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1457-11-01 Le vent avant la tempeste

 
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MessagePosté le: Mer 4 Nov - 10:55 (2009)    Sujet du message: 1457-11-01 Le vent avant la tempeste Répondre en citant

Hagden a écrit:
[ Arrivée des Teutoniques à Tarbes, 25 Octobre 1457, Premier Jour ]

Le Seneschall avait fait route des jours pour rallier le Béarn, contrée qu'il ne connaissait point, mais qu'il comptait bien connaitre mieux... Des vents d'Est et Sud portaient de lourds présages...

Le Teutonique avait voyagé prestement, accompagné de sa filleule Mili_cia. Il se sentait quelque peu fourbu, mais heureux d'être arrivé sain et sauf avec la jeune femme.

Il ne savait si ces Frères d'Ordre Militaro Religieux présents en cette Province étaient au courant de leur venue. Aussi Hagden avait envoyé Missive, espérant réponse prompte, claire et efficace.

Pour l'heure, il établit le campement, et les tentes blanches, frappées de la Croix Noire de l'Ordre, non loin des remparts, hors des murs de la cité, pour mieux renifler cet air, qui semblait monter dans le lointain, une odeur de soufre. Son flair de Seneschall ne le trompait pas. Quelque chose se préparait... quelque chose de terrible, qui lui rappelait d'autres remparts, d'autres odeurs... toutes aussi sombres, âcres.

Après avoir déplié ses maigres affaires, il partait toujours léger en bagage, il n'aimait pas s'encombrer d'inutile, il sortit la lame qui pendait à son flanc, cette même épée qui n'avait servie qu'une seule fois, mais qui avait servie pour une Cause Juste, honorable et Sainte. Et elle avait bien servie...

Hagden la regarda, puis la rentra au fourreau. Il n'aimait pas savoir que bientôt peut-être il aurait à s'en servir une nouvelle fois.

Non, son but premier n'était pas de faire la guerre, mais de l'éviter. Mais comment éviter une Guerre, quand une des deux parties est fourbe, sanguinaire ? Quand cette partie ne pose aucune base de dialogue sain, que celui des armes, de la mort, du mensonge, et de la destruction ?

Le jeune homme en était à ses pensées comme le soir tombait. Il rabattit la capuche sur son visage. Le froid des montagnes voisines semblait dévaler jusque dans cette vallée de Béarn. Il faudrait qu'il s'y habitue... pour un temps... Il regarda aussi le ciel en quête d'un pigeon, portant réponses à ses questions d'intendance. Puis il marmonna une prière entre ses lèvres.


Acar a écrit:
Le soir du 25ème jour d'octobre, lices de Lourdes.

Parbleu, que le vent pouvaict par instant se rasfraichir, au point de pisquer les yeux... Il relesva le haut de son manstel, le rabattant sur son menton puis se frotta les mains vivement et alla devers son petit coffre d'où il sortict plume et veslin.

S"appliquant, il escrivict alors :


Citation:
La paix sur vous, mon frère Hagden, Je viens de rescevoir vostre pigeon et je vous le renvoie prestement, chargé de bonnes nosvelles.

Ainsi, sachez, pour commencer, que je suis rasvi de vous savoir icelieu, ainsi que vostre filleule.

Vous avez autorisation de nostre comtessa de faire montre d'une lansce et d'y mener ceux qui s'y posteront esgalement.

Le comté va vous rémunérer tel qu'il le faict avec les civils, à savoir 2 pains + 3 écus, par jour de défense.

Mon frère, prenez garde, le mal est, comme vous l'avez constaté, de plus en plus présent, espagnols mercenaires, Lion, réformés...

Je suis au pourtour de la ville de Lourdes, restons en contact permanent ou galopez me visiter, si vous le désirez... J'en serai flatté, mon frère.



Il roula le parchemin, le bagua et le volatile prict son ensvol, asccoutumé à la tasche.

Icelieu, en son cœur, sérenité resgnait, tel l'oiseau qui allaict trousver irrémédiablement son maistre.


Hagden a écrit:
[ Camp Teutonique, Deuxième Jour, 26 Octobre 1457 ]

Hagden se réveilla en sursaut. Il s'était assoupi, pensait-il. Mais au vu du jour naissant, il s'était bel et bien endormi. Faut dire que durant le chemin qu'il avait parcouru depuis le Rouergue, il n'avait eu guère le temps de dormir...

Il avait filé droit comme le vent, avec les autres... droit vers le Sud Ouest... sans pause aucune que celles passées dans les villes, à faire reposer un peu les montures.

Hagden se frotta les bras et alla attiser le feu du camp. L'air du matin était embrouillardé.

Il n'y avait pas que l'air... son esprit aussi semblait être un peu brumeux. Il réfléchit à la suite des événements. Il ne pouvait constituer de Lance, n'étant pas Noble... Mais il pouvait néanmoins former un Groupe Armé, pour défendre la ville, ces hommes et ses femmes et enfants de la menace qui avancait sur eux.

Plus tard, il se dit qu'il irait à la rencontre de ces Béarnais et Béarnaises, insouciants du danger qui planait sur leur tête, leurs terres...

Il en était à ses rêveries lorsque quelqu'un s'avança vers lui...

Machinalement il porta la main à son côté puis se ravisa... ce n'était que son aide qui approchait. Un homme qu'il connaissait de Thorens et qui aimait s'appeler l'Escuyer Teutonique, n'étant pas Teutonique, mais aimant porter secours aux autres, et étant en quelque sorte l'intermédiaire du Gardien de la Commanderie Générale Teutonique de cette ville de Thorens, Otto, quant à l'Intendance.

Il lui portait apparemment quelque chose, une missive...

"Acar", dit Hagden finissant de la lire...

Il prit sa plume et lui répondit qu'il ferait son possible pour protéger la veuve et l'orphelin et demandait s'il leur serait possibles, aux Teutoniques, d'intégrer l'Armée en place à Tarbes... Cela règlerai peut-être les soucis d'Intendance une fois pour toute, pour se concentrer sur l'entrainement, pour se préparer en somme au pire...

Le Teutonique plia le parchemin et le roula, y apposant son Sceau de Seneschall Teutonique et rendant le tout à l'Escuyer... donnant cet ordre, un sourire crispé aux lèvres.

Que ceci parte au plus vite... car plus vite nous en aurons terminer de ces affaires matérielles, mieux nous pourrons nous concentrer sur ce que nous sommes venus faire ici...


Escuyer_Teutonique a écrit:
[ Camp Teutonique, Deuxième Jour, 26 Octobre 1457 ]

L'Escuyer prit la Lettre et s'en retourna à ses pigeons qui ne le quittaient que pour la Messagerie.

L'homme n'avait jamais quitté Thorens. Il avait connu Hagden alors que celui-ci était en charge d'acceuillir les Postulants de l'Ordre, et le trouvait souvent avec Otto, au Poste de Garde de la Commanderie, alors qu'il venait avec sa charette approvisionner les Frère et les Soeurs, en vivres et autres bibelots. La Commanderie n'était pas bien loin de Thorens, et les Teutoniques venaient souvent en ville, ou ne faisaient que la traverser pour aller à quelque mission officielles ou officieuses, au quatre coins du Royaume et même parfois au-delà. Mais c'était devenu une sorte de rituel, et finalement on l'avait surnommé ainsi, l'Escuyer, car il aimait aussi porter une petite épée à son flanc et avec sa cape grise, presque blanche, il ressemblait un peu à un Teutonique, sans l'être.

Hagden lui avait bien demander de venir Postuler, plus d'une fois, mais il avait toujours refusé. Pour quelques obscures raisons. Il ne se voyait pas enfermé dans des Règles, lié à Rome. Mais il avait grand coeur, ça on ne pouvait le nier. Il faisait en sorte que les denrées qu'il fournissait à la Commanderie soit du premier choix, tant en viande qu'en légumes ou quolifichets. Mais les Teutoniques ne lui achetaient que le strict nécéssaires à leur vie de Frères Combattants. C'étaient des gens humbles, patients, qui n'aimaient pas s'entourer de superflu, juste de l'essentiel pour le corps. Les Prières parfois venaient épandre leur douce mélodie... jusque sur le chemin par où il arrivait, toujours un peu avant la fin de la Messe Dominicale au sein de l'Eglise Teutonique. Eglise dont il voyait la cîme des clochers filant vers le ciel... comme pour mieux capter les Voix des Saints, et des Prophètes.

L'Escuyer prit un pigeon, un gris comme le ciel de ce matin là... et lui accrocha le message. Puis le lança au dessus de sa tête, au dessus de Tarbes il fila comme l'éclair, en direction de Lourdes. Du moins il l'espérait.


Acar a écrit:
[29 octobre, campement de l'Armée de l'Ost Béarnais, sous les murs de Lourdes]

Insouciant du dansger, certains civils observaient de loin les membres de l'Ost, presque avec une moue d'estonnement de les trousver autant affairés à leurs tasches... ceci faisait peine à voir.

Alors, il se dirisgea vers eux et desclara à haute voix :


Approchez donc, sachez que l'état de mobilisation générale est lancé, depuis moult temps, sachez aussi que nous avons besoin de forces vives, sachez également que mourir pour mourir, autant le faire espée à la main.
Car oui mes amis, ceux qui nous assiègent ne feront poinct de cadeau, ils sont plus que rompus au massacre organisé !


Se retournanct : Voyez donc ces hommes bardés de fer, prest à en descoudre, ceci ne vous touschent donc poinct?

Savoir qu'ils vont donner leurs vies pour desfendre vos terres, vos familles, ceci ne vous touchent-ils poinct ??

Sachez encore que de lointain, les forces des Sanctes Armées de Rome sont en route pour protéger nostre Béarn, certains sont desja sur plasce et le gros des troupes ne tardera pas, car la menace ne doist poinct estre prise à la légère, soyez en plus que certains, mais cela encore ne vous touchent-ils poinct ?

Peu importe mes amis, levez-vous, battez-vous, soyez digne de vous, de vos amis, de vos frères.

Ainsi, moi Acar de Ventoux, seigneur de Béost, je donne mon espée et mon sang à nostre pays et genou en terre, je desmande à tous les nobles, tous les paysans, tous les Béarnais, de venir dans les armées, lances, ou austres pour nous protéger de cette engeance, pour vous protéger, tous autant que nous sommes, soyons unis et mourons libres, s'il le faut !!


Dioscoride a écrit:
[Tôt le matin du 31 octobre, pas de Pau ]

Au moins avait-il l'opportunité de poursuivre l'aventure... Pas son premier échec, et visiblement on lui donnait l'opportunité d'en connaitre d'autres. Tout avait été très rapide, les défenses tenaient, inutile de perdre des forces dans une vaine bataille.

C'est aux côtés de bourgeois en arme qu'il s'était lancé contre le château. Il avait douté de leurs motivations les considérant habituellement comme des pleutres identiques à ceux du Royaume. Mais ces derniers semblaient être d'une autre trempe, la seule bonne nouvelle de la nuit.

A l'exception d'un seul, c'était la première fois qu'il croisait ses employeurs, mais mercenaire il ne pouvait compter que sur les victoires pour gagner son pain et n'était pas protégé par les lettres de marque. Dioscoride devait être sur ses gardes...il quitta donc temporairement la compagnie afin de rester aussi discret que possible en attendant de nouveaux ordres..

Dans une vieille ruelle de Pau il s'appliquait à stopper le sang qui coulait d'une égratignure au bras gauche et qui salopait sa seule chemise. Manœuvre délicate quand la seule main qui possédait était justement la gauche. Il pestait, la haine, la rancœur battait ses tempes et les premiers rayons du soleil n'étaient pas pour l'apaiser, le dernier Écorcheur n'avait pas vraiment souhaité assister à ce spectacle...


Melian a écrit:
[Nuit du 30 au 31 octobre, campement de l'Ost Béarnais, sous les remparts de Lourdes]


La ronde se poursuivait, comme chaque nuit depuis plus de quinze jours à présent. Nuit sombre, froide et silencieuse. Un peu trop d'ailleurs. La chevêche qui accompagnait les rondes de son hululement s'était tue. Fallait-il voir un présage dans le silence obstiné de l'animal fétiche d'Athéna, déesse païenne de la Guerre au temps d'Aristote ? A n'en pas douter...

C'est ainsi qu'elle devina la silhouette de son aimé disparaître dans les buissons. Elle dégaina immédiatement, à l'unisson de leurs frères d'armes de l'Ost Béarnais. Et chacun de se jeter sur les assaillants qui se présentèrent. Conscients ou inconscients, peu importait, loi martiale déclarée signifie pas de quartier.

Melian frappait, en bonne élève de son maître chevalier. Les coups se succédaient, et les adversaires tombaient. Un, puis deux, puis trois. Méthodique, elle utilisait autant ses connaissances de soldat que de médecin pour frapper. Chacun de ses coups fit chuter un ennemi, excepté un qui en nécessita deux.

Elle entendit vaguement les jurons du Caporal Aknail, à en juger par la voix, qui avait cassé sa hache toute neuve sur un maraud à la tête particulièrement dure. Et enfin, alors que son époux la rejoignait, ils combattirent ensemble un duo singulier qui finit à terre, comme les autres.

Le cor avait résonné, et alors que se taisait le fracas des armes, des clameurs venant de l'intérieur des murs de Lourdes se faisaient entendre. Un garde fut dépêché à toute vitesse, pour voir ce qu'il se passait et si les autres défenseurs avaient besoin d'aide. Il revint bien vite, expliquant que la mairie avait subi une révolte qui avait échoué, et qu'il n'y avait pas de blessé grave en les rangs de la cité.

De tout costé bon sang. marmonna-t-elle.

Un regard las à son aimé, et un sourire pour lui dire combien elle est heureuse qu'il aille bien. Puis elle fit le tour pour voir si un soldat avait besoin de ses soins, avant d'aller finalement dans la tente de l'OCF. Elle y alla pour se rafraîchir un peu, et retourna sur le champ de bataille, sens aux aguets, prête à se battre encore, fixant néanmoins par intermittence le sang qui couvrait sa lame.

Au matin, elle retourna à la tente. Sa servante l'aida à se défaire de son armure et autres protections, libérant le corps fragile au ventre si lourd dont les articulations portaient les marques des jointures des plaques de métal. Elle l'aida également à se laver, puis à s'allonger dans la paillasse. Dans les yeux de la domestique se lisait toute l'inquiétude et la compassion du monde. Melian lui sourit sans s'en offusquer. Comment ne pas avoir de peine en voyant une femme à la grossesse avancée, engoncée dans une armure à devoir combattre ?


Il faut savoir faire son devoir, quoi qu'il en couste. Le Béarn, la France, l'Eglise, voilà le plus important.

Puis le sommeil la prit bien vite, agité de soubresauts, reflets de cette nuit sinistre.

Melenia a écrit:
[Nuit du 29 au 30 octobre 1457, à Tarbes.]

Mélénia qui attendait les ordres sursauta en entendant hurler non loin d'elle.
C'était Hagden qui rassemblait les troupes pour le oombat.

Citation:
ALERTE ! Nous sommes attaqués... Aux Armes... ! Protégez les plus faibles, que la Fraternité Aristotélicienne et Teutonique se dresse, plus forte que l'Hérésie et la Briganderie !


Son sang ne fit qu'un tour, et la jeune femme allant au combat pour la première fois sortit son épée et avança protégée par son bouclier.
Le bruit horrible des lames et des cris l'effrayait au plus profond d'elle même... mais ça y était il fallait y aller.

Dans un sursaut de courage, elle se jeta dans la mêlée. Arrivée dans la tourmente elle frappait, le plus fort qu'elle put pour repousser l'assaillant. Une femme tomba sous ses coups... et elle eut une seconde d'hésitation.. mais il fallait continuer, continuer toujours jusqu'à ce que les ordres de se replier soient donnés.



[Nuit du 30 au 31 octobre 1457, à Tarbes.]

Mélénia avait passé sa journée à tourner en rond chez elle, sans pouvoir trouver le repos..
L'ordre de retourner à nouveau au combat était arrivé.
La jeune femme avait retrouvé ceux de la nuit passée et avait frappé encore avec courage dans les rangs des ennemis. Se défendant avec force elle avait pris à nouveau une vie. L'odeur du sang partout.. lui donnait des hauts le coeur. Elle termina sa nuit exténuée, remplie d'un sentiment de mal-être.
Malgré cela, elle décidait de continuer à défendre sa belle ville de Tarbes aussi longtemps qu'il le faudrait.


Harlem...s a écrit:
Le 29 ou 30 (je sais plus)

Ce vent...

Harlem n'avait pas trop compris la scène qui venait de se dérouler. D'ailleurs elle doutait même un bref instant avoir pris le départ la veille.
Note : Elle avait relativement bien dormi. Révant de marché, d'affaires juteuses, le Paradis quoi!

La seule fausse note furent ces éclats de voix et d'épées qui brutalement assombrirent le décor et ptêt bien qu'un orage éclata,( tadaam! bruit de tonnerre pour l'ambiance) dardant ses éclairs sur le décor de foire animalière qui se tenait là...
Quel rève étrange...

Elle voyait des gens en armes affolés, aux allures d'ours, charger un troupeau de Lions qu'Harlem ne parvint pas à distinguer malgré une bonne volonté évidente.

Je rève ? J'allais à Tarbes là...Ils font quoi ? Ils nous chargent là non ?

