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[RP] Debout Chevalier ! - Aout 1462

 
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MessagePosté le: Ven 1 Avr - 17:33 (2016)    Sujet du message: [RP] Debout Chevalier ! - Aout 1462 Répondre en citant

http://forum.lesroyaumes.com/viewtopic.php?t=2202864&postdays=0&pos…

Dernière édition par Archiviste le Ven 1 Avr - 17:39 (2016); édité 1 fois
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MessagePosté le: Ven 1 Avr - 17:33 (2016)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Ven 1 Avr - 17:38 (2016)    Sujet du message: [RP] Debout Chevalier ! - Aout 1462 Répondre en citant

Aimelin a écrit:
[hrp][hrp : RP sans prétention juste le plaisir d'écrire, réservé à la famille et invités][/hrp]



[Sézanne, aout 62]

"Tu t'assoiras d'abord un peu loin de moi,
comme ça, dans l'herbe.
Je te regarderai du coin de l'oeil et tu ne diras rien.
Le langage est source de malentendus.
Mais, chaque jour, tu pourras t'asseoir un peu plus près... "
(St Exupéry - Le Petit Prince)



Le frison semblait ne point toucher terre et chacun de ses gestes tandis qu'il galopait dans le vaste pré bordant les écuries, soutirait au jeune maitre des lieux un sourire qui faisait briller de fierté quelque éclat dans son regard acier, à moins que ça ne soit quelques larmes qui secondes après secondes embuaient son regard sans doute sous un courant d'air capricieux.
La petite Angelle assise à ses côtés, à même le sol sur le tapis d'herbe qu'abritait le bel arbre qui gardait l'entrée du champ, n'avait d'yeux elle aussi que pour l'animal qui dépensait son énergie au gré de sa folie.
Abandonnant quelques secondes sa contemplation, Aimelin repensa à ce velin un peu vieilli que sa soeur lui avait fait parvenir il y a une année et qu'il avait du lire des centaines de fois.


"…  Ne te méprends pas, mon frère. Je ne te parle pas d’une malédiction, d’une douleur, d’un fardeau, ou que sais-je encore ?
Je te parle de cette sensation douce-amère qui accompagne et pèse à chaque pas, de savoir que quelque part, ailleurs ou tout près, il y a cet être pour lequel on compte et qui compte pour nous. Que cette liberté, conquise dans la douleur et dans la peine, et chérie depuis comme le meilleur des biens, le plus sûr et le seul, est désormais ténue, tenue sous le joug des liens d’un sang que l’on découvre avec plaisir. Ce sentiment, tu le connais, tu l’as toujours connu, A moi, il a fallu l’apprendre.

Je te parle surtout de ma hâte et de la chaleur avec laquelle je t’envoie ces quelques mots, car je prends la route.
Encore une nouvelle fois, avec la destination la moins incertaine que j’aie pu choisir ces derniers temps. C'est-à-dire vers toi. Il me tarde de revoir ton visage, même s’il est gravé dans mon esprit, serti des plus beaux sentiments. Je devine ton sourire. "


Il était des moments où l'on devait savoir suivre la course d'une étoile, sans la déranger, sans que notre souffle n'en dévie sa trajectoire. Le regard la suivait, amusé, étonné, parfois admiratif ou émerveillé, et puis l'on se penchait pour tenter de la voir s'enfuir jusqu'à ne devenir qu'un minuscule point qui disparaissait avec les premières lueurs du jour.  Et le soir venu, on se surprenait à la guetter et à la suivre à nouveau lorsqu'elle réapparaissait au regard pour continuer à nouveau sa course, libre, et revenir à la tombée du jour.

Kawa faisait partie de ces étoiles dorénavant, celles que l'on ne devait pas déranger dans leur course, et qu'il fallait laisser scintiller pour qu'elles se sentent libres. Elle était partie sur les chemins mais cette fois elle ne tiendrait plus ses promesses de retour. Un paysan lui avait ramené Nomade un matin des derniers jours d'octobre, un de ces sales matins où l'on maudissait la journée jusqu'à ce que le sommeil nous la fasse oublier. Cette discussion avec elle revenue dans sa mémoire lorsqu'il avait vu le frison..
" il m’arrivera certainement quelque chose avant toi… j’en suis certaine… et tu n’auras personne à… Si… Nomade… il faudra prendre soin de Nomade… !"

Sa précieuse. Certains lui avaient demandé les raisons de ce nom pour sa liste ducale, et lui avait juste répondu que c'était en hommage à sa soeur. Parler d'elle était encore difficile comme à chaque fois qu'il perdait quelqu'un de son entourage et seules Aliénor et Shan recevaient ses confidences.
En pensant à elle il ne pouvait s'empêcher de penser aux mots de l'homme, abrupts, les derniers mots de sa soeur avant qu'ils ne la laisse reposer sous ce chêne, dernière couche dans la nature, surmontée d'un tas de cailloux et d'une croix de bois. Le frison qui l'accompagnait n'avait laissé aucun doute à Aimelin. Alors il était parti la retrouver sur ce bord de chemin après Troyes, sous cet arbre à l'écart du passage où ces pierres entassées qu'il avait pris soin de remodeler veilleraient sur elle à tout jamais, ici sur l'un de ces chemins qu'elle aimait tant arpenter. Il avait solidement planté la croix qu'il avait faite fabriquer, une croix digne de ce nom à la seule lettre gravée "K". Elle lui manquait cruellement et la rage de sa disparition, qui s’était nichée en lui se terrait pour ressurgir aussitôt que quelque chose l’évoquait.


c'est vrai qu'il est magnifique laissa t il échapper en se levant et se dirigeant vers l'étalon qui s'était doucement approché d'eux.

Il avait fini par l'apprivoiser, même si à son arrivée à Etampes l'étalon se montrait nerveux aussitôt que le jeune seigneur l'approchait. Peut être ressentait il cette ressemblance avec sa cavalière disparue et au fil des semaines, l'animal avait été en totale confiance et le jeune brun lui avait même fait foulé une fois le sable de la lice.

Chassant ses pensées il jeta un coup d'oeil à la fillette.


viens suis moi vers la salle d'armes.


--Angelle a écrit:


[Même lieu, même moment d'abord]

"Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. "
(St Exupéry - Le Petit Prince & le renard)

Assise à côté d'Aimelin elle n'avait pas assez d'yeux pour admirer Nomade qui galopait dans toutes les directions et parfois elle laissait échapper un rire christalin qui se perdait dans les airs, avant de taper dans ses mains lorsque l'étalon, comme pour remercier sa jeune spectatrice ruait en passant non loin d'eux pendant que les cris d'encouragements de la fillette fusaient.

oui ouiiiiii Nomade vas y ! c'est toi qui court l'plus vite !

Et de jeter un coup d'oeil vers Aimelin... avec Altair z'êtes les plus rapides !

Faudrait pas qu'il se vexe parce qu'elle savait qu'il aimait trop son cheval même si elle savait qu'il aimait aussi celui-là.

