certaine qu’Aliénor préférerait grandement t’avoir à ses cotés plutôt que… enfin que quelqu’un comme moi…

Que tu veuilles ou non, si un jour l’occasion se présente, tu n’auras rien à dire…
C’est ainsi…


Tu sais que de ma vie jusqu’a ce jour, je n’ai fait que parcourir les routes… je n’y ai rien trouvé d’extraordinaire, d’ailleurs je n’y ai rien trouvé de désagréable non plus, j’ai juste pris les bons moments qui se présentaient à moi, essayant d’oublier les mauvais… parfois avec succès et parfois avec beaucoup moins de réussites.

Tout ça… tout ça, c’est compliqué, je suis compliquée…

    Elle marqua une longue pause avant de reprendre


Après nos retrouvailles, j’ai pris la fuite…
J’ai pris la fuite, comme souvent quand je ne sais pas quoi faire… quand je sens que je glisse, que quelque chose me touche… je pars… je pars et je m’isole…
Ta sœur est un peu cinglée tu sais ça ?


    Un léger rire, discret se fait entendre.


Aujourd’hui tu m’annonces une famille à venir, un gros bouleversement pour toi, pour Aliénor, je suis heureuse pour vous deux, ça fait plaisir de savoir que tu as des projets, que vous en avez…


S’il devait t’arriver quelque chose, je veillerai sur eux… mais… ne t’inquiète pas, il m’arrivera certainement quelque chose avant toi… j’en suis certaine… et tu n’auras personne à…
Si… Nomade… il faudra prendre soin de Nomade, dis donc je trouve que nous avons une discussion particulièrement joyeuse…
Et dire que je n’ai qu’un cheval en héritage… ça ne vaut même pas le coup de me voir disparaître, quoi qu’il soit beau l’animal !


    Elle regarda longuement la main posée sur la sienne avant qu’elle ne s’envole… un léger sourire s’afficha sur son visage marqué par la fatigue et sans doute aussi par quelques substances dont elle avait le secret, la sombre s’était un peu plus assombrie ces derniers temps… et elle craignait que ça ne s’améliore pas de sitôt. Mais elle souhaitait juste profiter du temps à passer près de lui, près d’eux… qui aurait pu dire combien de temps…


Ce qui cloche…, rien du tout, pourquoi veux-tu que ça cloche…
    Elle mentait bien la bougresse, ne fusse que pour épargner son frère de quelques tourments dont il n’avait nul besoin.


Tu sais les flammes, ça va, ça vient, … de temps en temps… elles donnent moins de lumières,
Non, non, rien ne cloche…
J’accorde de l’importance à ce qui doit être important et puis… Je ne me complique pas la vie.


Hum… En fait…
Je ne partage pas mes blessures, je n’y arrive pas… je ne sais pas.
D’ailleurs j’ai renoncé depuis longtemps à expliquer quoi que ce soit. Ça me semble inutile. Ça semble, enfin il faudrait une éternité pour tenter de me comprendre, moi-même parfois je me perds à essayer… il faudrait tout reprendre depuis le début… et ce serait éreintant !


    Elle se mit à lui sourire puis elle passa doucement la main sur la joue de son frère s’attardant un peu. Un geste tendre, voilà longtemps que personne n’en avait eu le privilège.
    Elle y songea un instant avant de croiser les bras et de les poser sur la table.


Te sentir vivant, être inconscient, prendre des risques, ça doit être un truc de famille ça…
Hum… j’ai entendu parler de tes exploits aux joutes… mais bon, personne ne sait que je suis ta sœur, je ne donne que rarement notre nom, pour ainsi dire jamais…
Je me présente comme K.
… j’ai aussi d’autres surnoms… plus ou moins flatteurs…
Un jour je te raconterai ce que signifie ce K.
Enfin peut-être si j’en ai le courage…


    Elle se mit à déglutir et se retourna vers le tavernier

On se dépêche un peu ?

Une Agnès avec un passé commun ?
Si elle est importante pour toi, ça doit être quelqu’un de spécial, enfin j’imagine, je te connais un peu… Il me suffit de résonner comme je le fais pour moi, je connais quelques personnes spéciales aussi, mais…


Enfin Passons…

Hum… ce village est pire qu’a mon dernier séjour… heureusement que nous partons bientôt pour ce tournoi.

Sinon penses-tu rentrer chez toi après?
J’aimerai bien revoir cette fameuse auberge, ton auberge, elle existe toujours ?
Et puis, je suis certaine que j’ai manqué à ton ami Wilus…


Un regard complice entre ces deux là s’échange le temps que le tavernier se décide enfin à apporter à boire…

Pas trop tôt … vous n’êtes pas un rapide vous… on vous paye au temps ou bien ?


Dernière édition par Archiviste le Dim 19 Jan - 12:04 (2014); édité 1 fois
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MessagePosté le: Jeu 22 Aoû - 00:42 (2013)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Lun 14 Oct - 14:01 (2013)    Sujet du message: 1461-08 ~ RP Du pain et du vélin Répondre en citant

Citation:




La joueuse de Kawa a décidé d’abandonner ce perso.
La jumelle d’Aimelin va donc mourir sur les chemins.

Merci à toi pour ce bonheur que tu m’as donné à rp, et ces merveilleux post que tu m’as offerts dans ce rp de frère et sœur, même si le temps nous a manqué.

Tu as su lui donner une force et une émotion intense et grâce à toi le passé d’Aimelin s’étoffe d’une multitude de sentiments et d’émotions qui le feront encore grandir et s’étoffer.
Il n’oubliera pas sa sœur, comme je n’oublierai pas la joueuse, et ses mots lui serviront à avancer.

Que ta merveilleuse plume continue à courir encore longtemps afin d’offrir à celles et ceux qui te liront autant de bonheur.

Prends soin de toi.

Jd Aimelin



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MessagePosté le: Aujourd’hui à 00:26 (2018)    Sujet du message: 1461-08 ~ RP Du pain et du vélin

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