Honnetement dans l'instant Harlem qui n'était pas cigale fut quand même un peu prise au dépourvu et dû se rendre à l'évidence...Une armée fondait droit, lames levées...Hurlant au Lion ( qu'elle ne voyait toujours pas ceci dit).

C'est une blague ? Ca doit être l'alcool de cailloux...

Le reste se joua en plusieurs temps.

* Dressage de cheveux et sang qui se liquéfie, avec évidement le saisissement pétrifiée du voyageur ainsi chargé

* Refus et déni de la réalité * battements de cils interloqués*

Nan..

* Et l'admission pénible d'une réalité sur le tard

Ben si.. Hey oh! Je suis pas...Y a mépriseuuuuuuuuuuuuuh!


L'écho porta loin... Et le troupeau d'Ours poursuivit sa charge vers l'infini et l'au delà...Grognant après des Lions invisibles, faudra qu'on lui explique. Trou noir. Ou l'inexplicable retour en arrière, poussée par un vent d'enfer dans le fracas des bris d'acier (cling cling), des râles d'agonie et tout le tintouin.

C'est ainsi qu'elle se réveilla brutalement précisément à l'endroit d'où elle était partie queques heures auparavant...

Indemne, pas un pli de travers, l'épée propre, le bouclier intact étincelant de quelques rayons matinaux.
Comme si elle s'était assoupie la veille en fait...Autour d'elle elle découvrit deux rescapés plein de sang.

Ca craint...

Sourire mitigé. Plus aussi dupe. Mais parfois il vaut mieux se persuader du contraire. Jamais elle n'avait croisé hystériques pareils, fauchant de nuit un groupe qui n'avait rien demandé.
Moralité ?

Les Bearnais sont fous, ils voient des Lions partout même quand il n'y a pas. Ils font élévage d'Ours sanguinaires. Dangereux pays.

On serait pas tombés dans la réserve animalière du coin par hazard...

Pince sans rire après tant d'émotions. Quoiqu'il en soit elle était vivante, c'était un signe ça.
C'est pour cette raison qu'elle s'encouru vers un lieu plus tranquille et isolé afin de méditer sur la question.
Et demander au Très Haut quelques explications et son avis sur la question.

Avec son Livre intitulé :


Citation:
La tempérance.


Vrai quoi, quand on fauche, on fauche, faut pas avoir honte de le dire, on n'est pas le campement assiégé par un groupe.:wink:

Dingue ça. Pour le décousu du récit excusez Ô lecteur mais la fulgurance surréaliste du fait en est le parfait reflet. Dur d'expliquer un brutal retour sur case départ, sans toucher ving mille en plus. Et pas de marché à vue. La vache...Puisqu'on est dans le genre animalier. Laughing


Sancte a écrit:
Friday Night Fever ou la frustration post-rébellion.



A vous, valeureux mercenaires portés par le souffle de Dieu ! put-on admettre à ce moment là que Sancte Iohannes s'était mis à aboyer. Il était aveuglé par le calme apparent du petit monde doté de boucliers qui courait en tous lieux autour de la barbacane du Castel Palois. Des types aux airs de sauvages qui attendaient de se faire alléger la conscience par une troupe de braves qu'Iohannes ne pouvait échouer de rallier attendu qu'il était le patron bienveillant d'une des divisions cachées de la CRS. La quatrième, pour être tout à fait exact.

Ces grouillots n'espèrent tout de même pas nous alléger de notre âme, si ? Assurément, hommes métropolites, c'est là grosse ignominie pour nous autres mercenaires vus aux quatre coins du Sud-Ouest sous le nom d'Advocatus Diaboli que de quitter sans opposition le succès de cette compétition à des miliciens ruraux alors que nous avions obtenu le prix d'exemplarité de l'infiltration sous la lumière du jour. énonça-t-il en chuchotant à ses braves qui eux, n'étaient pas le moins du monde aveuglés par une quelconque spécificité de ce ramdam. Les lecturatineurs et les différents gaillards affluèrent au tapage, abandonnant là les listes qu'ils constituaient à l'abri de leurs cabinets improvisés, et il est possible que dans tout le recueil de noms qui demeurèrent et qui ne souffrirent pas le chagrin des ardeurs du bûcher sans avoir été ni vu ni exposés, se trouvaient l'Ingenue, l'Acar, et le Feignant du Béarn, auxquels le chef mercenaire, s'il avait pu les examiner, les aurait probablement abstenu d'un blâme aussi sévère en soulignant leur nom avec son propre sang si les circonstances l'avaient exigé.

Eau-de-vie de St Pierre ! Restez donc tranquilles mes bons camarades ! Si la Divinité le désire, le hasard passera, et ce que vous verrez disparaître actuellement, vous le retrouverez bientôt.

Quelques remous des poils épidermiques de la plupart des hommes suffisaient à témoigner de leurs airs stupéfaits. Car lorsqu'ils pénétrèrent dans la pièce, Sancte Iohannes se tenait droit et, plus vif que s'il avait quelquefois sommeillé durant l'assaut, il persévérait à protester des extravagances en révélant sa danse faites de grosse torgnoles, d'arrachage de souche et de moulinets à dimension extra-large.

D'accord ! Prenez assez de votre tempérament, car vos obligations vous poussent à être, c'est là chose évidente, très rompus et probablement, ou du moins semblablement, considérablement, même, déchirés.

Ou l'ajournement agréable d'une abstraction. Quand ? Hé bien maintenant. Ses soldats qui commencèrent à le connaître lorsqu'il était dans cet état, se manièrent fissa de se soumettre à ses caprices délirants et ils lui produisirent un repas ; où ensuite, il demeura vivement calme, les abandonnant à la surprise de son extraordinaire aliénation.

Il y a eu erreur dans nos calculs. Pour ma part, déchiré je ne suis pas. Mais broyé et rompu, il n'y a nulle incertitude à ce sujet.

Ses alentours immédiats abritèrent deux victimes ajourées de toute leur race. Ce borgnon-là, les défenseurs de Pau consumèrent et diminuèrent les vivants d'en dessous en les transformant en ossements. Tel fut le sort de ceux qui avaient pu pénétrer dans la cour du Castel ainsi que tous ceux qui avaient été découverts assemblés dans la basse-cour.

On affronte. Cette mâtinée de Clemenceii m'a rompu de ses volées avec la tige d'un brun, et tout cela par pure rivalité, car elle a bien examiné que j'étais isolé et le seul à même de réduire à néant l'action qui était sienne.

Aux yeux des Béarnais, les Guyennois étaient des étrangers anodins. D'ailleurs, ils le leur rendaient plutôt bien. Sur la nécessité de batailler envers le trouble qui s'était emparé de tous ces amoureux de la probité et de la vertu, le Primus et les Sicaires eurent la pensée de barrer et de faire enfermer dans les mémoires les morceaux et les divers fascicules de ce désastre pour qu'ils ne les découvrissent pas quand ils soulèveraient leurs corps meurtris au petit matin. Comptant bien en détruisant ces principes, en détruire du même coup leurs effets. Ce serait comme révéler qu'un jeune charmant leur avait tout enlevé: et le bureau du Conseil Comtal, et le précieux livret de la Victoire pour les Nuls.

Nous nous sommes faits bouffer par l'audace artistique de ce lieu placé sous l'égide généreuse de la chance, en vérité. A quoi peut bien ressembler leur bureau pour que ces pécores le défendent avec une telle hargne ?

Il fallait désormais rassembler les survivants. Et plutôt que d'aller les chercher parmi les cadavres et les membres sanguinolents, l'Amiral préférait attendre sagement que ces derniers se pointent d'eux mêmes, pour mieux parcourir son livre fétiche du moment: "20.000 Gueux sous les fers". Mais il ne pouvait attendre plus avant sans la moindre perspective. Ainsi, quand Sancte Iohannes put abandonner sa pièce, le fait primordial qu'il forma dans son esprit fut de marcher dans les parages et en profiter pour examiner ses cahiers - sorte de journal intime de l'officier. Et ainsi, les ayant brûlés la veille au soir en pestant de ne point avoir percé le blindage de ce bureau chimérique, il ne put les découvrir bien qu'il les rechercha avec opiniâtreté. Finalement, dans un morceau du temps, il revendiqua à l'un de ses gars le rapport qu'il avait à faire de la bataille, s'il avait pu s'approcher du bureau du Conseil et surtout, s'il avait aperçu ses cahiers dans lesquels il consignait toutes ses mésaventures. Ce type en question, du genre gros et bon, avait parfaite connaissance de leur destruction par le feu mais affirma son obligation de s'écarter des emmerdes en feignant la stupéfaction. Même si son étonnement vis à vis de la constante singularité de son supérieur était elle, bien réelle.

Comprenant cependant que l'Amiral se plaça dans une posture propre aux accès d'irritation il conserva de côté son irrésistible envie d'appuyer sur la plaie et avoua tout.

Ainsi, les annales de l'A.D. concernant la prise de Pau avaient été fichues en l'air. Ce qui n'était pas forcément plus mal, d'ailleurs. On se demandait bien ce que leurs descendants auraient bien pu y trouver de glorieux concernant leurs aînés. Et puis, en Guyenne, ils ont déjà connu tellement de déroutes, qu'une de plus, une de moins, franchement, on va pas se mettre à chicaner.

Sanctus a écrit:
[hrp][RP ouvert à tous dans le respect de la cohérence. Amusez-vous bien.][/hrp]

[Pau]

Ils étaient venus pour Yohann le curé défroqué que le Bearn abritait en son sein. Ils avaient marché des jours et des jours à travers tout le sud du royaume de France.
Dans le plus grand secret, ils s’étaient retrouvés à Pau et avaient lancé un assaut nocturne aussi rapide qu’inefficace. Quelque chose avait cloché. La défense avait été renforcée. Les béarnais avaient tenu bon.
Un groupe de sicaires dont la mission était de parcourir la ville pour annoncer la venue du Lion de Juda, avait réussi à placarder ça et là quelques parchemins pour qu’il soit connu de tous les Palois les raisons de cette attaque.


Citation:
Au nom de Dieu qui sait tout : le présent, le futur, le passé, le caché et l'évident, le visible et l'invisible,

Nous, Sicaires du Lion de Juda, déclarons hautement ce qui suit !

Qu’il soit su et connu que Deos a armé notre bras pour incarner Sa colère face aux impies, tenants de Rome, la nouvelle Oanylone qui a perverti le Verbe divin qu’avaient commenté Ses trois prophètes, Aristote, Christos et Averroes, bénis soient ces derniers, mille et mille fois.

Le Seigneur Deos, ivre de colère, a brisé les Sceaux. Il a lâché la bête immonde que les Ecritures nomment Léviathan. Face au déferlement de l’impiété encouragé par les autorités du Béarn, qui ouvrent ainsi la porte aux créatures du Sans-Nom, à la fin de notre monde, notre foi aristotélicienne se révolte et nous fait devoir d’agir.
Car chacun est comptable de ses actes. Et quand nous nous présenterons face à notre Créateur et qu’il nous demandera ce que nous avons fait de nos vies, la vertu sera d’avoir agi quand il était temps, pour sauver le plus d’âmes possibles !

Quand nous avons entendu que le gouvernement du Béarn avait accueilli et honoré Yohann, le pervers monstre meurtrier adepte du Diable, nous avons frappé une première fois pour avertir des risques encourus par le comté.
Nous n’avons pas été écoutés, les impies se sont drapés de fausse dignité en recourant aux artifices indignes du Sans-Nom ! Genève la cité sanctuaire a été humiliée !

Que se repentent les dirigeants de ce duché, et que les remords les assaillent ! Ils sont responsables de ce qui arrive ! Peut-être Deos leur pardonnera-t-Il et leur évitera-t-Il l’enfer dans la Montagne de la Désolation, sise au fond des mers, car Il est toute miséricorde ! Mais Ses serviteurs doivent punir en cette vie ceux qui L’ont méprisé !
Seront jugés pour leur inconduite notoire et criminelle ceux qui ont protégé l’impiété et le vice, et écouté les faux prophètes. Curés et évêques, nobles et seigneurs, l’heure de rendre des comptes est venue. Le pal est sans doute une mort trop douce par rapport aux souffrances qui vous attendent dans l’au-delà. Priez pour le salut de vos âmes !

Fait à Pau, ce 31 octobre de l’an 1547 de l’Ère de la réformation de la Foi




Mais l’heure n’était plus au beaux discours. Il fallait agir et vite. Le lendemain, les lances avaient été formées pour quitter la capitale. Direction Tarbes. Il leur fallait en découdre. Sanctus était dans l’une de celle-là, au milieu de ses compagnons.


Erel a écrit:
[[i]A[/i]rmée Iunctis Viribus à Tarbes – Dans la nuit du 31 Octobre & du 1er Novembre 1457 – Où comment tomber le jour de la fête de Tous les Saints]

Un cauchemar, la sueur coule le long de la nuque légèrement tannée de l’homme. L’épée tranche, le sang gicle, la mort saisie… L’homme est frappé deux fois par son épée meurtrière dans cette nuit qui ne serait pas la plus sanglante des nuits, il le savait.
Deux coups d’épée, deux futures cicatrices qu’il laisserait à l’homme s’il avait survécu, ou deux marques sanglantes s’il était comme il l’avait laissé, mort.

Le Dénéré ouvre les yeux, assis, le torse musculeux qui se gonfle et se dégonfle sous la respiration saccadée et le visage fatigué trempe de transpiration, sa cicatrice qu’il avait au torse sous le cœur lui faisant étrangement mal ces derniers jours… Ce cauchemar… Les deux fois où Erel avait tenté de se reposer depuis la veille, il avait fait ce cauchemar où il revivait l’attaque de la veille, et où il avait tué, ou en tout cas laissé pour mort, cet homme.
Etrange sensation… Ce n’était pourtant pas la première fois qu’il tuait. Ce n’était pas non plus la première guerre qu’il vivait, bien que cette dernière soit plutôt différente. Surréaliste presque.

Le Sergent de la Garnison de Tarbes se lève d’un bond dans sa tente d’officier placée vers le centre du campement. Il ne sert à rien de tenter de se reposer de toute manière, il savait bien, au fond de lui, qu’il n’y arriverait pas. La brise secoue le pan d’ouverture de sa tente d’officier qui laisse passé quelques rayon de lune, éclairant le corps nu du soldat. Celui-ci se regarda, se reconnaissant de moins en moins. Petit à petit, il maigrissait, perdait du poids, bien que ses muscles eux, ne s’amoindrissaient pas grâce à ses entrainements quotidiens. Le contraste avec lui-même qu’il était il y a encore lui faisait presque peur. Erel savait bien qu’il prenait maintenant davantage l’allure d’un squelette que celle d’un conseiller gras et pansu.
Et depuis cette… Non, ne pas y penser.

Le Connétable secoua vigoureusement la tête pour chasser ces pensées…

D’un geste nonchalant, il se saisit de ses affaires et s’habilla sans plus tarder. La nuit semblait avancée, il fallait qu’il rejoigne les autres. Le Vicomte soupira, déjà las à l’idée de devoir revêtir son armure. Pourtant, c’est bien ce qu’il devait faire s’il ne voulait pas finir en chair à pâtée par les Lions de Juda.
Et il se plia à cette nécessité durant les longues minutes qui suivirent.

[…]

Différents groupes de l’armée arpentaient l’extérieur de la ville, car les Lions n’arriveraient pas dans une seule et unique armée, mais plutôt par plusieurs groupes dispersés. Être tous rassemblés en un seul bloc alors devenait inutile.
Silencieux, sans se préoccuper si d’autres soldats ou civils le suivaient de près ou pas, le Maréchal de France foulait l’herbe gelée d’un pas lourd tout en surveillant du regard les alentours. Au loin un autre groupe armé qui défendait la ville, le calme du côté des remparts, et de l’autre côté, le calme aussi… Ou… ? Non, des mouvements, des ombres trop floues pour être identifiées, puis quelques secondes après, un nuage sort de devant l’astre lunaire, éclairant de manière presque théâtrale deux groupes qui avaient l’air armé, et sans nul doute, ne faisaient pas parti de la défense de la ville.

Le Dénéré ne chercha pas plus loin de certitude quant à leur identité, et cria d’une voix forte.


« Des Lions de Juda ! Il y a des Lions de Juda de ce côté ! Attaquez-les ! »

Tout en disant cela, il les pointait de son épée. Déjà des membres de l’armée Iunctis Viribus s’élançaient vers les deux groupes identifiés, ou en tout cas supposés de Lions de Juda.

Citation:
01-11-2009 04:09 : Vous avez été attaqué par un groupe composé de Oce6, de Massiliaturonen, de Skiid, de Barbapounette, de Kirkwood, de Faebur, de Meliandulys, et de Mariposa.
01-11-2009 04:09 : Vous avez été attaqué par Krilyden.


Un premier groupe arriva à sa hauteur et attaqua. Le fer des épées se croisa.

Malheureusement pour lui, le Béarnais ne voyait pas bien à cause de cette nuit souvent noire, ou seules des brèves apparitions Lunaires mettaient un peu de lumière dans ce monde de ténèbres qu’était à ce moment-là la campagne Béarnaiso-Pyrénéenne.
Les coups s’échangeaient, parfois l’épée ou d’autres armes mêmes ricochant sur un bout d’armure, ne blessant personne. Et pourtant, dans ce tourbillon de violence où le temps ne semblait plus être qu’une notion abstraite, ou chaque muscle se contractait pour soulever le poids d’une épée, d’un bouclier, ou s’esquissait au dernier moment afin de ne pas être déchiré, Erel sentit qu’avec sa vieille épée Artésienne, il avait lui, pénétré la chair de quelqu’un.