C'est qu'elle avait beau avoir neuf ans et quelques tas de feuilles comme lui disait Aim', elle le connaissait bien depuis leur rencontre dans l'Auberge du Casteth à Pau, le jour où Gustave avait cassé la roue de la charette. Elle avait marché bien plus que cinq fois ses dix pas ce jour là, s'éloignant de la charette qu'elle avait laissée derrière elle, et s'était retrouvée à Pau devant la petite fontaine de la place du Casteth où elle avait raffraichi l'un de ces genoux légèrement éraflé. Et puis le hasard avait fait le reste et depuis ce jour là ils ne s'étaient presque plus quittés, et vivaient à Etampes où Jeanne s'occupait de la cuisine et Gus du domaine. Maintenant, ils étaient à Sézanne parce qu'il n'était pas possible qu'ils vivent loin de lui.
Et puis Etampes n'était pas très loin à cheval et quand il y retournait, seul ou avec Alie, elle les accompagnait parfois pour courir dans les cuisines chaparder quelques morceaux de gâteau au commandant comme elle l'appelait qui même si elle ronchonnait finissait toujours par lui en donner d'autres.


oui il est beau. L'est pas blanc comme le cheval des princesses mais l'est beau.
Dis t'en as connu toi des Princes avec des chevaux tout blanc ?
et puis la Princesse qu'était venue quand c'est qu'elle revient ta sure reine ?
et dis tu m'apprendras à monter aussi sur Nomade ?


C'est qu'elle en posait des questions mais elle voulait être sûre qu'il oublierait pas tout ce qu'elle voulait savoir.



___________________________



Aimelin a écrit:
[Début août, Sézanne, salle d'armes]

"Même si des rois ou des puissants commandent tes mouvements, tu demeures seul gardien de ton âme. "
(Kingdom of Heaven, le roi Baudouin IV)


Un petit rire amusé avant de l'entrainer vers la petite barrière de bois qui fermait le pré.

Avant de te connaitre j'en ai connu un mais avec un cheval brun.
Je lui servais de garde et j'ai dû prêter serment pour ça. Alors j'ai posé un genou à terre.

Et sur ces mots il joignit le geste à la parole, posa un genoux à terre tandis qu'il récitait, la main droite posée sur son coeur.

Moi, Aimelin, jure sur mon honneur et sur ma foi, devant Dieu et le Béarn, sur le livre des vertus et des lois Comtales, d'être honnête et de servir les Lames Béarnaises fidèlement au péril de ma vie... et de murmurer en fixant la gamine ... enfin c'était plus long mais je ne me souviens pas de tout.

Et de se relever tout en continuant son histoire... et le Prince s'est avancé vers moi et a posé sa main sur mon épaule et l'a serré fortement.
J'ai cru qu'il allait m'étriper mais il a répondu d'une voix grave. Et de continuer en prenant une grosse voix pour imiter l'homme.

Messire Aimelin si vous êtes la, c'est que ma confiance vous est acquise. Suffisament pour vous permettre d'être armé en notre présence et de vous confier le soin de notre protection.
Nous, Juliano Di Juliani, en temps que premier Comte du Béarn recevons votre serment. Soyez assuré en retour de notre Protection, de notre Justice et de notre Reconnaissance.

De regarder Angelle avant d'ajouter. Je me suis relevé et j'ai écris de suite à Maltea pour lui annoncer que j'étais devenu garde comtal.
Un petit sourire étira ses lèvres devant l'air amusé de l'enfant tandis qu'il l'entrainait à nouveau vers la salle d'armes.

Ma suzeraine ! princesse en herbe que tu es ! et d'éclater de rire...  lorsqu'elle sera moins occupée peut être qu'elle viendra oui. 
Moui je pourrai t'apprendre à monter Nomade aussi bien sûr.
Il va rester à Sézanne, les écuries sont grandes et les prés à perte de vue.

Sézanne, ils y prenaient tout juste leurs marques au fil des jours avec Aliénor et le jeune Duc qu'il était avait jeté sa priorité sur le bourg situé au bas de la colline sur laquelle se dressait le Domaine et ses bâtiments. Depuis qu'ils avaient pris possession des lieux, il avait tenu à faire retaper une grande bâtisse au centre du village afin que les plus démunis puissent avoir un toit. Il se rendait tous les jours sur le chantier et avait constaté avec satisfaction la toiture mise en place. Il comptait sur le rendement des champs, vergers et vigne pour entretenir le lieu avec l'aide des villageois. Une partie du blé qui passait au moulin, servirait à confectionner la farine dont les boulangers auraient besoin pour le bourg. Le surplus serait acheminé vers les bourgs avoisinant ou stocké dans les réserves.
Etampes lui avait appris à gérer un domaine, et c'est ainsi qu'il fonctionnait. Se servir des productions pour vivre, et pour que le bourg ne manque de rien. Il en était de même pour Précy et Lesmont, et les deux jeunes nobles se faisaient un point d'honneur à ce que les terres confiées prospèrent et que le peuple les travaillant ait une vie honorable. C'était la devise de sa famille, "n'oublie jamais qui tu es" et cela sous entendait n'oublies jamais d'où tu viens, et lui n'avait jamais oublié quoi qu'en disaient certaines têtes vides qui aboyaient tels de fidèles toutous à l'appel de leur maitre.

Contournant les écuries d'un pas alerte tandis qu'ils discutaient, ils se dirigèrent vers la salle d'armes accolée contre elles, et laissant Angelle à ses rêveries, Aimelin s'approcha de deux épées posées sur le plan de travail taillé dans la pierre. Ces deux épées ne servaient plus, elles étaient là pour lui rappeler son passé, pour lui rappeler que si ce passé n'était plus il avait fait de lui celui qu'il était aujourd'hui et puis elles avaient été forgées par Dance, et c'est en partie pour toutes ces raisons qu'il les avait ramenées d'Etampes et fixées sur l'un des murs de cette salle, à côté d'un des deux boucliers fabriquées par sa petite Lily en Béarn, peu avant sa disparition.

Il se saisit de celle aux armes de Sévignacq, et passa furtivement un chiffon sur le blason afin d'en chasser la poussière.


--Angelle a écrit:


[Sézanne toujours]

Les fleurs sont faibles. Elles sont
naïves. Elles se rassurent comme elles peuvent. Elles se croient
terribles avec leurs épines…

(Le petit prince)


Alors là cette histoire jamais il lui avait raconté et elle en était restée muette avant d'éclater de rire à son tour et de laisser fuser ses phrases.

waouh mais il a dit ça ? puis t'étais son garde ?! t'étais un soldat alors !
et il avait une princesse et puis tu l'as protégé des brigands ?


Et tandis qu'elle posait mille questions, ils étaient entrés dans la salle d'armes.
Cessant ses bavardages un peu intimidée par le lieu où elle ne rentrait que lorsque Aimelin était là, elle avait laissé son regard parcourir la vaste pièce, s'attarder quelques instants sur des armes déposées contre l'un des murs, puis observé ce qu'il faisait et fit quelques pas pour se planter près de lui, les yeux grand ouverts, rivés sur l'épée qu'il était en train de nettoyer. Elle l'avait vu à Etampes avec d'autres armes.


waouhhhh... c'qu'elle est belle .
c'est celle qu'est là accrochée au mur et qu'était à Etampes.
j'me rappelle de cet' bestiole.


Son doigt montrait l'emplacement sur le mur, suivi de son regard qui revint se fixer sur l'arme, tandis qu'un léger froncement de sourcils donnait un air plus grave à son regard.

tu vas aller te battre ?

La mine s'était faite soucieuse tandis que ses sourcils se froncèrent davantage à cette pensée.
Elle détestait quand lui et Alie partaient à la guerre et allaient se battre pour défendre les gens. Elle avait toujours peur qu'ils ne reviennent pas eet à chaque fois elle allait se réfugier dans les jupons de Jeanne quand elle ne passait pas des heures à scruter le chemin qui menait au Domaine.



______________________


Aimelin a écrit:
[Sézanne]

C'est comme un rêve, comme un jeu
Des pensées prises dans des perles d'eau claire.

(cabrel)


Il était resté concentré sur ses gestes tandis qu'il lui répondait, plongeant à nouveau dans ses souvenirs.
Il aimait lui raconter ce qu'il avait vécu, il pensait que ça lui servirait un jour, et que peut être elle penserait à ses paroles.


oui je suis resté Lame béarnaise même si après les coms qui se sont succédés ne les ont plus utilisées, ou très peu.
Je l'ai escorté et nous avions fait le tour du comté et puis j'allais en mission aussi surveiller les chemins.
Et oui j'étais soldat et même en Champagne avant d'en partir.
Je faisais parti des Loups à Argonne et c'était Petitangelot l'amie Chevalier dont je t'ai déja parlé qui était ma supérieure. Une Dame Blanche et si tu avais vu Arès son cheval, un magnifique comtois à robe brune bien plus gros qu'Altaïr mais moins rapide.


Quelques secondes de silence tandis que des images du passé défilaient devant ses yeux, avant que son regard ne suive celui de la fillette et se pose sur l'épée.

oui elle est belle, c'est du beau travail de forgeron. Dance était très douée et elle avait une de ces patiences pour graver le fer.
Je crois que c'est cette épée et l'anneau qui m'ont porté bonheur pendant les combats de Vae Victis.


Et de sourire en sachant très bien l'endroit qu'indiquait Angelle.
Angelle avec deux ailes comme les anges... un vrai petit rayon de soleil qui lui avait donné une bien grande leçon de vie cet été 58 à Pau, après la disparition de la blonde Sénéchal emportée par les fièvres.
Difficile d'être en colère après elle tant elle était vivante et semait le désordre et la folie partout où ses petites jambes de neuf années l'emmenaient.

Il la regarda à nouveau après sa dernière question et lui adressa un sourire rempli de tendresse en voyant son regard où se mélangeaient curiosité et inquiétude.


non je ne vais pas me battre et puis surtout pas avec l'une de ces deux épées.

Il regarda encore la fillette puis saisit l'épée et s'agenouilla devant elle, de façon à ce qu'elle puisse la voir plus facilement.
Les doigts du jeune homme courraient doucement sur le blason de Sévignacq gravé au-dessous de la garde tandis qu'il parlait à l'enfant.


tu vois ça c'était son blason à Dance. Sévignacq, une des terres de Varden son suzerain.
La bestiole gravée dessus, c'est un sanglier.
En héraldique, ce que j'essaie d'apprendre quand j'ai le temps, on dit que c'est un sanglier de sable.


Il leva légèrement ses prunelles acier vers elle attendant une remarque pertinente qui ne tarderait pas la connaissant. Il aimait à lui expliquer les objets autour d'elle et parfois lorsqu'il lui racontait telle ou telle histoire, elle s'empressait de la continuer lorsqu'elle la connaissait et s'en rappelait.


--Angelle a écrit:


[Sézanne dans la salle d'armes]


C'était un grand sourire qui s'était affiché une fois qu'elle fût rassurée sur ce point.

Depuis qu'elle l'avait rencontré à Pau, dans l'auberge en face du Casteth où elle avait guetté tant de fois les princesses dont il lui parlait, il était devenu son petit monde avec Gus et Jeanne ses parents adoptifs, qui quelque part avaient aussi adopté le jeune brun. S'étaient ajoutées à eux trois d'autres personnes, comme Aliénor, Shandra et puis d'autres amis ou connaissances qui venaient au Domaine.

Elle suivit des yeux l'épée qui se posa doucement devant elle, et tordit doucement sa bouche en un petite mimique réfléchie aux dernières paroles, tout en croisant les mirettes de son ami.


mais non ! il est noir et c'est pas noir le sable ! ... et de partir d'un éclat de rire qui emplit la vaste salle.

Ce qu'il était rigolo Aimelin. Parfois quand il lui parlait même s'il avait l'air sérieux, elle ne pouvait s'empêcher de rire parce qu'elle savait qu'il lui disait des bêtises. Et aujourd'hui, il lui disait que la bestiole était faite avec du sable. Et c'est pour ça qu'elle l'aimait. Pas que pour ça bien sûr, pour plein d'autres choses, mais il lui faisait toujours des farces et il la faisait rire.


le sable c'est ... heu... marron ...... clair!
ça c'est un sanglier noir ! un sanglier noir qui court. Peut être parce que les chasseurs lui courent après.


Et puis elle secoua la tête d'un air faussement moralisateur, comme le faisait Jeanne parfois ... toujours tu me fais des farces.

Et de repartir à rire avant de poser un doigt sur le blason.

et puis y'a des traits mais là ils sont pas en couleur.
C'était quoi les couleurs ? et puis l'épée elle était à la dame tu m'as dis et c'était une princesse qui se battait ?


Elle en posait des questions, mais il y avait tant de choses qu'elle ne comprenait pas toujours.

_________________


Aimelin a écrit:
[Sézanne, début aout]

Il est bien plus difficile de se juger soi-même que de juger autrui.
(le petit prince)


Il la regardait amusé, chacun de ses éclats de rire lui soutirant un franc sourire. Une bestiole poursuivie par des chasseurs, pourquoi pas, après tout chaque objet ou chaque dessin avait une histoire et faisait souvent travailler l'imagination.

Mais non ça n'est pas une farce cette fois, c'est promis.
Tu as raison il est noir, mais les gens qui dessinent les blasons, tu sais les dessins des nobles dont je te parle parfois, ont leurs propres mots pour chaque couleur.


Il pointa du doigt un écu aux armes d'Etampes appuyé contre l'un des murs.

tu vois celui d'Etampes, le rouge se dit de gueule, et l'or … hé bien or comme l'argent s'appelle argent. Il la regarda pour être sûr qu'elle suivait..
après le bleu s'appelle azur, le vert s'appelle sinople et le noir donc s'appelle sable.

Il grimaça doucement en répétant les couleurs et les lui montrant.

c'est compliqué oui, un peu comme lorsqu'on apprend à écrire, mais après on s'habitue.

Il passa ses doigts sur le blason gravé sous la garde de l'épée et lui prit sa main, posant son doigt sur les parties qu'il décrivait, au fur et à mesure.

sur le blason en couleur, tu vois le fond est couleur argent, et puis il y a trois bandes bleu et en haut, le sanglier noir.
trois bandes bleues sur fond argent avec une bestiole noire qui court au dessus.
et il éclata de rire en voyant la bouille de la fillette.
En héraldique on décrit tout ça en disant : "d'argent aux trois fasces abaissées d'azur surmontées d'un sanglier de sable".