Citation:
01-11-2009 04:09 : Vous avez frappé Oce6. Ce coup l'a probablement tué.


Ce qui lui semblait être un cri étouffé d’une femme se fraya un chemin jusqu’à ses oreilles, bien qu’il n’en soit pas sûr… De toute façon, il y a peu de chance qu’il sache qu’il avait tué, dans les mouvements de chacun, la danse de la guerre des corps rendait tout cela invisible à l’esprit. Et, à quoi bon tout ça ?
À nouveau le choc, les bruits de ferraille se mêlent aux cris de rage, de douleur, de colère de chacun des « héros » de cette brève histoire guerrière.
Combattait-il depuis longtemps, ou cela ne faisait-il que quelques instants au contraire ? Le Vicomte n’en savait foutrement rien. Il ne ressentait que l’effort et parfois la douleur de ses muscles.

Et pourtant, et pourtant… Et pourtant une nouvelle fois, la lame froide qui avait déjà goutté le sang, s’en étancha encore.

Citation:
01-11-2009 04:09 : Vous avez frappé Mariposa. Vous l'avez sérieusement blessé.


L’avait-il tué ? Seulement blessée ? Etait-ce une femme ? Un homme ? Car après tout, les personnes contre lesquelles ils se battaient tous n’était pas que des Lions de Juda… Ils étaient là pourtant, opposés, s’offrant comme seul lien la violence et la souffrance. Liens brefs, et pourtant éternels…
Dans la chair, dans la mort, dans l’âme.

Mais alors que le combat ne s’interrompait pas et continuait sans répit, il s’intensifia alors qu’un autre groupe d’hérétiques se joignit au premier dans le combat.


Citation:
01-11-2009 04:09 : Vous avez été attaqué par un groupe composé de Belgarath, de Sanctus, de Zarathoustra, de Andrew_largs, de Philodendron, de Petitfrere, de *phonya* et de Nicbur.


Erel ne savait s’ils étaient nombreux de son côté, mais ce dont il était sûr, c’est que si personne ne venait en renfort, ils allaient tomber sous le nombre.
Mais cette pensée déjà s’efface, rapidement futile sous les coups que les combattants, dont lui-même, s’assénaient… Et une nouvelle fois, sans vraiment comprendre comment, sa vision étant affaiblie par le noir ambiant et la sueur qui coule dans ses azurs clairs, il pénètre la chair de quelqu’un.


Citation:
01-11-2009 04:09 : Vous avez frappé Belgarath. Ce coup l'a probablement tué.


Pour l’instant, ce soir, sa lame avait goutté le sang trois fois. Trois blessés ? Trois morts ? En tout cas, trois marques sanglantes.

Mais parfois, il vaut mieux agir avant de réfléchir.

Un premier coup, un étrange bruit. Et au reflet pâle de la Lune, il entrevoit son épée, brisée.


Citation:
01-11-2009 04:09 : Votre arme a été détruite.


C’est qu’aurait pu en déduire le Dénéré, qu’il aurait dû plutôt agir que de penser, lorsqu’un froid glacial et une violente douleur s’inséra sèchement dans son abdomen. Ainsi donc, il serait lié, lui aussi.

La douleur lorsque l’épée quitta son corps meurtri lui fit échapper un cri rauque. Les jambes se plièrent. Les genoux touchèrent le sol, le torse encore droit. Des larmes de colère et de rage se mêlèrent à celles de la douleur, tandis que le sang chaud qui s’écoulait presque sans limite de plaie béante le réconfortait presque.

Ainsi donc, le Connétable du Béarn et le Maréchal de France qu’il était, tombait lui aussi. Les Lions de Juda pourraient en tirer une certaines satisfaction sans doute.


Citation:
01-11-2009 04:09 : Philodendron vous a porté un coup d'épée. Vous êtes mort au combat.


Une drôle de sensation le prit lorsqu’il sentit un reflux de sang dans sa gorge, et qu’il s’échappa à l’image d'une vague, de sa bouche entrouverte. Une impression d’étouffement le prend. Au ventre, à la gorge ? Il ne sait pas. Il ne sent presque plus rien à vrai dire. Seule la douleur lancinante et froide lui provoque de réelles sensations, tandis qu’un manteau de glace le couvre.
Son regard brouillé tente de voir les contours du morceau d’épée brisée au sol. Sa main droite qui est libre le trouve et d’un geste ferme, saisit le morceau, sans se soucier de rien d’autre.

Mais résister est trop dur, et il tombe brutalement sur le dos, dans le bruit assourdissant de son armure. Le casque glisse de sa tête et roule au sol. Le bruit des combats autour le laisse indifférent.

Il préfère penser. Maintenant, il a tout le temps pour ça.

Penser à sa vie où il n’a fait que fuir, en fait. Penser à elle… À sa lettre… Annuler leur mariage… Avait-il fuis son couple ? Oui, sans doute… Ou peut-être ne l’aimait-elle plus ? Aussi…

Un spasme secoua son corps un instant.

Et surtout, il ne verrait peut-être jamais grandir ses deux filles... Etait-ce cela, la justice Divine ? Le faire mourir à l’aube de son seul bonheur, ses deux héritières ...?

Il tenta de rire ironiquement, mais il n’arriva qu’à exécuter un bête rictus qui lui rappela la douleur qui lui broyait les entrailles. Y avait-il seulement un médicastre parmi les soldats ou les civils ? Mais… la question était de trop pour son esprit désormais embrumé.
Ses muscles se détendirent, et il se sentit, malgré toute la résistance qu’il essayait d’imposer, se briser, irrésistiblement, comme attirer vers un sommeil inéluctable.

Mais déjà, il ne voyait plus rien. Seul le noir, l’indéfini et infini noir s’imposait à son âme.

Le Dénéré était tombé.

Hagden a écrit:
[ Tarbes, Teutoniques et Béarnais ensembles Unis face au Rugissement du Lion... le Premier Novembre 1457 ]

Hagden et son groupe avaient eu fort à faire cette nuit là encore...

Le Teutonique avait vu combien l'union faisait la force, quand cette union se battait pour une cause noble de coeur et d'esprit. Le jeune homme avait participé aux côtés de Tarbais et Béarnais à une bataille épique, sans précédent... Le Lion avait rugi aux abords de la cité pyrénéenne, mais son rugissement s'était transformé en miaulement, piaillement de chatte esseulée et meurtrie, blessé le Lion, il l'était dans sa chair corrompue par le Mal... de ces sbires.

Hagden avait fait face à l'un de leurs alliés, un perfide de la bande à Sancte, d'après ce qu'il avait compris. Sancte le lâche qui avait fui son Procès devant l'Inquisition en Guyenne. Car toute la bravoure du Lion était là, dans la fuite et l'attaque d'une Province innocente, par acte de vengeance...

Le Teutonique avec d'autres avaient claqué le bec et le flanc, et le reste à ce perfide allié du Lion... ainsi qu'à certaines têtes lionnesques... arrogantes... fières qu'elles étaient à venir massacrer le peuple de Béarn innocent, mais qui au petit matin sentaient leur douleur, bien palpable...

Le jeune homme salua la bravoure de ces hommes et femmes qui avaient combattus vaillamment, avec ardeur et une foi certaine, pour leur Liberté...

Le Très-Haut, même dans le fracas des armes, des mots et des idéaux, semblait avoir pris son parti, le même depuis la nuit des temps, celui des enfants, de Béarn, contre leur oppresseurs...

Hagden avait croisé le regard de cette *Phonya* qu'il connaissait bien, qui semblait se battre contre un moulin à vent, mais avec un certain courage. Il s'était souvenu l'espace d'un instant de ce mensonge qu'elle lui avait fait presque gobé dans une taverne de Rouergue. Elle lui avait dit avoir changé... La preuve en était qu'il n'en était rien... Son âme était toujours aussi corrompue par la Bête... et ce pseudo idéal de Réforme. Prétexte à tous les massacres... à tout les excès, même les pires... comme celui ci.

Le Teutonique avait féliciter tous ces hommes et ces femmes pour cette demi victoire, mais leur somma également de puiser encore dans leur coeur la force de continuer la défense, la lutte... Les corps étaient certes fatigués, et les armes brisées, ou souillées, mais elles devraient encore peut-être être levées contre l'ignominie qui frappait cette terre, jusque là paisible, sereine...

Hagden s'adressa à eux en ces termes, après la bataille, et être allé prié à la Cathédrale :


L'Ombre ce n'est pas l'Eglise, comme aiment à le dire ces infâmes ! L'Ombre ce sont eux qui la portent dans leur sillage ! Voyez vous même : Rome combat à votre côté, contre le mensonge du Lion, contre cet idéal tronqué et corrompu par la Bête Sans Nom qu'est la Réforme... Réforme que le Lion veut vous imposer par la Force des armes... Voyez cette affiche infâme placardée sur la Porte même de la Cathédrale. Non, ils n'auront pas cette terre, ni vos âmes... ! Leur propagande ne passera pas en Béarn, ni nulle par ailleurs !

Nous avons le Très-Haut, et sa mansuétude et miséricorde, avec nous ! Nous ne faillirons pas ! Nous nous battrons pour cet Idéal qu'il nous a transmis via les voix des Prophètes ! Un idéal de Paix, de Liberté... ! Et de Fraternité pour tous et entre tous les Hommes... !

L'Ordre Teutonique se bat à votre côté pour vous défendre, pour défendre ses Frère et Soeurs de Béarn !

Deus Manum Ducit !
hurla t-il et pour finir... ajouta :

Combattons encore et encore cette hérésie, unis ! Restons mobilisés. Le Lion certes met un genou à terre, mais il n'est jamais aussi dangereux que quand il est blessé dans son Orgueil... Montrons leur que son Orgueil ne vaut rien contre notre Amour de la Vie, de la Paix, de la Liberté et de la Fraternité qui peut unir ici Teutoniques Rouerguats et Béarnais... !


Puis Hagden donna les Ordre du jour, et s'éloigna. Chacun devait se préparer encore... se reposer aussi un peu. Si tant est que ce fut possible.


Melenia a écrit:
[Fin de nuit du 31 octobre au 1er novembre1457, à Tarbes.]

Mélénia voyait enfin les premières lueurs du jour poindrent doucement. Elle était morte de fatigue, et pour la troisième fois elle rentrait au camps pour faire son rapport.. comme les deux jours précédents, elle avait sans doute pris une vie..
Laissant trainer son épée qui lui semblait peser très lourd, elle marchait..
Le jour était suffisamment clair pour qu’elle puisse entrevoir le carnage fait dans la nuit. Tous ces corps alentour la faisaient frémir jusqu’au plus profond de son âme.La jeune femme ne sentait plus ses pauvres membres mis à rude épreuve, et son esprit manquait de clarté par toutes ses heures sans repos.
La diplomate était effectivement plus allante à envoyer ou recevoir tranquillement dans son bureau les différents émissaires qu’elle connaissait.
Tout en marchant, elle vit un corps au sol.. un corps qu’elle semblait reconnaître, prise d’une grande peur, elle s’arrêta quelques secondes. Elle fit quelques pas pour se rapprocher de celui qu’elle avait reconnu. Erel… il était là, tombé au sol, gisant dans une marre de sang. La jeune femme s’agenouilla à côté de lui et lui tourna la tête vers elle. Son ami, inconscient, ne réagit pas à son appel :
Erel.. Erel…
Lui dégageant les cheveux de son visage ensanglanté, elle se mit à pleurer doucement. Son ami… au sol.. inconscient.. il lui fallait de l'aide, mais seule cela lui semblait impossible.
Mélénia redressa la tête doucement pour observer les environs et regarder si quelqu’un n’était pas en mesure de l’aider à le transporter à l’abri pour soigner si possible ses blessures profondes. Elle resterait là à côté de lui tant qu’il ne serait pas en sécurité.
Elle appela de toutes ses forces pour qu'on vienne l'aider.

Nicbur a écrit:
[Pau, le lendemain de l'assaut...]

L'assaut de la veille avait été un échec, et Nicbur, qui aurait du être Coms ce jour, se retrouve à devoir modifier son premier discours à ce poste. Et bien sur, aucun béarnais n'était la pour l'écouter, aussi avait il dû ruser pour transmettre le message à l'intérieur des remparts. Mais il y était parvenu, et son message avait été placardé un peu partout en ville.

Citation:
Béarnais, vous êtes nus, mal nourris ; le Gouvernement de la république de Genève vous doit beaucoup, il ne peut rien vous rendre que votre liberté. Votre patience, le courage que vous montrez au milieu de ces roches austères et belles sont admirables ; mais il ne vous a procuré jusqu'ici aucune gloire, aucun éclat ne rejaillit sur vous. La faute à qui ?

Le gouvernement de la république de Genève a énoncé humblement deux requêtes auxquelles la fière aristocratie du castel de Pau n'a répondu que par un méprisant silence. Varden, chancelier morgueilleux, a refusé de nous rendre justice. Il a intimé à votre Coms de conserver protégé chez vous, l'infâme égorgeur que nous pourchassions. Nous ne réclamions que le bannissement de l'assassin des terres des amis de Genève.

Les fins de races abâtardis et particulés qui vous gouvernaient sont en fuite. Je veux vous conduire, en homme libre de toute allégeance dans les plus fertiles plaines du monde. De riches provinces, de grandes villes seront en votre pouvoir ; vous y trouverez honneur, gloire et richesses. Béarnais manqueriez-vous de courage pour vous saisir pleinement de votre destin et de votre gouvernement ?

Ce jour, ordonnez que les titres de noblesse soient abolis en libre terre de Béarn. Ne restera que le folklore. Tout béarnais sera désormais éligible sans restriction au conseil comtal.
Ce jour, ordonnez tous les liens particuliers qui vassalisent la libre terre de Béarn à l'Église de Rome soient abolis. Il est désormais permis de s'unir en mariage devant Deos sans le consentement d'un curé.
Ce jour, ordonnez le bannissement de Varden, pour trois mois, de libre terre de Béarn. Sommez-le de livrer ses biens aux humbles, par des dons sur le marché, à 1 écu.
Ce jour, ordonnez que Yohann65, assassin jugé par contumace à Genève, voit sa peine exécutée en la libre terre de Béarn.
Ce jour, suivez moi! Je vous mènerai à la victoire, main dans la main avec Deos.

Pour la Paix, dans la gloire d'Aristote.


Nicbur, Reître de la Compagnie des Reîtres Suisses


Il espérait réussir à ouvrir les yeux du peuple béarnais, et que celui-ci se joigne à lui pour la suite de l'aventure

Melian a écrit:
[31 octobre – 1er novembre, sous les remparts de Lourdes]


Les troupes se renforçaient dans chaque ville, la détermination des Béarnais à bouter cette vermine vociférante et menteuse hors de ses terres, ou à l'y enterrer pour mieux lui cracher dessus, entre autres idées, c'était selon, allant croissant. Manquent pas d'imagination dans l'coin faut dire.

Au soleil couchant, un homme seul, espagnol à son accent, ne trouva rien de mieux à faire que se jeter sur la ligne de défense pour mieux s'y faire embrocher. Le nombre de défenseurs était suffisant, mais pas celui de médicastres. Et Tarbes était harcelée, avec des blessés. Melian alla donc trouver son époux et lui demanda l'autorisation d'aller à Tarbes, finir la nuit auprès de leurs frères d'armes a à peine un peu plus d'une heure de cheval au nord de là.

Une fois qu'elle l'eut elle prépara son matériel et monta dans la voiture qui l'attendait déjà. Il n'y avait pas de temps à perdre.




[Tarbes, cette même nuit]


La voiture avait failli se renverser plus d'une fois dans les virages, mais elle était arrivée entière. La nuit était bien avancée à présent, l'aube ne tarderait plus à poindre. Elle prit une torche, sa besace, toute armée, et s'avança sur le lieu des combats. Elle passait d'un soldat protégeant le Béarn à un défenseur, s'enquérant de la santé de chacun. Elle finit par tomber sur deux personnes agenouillées auprès d'un corps. Elle s'approcha donc.

Je suis Melian de Ventoux, médicastre de nostre Hospital Comtal. Puis-je vous aider ?


Alors qu'elle finissait sa question, les flammes de sa torche lui permirent d'entrapercevoir les traits du blessé, couvert de sang.


Oh non...

Elle vint alors prendre place auprès du Vicomte et commença à l'ausculter pour juger de son état et des soins à apporter.

Melenia a écrit:
Mélénia toujours assise à côté d'Erel avait vu arriver Dav. Il avait essayer de panser la blessure comme il pouvait, mais ce qui faisait le plus peur à Mel c'était la phrase qu'il avait prononcée.

Citation:
"Mél sa blessure est grave... il n'est pas prudent de le déplacer"...


Elle le regardait sans vraiment comprendre quand une voiture arriva vers eux. Une dame en descendit et s'approcha doucement.
Citation:
Je suis Melian de Ventoux, médicastre de nostre Hospital Comtal. Puis-je vous aider ?

Ah dame.. je commençais à désespérer de trouver quelqu'un qui puisse aider mon ami. Je suis Mélénia et voici David qui a commencé à panser les blessures. Je vous en prie faites quelque chose pour lui.
La jeune femme se pencha vers Erel et le regarda.

Puis un Oh non... sortit de sa bouche..

Elle se mit aussitôt à l'ausculter et le soigner.


Que peut-on faire pour lui ? Ne pourriez-vous pas le transporter dans un endroit plus adéquat ? Ce n'est plus sa place ici.