Avant d'ajouterce qui veut dire que les bandes sont dessous et la bestiole dessus.
Surmontée d'une bestiole noire ça ferait comique remarque.


Et de laisser échapper un petit rire avant de continuer son cours improvisé.

cette épée appartenait à Dance je t'en ai parlé.
Elle était soldat, pleine de courage et elle riait tout le temps.


Son regard se posa sur le blason... ça n'était pas une princesse non... enfin c'était la mienne, comme l'est aujourd'hui Aliénor ... avant de lever les yeux vers elle... un jour tu seras toi aussi la princesse de quelqu'un. Mais tu sais la noblesse ça n'est pas important, que l'on soit princesse ou simple jeune femme, l'important je te l'ai déjà dit c'est ça.

Doucement il accompagna la main de la fillette vers elle, jusqu'à ce que son doigt se pose sur son coeur.

c'est ce que tu as là, ce qui est dans ton coeur.
C'est celle là la plus belle noblesse que le Très Haut nous ai donné.
J'ai vu de simples gens, mais aussi des chevaliers, des nobles, être pires que des chiens galeux. Qui insultent à tout va et ne sont qu'irrespect dans leurs paroles.
Ceux là pourront avoir des titres et être rois, ils ne seront jamais rien à mes yeux, juste du vent.

toi, si tu te comportes toujours avec honneur, que tu aies des titres ou pas, tu seras une princesse et tu seras une grande dame.

Et de sourire en laissant ses mirettes plantées dans les siennes... et puis tu es déjà ma petite princesse depuis Pau.

Un sourire nostalgique éclaira doucement son visage lorsque furtivement le visage de Marine s'afficha devant ses yeux.
Elle aussi était une princesse à sa façon. Il soupira tristement et déposa un baiser sur le front d'Angelle, avant de se relever pour reposer lépée, et de regarder la fillette d'un petit air complice.


j'ai quelque chose pour toi


--Angelle a écrit:


[Sézanne]


"on ne voit bien qu'avec le coeur,
l'essentiel est invisible pour les yeux. " (le petit prince - st Exupéry)


Elle buvait ses paroles comme elle aurait bu un grand verre de lait, admirative et curieuse, attentionnée et bouillant d'envie de poser cent mille questions.
Mais elle se retint parce que ce moment là était magique et faisait partie de ceux pendant lesquels elle n'osait trop parler de peur de rompre la magie.

Alors elle le laissait parler, et ses noisettes curieuses baladaient sur le blason accroché au mur puis revenaient sur Aimelin pour se poser à nouveau sur l'épée, répétant après lui chaque couleur, grimaçant en hésitant, avant de laisser son rire d'enfant prendre le dessus lorsqu'elle avait répondu juste.
Lorsqu'il eût fini et parla de bestiole noire elle éclata de rire avec lui et ne broncha pas lorsqu'il lui parla de Dance. Il lui avait déjà raconté son histoire lorsqu'ils étaient à Pau et qu'elle lui avait raconté, elle, que sa maman avait été tuée par des méchants.
Quand elle l'avait connu, il ne riait pas beaucoup, il était comme elle, triste et toujours perdu dans ses pensées, et souvent elle le voyait partir vers le bout du village sur la route du petit bois, pour revenir l'air encore plus triste. Elle se rappelait qu'elle avait vu des larmes couler sur ses joues quand il lui avait dit que son amoureuse était partie au ciel et depuis ce jour là elle n'avait plus voulu se séparer de lui, obligeant Gus à venir vivre à l'auberge pour leur plus grand bonheur à tous.
Et elle s'était accrochée à lui de toutes ses forces et avait bondi de joie lorsqu'il leur avait demandé de le suivre en Champagne et de s'installer à Etampes où ils pourraient l'aider. Elle l'avait vu changer, sourire et rire à nouveau avec elle, et encore plus depuis qu'Aliénor était là. C'était ça Aimelin, son monde, sa famille.

Elle posa sa petite main sur celle du jeune seigneur et le regarda étonnée et heureuse.


jamais je serai méchante moi parce que Jeanne elle dit que quand on est méchant c'est qu'on est pas heureux et moi chuis heureuse ici.
Moi aussi je pourrai apprendre tout ça à Lily dis ?


Ses questions fûrent interrompues par les dernières paroles entendues.
Quelque chose pour moi ? Elle avait ouvert de grands yeux brillant de curiosité et avait suivi ses moindres gestes.


___________________________




Alienor_vastel a écrit:
[Sézanne, au même moment mais en d'autres lieux]


La plume qui courait sur le vélin, légère et gracile, stoppa net sa course après le paraphe qu'elle venait de dessiner. Quatre lettres, "Alie", son surnom qu'ellle n'autorisait qu'à ses proches. Pour les autres, c'était soit Aliénor, soit ce Dame qui lui avait tant fait plisser le nez tant elle trouvait qu'il la vieillissait. Mais elle avait fini par y accéder, le préférant toutefois à ce Votre Grasce auquel elle ne s'habituait pas. Après tout, elle n'était Duchesse que parce qu'elle avait épousé un Duc, mais Sézanne était à Aimelin, c'était lui qui avait effectué ces deux mandats à la tête de la Champagne, devant pour cela subir ces insultes et diffamations dont se délectaient ceux qui n'avaient trouvé que lui pour cible de leur bassesse.

Ce qui ne les empêchait pas d'aimer ce domaine et ceux qui y vivaient, et d'y porter la même attention qu'ils le faisaient avec Lesmont, Etampes ou Précy. Et puis Sézanne, c'était aussi l'assurance d'un avenir pour Lily ; s'il leur arrivait quoi que ce soit, au moins leur fille ne serait-elle pas à la merci du bon vouloir de la famille qu'il lui resterait alors, comme cela avait été le cas pour Aliénor, éloignée de Champagne à la mort de ses parents et des suzerains de sa mère.

Le regard de la jeune femme se porta sur l'amoncellement de coussins posés à terre près de son bureau, et au milieu desquels une petite tête brune émergeait, souriant et babillante. A bientôt neuf mois, l'enfançon faisait la fierté et le bonheur de ses parents, et de leurs proches. L'enfant du miracle, la vie au milieu de la mort. Et la première d'une myriade d'enfants à venir, du mois l'espérait-elle, ainsi qu'elle l'avait redit il y avait peu encore, alors qu'ils renouvellaient les voeux de leur mariage dans l'intimité de la chapelle de Sainte.

Une douleur dans le bas du dos, à avoir été trop longtemps assise, l'obligea à se lever et s'étirer, levant les bras vers le plafond à solives telle une chatte au réveil. Ce faisant, un mouvement à travers la croisée attira son attention et elle s'approcha de la fenêtre, observant à travers elle l'homme et l'enfant qui, du pré jouxtant les écuries, se déplaçaient vers la salle d'armes dans laquelle ils disparurent.
Un sourire attendri à les voir, puis un léger froncement de sourcils lui succéda. Qu'avait en tête Aimelin pour s'y rendre ainsi Angelle -avec deux ailes comme les anges, ainsi la brunette se présentait-elle, ce qui avait fait rire la jeune femme lorsqu'elle avait fait sa connaissance. Certes, Aliénor avait peu ou prou le même âge que la fillette lorsque sa mère avait commencé à l'initier aux armes, espérant alors que sa fille suivrait ses traces au sein de l'ordre des Dames Blanches, mais elle doutait que son époux ne veuille en faire de même avec l'enfant.

Intriguée, elle revint vers les coussins et se pencha pour prendre Lily et la blottir au creux de ses bras. Après tout, le temps doux se prêtait aux promenades, et la destination était toute trouvée.


Aimelin a écrit:
[Sézanne, dans la salle d'armes

"Les petits riens qui font les grands moments
Qui vont, qui viennent, quand ils ont le temps
Les atomes de vie qu'on attrape en rêvant"

(J.L. Aubert - Les petits riens)


Un petit signe de la tête pour lui signifier d'attendre et il se dirigea du côté d'un grand meuble de bois où se trouvaient rangés quelques outils. Il avait beau être noble, il n'avait jamais cessé de travailler le fer et le bois, ayant un penchant pour ce dernier, et il pouvait passer des heures à fabriquer divers objets qu'ils soient utiles ou simplement pour le plaisir.
Il dégagea d'une porte un petit bouclier de bois travaillé simplement et sur lequel on pouvait lire quelques mots dont le prénom d'Angelle et il prit à ses côtés une épée fabriquée dans le même bois, et gravée elle aussi du prénom de la fillette, et après un petit sourire se retourna vers elle.


damoiselle il est temps de vous équiper.

il posa le tout à côté des deux autres épées et s'écarta un peu du plan de travail en faisant signe à la petite de le rejoindre. Planté face à elle, il la regarda tout d'abord sans rien dire puis posa sa main doucement sur son épaule.

Quand nous avons quitté le Béarn et que tu es partie sur Etampes avec Jeanne, nous sommes restés quelques jours à Dijon avec Gus, Kirika et sa petite fille, Angélique, qui devait avoir 6 ans, afin de transporter des vivres et armes pour la duchesse Angelyque, vers la savoie. Et puis nous avons dû nous rendre en Orléans afin de répondre à l'appel de la Reine pour défendre ses terres contre des ennemis qui les menaçaient.
En apprenant que nous devions partir, j'ai écrit un petit mot à Angélique pour qu'elle l'ai à son réveil, lui demandant si elle voulait nous accompagner sa mère et moi, ou nous attendre à Dijon avec Gus car le chemin était long et fatigant. Et je lui ai proposé, si elle voulait, de lui donner un de mes boucliers afin de la protéger.
Le lendemain, j'ai trouvé un petit mot sous ma porte qui disait qu'elle n'avait pas besoin d'arme parce que les grands ne l'attaqueraient pas et qu'elle avait son petit chat pour la défendre et ses couteaux de bois.


Il sourit et marqua une petite pause avant de poursuivre avec un petit air amusé.

et elle avait marqué aussi que si je voulais la perdre il faudrait que je trouve autre chose car elle ne laisserait pas sa maman toute seule avec moi. Et elle avait signé du surnom que je lui donnais, "La pas plus haute que trois pommes".

Son papa les avait laissées et elle en voulait à la terre entière, alors elle faisait semblant d'être vilaine avec moi mais je voyais bien qu'elle était triste, et un soir elle m'avait parlé et me l'avait dit.
Bien sûr qu'elle était trop petite pour tenir une épée, et se battre, et toi aussi d'ailleurs


Il regarda les objets de bois et ajouta ... mais pourtant...

Il se saisit de l'épée de bois qu'il tint à plat sur ses deux mains et s'agenouilla devant elle.

je t'ai fabriqué cette épée aux armes d'Etampes, et j'y ai gravé ton prénom.

Avant qu'elle ne la saisisse il se releva et prit un air sérieux sans la quitter des yeux.

lorsqu'on reçoit sa première épée c'est très important.
Et puis pour tenir une épée comme celle-là il faut être au moins... Chevalier.


Son regard pétillant se posa avec insistance sur elle.

poses un genoux sur le sol, damoiselle Angelle avec deux ailes comme les anges

Et d'attendre que la petite s'exécute non sans s'amuser de l'air qu'elle affichait.


Alienor_vastel a écrit:
Sézanne, sur le seuil de la salle d'arme
    "A la vitesse où le temps passe
    Le miracle est que rien n'efface l'essentiel
    Tout s'envole en ombre légère
    Tout sauf ce goût de fièvre et de miel"
    Francis Cabrel - "la robe et l'échelle"


La porte était grande ouverte, mais la blondinette n'entra pas pour autant. Elle avait choisi de se faire discrète dans sa curiosité, ne voulant troubler, du moins pour le moment, ces moments de complicité entre l'homme et l'enfant, aussi se contenta-t-elle de s'appuyer contre le montant de l'huis, calant confortablement sa fille dans le cocon de ses bras.

Un léger sourire à les observer. De la myriade d'enfants dont ils se voyaient entourés, Angelle en faisait assurément partie, petit rayon de soleil d'Etampes avant d'être maintenant celui de Sézanne. Une grande soeur pour Lily, qui jamais ne connaîtrait ce sentiment de solitude et d'abandon qui avait été le compagnon de sa mère durant des années. Entre la mort de ses parents, et sa rencontre avec Aimelin, à y bien songer. Après lui, il y avait eu Maltea, suzeraine, mère adoptive mais amie avant tout... Stella, sa douce, sa soeur, son double... Shan, la blonde complice, comme une soeur elle aussi... Et d'autres encore, qui avaient rejoint leur petit groupe, une famille qu'Aliénor avait recréée, des liens du coeur bien plus forts que ceux du sang quand ces derniers étaient tant distants.

Quiconque aurait observé la blondinette, aurait vu son visage se parer de différentes expressions, tour à tour amusée ou attendrie. Un léger voile vint cependant obscurcir ses pervenches à l'évocation de Dance, lui rappelant ce sentiment qu'elle avait eu pendant longtemps, de prendre la place de quelqu'un d'autre quand bien même ce quelqu'un n'était plus. Combien il lui avait été difficile à l'époque où ses sentiments vis-à-vis du jeune homme devenaient plus profonds, de ne pas se demander lorsqu'Aimelin la regardait, si à travers elle ce n'était pas une autre blonde qu'il voyait, avec les regrets de ce qu'ils n'avaient pu vivre ensemble. Et pourtant, paradoxalement, c'était cette perte qui les avait rapprochés, et surtout cette volonté qu'ils avaient alors de vivre au jour de jour sans penser au lendemain. Profiter de chaque moment ensemble puisque ces moments pouvaient s'arrêter du jour au lendemain, sans préavis.

Et le sourire revint sur ses lèvres à cette pensée. Pas de promesses, s'étaient-ils dit à l'époque, pour ne pas avoir mal si cela devait s'arrêter. Et pourtant, malgré ça, ils s'étaient mariés, comme une évidence, parce qu'au fil des jours qui s'étaient transformés en semaines puis en mois, ils s'étaient aperçus que leur peur de souffrir ne devait pas les empêcher d'être heureux.