Mélénia savait qu'elle devait quitter son ami pour aller se battre à nouveau cette nuit.


Avez-vous besoin de nous pour vous aider ?
J'avoue qu'Erel se trouve entre de bonnes mains maintenant et que nos compétences sont dépassées.
Si vous n'avez pas besoin, permettez-nous de rentrer chez nous.
J'aimerai me reposer car la nuit prochaine risque d'être encore très longue..

Melian a écrit:
[Aube du 1er novembre, Tarbes]


Elle écoutait la dame tout en faisant un inventaire mental des blessures d'Erel : bras gauche fracturé, mais surtout blessure béante à l'abdomen.

Je vais devoir cautériser cette plaie avant que nous le déplacions. Une fois que j'aurais terminé et que nous l'aurons mis en lieu sûr, vous pourrez aller vous reposer.

Elle sortit sa dague et son briquet de fer de sa fidèle besace, et se mit à chauffer la lame.

Vous devriez peut-estre ne pas regarder, ce ne sera pas très...

Elle attendit que les deux personnes se soient écartées, et eut un regard triste pour le Vicomte, avant de se ressaisir.

Heureusement qu'il est inconscient... se dit-elle.

Puis elle agit vite et bien, le geste rôdé pour avoir été tant pratiqué. Le saignement cessa enfin. Elle prit son pouls pour s'assurer qu'il vivait toujours, du moins pour le moment. Dieu seul déciderait de ce qui l'attendrait...

Elle se retourna vers les deux compères d'arme et d'infortune.

Aidez-moi s'il vous plaist, nous allons le transporter dans le campement de l'armée. Je terminerai les soins là-bas. Vous, vous pourrez prendre un repos largement mérité.

Elle eut un sourire doux, puis se retourna et essaya de se relever avant de retomber lourdement à genoux. Premier essai manqué... Elle avait sous estimé sa fatigue, la future maman... Elle dut donc faire une seconde tentative pour lever sa carcasse épuisée et sa grosse bedaine, réussie cette fois.

Allons-y. dit-elle simplement en se penchant comme elle pouvait pour aider à porter le Vicomte.

Dioscoride a écrit:
[2 novembre, la percée ou sa tentative sous les murs de Tarbes]

Las de voir des ordres aussi peu cohérents, le borgne avait rejoint la quatrième compagnie, celle de Sancte Iohannes et de ses mercenaires. Il espérait bien trouver en lui un chef de guerre...et il ne fut pas déçu. Le soir même il lui annonçait qu'une brèche dans l'armée qui défendait Tarbes allait être forcée.

Sous les remparts leur avenir allait donc se jouer et enfin, Discoride allait faire parler le fer, la haine et la rage. Seule ombre au tableau, le canasson qui lui était fourni semblait avoir passé plus de temps sur les chemins à tirer un chariot que dans une écurie à manger de l'avoine bien grasse.
"Je te souhaite plus de chance qu'à son ancien propriétaire" lui déclara l'Amiral.

Belle perspective, d'autant que le brigand n'aimait les chevaux, in'ayant qu'une main pour les guider et se battre et n'ayant jamais trouvé l'étincelle d'intelligence que certains leur prêtaient. Ce bourrin n'était pas fait pour le rassurer, l'encolure sur le déclin, les reins qui semblaient labourer et les genoux cagneux lui rappelaient une donzelle qu'il avait côtoyé au détour d'une ruelle de Auch. Comme elle, il n'avait rien pour le monter sinon un mord de fortune et une tresse de chanvre.

A l'approche de Tarbes, la campagne si paisible s'anima soudain pour se parer de multiples crocs, prête à dévorer ses proies.

Même pas le temps d'échanger un mot avec ses nouveaux compagnons, la troupe s'élança sus aux troupes béarnaises, dans la fureur, les cris, les bruits du métal des armures et des armes et le piétinement des chevaux.
Le galop des mercenaires bien qu'en rangs serrés fût stoppé net par l'ennemi, opposant plus qu'une ultime résistance. Du coin de son unique œil il aperçu les armes du Lion flotter sur la mêlée, et la première compagnie, où ce qu'il en restait, livrer bataille plus en avant.

A ses côtés des mercenaires tombaient, continuant à se battre au sol, enragés par la proximité des richesse pécuniaires et charnelles de Tarbes. Miraculeusement Dioscoride arrivait à tenir en équilibre sur sa monture, une corde enroulée autour du moignon de son poignet. Sa lame fendait l'air brisant les pics, heurtant les heaumes.

Il ne saurait dire si ses coups avaient porté quand son cheval se cabra sans raison apparente, pour fuir le combat. Le borgne désarçonné se retrouva trainé par le bras au travers du champ de bataille.

Ce n'est que dans un aube bien installée, libéré de sa monture et à sa recherche qu'il retrouva Phonya , si perdue dans ses pensée qu'elle faillit l'occire.


*phonya* a écrit:
[le 2 Novembre ... encore une tentative ]

Ce matin avait le même goût que la veille
Ce goût amer qui reste dans la bouche jusqu'à pourrir les moindres pensées.
Elle a croisé l'armée … oui … comme la veille.
Juchée sur Girouette lancée au galop, galvanisée par les appels à la mort. Elle n'avait réussi qu'à effleurer une femme sans avoir le temps de parfaire ce qu'elle avait commencé. Ensuite dans le fracas des armes elle s'était trouvée entourée de grands bonhommes bardés de fer qui lui empêchaient tout passage. Elle avait tenté de forcer Girouette qui ruait de peur, mais elle n'avait rien pu faire d'autre que de rester derrière ces montagnes.
Goût amer de se sentir inutile et comme déplacée.
Goût amer d'avoir vu certaines de ces montagnes s'affaisser sans avoir pu les venger.
Les troupes béarnaises se sont retirées comme un seul homme emmenant les blessés, laissant les morts à la terre.
Le silence enveloppe le jour qui se lève.
Si elle en avait le courage elle irait fouiller le champ de bataille pour y chercher une fiole d'alcool. Une eau de vie … à boire à la santé de ceux qui sont morts ou qui paient de leur chair la gloire de Déos et la trahison de Yohann, encore.

Mais elle ne bouge pas, statue immobile esseulée, scrutant les ombres qui raccourcissent, espérant une silhouette, un compagnon qui serait encore en vie …
Et puis une voix qui la fait sursauter, son épée qui se tend au bout de sa main crispée alors qu'elle se tourne vers la voix, la peur au ventre. Son arme se baisse vite en reconnaissant le borgne.
Son soulagement est si intense qu'elle sent ses jambes flageoler sous elle. Heureusement qu'il lui parle, elle s'accroche à ses mots pour faire taire la terreur qu'elle a éprouvée.
Elle ne peut répondre à toutes ses questions. La seule chose qu'elle peut lui dire, c'est qu'elle espère le savoir combattre auprès d'elle cette nuit, si combat il doit y avoir.


Xenac a écrit:
Ils n'avaient pa eu le chateau, restaient à rejoindre Tarbes...une brêche qu'il leur avait dit, restait l'espoir de la trouver, s'y faufiler dans la nuit noire, belle chevauchée dans la campagne béarnaise de la troupe gyuennoise, visages noirs de charbon, l'oeil sombre aux aguets, de nouveaux mercenaires s'étaient joints à eux avec le même espoir, rejoindre Tarbes.

La brêche, où était -elle ? Pas sur leur route visiblement, une armée béarnaise hurlante avançait droit sur eux, fini l'espoir de rejoindre Tarbes.A peine le temps d'en prendre conscience que les fers déjà s'entrechoquaient, la belle rousse fermait la marche, comme à son habitude, voyait les hommes tomber de leur monture pour finir la lutte à terre. Elle gardait un oeil sur les siens tout en esquivant les coups, le sang battant dans ses tempes, la rage l'animait pourtant aucun de ses coups ne portaient.

Son canasson se cabra dans un hénissement déchirant pour retomber soudainement au sol, une lame froide vint effleurer le flanc de la rouquine pour finir sa course sur sa cuisse et l'entailler profondément. La chute brutale du cheval désarçonna sa cavalière dont la tête vint percuter brutalement le sol la laissant sans connaissance ...



Plissement d'yeux dans le silence du petit matin, elle était vivante...sa tête tambourinait mais ce n'était que le début. Elle tenta de se relever, mais une douleur fulgurante dans la cuisse freina sa tentative alors qu'elle serrait les dents pour ne pas laisser échapper un cri.
La brume automnale recouvrait ce qui fut le champ de bataille, recouvrait aussi les corps sans âmes ou agonisants.

Les souvenirs affluèrent, l'attaque, la lame de l'épée, sa chute de cheval, puis le noir, les ténèbres...Les mains noires de terre et de sang sêché recouvrirent sa bouche pour étouffer le cri qui ne demandait qu'à sortir, ils étaient là ses compagnons au sol... Oubliant sa douleur elle se précipita près du corps inerte, son fidèle cheval, était près de lui, museau sur le visage de l'homme.

Elle s'agenouilla,impuissante, les mains au dessus de lui, n'osant le toucher, cherchant la blessure, s'approchant au plus près, elle vit ce torse si souvent caressé se soulever légèrement, ou espérait-elle le voir encore.

"Non pas toi ! Iohannes Sancte ! Je t'interdis de me laisser!" Levant le visage vers le ciel, des rivières coulant de ses yeux " Deos, ne me le prends pas ! Pas lui ...".

La colère d'avoir failli à sa promesse, la peur de voir la vie l'abandonner, la rouquine, dans un état second, réussit à hisser l'homme sans conscience sur le dos de Bucéphale.
Elle s'apprêtait à enfourcher le premier canasson à sa porter lorsque ses yeux se posèrent sur un autre corps au sol, celui de la belle Naïade.
" Maddys !" Elle hissa à son tour la brunette sur l'autre canasson, saisit les rênes de Bucéphale l'entrainant à sa suite sur la route de Pau.
Surement le trajet le plus interminable que la rouquine aura vécu, la terruer de perdre ses deux êtres la tenaillait, seul l'espoir de les sauver lui permit de garder son sang froid et de ne pas céder à l'angoisse.

Melian a écrit:
[Aube du 1er novembre, Tarbes]


Elle eut un sourire exprimant une infinie reconnaissance lorsque la jeune femme lui dit qu'ils allaient le transporter. Presqu'à en avoir les larmes aux yeux tant elle était épuisée. Elle suivit donc de près le cortège jusqu'au campement de l'armée.

Une minuscule tente avait été aménagée pour l'accueil des blessés, et était complètement vide. Melian alla prévenir un des gardes qui l'avait accompagné pour qu'il amène le matériel qui était resté dans la voiture.

Pendant ce temps, elle aida les deux jeunes gens à installer le Vicomte sur une paillasse.


Merci infiniment pour vostre aide. Allez vous reposer, et que Dieu vous ait en Sa Sancte Garde surtout.

Elle leur sourit, avant de se remettre à l'ouvrage. Elle commença par se laver les mains avec de la saponaire. Elle prit sa fiole de lavande, un linge, et se mit à désinfecter avec soin la blessure cautérisée. Puis elle prit un pot d'onguent de souci et reine-des prés et en étala sur la plaie doucement. Elle plaça ensuite une compresse et fit un bandage.

Le plus urgent était réglé, du moins pour l'instant. Elle s'occupa ensuite de poser une attelle sur le bras blessé avec des planchettes de bois et des linges. Puis elle appela le garde Bertin.


Vous allez rester icelieu, puisque vous avez quelques rudiments de médecine. Si cela se remet à saigner, cautérisez la plaie. S'il souffre, vous lui ferez boire de cette décoction que je prépare. expliqua-t-elle tandis qu'elle était penchée sur le chaudron qu'elle avait installé dans la pièce.

Et s'il meurt... faictes-moi prévenir et j'irais l'annoncer à la Vicomtesse. Il vaut mieux que ce ne soit pas une personne qu'elle ne connaist point qui fasse si funeste messager...

Ses yeux noirs se posèrent sur son patient.

Dieu nous préserve de devoir en arriver là...

Elle termina la décoction.

Surtout prévenez-moi s'il arrive quelque chose, je dois retourner à Lourdes pour mon tour de garde mais je repasserais ensuite.

Puis elle sortit, remonta dans la voiture et repartit en trombe pour Lourdes.


[nuit du 1er au 2 novembre, sous les murs de Lourdes]


Une petite heure de sommeil et à nouveau sur le pied de guerre... Décidément, ce n'est pas de suite qu'elle pourrait se reposer un peu...

La nuit passa, tranquille au début, un homme montrant son laisser-passer. Tout était dans les règles. Puis d'un coup, une femme vint se jeter sur les défenses et en paya le prix fort. Melian secoua la tête. Ils n'apprendraient donc jamais...

Au matin, elle se changea et reprit la direction de Tarbes, pour veiller sur son patient.


Melenia a écrit:
[Aube du 1er novembre, Tarbes]

Dav et Mélénia avaient donc installé Erel sous la tente, et le laissèrent aux bons soins de Mélian qui leur dit :

Citation:
Merci infiniment pour vostre aide. Allez vous reposer, et que Dieu vous ait en Sa Sancte Garde surtout.


Ils pouvaient enfin rentrer se reposer un peu et soigner la blessure de Dav.


[Nuit du 1er au 2 novembre, Tarbes]
Mélénia avait peu dormi en cette journée, elle avait pensé à son ami, entre de bonnes mains certes, mais très mal en point. Elle pensait aussi à Demoiselle Clémence aux mains des enragés... et tout ça la faisait souffrir.
Mais le moment de prendre la relève avait sonné et Mel pour la quatrième fois se jettait dans la tourmente.
Elle avait été attaquée avec tout son groupe par un certain Sancte, qui avait fini par céder sous les attaques de Shallimar.
La jeune diplomate avait les nerfs à cran et continuait de frapper, elle savait qu'il fallait tenir, contre les agressions de deux d'entre eux, elle souffrait.
Il était temps que le soleil fasse venir l'aube pour pouvoir à nouveau souffler un peu.. jusqu'au prochain assaut.


Meliandulys a écrit:
[Quelque part dans Pau]


Il avait été de la première vague d'assaut contre l'armée stationnée non loin de Tarbes et il avait été un des premiers à tomber et a avoir du rebrousser chemin pour trouver refuge à Pau. Les heures passaient et Mélian les voyait revenir un a un, ses frères et sœurs de Foy, ses compagnons reitres, fier bourgeois genevois qui l'avait suivi, courageux, depuis des semaines pour aller se faire saigner la tête haute aux pieds des Pyrénées. C'est tout juste s'il ne croisait pas plus de combattants genevois que de citoyens béarnais dans les ruelles de la cité.

La pratique stratégique communément admise dans pareil cas de figure, était d'empêcher les envahisseurs d'entrer, ou encore de les bouter hors des terres d'une façon ou d'un autre et rapidement. Les béarnais eux, montraient beaucoup d'entrain à garder les gens en arme de Genève en leur capitale. Bien au chaud sous les remparts palois, à deux pas du castel.

Quel pouvait donc être leur intérêt à agir de la sorte et à les obliger à se regrouper ainsi. Après tout, les gens de peu de foy agissaient bien souvent de manière étrange, mais quand même. Quel cheminement tortueux prenant place au fond de l'esprit torturé de ces stratèges béarnais avait accoucher d'une telle ineptie stratégique.

Les pensées de Mélian vagabondaient, cherchant une réponse qu'il ne trouvait pas. Ça avait le mérite de lui occuper l'esprit. Peut être avaient-ils donc prévu d'embrasser la cité comme un fétu de paille fois tous les combattants du Lion et de la CRS parqué en un seul et même lieu. Quand bien même leur concitoyen en serait affecté, Mélian gageait que cela n'arrêterait pas ces Ours sanguinaires...

Ou peut être s'étaient-il enfin rendu à l'évidence. Ils ne pouvaient lutter à armes égales contre les fiers helvètes portés par leur Foy, et soutenu par Déos. Les béarnais le savait sans doute maintenant, ils ne pourraient résister encore bien longtemps face aux lames qui réclamaient réparation...

Certes, les pensées du capitaine des Reitres suintaient de mauvaise foy, mais comment aurait-il pu en être autrement. Comment aurait-il pu s'avouer vaincu alors qu'il tenait encore debout et que sa tête trônait toujours, solidement ancré au bout de son corps. Demain, dans un mois, au prochain solstice... Le temps n'avait finalement pas grande importance. Dèos le leur avait dit. Il vaincraient...


*phonya* a écrit:
[Quelque part dans le Béarn, un matin...]

Les yeux grands ouverts sur un ciel rouge, le souffle court et douloureux.
Ne pas attendre…
De l'eau salée dilue l'écarlate et marque ses joues de trainées luisantes, dans sa bouche du métal vermillon qui teinte ses lèvres et coule tiède jusque dans son cou.
Ne pas attendre …
Cueillie comme une fleur. Coquelicot à la sève fuyante, coupé et abandonné. Qu'entendent les fleurs quand on les coupe ?
Ce bruit de bois sec qui craque qu'elle a entendu quand la lame lui est passée à travers le corps et qui résonne encore dans sa tête?
Un regard fou lui avait déjà arraché une feuille, une épée rousse l'a cueillie.
Adossée à la terre, elle espère des montagnes.
Mais le ciel devient Lac où se noient des branches de vie aux feuilles mêlées de printemps et d'automne.