Lily avait laché la mèche de cheveux maternels qu'elle machouillait consciencieusement, et désignait du doigt son père qui se dirigeait vers le grand établi sur lequel il aimait à travailler, portant un regard interrogateur vers sa mère. Aliénor fronça les sourcils, tentant de voir ce qu'il manipulait et qui était caché par Angelle qui l'avait rejoint, écoutant l'histoire qu'il narrait et qu'elle avait déjà entendu de sa bouche.
Elle se déplaça légèrement, pénétrant de quelques pas dans la salle afin de se mieux placer, et ne put alors retenir le petit rire cristallin qui fusa alors qu'elle venait enfin d'apercevoir l'épée et le bouclier, et de comprendre où Aimelin venait en venir.

Enfouissant son nez dans le cou de Lily, elle murmura alors à la fillette
Ma fille, je crois que Sézanne va pouvoir sous peu s'enorgueillir d'un Chevalier !


--Angelle a écrit:


[Sézanne la salle d'armes]

z'arriiive !

Elle ouvrait des yeux tout ronds la petite parce que là Aimelin il était lancé et il avait titillé sa curiosité.
Bon d'accord il ne fallait pas grand chose pour éveiller la curiosité de l'enfant, et elle ne perdait pas une miette de ses gestes, s'était penchée sur le côté pour tenter de voir ce qu'il prenait dans le meuble et avait même tenté de se hisser un peu sur la pointe des pieds pour mieux voir ce qu'il avait posé sur la table. Mais il était devant elle et elle n'y voyait rien.
Elle était tant absorbée par ce qui se passait qu'elle ne prêta pas attention au rire qui s'était échappé derrière elle.

Et puis son regard suivit le jeune homme jusqu'à ce qu'il lui dise de s'approcher. Les yeux levés vers les siens elle l'écoutait. L'histoire des couteaux de bois qu'elle aimait à lui faire raconter, et puis la fillette qui avait un petit chat qu'elle emmenait partout en taverne. Il le lui avait aussi raconté et plein d'autres choses qui faisaient s'écarquiller les yeux de la petite à chaque fois.

Son regard accompagna Aimelin et se posa émerveillé sur la fabuleuse épée de bois qu'il tenait devant elle, et qu'elle n'osa toucher.
Et puis y'avait son prénom écrit dessus et puis y'avait aussi écrit.. chev... zut il l'avait enlevée avant qu'elle ai eu le temps de mieux lire.
Le ravi de la crèche n'aurait pas eu plus fière allure à la place d'Angelle qui affichait un sourire où l'on pouvait lire cent mille questions qu'elle ne posa pas de toute façon, trop absorbée par ce que faisait son ami.


lorsqu'on reçoit sa première épée c'est très important.
Et puis pour tenir une épée comme celle-là il faut être au moins... Chevalier.


Ses yeux s'agrandirent un peu plus, comme le sourire qui fendait son visage enfantin. Des chevaliers comme ceux des histoires qu'elle se faisait raconter ou qu'elle inventait sans cesse. Une petite moue réfléchie alors qu'elle cherchait où il pouvait bien vouloir en venir parce qu'il faisait exprès de prendre tout son temps, et qu'elle, face à lui trépignait d'impatience de mieux voir cette épée de bois.

faut être che.. c'est.. waouhh

Il lui avait demandé de se mettre à genou et elle laissa échapper un petit rire avant de s'exécuter, comme quand elle jouait au domaine.
Elle posa ses deux genoux à terre, parce que avec un seul elle avait du mal à garder son équilibre. Aimelin il était encore plus grand comme ça et elle se mit à rire en pensant qu'il allait toucher le plafond.


____________________


Aimelin a écrit:
[Sézanne, Août, salle d'armes]

je ne veux pas devenir grand
je veux rester longtemps celui qui sèmera des cailloux blanc
(Lacot – le petit poucet)



Une silhouette dans l’entrebâillement de la porte attira son regard et un sourire en retour accompagné d'un clin d'oeil vint la saluer discrètement avant qu'il ne reporte son attention sur Angelle. Il eut du mal à garder son sérieux en la voyant le regarder en riant et il toussota.

C'est parfait damoiselle Angelle avec deux ailes comme les anges.
Maintenant tends tes mains vers moi.

Et tandis qu'il la regardait faire, il repensa aux paroles de son oncle, alors qu'il n'était qu'un gamin en Languedoc, et qui lui avait dit un jour de ne pas se comporter comme cet âne qui braie éperdument dans le pré, ou cette chèvre perdue en montagne, et qui bêle à qui mieux mieux jusqu'à ce qu'elle se fasse dévorer par le loup, pour la punir de s'être faite remarquer.
"Ne sois jamais chèvre ou âne, et comportes toi avec honneur et justesse", lui rabâchait il sans cesse. D'autres proches, comme Quasi qui avait tenu à être son avocate pour le procès Vae, juste avant de partir vivre du côté de la Bretagne, lui avaient souvent tenu le même genre de discours, et son épouse n'était pas en reste pour lui dire de laisser les idiots dans leurs mensonges, bien que quelquefois, tous les deux montaient au créneau, histoire de s'amuser quelque peu.
Voyant la petite se dandiner d'un genoux sur l'autre, il lui fit un sourire avant de prendre l'épée de bois pour la poser, à plat, sur son épaule gauche.

"Sois sans peur face à tes ennemis,
sois brave et droit pour être aimé de Dieu,
dis toujours la vérité, même si cela doit te coûter la vie,
sauvegardes les faibles et gardes-toi du mal,*

puis posant l'épée sur son autre épaule continua

tel est ton Serment*

Pour enfin poser l'épée de bois sur les mains de l'enfant non sans une certaine satisfaction avant d'ajouter en élevant légèrement la voix sans la quitter des yeux.

Debout Chevalier, *

Et de l'ébouriffer un peu, comme il aimait à le faire tandis qu'elle se relevait.

par ce geste moi Aimelin, dict l'Ebouriffé, premier du nom, je te fais Chevalier de l'Ordre de l'Ebouriffé

Il n'était pas peu fier de sa trouvaille et ne put retenir un fou rire qu'il maitrisa rapidement. Il fallait bien trouver un nom et c'était celui qui lui était venu à l'esprit en gravant les armes, une façon à lui de rendre aussi hommage à Mélisande de Huy, le Chevalier qui lui avait donné ce surnom en Champagne au début de l'an 56.
Puis il se saisit du petit bouclier de bois et de lui tendit.

Ce bouclier ira parfaitement avec ton épée et te protègera lorsque tu seras au Domaine.
Tu pourras accueillir les visiteurs, en tant que Chevalier.

Il imaginait déjà la tête de jolie maman ou de la Reine des Feuilles, qui se trouverait face à face avec le petit Chevalier.
Il la regarda les yeux remplis de fierté, comme s'il venait de la sacrer Reyne du Royaume de France. Il n'en fallait pas beaucoup au jeune Duc pour rêver et penser que le monde pourrait être bien meilleur si les hommes s'en donnaient un tant soit peu la peine.


*kingdom of heaven


--Angelle a écrit:



[Sézanne, salle d'armes touzours]

"monsieur le Très Haut
aies pitié de mes genoux
et faites que Aim' se dépèche steuplait.
merci boukou.
(prière d'Angelle... c'est moi)



Elle avait tendu ses petits bras et présenté ses mains face à lui, et elle tremblait un peu.. C'est que c'était dur de rester comme ça, sans bouger, et puis elle avait baissé un peu la tête pour regarder les bottes d'Aimelin, où y'avait de la poussière dessus et elle l'écoutait, levant de temps à autre ses noisettes vers lui histoire de voir ce qui se passait au-dessus de sa tête, avoir le son et l’image quoi.

Et c’est naturellement qu’elle répondit


J'aurais pas peur des zennemis
et pis je mentirai pas... enfin pas trop parce que des fois ça me sauve que Jeanne elle me gronde
et puis je défendrai ceux qui sont pas forts, les lapins, les poussins et les chevals
et jamais je ferai du mal à eux


Un grand sourire fendit son visage alors qu'elle s'était levée et qu'il avait posé l'épée sur ses mains.

waouhhh… c’est… c’est .... elle ne trouvait pas les mots, et son regard brillait autant que les pièces de la boulangère lorsqu'elles voltigeaient dans sa boite de bois.

Elle ne prit même pas la peine de remettre un peu d'ordre à ses cheveux qu’il avait ébouriffés un peu, tant ses yeux allaient de l'épée au bouclier qu'il venait de lui donner. Enfin elle pouvait bien lire ce qu'il y avait écrit dessus. Un trésor, il venait de lui donner un trésor !


y'a les mêmes dessins que sur cui'la
Puis y'a écrit mon nom et puis ... chuis chevalier !
Et je pourrais mettre le chapeau de pirate aussi ?


Elle y tenait à son chapeau de pirate, le même qu’il avait offert à la petite rouquine il y a un été. Elle se mit à sautiller en tournant autour d'Aimelin et riant, son épée dans une main et son bouclier dans l'autre quand elle aperçut Aliénor vers qui elle courut.

T’as vu Alie ? la belle épée et le bouclier !
Avec ça je vais défendre Lily et puis tout le monde ! suis chevalier de l’ébouriffé !!


Et de repartir vers Aimelin en sautillant.

suis chevalier de l'ébouriffé
suis chevalieeeeerrrrr !!
merciiiiiii


et de lui sauter au cou, encombrée qu'elle était de ses deux objets, lui donnant sans le vouloir un petit coup de bouclier sur la tête, avant de s'arrêter face à lui

oups pardon. Chuis chevalier pour de vrai ?




Aimelin a écrit:
[Sézanne, la salle d'armes]


"Que ce baiser de ta mère sur ta joue te porte loin et me rende fière de toi de là-haut.
ta mère Yolanda"

Etait elle fière de là haut ? Sans doute était ce à cause de ce manque qu'il reportait à chaque fois son attention sur des gosses. Angelle, et puis Marine et aujourd'hui sa fille.

Les chevaux pas les chevals.... même si ce sont les mêmes bestioles pensait il amusé en l'écoutant.

En la regardant il pensait à sa fille, aux échanges qu'ils auraient lorsqu'elle aurait cet âge là, à ces échanges qu'il n'avait pu avoir avec ses parents, et sa mère dont il gardait précieusement la dernière lettre qu'elle lui avait faite pour qu'il la lise un jour, ce jour où sa tante la lui avait remise, et qui l'avait bouleversé quand il avait trouvé le courage bien des semaines après d'y faire face, cette lettre qui l'avait fait chercher dans le royaume ses sœurs, en vain. Il n'avait retrouvé que sa précieuse, sa jumelle, Kawa, pour la perdre l'année d'après.

Une lueur mélancolique passa dans son regard, alors que la fillette entamait une ronde autour de lui, brandissant fièrement son épée et son bouclier avant de se jeter à son cou, l'obligeant à se baisser avant de sentir le bois sur sa tête. Le voile s'estompa pour laisser fuser un éclat de rire tandis que le petit chevalier le lâchait et se plantait devant lui.
Une main se frottant la tête il lui adressa un sourire où se mêlait une petite grimace. C'est qu'il ne faudrait pas qu'elle aille au village clamer qu'elle était chevalier lorsqu'elle accompagnait Jeanne, qu'elle se trouve un jour face à une reyne ou un roi, et qu'elle dise qu'elle était Chevalier de l'Ordre de l'Ebouriffé.


bien sûr que tu peux mettre ton chapeau, quand tu veux, et tu es un vrai chevalier de l'Ordre de l'Ebouriffé oui... mais chez nous, pour jouer.
Ce sont les armes d'Etampes oui, parce que ce sont les premières terres que m'a offerte la Princesse que tu as vu un jour lorsqu'elle est venue me voir. Elle m'a offert le plus beau des cadeaux ce jour là en me faisant cette confiance, et j'en suis encore très fier aujourd'hui.


Et d'en profiter pour lui expliquer certaines choses qui lui tenait à cœur, après avoir jeté un petit regard complice à Aliénor, lui faisant comprendre qu'elle les rejoigne.

Des personnes s'attribuent le titre de Chevalier alors qu'elles ne le sont pas, ni par le titre, ni par ce qu'elles sont, là.et de poser sa main sur le cœur de la fillette... crois tu qu'un chevalier qui ne connait pas le respect mérite de l'être ?

Ce que je souhaite c'est que tu ne te comportes pas comme ces chiens qui insultent à tout va, qui n'ont rien dans la tête …
ou ailleurs se retint il de dire.... et qui n'ont d'autres buts dans la vie, que de salir les autres, de mentir sur eux, de les rabaisser, parce qu'ils n'ont pas les mêmes idées, les mêmes valeurs, ou le plus souvent, parce que d'autres ont réussi là ou eux même ont échoué.

La jalousie est la pire des maladies, elle conduit à la déchéance de soit. Ces gens qui insultent et bavent leur haine, sont de pauvres gens qui sont à plaindre.


De froncer les sourcils avant d'ajouter... mais je n'en ai pas le temps ni l'envie en ce qui me concerne. Oui je ne suis pas assez chevalier je l'avoue, pour pardonner à ceux qui m'insultent à longueur de temps.

Et de lui pincer doucement le nez comme il le fait lorsqu'il la taquinait

Ton serment est là pour te rappeler ce que tu dois être et ne pas être.
Veux tu que je t'explique ?


Alienor_vastel a écrit:
Sézanne, la salle d'arme toujours
    "Y’a tant de façons, de manières,
    De dire les choses sans parler
    Et comme tu savais bien le faire
    Tu l’as fait"
    Francis Cabrel - "la robe et l'échelle"


Au rire d'Aliénor avait succédé, juste après, celui de Lily qui écarquillait les yeux tout en désignant du doigt une Angelle virevoltante et sautillante. De l'attitude de la fillette, l'on ne savait si elle était plus fière des armes de bois qui venaient de lui être confiées ou de ce titre de chevalier dont elle venait d'être gratifiée, et sa joie était communicative.