[hrp]03-11-2009 04:09 : Melina vous a porté un coup d'épée. Vous êtes mort au combat.
03-11-2009 04:09 : Hagden vous a porté un coup d'épée. Vous avez été légèrement blessé.[/hrp]

Dioscoride a écrit:
[Sous les murailles de Tarbes, le troisième matin de novembre]
[hrp]03-11-2009 04:09 : Votre bouclier a été détruit.
03-11-2009 04:09 : Votre arme a été détruite.
03-11-2009 04:09 : Vous avez frappé Gnia. Ce coup l'a probablement tué.
03-11-2009 04:09 : Ensomulv vous a porté un coup d'épée. Vous êtes mort au combat.
03-11-2009 04:09 : Melina vous a porté un coup d'épée. Vous avez été légèrement blessé.
03-11-2009 04:09 : Vous avez engagé le combat contre l'armée "Iunctis Viribus" dirigée par Lucasd.
[/hrp]
Le bourdonnement qui avait élu domicile dans sa tête masquait à peine les râles qui hantaient la cuvette où le borgne gisait. Un voile de sang transformait ce qu'il distinguait des cadavres à ses côtés en autant de masses informes, dénuées de sens. L'âme perdue dans son fourreau osseux ne tendait qu'à fuir, et il ne s'y opposait pas, la cohérence n'était plus de ce monde. Le corps qui gisait là, d'où se dissipait la vie était celui de Dioscoride, brigand intraitable, mercenaire sans pitié.

Renonçant au moindre mouvement car incapable d'ordonner à ses membres, sans ne sentir aucune douleur, il se contentait d'attendre que les dernières nuées de logique s'échappent, les consacrant à revoir l'ultime chevauchée de Phonya et de ses immortels.

4 cavaliers, ce qu'il restait de diverses compagnies, prêts tenter le tout pour le tout pour traverser l'armée ennemie. La décision était pour une fois de ne pas prendre les murailles, chose impossible, mais de trouver refuge dans la campagne Béarnaise, et pourtant...

L'ordre était stupide, ils en avaient conscience mais le piège se tendait autour d'eux ne leur laissant pas le choix. Il avait pu lire le courage et l'abnégation dans le regard de ses compagnons, et si l'un d'entre eux ressentait la moindre peur, il le masquait bien.
Petit Frère la brute, solide gaillard à la détermination féconde, le petit et fier Andrew avec son regard de cendre, la belle et surprenante Phonya, splendide gaspillage que lui intimer cet ordre, elle avait plus de qualité qu'il était possible de trouver au sein des armées ou des OST du Royaumes et était plus précieuse vivante que morte.

C'est fier d'être ainsi entouré pour livrer ce qui allait probablement être son ultime bataille et la rage au ventre qu'il s'était jeté sur l'adversaire. Prenant soin, cette fois, de sauter du canasson avant la mêlée il porta son épée au visage du premier soldat à se présenter...


Dernière édition par Archiviste le Jeu 21 Jan - 11:35 (2010); édité 4 fois
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MessagePosté le: Mer 4 Nov - 10:55 (2009)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Mer 4 Nov - 10:56 (2009)    Sujet du message: 1457-11-01 Le vent avant la tempeste Répondre en citant

Gnia a écrit:
[Tarbes - Armée Iunctis Viribus - Nuit du 31 octobre au 01 novembre]


Deuxième nuit de veille, hors de la ville cette fois, sous la bannière or au blason du Béarn, le coeur battant, les sens aux aguets.
Les nouvelles vont vite. A l'aube, un messager a rapporté qu'ils avaient tenté de prendre le castèth, voire la mairie de Pau.
Ils...
L'ennemi, l'épouvantail brandi quand une nation n'a besoin de rien d'autre qu'unité. L'occasion parfaite de faire vibrer comme un seul souffle, battre comme un seul coeur la population d'un comté. Et fi des pertes, de la mauvaise gestion, l'on se souviendra avec fierté de celui qui aura fait coulé le sang par ces décisions.
L'homme aime à se repaître du sang, il aime son odeur, son suave appel. Alors utilisons ses faiblesses et sacrifions-le donc sur l'autel de la raison d'état...

Sombres pensées pour sombre veillée. La Bapaume, toute à ses mauvais souvenirs, à sa nostalgie d'une innocence noyée sous le sang, les remords et les larmes, secoue la tête et achève de boucler le ceinturon qui porte son épée dans son fourreau.

Hors de la tente, l'air est froid et le ciel est encore de suie, mais bientôt pointerons les premières lueurs de l'aube. Et avec elle, le fracas des armes.
Elle saisit l'écu qu'on lui tend et d'un mouvement leste, chausse un étrier et se hisse sur son coursier. Dernier regard vers les remparts de Tarbes où tremblotent les fugaces lueurs des torches des guetteurs, puis elle avance, vers l'ombre.

L'ombre. Devant, elle sait qu'elle trouvera les autres sections de son armée, mais au-delà ? Là où les yeux ne peuvent deviner la moindre forme. Ils viendront de là.

Encore le temps de penser qu'il est là, quelque part d'ans l'obscurité, à la fois si proche et désormais si lointain. Curieux destin.
Un cri d'alerte, le coeur qui s'emballe, une sueur glacée qui dévale l'échine. Fouiller des yeux l'obscurité, suivre les cris, le bruit des épées qui s'entrechoquent, des écus qui se brisent.
Une irrésistible envide de crier à pleins poumons "Artois rends toi, Que nenni ma foi" mais l'Artois est loin et avec lui d'autres guerres et d'autres causes. Quelque chose en lequel elle avait cru, au moins.
Elle mène sa cavale là où la mêlée semble la plus proche. Mais à la faveur d'un nuage qui découvre le pâle croissant de lune, elle perçoit une lueur froide, plus loin, trop loin.

Elle tire sur les rênes, à en faire échapper une écume blanchâtre à la monture, lui dessinant un rictus de mort sous le pâle reflet de l'astre de nuit. Volte face et coup d'étrier, au passage, elle crie à qui veut ou peut l'entendre


Béarnais ! Avec moi, il y en a d'autres par là !

Rejoindre le mirage entr'aperçut la seconde d'avant, fouiller du regard l'horizon, repérer les anomalies. Là ! Elle dégaine sa Rapière, preuve métallique que l'avant a bien existé, et charge.

[to be continued]



[Aube du 01 novembre - Camp de l'armée Iunctis Viribus - Après les combats de la nuit. ]


Vicomtesse, Vicomtesse, vous êtes mandée pour votre rapport à la tente de commandement !

Regard vide, à peine s'il effleure celui qui s'égosille. Agnès est lasse, l'odeur de sang lui soulève le coeur. La bête, sous elle, tremble tandis que le froid sèche la sueur qui imprègnent la robe de l'animal.
Devant la tente de commandement, elle met pied à terre, retire son heaume et entre.

Les visages de Lonia et Lucasd sont étranges. pas juste de l'inquiétude ou de la concentration, il y a autre chose.


J'ai perdu mon second dans les combats de cette nuit, vous prenez sa place dès ce soir !

Hochement de tête pour acquiescer, puis elle réalise. Palsambleu ! Le second, c'est Erel. Un dernier regard aux chefs qui lui confirme ce qu'elle sait déjà, puis elle quitte en courant la tente.

Dans la craintive lumière de l'aurore, elle cherche des yeux la tente d'infirmerie. La voiture aux armes des seigneurs de Beost passe en trombe devant elle. Ne pas réfléchir, surtout. Elle prend une immense goulée d'air glacé qui lui brûle la poitrine avant d'oser enfin affronter l'inéluctable.

Il est là, blême, les yeux clos, étendu sur une paillasse, comme mort. Un garde le veille. Agnès n'arrive à déchiffrer dans son regard la réponse à sa muette question.
La mâchoire crispée, elle s'avance, tend la main vers le front qu'elle redoute de trouver froid.
La chaleur qu'elle rencontre lui fait perdre toute tentative de se contenir encore. Epuisée, les vannes qui ont retenu la tension de la nuit se sont ouvertes, elle s'affale à genoux près de la paillasse. Sanglots muets et sans larmes, juste le corps secoué de spasmes et une voix dure qui finalement s'élève


Hors de question que je te laisse fuir encore, Erel de Dénéré ! Pas aujourd'hui et pas comme ça !

Vains mots à vaine situation. Seul le Très Hauct est maître de leur destinée à présent, rien de ce qu'elle dira ou fera n'inversera le cours du temps, les mots de trop, les maux de trop.
Son visage encore couvert de poussière et de sang se pose auprès de son époux, sa main cherche la sienne sous le tissu qui le couvre. De petites auréoles où se mêlent lentement le gris et le rose se délayent sur le drap. Il est l'heure de l'abandon, l'heure d'aimer enfin, peut-être une dernière fois.


Erel a écrit:
[[size=16]A[/size]ube du 1er Novembre 1457 - Camp de l'armée Iunctis Viribus - Quand il est temps de partir...]

Une rencontre, celle qui changea sa vie. Un soir dans la nuit, tard, à Arras, dans une auberge. Elle est là. Il est là.
Enfin, il la retrouve. Enfin. Les regards se croisent, se domptent, s'apprivoisent. Les paroles s'échangent, se font douces ou mystérieuses.
Un baiser, présence et lien qui scella leur destinée.

Erel dans sa douce nuit due à sa blessure, se souvint de la première fois qu'il revit Agnès après s'être avoués mutuellement leurs sentiments. Doux et merveilleux temps, temps perdu, mais si doux. Se délaisser dans les souvenirs perdus, qui y'avait-il de mieux ?
L'enveloppe glacial l'étreint comme une amante. Le noir se fait agréable, la douleur l'oublie. Ici, plus de douleur du corps, plus de douleur de l'âme, plus de douleur du coeur.
Juste cette irrépressible envie d'abandonner, d'oublier, de ne plus être. Et pourtant, une brûlante douleur à l'abdomen a raison de son inconscience, et le réveil dans un hurlement de douleur.

Les yeux s'ouvrent, le regard perdu. Et pourtant, il a si froid. Il sent une présence. Une main brûlante comparée à la sienne glacée. Le visage se tourne, lentement. Un autre visage. Mais qui ? Le Dénéré ne sait pas. Tout est si flou, tout est si imprécis. Pourtant, un nom, un seul, lui vint en tête.


-Agnès ...?

L'interrogation se suspend dans son esprit. Oui, c'est elle. Il en est sûr. Qui d'autre à part elle, de toute façon ? Un bref sourire éclaire son visage exténué.

-Je... Je savais que tu ne m'abandonnerais pas... Je... Il tousse bruyamment, lui provoquant une vive douleur à la blessure à son abdomen. Je savais que tu me reviendrais, que tu ne m'abandonnerais pas.

La douleur se fait oppressante, elle l'étouffe à nouveau. Les mots n'arrivent plus à sortir de ses lèvres. Une envie... Dormir. Oh oui, dormir. Seulement dormir. Mais la présence de sa main contre la sienne lui donne un lien auquel se raccrocher. Et malgré la vue qui se brouille de plus en plus, il tente, faiblement, de continuer à parler.

-Si... Si tu savais comme je suis désolé. Désolé de ne m'être pas battu pour toi... Pourtant je t'aime, je t'aime tant.

Une nouvelle fois, une violente toux le prend. Lorsqu'elle se termine, la respiration est davantage rapide, saccadée. L'impression de noyade s'accentue. Il ne comprend pas, à presque oublié ce qui lui était arrivé. Il sait juste qu'il a mal, mais qu'il n'est pas seul. Et il se sentait partir, le Vicomte.

-Occupes-toi de nos filles, aimes-les... Toutes les deux. Je sais que tu peux le faire. Tu leur expliqueras que je les aimais, que je n'ai... La toux recommence de plus belle, mais il continue... Que je n'ai pas voulu les abandonner ?

Il sourit faiblement.

-Oui, je sais que tu le feras. Tu es si merveilleuse, après tout.

Un dernier regard. Il ne voyait plus rien. Il ne sentait plus la douleur, finalement. Il savait juste qu'elle lui tenait la main, qu'elle était là, près de lui. Une douce mélopée résonnait pour lui seul.

Il ferma ses yeux, près à cette nouvelle aventure. Il repensa à toutes ces personnes... Toutes ces personnes qui marquèrent sa vie. Melenia & Hooks. Cdingue, sa marraine. Feyrak, qui aura été sa seule et unique Fée, qu'il avait aimé d'un amour de conte de fées. Sherry, sa vieille amie Provençale. Deedlitt, sa suzeraine pour qui il avait temps d'admiration. Arielle, sa soeur à peine retrouvée et bien aimée. Dance, cette sacrée amie, comment pourrait-il l'oublier ? Ingenue aussi, qui malgré tout, fut une amie chère à une époque. Rose, sa nièce adorée qu'il considérait comme une fille... Laurens et Persevael, ses deux exécrables neveux. Ou encore Dotch, qu'il n'avait pas eu le temps de connaître malgré lui...

Petit à petit, ses pensées s'envolent, mais malgré tout, le noir et le néant qui l'envahissent n'avaient pas fini de le conquérir... Et tout en serrant la main de sa bien aimée, il se réconforta à l'idée de retrouver Apolonie, sa belle Auvergnate, Belialith, sa blonde adorée, Estelle, son autre blonde adorée, Chloé, son amie perdue, Bilbokine, qui fut son première amour, Lilly, sa Lilly... Et surtout, sa mère. Oui, sa tendre mère. Isabel...
"Maman, je vais te revoir enfin".

Un sourire éclaira, une dernière fois, son visage. Qu'il est si bon de savoir que l'on va retrouver des êtres chers. Qu'il est si bon de savoir que l'on meurt pour défendre ce en quoi on croit, ceux que l'on aime.

Alors que son souffle le quittait, Erel serra une dernière fois la main de Gnia. Son Grand Amour.

Sa main se détend. L'azur de ses yeux s'éteint, dans le vide, dans l'encre noire du néant.

Finalement, il ne mourrait pas Seul. Finalement, il mourrait Aimé. Finalement, il mourrait auprès d'Elle...

Gnia a écrit:
[Aube du 1er Novembre 1457 - Camp de l'armée Iunctis Viribus - Dies Irae]


Le sommeil est agité, ponctué de soubresauts, le visage tiraillé. Point de répit même dans le refuge des songes. Les doux rêves se font cauchemars, à demi-éveillée.
Du sang, toujours lui, omniprésent, étroitement lié à la terre, son linceul. Et ce poids qui oppresse sa poitrine, sentiment d'immense solitude, peur de l'abandon, refus d'être approchée, de se livrer.
Terreur. Se noyer, être enterrée vivante, être étouffée par l'étau qui enserre sa gorge. Elle veut hurler. Son échappatoire n'est pas son cri que son esprit à créé pour elle comme une porte de sortie. Le hurlement est réel et ce n'est pas elle qui le pousse.

Un sueur froide la fait frissonner tandis qu'elle observe avec espoir les traits de son époux qui vient de se réveiller, lui aussi dans la douleur. Et pourtant, là encore, ils s'opposent même dans la souffrance. Celle d'Erel est réelle, palpable, violente, physique. La sienne est rentrée, changeante, secrète, insidieuse, mal de l'esprit.

Il murmure son nom, à peine audible tant il est faible.


Je suis là...

Etait-ce un sourire qu'elle aperçoit sur le visage ravagé par la souffrance ? Sa main ne quitte pas celle de son époux, comme si elle pouvait le retenir. Comme si elle pouvait revenir une année en arrière, dans une auberge, en pleine nuit, dans Arras. Comme si l'on pouvait regoûter un jour aux précieux moments d'un temps, aux frémissements provoqués par un regard, aux frissons procurés par des mots. Comme si l'on avait une seconde chance... Utopie !

Il tente de parler. Agnès colle son visage au sien pour entendre. Les mots sont bloqués dans la gorge par une quinte de toux.


Chhuuut... Ne parle pas...

Elle veut poser un doigt sur ses lèvres, mais le Dénéré, fidèle à lui même s'est mis martel en tête, il a décidé de parler et elle ne pourra pas l'arrêter.
Ce qu'il veut lui dire elle ne veut pas l'entendre, surtout pas. A chaque nouvelle parole, à chaque nouvelle toux, la Saint Just n'arrive qu'à articuler


Non...


Non.


Non !

Elle secoue la tête, tentant vainement de repousser, de nier l'évidence qui pernicieusement faisait chemin dans son esprit. A chaque sourire de son époux qui se meurt, son visage à elle se ferme, elle sent la colère gronder, courir sous sa peau, agiter de tremblements tout son corps. Elle n'en a cure.

Elle ne veux pas entendre de pardons, de je t'aime, pas de messages à révéler à leurs filles quand elles seront en âge de comprendre, pas... Pas de mots qui sonnent par trop comme des adieux. Chacun d'eux lui arrache des larmes qu'elle a depuis longtemps proscrites de son être. Et pourtant, elle n'en n'a cure.

Non pas ça... Pas merveilleuse... Elle est tout sauf merveilleuse.


Non !

Ce regard...

Non ! Tu ne m'abandonnes pas ! Tu ne vas nulle part ! Tu entends ?!

Il ne l'entend plus. La colère la suffoque. En cette instant où elle devrait ne ressentir que tristesse et désespoir, il n'y a que colère.
Contre Lui, le Très Hauct, le premier d'entre tous à l'avoir abandonnée. Contre le destin qu'il s'est plu à lui imposer.
Contre lui, Erel, le seul a voir ravi un instant son coeur, croyant emprisonner un oiseau qui se refuse à être enfermé, encore une fois si proche d'elle mais déjà si loin, à l'instant où elle s'est enfuie, le blessant. Il n'y aura désormais plus d'espoir d'être apprivoisée.
Contre elle, parce qu'elle est incapable même à cet instant de douceur, de compassion, d'un simpe je t'aime.
Parce que tout est de sa faute. A elle, à lui, à Lui.
Parce qu'elle ne pourra plus être pardonnée.

La Bapaume, la fière vicomtesse, au regard si hautain, à l'attitude si distante, au verbe haut, que tout effleure sans jamais la blesser n'est rien de plus à cet instant que la petite fille ramassée par la maréchaussée sur les chemins, seule rescapée de l'attaque qui a emporté toute sa famille.
La revoilà au point de départ, avec la terre, le sang, l'odeur de brûlé, les larmes, qui la recouvrent, l'ensevelissent.
Avec la peur, la solitude et l'appréhension de ce qu'il reste à accomplir et qu'il faudra désormais faire seule.
Le goût amer de l'inachevé.

Au travers le brouillard de larmes, elle perçut un dernier sourire, celui propre à ceux qui sont apaisés, délivrés de tout et de tous. Celui de ceux qui vont au devant d'un jour meilleur.

Sa main dans la sienne, la dernière amarre qui le retient encore à elle, est larguée. Agnès la serre malgré tout, aussi fort qu'elle voudrait frapper le corps dont le dernier souffle de vie vient à l'instant de s'échapper.
Serrer une main qui n'appartient désormais plus à personne, pleurer et puis enfin, hurler sa rage à la face du monde.


Kirkwood a écrit:
On continue d’avancer.
Kirkwood et sa ligne atteignent un village abandonné. On sifflote, on se lance des cris d’encouragement, Kirkwood salue brièvement ceux qu’il reconnaît.



Uewen hurle:


Bande de crétins ! Reprenez vos rangs ! Qu’est-ce que vous croyez ?! Que c’est finit !? Ce n’est que le début !

Kirkwood va intervenir pour plaisanter l’inquiétude du vieux chef, quand Coulondres et Vittorio, toujours inséparables, le retiennent :

- Tou crois qué cé dé la rigolade ou quoi, Kiki ? Il a raison, le Flamand ! Ça a bien commencé, si, pero il faut voir cé qué nous réservent les Béarnais ?

- Vé, elle est passée où, la lanceu de tes copineus Océ et Massy ? Qu’est-ce que c’est que cette caguadeu ? Tu veux gagner une batailleu avé des baltringues pareils ?! Pas sérieux, eux !

Là, Kiki s’inquiète un brin. C’est vrai qu’il a en effet noté que cette lance s’est engagée du côté d’un bois, et qu’il se souvient maintenant avoir entendu un éclaireur signaler que les pluies avaient gonflé les marécages… C’est sûr, pas fin, mais l’enthousiasme du premier assaut…

Ben oui, c’est que le départ, mais..

Mais c’est vrai aussi, ils ont raisons, les anciens. Peu de cadavres béarnais sur leur chemin. Ils ont emporté leurs blessés, et leurs lignes semblent garder leur cohésion, pour ce qu’on en distingue plus ou moins…
C’est vrai que si on y réfléchit, ça a carrément l’air de puer du cul, en fait…

Kirkwood va se joindre aux voix des chefs de ligne et de lance qui tentent de regrouper les Genevois quand tout le monde semble se figer.

Ce bruit ?

Il voit les visages des anciens qui se crispent et tout d’un coup, les cris jaillissent de partout. Charge de cavalerie ennemie !
On se regroupe tant bien que mal, on freine tant bien que mal les cathédrales blindées sur pattes, véritables monuments d’acier aux armes qui tailladent en hurlant.
Ça charcute, ça gicle, ça fait mal, ça gueule...




Kirk se précipite, mais il a le temps d’apercevoir un autre groupe compact de cavaliers béarnais qui arrive.
Nom d’un p’tit Aristote, c’est mal barré !


Gnia a écrit:
[Tarbes - Armée Iunctis Viribus - Retour sur la nuit du 31 octobre au 01 novembre 1457]

Les vibrations des sabots sur le sol se répercutaient des lieux à la ronde. Les battements sourds des coeurs dans les poitrine s'accordent sur le rythme de la cavalcade.
Parfois, des nappes basses de brouillard épais passent devant eux, tentant de les aveugler mais les cavales les fendent comme autant de fins voilages que l'on déchire.

Agnès sait qu'elle n'a pas rêvé l'éclat métallique qu'elle a aperçu à la faveur de la lune découverte, quelques secondes. Elle ne sait combien ils sont, mais les ennemis se déplacent en lances, divisant en autant d'affrontements les champs de bataille. Alors, que quelques unes tentent de passer alors que d'autres se battent, se sacrifiant pour les suivants, n'est pas exclu.

Au cris qui retentissent soudain en face d'elle, couvrant presque le grondement sourd de la charge de cavalerie, elle répond un sourire sardonique à la nuit.
Son instinct ne l'a pas trompée, le menu, ce matin, sera composé de Genevois fondants et/ou de Lions croustillants. Ma foi, de quoi mettre l'eau à la bouche et du coeur à l'ouvrage.

Avant que l'on ne se rende compte arrive le premier barrage de piques, la pointe savamment orientée pour toucher les montures. Une fois au sol, le cavalier sera gêné par sa lourde armure et devient alors une cible facile.
Déjà les premiers hénissements de douleur se font entendre, suivis par le bruit infernal des plates d'armures qui se fracassent au sol.

Passera, passera pas ? Les sens aux aguets, la Bapaume se prépare à rentrer dans le tas, quand sa cavale se rebiffe. Sale carne !
Sans une réaction immédiate, elle aurait été désarçonnée de suite. Manquant d'arracher la gueule à l'animal, elle tire de côté de toutes ses forces sur les rênes. La bête se décide à virer plutôt que se cabrer.
Epée en mode faucheuse, écu aux couleurs des Saint Just fermement serré contre elle, Agnès écarte les dernières piques et fonce dans le gros de la mêlée, direction la première hallebarde en vue.
Pas d'état d'âme. Tant qu'elle conserve sa position du haut de sa citadelle animale, elle est en position de force.

"Mes yeux ! Je suis aveugle !", "Mon ventre ! Je suis éventré !", "Ma gorge ! Je suis égorgé", "Mes dents ! Ve fuis édenté !, "Mon front ! Je suis effronté !", "Mon coeur ! Je suis mort !"
*

*[tiré des tomes I et II de [i]De Capes et de Crocs[/i], les fans auront reconnu ^^]

[to be continued]


[Aube du 1er Novembre 1457 - Camp de l'armée Iunctis Viribus - Dies Irae et ça fait que commencer...]


Combien de temps a-t'elle crié, elle ne le sait.
Bribes de souvenirs. On la tient, on la porte, on la gifle, contact glacée de l'eau sur son visage.
Puis soudain, le calme, celui si inquiétant qui annonce que les éléments vont se déchaîner, tôt ou tard.
Le regard est lointain, la voix est blanche, le ton est sans appel. Elle ne sait pas à qui elle s'adresse, peut-être le garde qui veillait son époux... Peu importe.


Faites prévenir Dame Melian. Je rentre à l'Ostau Dénéré - Saint Just. Des ordres seront donnés pour que la dépouille de mon défunt époux y soit amenée.

Pas de regard en arrière. Les gestes sont brusques, poussés par l'urgence. Remontée en selle, Agnès mène au galop son cheval jusqu'aux portes de Tarbes. Heureusement qu'il connait la route, parce que la vicomtesse ne voit rien, juste le monde déformé à travers ses larmes.

[Pour des raisons évidentes de commodité, cette partie de la narration sera poursuivie sur un autre topic]


[Tarbes - Nuit du 1er au 02 Novembre 1457 - Armée Iunctis Viribus - Dies Irae : "[i]Jour de colère, que ce jour là, Où le monde sera réduit en cendres, [...][/i]"]

La journée est passée comme dans un mauvais rêve. La nuit signifie le retour sur le champ de bataille, une parenthèse, enfin, dans le cauchemar éveillé qu'Agnès subit depuis l'aube.
Ce soir, si l'être divin qui est sensé veiller sur elle et qui a failli, le veut, elle vengera dans le sang la mort d'Erel.
Cette idée l'a retenue tout le long du jour, jusqu'à devenir une obsession. Elle a accueilli la descente du pâle soleil de la fin de l'automne derrière l'horizon comme une délivrance. Fuir l'atmosphère étouffante de l'ostau et donner libre cours à sa rage, enfin.

Ils ont attendus, patiemment, dans l'obscurité que l'ennemi ose avancer. Touts les sections de l'armée patientent, elles savent qu'ils viendront, tenteront encore une percée. Hier n'était qu'un avant-goût, juste une mission d'éclaireurs en somme.

Puis soudain, les défenseurs rassemblés s'égayent comme un seul homme. L'ennemi est en vue.

Second... La place qu'encore hier au même instant son époux occupait. Le dernier rempart avant d'atteindre le chef de l'armée Iunctis Viribus, quitte à y laisser la vie.

Ne plus y penser. La rage l'a galvanisée. Elle ne sent plus la tristesse, plus le froid, le manque de sommeil. Le sommeil... Repos de l'âme insaisissable. A chaque fois qu'elle ferme les yeux, elle ne peut que revoir le visage émacié, qu'entendre ses dernières paroles, sentir l'odeur du sang, le goût de terre dans sa bouche.

Voilà qu'enfin, l'on s'engage dans la mêlée. La vicomtesse ne quitte pas des yeux Lucasd. Hors de question de les laisser approcher. S'il est atteint, il n'y aura pas d'autres alternatives que de sonner la retraite. Et il en est hors de question.

Fouillant l'obscurité du regard, Agnès aperçoit un mouvement sur sa droite. Un groupe d'homme est parvenu à contourner le gros des combats et s'avance résolument vers eux.
L'épée est déjà hors du fourreau. Le destrier frémit tant la nervosité de sa cavalière est palpable. Elle effleure à peine son flanc d'un coup d'étrier que la bête part au galop, au devant de l'ennemi.
La lame de l'épée siffle dans l'air, s'abattant comme une faux dans les premières chairs qu'elle rencontre. Le mouvement est à peine achevé que déjà le prochain ennemi, aux prises avec un soldat béarnais, se dresse devant les sabots de la cavale.
Agnès a à peine le temps de s'effrayer de la chevelure feu et du visage déformé par le poignard tenu entre les dents, que, d'un mouvement ample, elle lève son épée et la laisse redescendre, mue par son propre poids, projectile mortel guidé par la Colère personnifiée.


[to be continued]


[Tarbes - Nuit du 02 au 03 Novembre 1457 - Armée Iunctis Viribus - Dies Irae : "[...] Je prie suppliant et incliné, le cœur contrit comme de la cendre, prenez soin de ma fin [...]"]



Troisième nuit de veille. Troisième nuit sans sommeil.
Agnès a traversé ce jour comme le précédent, telle une somnambule dans une réalité qui la dépasse, s'éveillant telle ceux qui se repaissent du sang avec la nuit et à l'appel du vital breuvage.

Son visage est couleur cendre. La flamme du regard éteinte. La rage la consume de l'intérieur, amenuisant ses forces. Et pourtant, ce soir encore, une occasion lui est donnée de se délivrer de son emprise.
Mais la Bapaume le sait déjà. La nuit précédente ne lui a pas offert le soulagement escompté. Le tribu des âmes et du sang ne peut payer le prix exigé par son esprit tourmenté, ne peut apaiser l'ire qui se déverse en flots continus dans tout son être.
Pas de réconfort en priant le Très Hauct, elle a choisi de le maudire puisqu'il est resté sourd à ses suppliques.

Troisième nuit de veille. Troisième nuit sans sommeil.
Oseront-ils encore ce soir tenter de percer le barrage des défenseurs de Tarbes ?
Il n'y a pas d'acte plus beau pour ceux qui connaissent intimement la guerre que d'affronter ceux qui savent, au moment de charger, qu'ils vont mourir. Les ennemis se couvrent alors d'un voile d'honneur et deviennent les plus intéressants des adversaires, ceux qui luttent pour une cause juste, crédible, leur propre survie.

Troisième nuit de veille. Troisième nuit sans sommeil.
Là, ils sont venus. Une poignée, et pourtant...
La rage au ventre, l'énergie du désespoir les guide, ils fendent, juchés sur leurs montures, la mêlée des hommes de l'armée, s'approchant dangereusement de Lucasd et de son second, elle.

La vicomtesse sort sa lame du fourreau et éperonne son destrier, fidèle compagnon de ses trois jours de bataille. La bête se lance au galop et sans crier gare, se rebiffe.
C'est au contact douloureux du sol que la Saint Just réalise qu'elle a été désarçonnée. Son casque roule au loin, l'attache de son plastron s'est défaite, la monture s'est fait la malle.
Elle jure entre ses dents et se relève péniblement, gênée par le poids de sa carapace de fer. La dernière attache du plastron qui pend lamentablement sur sa poitrine est rapidement tranchée, découvrant la cotte.

A peine le temps de reprendre ses esprits, qu'une lame entre dans son champ de vision. Trop proche.
Mouvement de recul, l'écu à la salamandre se lève, la Rapière aussi. Trop tard.
La main trop faible ne parvient pas à retenir la Rapière. Sous le choc, elle vole au loin. Le bois vole en éclat, la lame ennemie fend le bouclier. La pointe de l'arme se fraye un chemin et dessine un chemin brûlant en diagonale, depuis le bas du visage, passe sur le cou et traverse ensuite la mince côte de maille jusqu'à l'aisselle, puis s'échappe enfin.

Agnès porte la main à sa joue, regarde hébétée le sang qui la recouvre puis, relevant les yeux sur son adversaire, lui lance un regard de surprise avant de s'effondrer.

Dernière pensée avant de sombrer. Celui qui vient de la désarmer n'a qu'une main. Curieux destin.

Troisième nuit. Enfin le sommeil...


Kirkwood a écrit:
Il reste immobile, dressé au milieu du combat général, doutant encore.

Puis les réflexes reviennent. Il s’accroupit, délace le bouclier de son dos et dégaine Généreuse, l’épée gagnée au grand tournoi de la Compagnie du Léman. LE tournoi.
Fugaces souvenirs des participants. Kartouche. Nefti. Tatou… Quelques visages qui passent, déjà effacés par le retour à la réalité.

Il se jette dans une mêlée. Une hallebarde envoie promener la hache d’un cavalier, qui préfère alors faire demi-tour pour se trouver une autre arme.

Kirkwood reprend son souffle, vite coupé.
Un cavalier arrive devant lui, sortant vainqueur d’un reître, semblant chercher une nouvelle victime. Épée dressée, salamandre or sur fond noir pour blason…
Impossible de savoir si le regard l’assassine, si le cavalier tergiverse…

Ô bloody shit, comme disions mon pôpa…


Pas de pensée ou de stratégie, juste la survie.
Il se jette –presque- sous les sabots du cheval pour se retrouver derrière le bouclier.

Réussi, le cheval ne s’amuse pas à le piétiner.
Il a encore une bonne seconde pour profiter de sa vitesse avant que son adversaire ne réagisse…


Dioscoride a écrit:
[Sous les murailles de Tarbes, toujours le troisième matin de novembre, The End]

...des éclisses de bois volent autour de son adversaire, maigre défense que celle d'un blason, fût-il riche, face à la ferveur d'un engagement ultime. Le borgne y avait mis toute sa force et la lourde lame avait fait le reste. Le coup avait porté et il découvrait un visage féminin qui sombrait, hors d'état de nuire. En d'autres temps, en d'autres lieux, il aurait pris soin de garantir la mort de sa victime, mais le temps était compté s'ils voulaient avoir une chance, elle avait peu de chance de survivre car alors qu'elle touchait le sol du sang inondait le haut de son torse et son cou.

Dioscoride jeta un regard à la recherche de ses compagnons, les découvrant non loin aux prises avec un ennemi en surnombre. D'un talus de nouveaux soldats accouraient, le mercenaire comprit alors que tout allait se terminer ici, au pied de Tarbes. Aucune tristesse, aucun ressentiment, il tomberait comme il l'avait souhaité, au combat, entouré de glorieux camarades. Alors qu'il courrait les rejoindre le carreau d'une arbalète se ficha dans sa cuisse le projetant au sol, son épée se dérobant à plusieurs mètres de lui.

Toujours à terre, levant les yeux il aperçu une riche monture qui se cabrait désarçonnant sa belle et intrépide cavalière...il se souvenait avoir pensé à ce moment là "du gâchis que ce sacrifice" quand un hennissement derrière lui suivit d'une insoutenable douleur dans le dos le plongea dans l'inconscience.

A présent que le calme reignait, ses derniers souvenirs s'évaporaient, petit à petit les râles autour de Scarificare se taisaient. Il réussit à bouger sa tête sur sa main, reposant sur un bracelet de cuir et ce ruban, sombre comme cette aube qui annonçait de sinistres dénouements...


*phonya* a écrit:
[Ce matin là .. une autre blessure ]

Des branches de vie flottent sur le Lac, quand la pluie se met à tomber.
De l'eau froide dégouline sur son visage la forçant à ouvrir les yeux sur le présent.
Elle n'a plus envie de lutter, plus envie de faire la fière et la forte.
A chaque souffle le souvenir d'un ruban noir teinté d'espoirs fous la transperce.

Puis des bras qui la portent, qui l'emportent.
La tête nichée dans une épaule sans nom, les dents serrées sous l'étreinte qui la presse, elle agrippe ses yeux au sol, redoutant d'y lire ce qu'elle pressent.
Des cheveux étalés sur une chemise rougie, silhouette allongée, aussi longue et fine qu'une épée qui la touche encore une fois.
Elle tente sans force d'échapper aux bras pour la rejoindre, mais la poigne est sans faille.

Ses yeux mouillés s'arrachent du dos sanglant. Emmenée, l'âme déchirée, elle s'abandonne glacée sous les vagues brûlantes d'un corps qui se bat encore.
Elle vivra.

Melian a écrit:
[1er novembre]

Alors qu'elle était dans la voiture en direction de Lourdes, elle intercepta un petit messager en plumes envoyé par le Garde qu'elle avait chargé de la surveillance. Elle prit la missive, libéra l'oiseau et la lut. Le Dénéré était mort... Bertin l'informait que la Vicomtesse avait été avec lui dans ces derniers instants, qu'il n'y avait aucun signe d'infection, aucune hémorragie. Il lui écrivait également que la Saint Just avait dis que ses gens viendraient chercher la dépouille.

Elle froissa le parchemin dans sa main, portant son poing serré juste sous son visage, de sorte que son menton vienne y prendre appui, puis elle ferma les yeux. Il était sûrement déjà trop tard lorsqu'elle l'avait trouvé et soigné. Trop de sang perdu. Elle fit arrêter la voiture, lui fit faire demi tour, et ne rouvrit ses yeux noirs que lorsqu'ils arrivèrent.

Elle se rendit à la tente. Au milieu, la dépouille couverte d'un drap blanc. Une vision sinistre qui lui rappela bien des mauvais souvenirs.

Lyon. Une embuscade. Cinq hommes armés jusqu'aux dents alors qu'ils n'étaient que deux et qu'elle n'avait qu'un bâton. Le coup de poignard sous le cœur qui l'avait mise à terre, Acar qui l'avait défendue jusqu'à être frappé par derrière, malgré les coups qu'il avait reçu. Puis le réveil douloureux, la panique de ne pas le trouver, la recherche malgré la souffrance, pour le retrouver tout pansé et couturé, à l'agonie. Ses si longues nuits de veille, de prières, de suppliques. Et au final il avait survécu.

Elle secoua la tête. Que n'aurait pas donné la veuve du Vicomte pour avoir une telle chance... Elle s'approcha, écarta le linceul rudimentaire. Puis elle alla chercher une bassine et de l'eau parfumée à la lavande et s'employa à nettoyer tout le sang et refit un pansement propre, pour couvrir la plaie. Elle ôta également l'attelle qui ne lui servirait plus à rien à présent. Puis elle le couvrit à nouveau du linge. Les hommes de la Vicomtesse pouvaient venir.

Elle laissa ensuite instruction au garde pour s'occuper de garder la dépouille en attendant leur arrivée. Elle remonta dans la voiture, et repartit pour Lourdes, le regard sombre.




[Nuit du 2 au 3 novembre, sous les murs de Lourdes puis à Tarbes]

Toujours la veille, le froid, la fatigue. Et toujours un inconscient qui se croit plus fort qu'une armée entière... Monotonie morbide pour un air de déjà vu.

Et pour le troisième jour consécutif, elle partit en trombe pour Tarbes, soigner les blessés.

A peine posa-t-elle le pied hors de la voiture aux abords de Tarbes que le garde se précipita à sa rencontre. L'on avait amené la femme qui avait recueilli le dernier souffle du Dénéré en bien piteux état. Elle alla aussi vite qu'elle put à la tente.


Non non non !

L'un puis l'autre maintenant ? Mais qu'avaient-ils donc fait ! Elle posa ses affaires, suivie du garde qui amenait des linges propres. Puis elle s'approcha de la paillasse où reposait la dame. Elle s'en fut préparer illico de l'eau à la lavande, ainsi que tout le nécessaire de suture, et des linges. Elle disposa le tout près de sa patiente et mouilla un linge avec l'eau désinfectante. Finalement, elle alla se laver les mains à la saponaire.

Il lui fallut beaucoup d'eau et de linges pour nettoyer tout ce sang et avoir une idée de ce qui était arrivé. Elle couvrit la Vicomtesse d'une couverture jusque un peu au dessus de sa poitrine et ôta ensuite ce qu'il restait des protections du haut de son corps, afin de ne pas la laisser exposée à la vue de tout un chacun ne serait-ce qu'une seconde.

Elle ne laissa rien paraître de ce qu'elle ressentit en voyant la plaie béante qui lui traversait la joue droite, le cou, le haut du torse jusqu'à l'aisselle. Elle se souviendrait des Lions, aucun doute. Melian prit son matériel de suture, le désinfecta, et se mit à l'ouvrage. Les points rapprochés permirent à la médicastre de bien refermer la blessure, ceci dans l'espoir que la cicatrice soit la moins visible possible. Il lui fallut une heure de patience pour suturer entièrement la plaie, heure entrecoupée de séance où Melian nettoya ses mains et son matériel, tant pour limiter les risques d'infection que parce que l'aiguille lui glissait des doigts à cause du sang qui s'échappait encore de la blessure.

Aucune artère ou veine de sectionnée, donc pas de cautérisation. Et la trachée n'avait pas été endommagée, donc pas de souci pour respirer en perspective. Non tout ce sang venait simplement des chairs profondément entaillées, ainsi que les vaisseaux qui vont avec.

Elle poussa un soupir et alla se laver les mains et s'éponger le front. Puis elle alla vérifier son ouvrage, couvrit la plaie d'onguent et par dessus de plusieurs compresses les unes à la suite des autres.

La Vicomtesse ne s'était pas réveillée pendant tout ce temps, entre la perte de sang, la fatigue des combats, la disparition de son époux. Melian resta à son chevet, alors que le garde écrivait à Acar pour l'informer que son épouse reviendrait le soir venu pour sa garde.

--Garde_de_LOCF a écrit:
[Place de Pau, par un frisquet jour de novembre]


- Ayé on a tout ?

- J'crois bien qu'on a trouvé toutes ces saletés, mesme celles du chantage au Comté et celle que l'aut' a rajouté après nous en s'croyant futé !

- Au boulot alors.

Guillaume acquiesça à la réflexion de son frère d'armes Bertin.

Ils allèrent chercher un gros poêle, histoire de pas fiche le feu aux maisons de bois autour de la place par un malencontreux coup d'vent, et l'installèrent au milieu de la place.

Puis d'ajouter un peu de combustible, pour allumer l'feu.

- C'est bon, on va pouvoir y aller !

- Touche pas ça comme ça malheureux ! Des fois que ça soit conta-euh tu sais quand ça passe de gens à gens.

- Ah oui pas beste t'as raison attends.

Guillaume partit donc chercher un long tisonnier dans une maison voisine, avec présentation polie, demande polie et achat dudit tisonnier, pour surtout pas avoir à le rendre tout infesté de la maladie.

Et le soldat Franc de piquer chaque parchemin, papier et autre ordure hérétique et de les mettre au feu, petit à petit.


- Eh c'est qu'ça brusle bien ces trucs dis donc.

- Tu l'as dis. Tu crois que leurs auteurs vont cramer aussi bien ?

- Sais pas. On verra.

Les deux gardes regardaient les flammes et passaient les affiches au feu, les unes après les autres.


- Ils en mettront d'autres.

- Sûr'ment, mais on les enlèvera au fur et à mesure, puis de toute façon faudra de quoi allumer les buschers.

- Bien vu.

Et de soupirer. Faut être quand même borné pour continuer dans l'erreur alors que tout prouve que vous vous plantez en beauté et que vous gagnerez pas quand même... Mais doivent sûr'ment s'dire la même chose ces couillons-là... Quel comble quand même !

Acar a écrit:
[Place centrale de Pau, 8 novembre 1457]

Parfait, que l'état de vigilance soit maistre en ce lieu, je compte sur vous
!!

Par Aristote, pensa t'il, le Béarn ne sera point la nouvelle Genève, plutôt mourir, tous, que cela...

Il se gratta le menton puis alla devers ses hommes tout en réajustant son haubert de grosses mailles.


Mes frères, nous devons reconnaitre que le fer ne parlera plus avant un certain temps, seul le poids des mots restera en cette terre, nous devons réagir promptement et ne point laisser cette engeance crier sa haine envers les hommes icelieu, envers nostre foy, sans réaction.


Accompagné d'un geste de la main : Allez donc parler aux Palois, alentour de cette place, pour qu'ils veillent eux aussi à ne point prendre attention à cette supercherie ambulante, venant de ces terres lointaines.

Que le feu consume leur parole, que le feu consume leur volonté de nuire, que le feu consume la réforme !! Voila le souhait que je porterai, s'il m'était possible de le demander.


Il appuya nouvelle fois, ces mots
: Que le feu consume leur parole, que le feu consume leur volonté de nuire, que le feu consume la réforme !!
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MessagePosté le: Mer 11 Nov - 23:45 (2009)    Sujet du message: 1457-11-01 Le vent avant la tempeste Répondre en citant

Gnia a écrit:
[Tarbes - Armée Iunctis Viribus - Parce que vaut mieux tard que jamais, dernier retour sur la nuit du 31 octobre au 01 novembre 1457 - Gnia vs Kirkwood]

Taille, tranche, lacère. Rapière, telle l'instrument de la Mort, fauche, sans distinction. Le sang a moucheté cavale et cavalier au gré de la progression dans le groupe compact des ennemis.
Une pique est évitée de justesse. Son porteur, lui, par contre, ne verra rien de juste dans le sort qui lui est offert. Le corps n'est pas encore tombé à terre que déjà la vicomtesse se lance sur le prochain ennemi en vue.
Voilà, le rondouillard barbu là devant, très bien. Coup d'éperon et la monture avance, l'épée se lève, prête à frapper...

Foutu hérétique ! A l'endroit où il se trouvait la seconde d'avant, plus rien. Agnès est déstabilisée par l'agilité du bedonnant soldat, quelle idée de se jeter sous les sabots du destrier déjà pour commencer. Il faut faire volte face, rapidement, sinon elle n'aura que le temps de sentir le froid de la lame entrant dans son dos.
L'opération semble prendre un temps fou, pas évident de déplacer le poids des plates qui couvrent et la bête et l'humain.
Dents serrées, elle appréhende le coup bas, venu de l'arrière quand enfin elle remet la main ou plutôt l'oeil sur son ventru, déjà à quelques mètres de là.

Pauvre de toi, vil cloporte, fallait pas énerver la Saint Just !

En un instant, elle est sur lui. Sans hésiter, cette fois, elle se penche de côté et l'épée s'abat. Une fois, et l'adversaire est désarmé. Une autre, et une fine bruine de liquide chaud se vaporise une nouvelle fois sur la forteresse sagittaire. Un beau coup de taille, en plein dans le mille, ou plutôt le nombril. Pas le temps de voir si le bonhomme se vide de ses viscères, en voilà d'autres qui rappliquent.



[Tarbes - Tente d'infirmerie du campement de l'Armée Iunctis Viribus - A l'aube du 3 novembre 1457]

L'on pourrait espérer rien tant dans le lourd sommeil qui enfin l'abrite en son sein, qu'un peu de repos. Ne rien ressentir, juste flotter dans un néant sans fin. Il n'en est rien. Les cauchemars la poursuivent là encore, le sang et la terre, comme un rappel de ce que nous fûmes, sommes et serons. Comme s'ils n'étaient là que pour l'empêcher de sombrer, de se laisser aller, comme pour lui enlever tout espoir qu'à un moment donné tout cesse.

Alors puisque son esprit ne peut trouver son repos dans l'inconscience, il faut émerger. Agnès n'a pas encore ouvert les yeux que déjà la douleur se fait sentir, lui arrachant des larmes et de misérables gémissements. La peau la tiraille, le sel de ses pleurs dévalant sur ses joues puis son cou brule ses plaies et enfin elle se souvient.

La main faible vient tâter sa joue et rencontre un pansement. Ce n'était pas un cauchemar, juste la triste réalité. Les yeux s'ouvrent, se posent enfin sur une présence rassurante au milieu de tout ce chaos, la dame de Beost la veille.

Pas la force de parler, ni celle de garder plus longtemps les yeux ouverts, la fatigue reprend ses droits et déjà la Bapaume sombre à nouveau dans un sommeil tourmenté, entrecoupé de râles de souffrance.




[hrp]Dernière intervention sur ce RP, pour ma part et un grand merci aux joueurs de Kirkwood, Nimgly, Dioscoride, Erel et Melian[/hrp]


Kirkwood a écrit:
La bataille de Tarbes, samedi à dimanche, vue par Kirkwood, reître genevois

- Magnifique pirouette de Sergent Kirk, Gérard !
- Tout-à-fait, Thierry !
- On reconnaît bien là le deux fois vainqueur du Grand Tournoi Lémanique de Genève ! L’esprit d’initiative, l’allant, le coup-de-dés-qui-jamais-n’abolit le-hasard…
- Heu……….. tout-à-fait, Thierry… ?
- Je me demande s’il va nous faire une bruine purpurine de Prusse, un de ses coups favoris, ou l’anxiolitique de l’Atlantique, pas mal non plus ! Cela étant, peut-être va-t-il encore bénéficier de cette insolente chance que Deos lui cède un peu trop souvent, comme lors de son premier tournoi, où il avait croisé une ourse qui avait semé, en le coursant, une très belle pagaille sur le site de la joute ? Ah, j’en rigole encore !
- Tout-à-fait, Thierry ! Mais cela ne nous concerne…


Mais non, Kirk n’est pas dans la lice, ou alors elle est très très métaphorique et quand même un brin plus dangereuse… Un éclair de rêve, ébauche de souvenir, fumée inconsistante, vient simplement de le frapper, et pas au meilleur moment…
Il vient de se rêver beau et vainqueur…
P’tite erreur de kastingue, comme disent les Brittons.


Il vient toutefois de réussir sa manœuvre.
Il le sait.
Il a une ou deux secondes pour placer son coup, au pire il gagne du temps, au mieux il pourfend le cavalier…

Mais il se passe un truc.
Il aperçoit un petit monticule, au milieu de la zone des combats, autour duquel se sont accumulés plusieurs cadavres.
Ça ferait une très bonne position pour repousser ses ennemis, voire même concentrer quelques Reîtres et bâtir une position qu’on tiendrait à nouveau face à la furia béarnaise.

Devant une telle perspective, Kirk change immédiatement son escopette d’épaule, si l’on peut dire, et quitte son ennemie, en train de manœuvrer pour se replacer en meilleure position, pour se diriger à toute vitesse vers son objectif.

À la seconde où il entame sa course, il se rend compte que l’objectif est trop loin pour l’atteindre avant que le cheval ne le rattrape.
Il s’est totalement planté.

Manque de concentration, d’analyse ?
Trouille sans s’en rendre compte ?
Sans guère de doute, un savant mélange de tout ça, sans oublier la volonté de Deos, s’entend…


Trop tard.
Pour faire demi-tour.
Pour atteindre l’objectif à moyen terme qui l’a détourné de l’objectif immédiat, la survie.
Ça se paye cher.
Il n’a que le temps de penser : Deos, que ta volonté soit faite. Et protège les autres Genevois, s’il Te plaît, et…

Douleur dans le dos.
Le choc l’envoie bouler à quelques pieds du fameux monticule. Ironie amère.
Il devine plus qu'il ne sent un autre coup.
La souffrance l’envahit.
Le submerge.

Rideau !

Et merdre !



Citation:
Mili_cia vous a fracassé un rocher de plusieurs tonnes sur la tronche. Dur, dur. Vous êtes mort au combat.
Gnia vous a piétiné sauvagement et à refait passer plusieurs fois son cheval sur vous, vous enfonçant de plusieurs centimètres dans le sol. C’est moche, hein ? Vous êtes mort au combat.
01-11-2009 04:09 : Vous avez engagé le combat contre l'armée "Iunctis Viribus" dirigée par Lucasd. Z’auriez peut-être pas dû…


HRP. Salutations à Gnia pour un très agréable conte de notre combat !


-------------------

Acar a écrit:
[Lices de Lourdes, 13 novembre 1457, campement des Sanctes Armées de Rome, sous une pluie fine]

Il avait apprit la venue "officielle" d'Izaac en Béarn, puis son trajet vers ailleurs que Lourdes, sans encombres...

Il cracha vivement sur le sol.

Lui le coordinateur des Sanctes Armées de Rome avait du accepter cesla pour le bien du Béarn, mais au fond de lui, il brulait de le restrouver... Tout comme il brulaist de tous les restrouver, ces pourfendeurs de tolérances, ces empêcheurs de tourner rond, mais cesci n'avaict que trop duré.

Ainsi, il prévint Rome de cet estat de faict, envoya comme chaque jour son rapport des forces ennemies en ce Béarn, puis se concentra sur ses responsabilités et charges... Car oui, il devait coordonner, comme depuis le premier jour, les forces vives des S-A, mais aussi mener des ensquestes, voire plus appropriées à cette engeance, telle que la question, celle qui dure jusqu'au trépas.

Derechef, il appela ses gardes Francs, puis leurs donna, à chacun, un long veslin...


Il alla alors devers le quartier de gardes, ou se trouvaict ses hommes :

Voici une bonne lecture avant de vous ensvoyer en mission
... Il reprict sa respiration et luct :

Citation:
Nous, les cardinaux de la Sainte et Vénérable Eglise Aristotélicienne, Universelle et Romaine, réunis en Curie par la grâce du Créateur et de Sa Sainteté le Pape Eugène cinquième le superbe,

A l'universalité des fidèles,

Salut et bénédiction.

Frappons d'anathème le groupuscule dit du "Lion de Judas", ainsi que tous ses membres présents et à venir;

Déclarons la prétendue république léonine
infidèle et illégitime;

Exhortons les fidèles et leurs guides temporels à se rassembler et s'unir pour œuvrer à la mise au pas prochaine de cette vermine.

Ad majorem Dei gloriam

Fait à Rome, ce second jour du mois de janvier mil quatre cent cinquante six.


Les regardant plus longuement
: Messieurs, mes frères, vous avez en chacune de vos mains la description de tous ceux qui doivent estre arrêtés prestement et voici leurs noms, pour vous les mémoriser :

Méliandulys.
Izaac.
Massiliaturonen.
Sanctus.
Kartouche.
Kirkwood.

Si d'aventures, il ne font pas comme vous le désirez, n'hésitez poinct, le sang des lions n'est poinct sacré, abusez-en !!!


Mariposa a écrit:
(Quelques jours après ces horribles nuits de batailles infinis)

Montée sur un canasson emprunté pour l’occasion, la jeune helvète arriva sur le champ de bataille où la plupart des combats s’étaient livrés. Corps et armures jonchaient le sol et quelques personnes fouillaient les décombres. Elle aussi se trouvait là et se demandait encore pourquoi. Les paroles du vieux Brawn disant qu’il y restait des morts vivants résonnaient inlassablement entre ses deux hémisphères et un élan incontrôlable l’avait poussé jusqu’ici. Elle avait été très prudente et avait longé le chemin par la forêt pour éviter d’être repérée. Du haut du cheval, elle détaillait du regard tout ce qui restait au sol, à l’affût d’un indice.

Un costaud barbu sifflotant tout en empilant des corps attira son attention et elle l’approcha pour l’interpeller.
Sieur, auriez vous … auriez vous trouver par hasard un… un écossais ?

L’homme se retourna surprit.
Hé ma p’tite dame, vous croyez que j’leu demande d’où cé qui vienne à ces morts ?! Ca va pas non ?
v’la comment j’fonctionne, y’à les hôtes pis les autes ! Mouaa ha ha ha

Et l’homme de rire de bon cœur.

Léger raclement de gorge de la jeune femme qui continua
oui, je comprends… mais… cet écossais, il, il porte le kilt
*petit mime accompagnant ses dires.

L’homme la regarde étonné.
Un kilt ?mouahh ahh rhoohh rhoo Ha ouais, les jupettes d’homme , je vois…
et ben par chance que j’lai pas vu me p’tite dame
pour sûr j’va lui ajuster un petit queqchose avant qui désende en enfer si j’le voué!

Hochant la tête, n’osant y croire, il continua son labeur.
Ces étranges alors…cé pas possible !

Que faites vous des… des autres ?
L’homme, exaspérer, lui fit un signe de tête en direction d’un amas de corps plus loin.
On fout l’feu d’dans, ca vous va ? et j’vous assure qu’à pas d’quoi en faire un feu de joie !
Allez… déguerpi ! sinon j’te découpe un kilt !

L’homme fit un grand geste du bras.
Allez ouste ! Tu m’empêches de gagner mes écus honet'ment.
Et le costaud d’arracher la bourse d’un défunt combattant.

La femme foudroya d’un regard noir ce serviteur du Sans Nom avant de s’éloigner, continuant sa quête parmi les décombres, cherchant un indice, un tout petit indice, mort ou vif, pour qu’elle cesse enfin de se questionner.


--Uewen a écrit:
La bataille de Tarbes du samedi 31 au dimanche 1er novembre, vue (plus ou moins) par Kirkwood, reître genevois


Uewen et les siens faisaient ce qu’ils pouvaient pour fuir le champ de bataille sans y laisser plus de plumes que nécessaire. Le carnage était suffisant ainsi. Pas tant de pertes que ça, ce soir, mais déjà, les anciens soldats maugréaient contre la stratégie de ces bourgeois genevois qui avaient imposé leur point de vue.
Pas très réussi, pour l’instant…

Sicaires et soldats professionnels avaient appréhendé cette réunion de leurs moyens. De bons bourgeois qui se mêlaient de la guerre, ce n’était pas forcément ce qu’il y avait de meilleur.
Qu’y connaissaient-ils, à cet art brutal et si délicat à gérer ?
Certes, Genève avait gagné l’admiration –discrète- de l’Aristotélicité en résistant à cinq armées croisées en 1456, et son Tournoi lémanique entrainait ses combattants à la dure, sans compter qu’il recrutait maintenant jusqu’au cœur du royaume de France.
Mais si cela suffisait pour résister derrière des murs, les combats en rase campagne, c’était quand même une autre paire de manches !

Uewen s’arracha à ses pensées.
Un geste de l’homme de tête, et tous se fondirent dans les hautes herbes.
Un groupe de piétons béarnais s’approchait et passait un cours d’eau. Deux lances, on n’avait pas les moyens de les affronter rapidement, à quinze, sans plus guère de projectiles.
On tente de se fondre dans la terre.

‘Sont pas casse-grouilles à patrouiller pour tenir le terrain, tiens !
D’accord, c’est normal, mais y’a pas mal de place autour, alors lâchez-nous un peu les chausses, les gars, hein ? Ce serait sympa…

Ils s’approchent.
On serre ses armes et les fesses.
Surtout, ne pas péter.


Acar a écrit:
[Pau, a vingt coudées du castel, le 16 novembre 1457]

Enfin sur le lieu de la soi-disant reforme... Parbleu, il allait visiter chaque taverne pour en débusquer ses orateurs, car le verbe vil de la réforme n'avait point sa place icelieu, en cette terre et les Sanctes-Armées se devaient de remédier à cela car telle estait leur mission.

De facto, il alla à leurs rencontres, pratiquant le Verbe, contre le Verbe, les armes ayant parlées desja, à leurs grandes défaveurs...

Il posta devers chaque taverne visitée des gardes Francs, puis alla saluer monseigneur Cagi, vidame de Bordeaux de la Garde Épiscopale et également pourfendeur de réforme.

Finissant enfin par en trouver, ces réformés avaient pale figure et le Verbe mou... Prestement, il en arriva à vouloir que vienne de vrais orateurs, car ces hommes ou ces femmes ne maniaient point l'usage de leurs textes, suivant aveuglement leurs chefs... Savaient-ils lire ?
Il se promit de leurs desmander...

Car lui, Acar de Ventoux, avaict presvenu le jour mesme le sieur Izaac du départ de Yohann le défroqué hors de ce Béarn, mais de toute esvidence, soit-ils ne savaient point lire, soit ce chancelier n'avaict poinct répercuté l'information concernant le défroqué à ceux qui auraient du le savoir.

D'ailleurs, il avaict toujours sur lui la lettre du défroqué datant de la veille de son départ, ainsi que la copie de celle qu'il avait envoyé le mesme jour au sieur Izaac :


Citation:
Expéditeur : Yohann65
Date d'envoi : 2009-10-11

A Acar, preux chevalier de l'Ordre des Chevaliers Francs,
A toi qui n'a pas cessé de vouloir mettre la main sur moi durant ces dernières semaines, toi l'envoyé de Rome.
J'affirme quitter avec mes enfants le Béarn en ce jour du 11 octobre.
Si Dieu le veux, j'arriverai encore à m'échapper de tout mes poursuivants.
J'ai sûrement une bonne étoile qui me protége de tout mes ennemis dont ces lionceaux et leurs soutiens à qui je souhaite seulement de connaître les enfers ici bas.

Yohann65, l'imprenable


Le soir mesme, il avait bien quitté les terres du Béarn, sans avoir pratiqué office, car le Béarn n'aurait poinct accepté cesla d'un défroqué... Se grattant le menton, il reluct le second courrier, auquel il avait joint le veslin du sieur Yohann pour démontrer la chose comme le voulaict ses oppresseurs :

Citation:
Expéditeur : Acar
Date d'envoi : 2009-10-11

Je n'ai pu le stopper plus que cela, vous en voici informé, chancelier.

Acar de Ventoux,
Seigneur de Béost, vassal de Valère d'Arezac dict Varden, Comte d'Ossau.
Chancelier de l'Ordre des Chevaliers Francs, Chevalier (Bellator Francus Dei), Président du tribunal franc et Membre du Haut-Conseil et de l'état-major des Saintes Armées de Rome.


Ainsi, pensa t'il, la lecture de leurs textes devaient par trop les accaparer, pour en oublier l'essentiel...

Il réajusta son haubert de lourdes mailles, puis son long mantel et alla devers son destrier, le caressa puis le monta, il devaict resgler une affaire...


Barbapounette a écrit:
Barba se faufila parmi la foule et accéda à la place publique.Ces derniers jours n avaient été que réflexion .Elle avait fait une rencontre qui avait marqué un tournent.Sa venue à Pau,les combats,tous ca ...pourquoi?.....Elle c était faite bernée.Elle se regardait et ne voyait en elle que du dégout.Durant des heures elle avait pleurée,implorée le ciel de lui pardonner cet affront.Aujourd hui elle n était plus rien et avait tout perdu.

Devant elle charrettes et autres barriques s accumulaient.Il y avait du monde,c était maintenant ou jamais.Elle prit son courage à deux mains et monta sur un tonneau.


-A tous le peuple Bearnais,moi,Barba,Fribourgeoise de naissance,Helvète dans le coeur et dans la peau.Ce jour , je renie ma foy réformée.Qu il soit dit haut et fort,que je dépose les armes .

Ravalant sa salive elle regarda l assemblée reprit son souffle et continua.

-Il y a un homme ici parmi vous a qui je dois beaucoup,il s agit de messire Acar.Il m a fait entrevoir une once d espoir,ses paroles sont sages.Il est juste et droit.Je lui doit aujourd hui celle que je deviendrai demain,celle qui mènera une existence sans failles,droite et exemplaire.

L annonce terminée,elle regarda ceux qui lui faisaient face,des gouttes de sueurs perlèrent sur son front.Son coeur battait à tout rompre.


Acar a écrit:
[Place de Pau, le 19 novembre 1457]

Il escoutilla grandement l'ancienne réformée, heureux de voir que certains trouvaient la corruption en leurs fondements... Il estait heureux de voir que certains ouvraient les yeux sur la perfidie de leurs meneurs.

Devers tous, il dict :


Moi Acar de Ventoux, chevalier de l'église de Rome, prend sous sa protection dame Barbapounette et dit que si un réformé lui cherche querelle, il cherchera querelle à Rome en son entier !!

N'oubliez poinct que votre défroqué de Yohann ne fit aucune prêche en ce Béarn, point un seul mot... N'oubliez poinct non plus que vostre chancelier vous as caché une information capitale, à savoir que le 11 octobre, je l'avertissais du départ de ce triste défroqué, hors du Béarn !! Et ceci estait décision comtale, poinct émanant de Rome.

Sachez aussi que Rome ouvre ses bras à ceux qui renieront la réforme, car celle-ci est mensongère, remplies de vilénies et porteuse de grand malheur !!

Oui, je le redis devers tous, vos meneurs vous envoient mourir pour ne point perdre la face, voila la triste réalité qui vous as emmenés icelieu, terre ou vous ne trouverez que la mort, car vostre but initial estait corrompu de l'intérieur, bien avant que vous franchissiez les frontières de nostre Béarn.

Sachez aussi que cette terre est consacrée par ses édifices Aristotéliciens, tous sanctifiées et que le rôle de Rome est aussi la protection de ses édifices, de ses officiants mais aussi de tous les Aristotéliciens et Aristotéliciennes en terre consacrée.

Ainsi, nul n'est à l'abri de Rome, l'anathème pesant sur le Lion et sa réforme est bien d'actualité... De facto, fuyez cette vile engeance, vouée à l'échec, qui de plus, vous ment allégrement, pour vostre désespoir.

Gardes, que chaque encapuchonné soit mis aux fers, sur le champ... Que chaque réformé qui osera se manifester publiquement soit pourchassé et engrillonné !!


Kirkwood a écrit:
Les réformés se terraient, paraît-il...
Heureusement, alors.

Parce que le lendemain, on trouvait ces jolies affichettes en ville, sur les murs, par terre.

Oh, certes, fous de rage et fort dépits, on arracha ce qu'on pouvait, on brûla aussi en rêvant d'y mettre les Genevois, les réformés, pis tant qu'à faire les spinozistes et les averroiciens, sans oublier les athéistes.

Mais ça avait été lu...
Parfois médité.
Parfois même intégré.


Citation:
À l'attention des braves défenseurs de la Véritable Foy,
À l'attention de l'Universalité des Fidèles aristotéliciens éclairés par la Réforme,

Moi, Kirkwood, Lecteur aristotélicien réformé en l’église dite-cathédrale de Genève, par volonté claire et manifeste des croyants de la dicte-cité Phare aristotélicien du monde connu et à découvrir, conseiller en la mairie, membre de son honnête garde bourgeoise et Compagnon Reître Suisse, à ceux qui liront et entendront ces lettres, salutations en Deos et Ses trois Prophètes !

  • De la préservation de notre foy et de l’honneur genevois

    Qu'il soit su que mon discours est tout autant défense de la foy genevoise, défense de la liberté qui est nôtre par don de Deos, que défense de l’honneur de Genève. Personne parmi les Réformés de Genève n'a été contraint de choisir la voie de la Vertu qu’est le rejet de l'Église prétendument Aristotélicienne.
    La mission des Reîtres menés par le Brave-Capitaine Méliandylus était d’ordre strictement profane : porter guerre contre le Béarn en nom Genève, irrespectueusement et irresponsablement provoquée par le duché.
    Ce choix politique des Genevois souverains en conseil communal -toutes confessions confondues- est attaqué sous fallaces motifs prétendument religieux, comme d’habitude, par hauts dignitaires de l’Église prétendument Aristotélicienne.

    Soyez rassurés, aristotéliciennes et aristotéliciens, que l’évidente noirceur des ennemis de la vérité sera proclamée et crue pour évidente !
    Le fer genevois, bénit par Dieu, mordra la chair de ceux qui commettent le sacrilège de lever la main contre l’honneur des Filles et Fils de la libre Helvétie.


    Notre réponse est évidente.
    Non, nous ne cèderons pas, comme ils le souhaitent, à la haine et l’affliction, nous rendant alors aux armes du Sans-Nom, reniant ainsi notre foy aristotélicienne, notre liberté genevoise et helvétique.
    Non, ils ne condamneront pas nos âmes, nous ne céderons pas à cette perspective d’une vie sous la férule de l’ignoble Église prétendument Aristotélicienne et le joug de la caste nobiliaire. Au contraire, nous affirmons et affirmerons toujours être dignes de la merveilleuse liberté donnée par Deos, en êtres responsables qui ne se cachent pas leurs fautes.
    Nous irons encore chanter les louanges de Deos et de Ses prophètes, lors des cultes réguliers qui nous réunissent dans la joie et l’allégresse.

    La réponse est claire, elle l'a toujours été.
    Genève est droite et fière, elle illumine l’Aristotélicité !

  • De notre bénédiction aux populations affligées

    Comme l’ami bénit l’ami, d’un cœur sincère souhaitant sa réussite et pour icelui grâce de Deos, de même tout aristotélicien réformé bénit Genève, Béarn et Aristotélicité, souhaitant que se termine le bain de sang, dans l’honneur pour chacun.
    Morts, navrés, éplorés sont tous pertes pour Deos et Ses croyants.
    Que même si nobles béarnais et sans doute aucun l’hérésie romaine sont indéniablement et criminellement fautifs de cette guerre, c’est toujours conflit de trop. Nous prions pour la paix.


  • Du sincère repentir

    Qu'il soit su que nous, Genevois aristotéliciens, sommes aussi prêts à tendre la main.
    Tendre la main à ceux qui réalisent qu'ils vivent dans l'erreur la plus abjecte, et que cette erreur les a conduits, le cœur criant de haine, vers le tombeau spirituel de l'Église prétendument Aristotélicienne.
    Nul ne réchappera du courroux divin, sauf ceux qui déposeront les armes et feront acte sincère de repentir.
    Genève est Magnanime, mais elle n'est pas une enfant que l'on peut effrayer par le fer ou encore par la menace.

    Aujourd'hui, l'Église prétendument Aristotélicienne entend cacher sa noirceur en prenant à nouveau en otage vertu et fraternité aristotéliciennes en s’autoproclamant seule détentrice ! Nul ne sera dupe de cette infinie prétention qui va a contrario du Logion 17 de Christos.

    Cette duplicité et cette malignité de l’Église romaine, nous la connaissons.
    Mais nous prions pour que les brebis égarées reviennent à Deos et Aristote en abandonnant l’hérésie romaine !
    Oui, nous prions pour qu’elles prennent conscience de leur funeste erreur qui les éloigne de la boulasse solaire promise par le Très-Haut.
    Oui, nos prières sont innombrables pour les faire revenir à la Vraie Foy !

    Acceptez la paix, reconnaissez vos erreurs et venez à résipiscence, ou votre institution perdra à jamais la dernière once de crédibilité à laquelle elle peut prétendre



Demeurons unis aux fidèles par le choix sacré de la Foy Véritable, en communion avec Deos grâce à Aristote, Christos et Averroès.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 00:26 (2018)    Sujet du message: 1457-11-01 Le vent avant la tempeste

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