C'était tellement... reposant. Ces moments bien trop rares de sérénité familiale, où ils arrivaient à profiter d'eux tous -parce qu'Angelle faisait indéniablement partie de la famille, une grande soeur pour Lily, qui saurait la guider, la protéger.
D'ailleurs, c'était aussi visiblement la pensée du chevalier tout nouvellement adoubé, qui vint se planter un bref instant devant elles, se proclamant défenseur de la veuve et de l'orphelin -façon de parler, Lily n'étant pas orpheline, et ses parents n'ayant aucunement l'intention d'en arriver à cet état de fait dans un futur proche comme lointain.


Avec vous, chevalier Angelle, notre Lily est assurément sous bonne garde. Tout comme les Sézannais, Queuntons (*), Etampois et les Boudus (**) ! outch, ça en faisait du monde tout ça !

Au regard d'Aimelin, elle s'approcha, certaine maintenant de ne plus déranger. Lily fut posée à terre, c'est qu'elle commençait à peser son poids et le dos maternel à en souffrir.

Et tout en surveillant l'enfant qui avait trouvé très amusant de jouer avec le bas de sa robe, elle écoutait attentivement les paroles de son époux à l'intention d'Angelle. Souriant légèrement en songeant que d'ici peu, car cela viendrait sans doute trop vite, ce serait à leur fille qu'il adresserait les mêmes recommandations. Et aux autres de cette myriade d'enfants qu'ils appelaient de leurs voeux pour agrandir encore leur famille.

Elle opinait de temps à autre, en accord avec ce qui était dit, prête à prendre la parole à son tour si elle l'estimait nécessaire. Mais pour l'heure Aimelin résumait bien sa propre pensée et sans doute interviendrait-elle un peu plus tard, pour compléter par son propre point de vue.




(*) habitants de Lesmont
(**) habitants de Précy-saint-Martin


--Angelle a écrit:


[Sézanne, salle d'armes touzours]

Melin siteuplé padonnes moi du retard
parc'que chuis encore en retard
Angelle …
avec deux ailes comme les anges, faut pas oublier ça.

Son visage passait par moults expressions, surprise, émerveillement, questionnement, envie de rire puis soudain son visage redevenait sérieux aux paroles du jeune homme. Une moue réfléchie alors qu'il parlait des vilains et qu'à chaque fois qu'il rentrait contrarié elle bondissait sur lui en lui disant qu'elle allait latter les vilains, ce qui lui arrachait toujours un sourire. Elle aimait bien elle aussi dire qu'elle allait latter du vilain et un jour quand elle serait grande, elle le ferait.
Et de murmurer en regardant les armes d'Etampes.


La bestiole là avec les trois trucs ce sont les armes d'Etampes.
Hmmm....
de mettre un doigt devant sa bouche en cherchant à se rappeler les paroles entendues... ça c'est de gueule puis la bestiole l'est en argent et l'étoile, le rond et la croix sont en or... en posant son doigt sur les meubles qu'elle désignait. Puis de l'écouter parler des chevaliers secouant parfois doucement la tête pour marquer sa désaprobation.

ceux qui disent que des choses méchantes et pas vraies faut les latter puis faut pas les écouter comme elle dit Jeanne le commandant. Elle dit que quand on écoute pas les vilaines choses, on entend pas et comme ça on est pas en colère.

De jeter un regard à Aliénor qui les avait rejointe avant de laisser ses noisettes se poser sur Lily. Elle était rigolote elle se trainait à quatre pattes et toujours elle refaisait ce que faisaient les grands, alors parfois, Angelle lui faisait des grimaces pour la faire rire. Et de revenir sur Aimelin.

Si t'es un chevalier. T'es beau et les princesses et les chevaliers sont toujours beaux.
Puis jamais t'as peur et puis jamais tu vas embêter les gens.
Bon des fois tu râles hein mais ça tout le monde râle.


Et de baisser la voix après avoir regardé vers la porte... le commandant des fois elle râle après moi quand je prends des petits trucs dans la cuisine. Elle avait bien précisé petits trucs.

la dernière fois, m'ennuyais, alors j'ai pris un bout de gâteau et me suis assis sous la table pour pas que l'ennemi me repère. Gus il dit toujours faut pas que l'ennemi te repère. Et puis le chiffon de Jeanne est tombé alors en le ramassant elle m'a vu et elle m'a dit.
Et de prendre la pose, ses deux mains sur ses hanches en faisant un visage sévère, si tant soit peu elle y arrivait, ce qui donnait une grimace comique  et de s'adresser à Lily : Angelle tu n'auras plus faim pour le repas ! Et d'agiter son index en pointant l'enfant du doigt tu sais que c'est pas bien !

Et d'éclater de rire. Jeanne la faisait toujours rire même quand elle se mettait en colère.
Puis de repenser à son serment et d'essayer de s'en rappeler.


Faut pas que j'ai peur des zennemis.
Brave et droit ça veut dire quoi ? je dois me tenir comme ça et être gentille ?
Et de se tenir droite comme un piquet, un brave piquet.
Ha oui puis je dois pas mentir et je dois défendre les lapins les poussins et les chevals.. vaux.
Puis je sais plus.

Mais cette épée et ce bouclier ils sont trop beaux je les garderai tout le temps.


Avant de s'inquiéter.

Si je les casses tu m'en feras d'autres dis ?




Aimelin a écrit:
[Sézanne, salle d'armes]

À la vitesse où le temps passe
Rien, rien n’efface l’essentiel
(cabrel - La robe et l'échelle)



Il avait retenu un rire à l'emploi du mot bestiole, comme il le disait sans arrêt et repensa à un blasonnement qu'il avait décrit à Malt à l'office, et qui avait déclenché son rire car il l'avait décrit ainsi, naïvement vu qu'il ne savait les décrire que succinctement, très succinctement même. Encore une chose à apprendre.

moui la bestiole c'est un lion en argent oui.

Et de faire à son tour une petite moue perplexe. L'ennoblissement par Dotch était survenu en juin 58, après que les Lions de juda aient été invités, gentiment, à quitter le Béarn après s'y être invités quelques mois, accompagnés de quelques pillages et combats. Et voila t y pas qu'il s'était retrouvé avec une de ces bestioles sur le blason, à croire que le Très Haut aimait à s'amuser avec lui.
Et s'il avait retenu son rire, l'éclat de rire fusa lorsque la petite parla de latter les vilains. Encore une expression qu'il lui avait apprise et elle était très douée pour retenir ce genre de choses, il allait devoir faire attention quand même, et surtout quand Lily serait en âge de répéter.

Un petit regard vers la bouille de sa fille qui semblait s'amuser de la scène et riait de voir faire Angelle. Le bonheur était simple, et pour lui il était là tout autour.


Le commandant n'a pas tort et Quasi, dont je t'ai parlé en Béarn, me le disait souvent... "ce que tu ne lis pas ou n'entend pas ne te blesse pas".

D'autres personnes le lui disaient régulièrement, et il en avait fait son adage, sa règle de conduite, se fermant le plus hermétiquement possible aux insultes ou faussetés répandues par les chiens galeux... ça aussi il aimait à le dire maintenant, vocabulaire emprunté d'ailleurs à ces mêmes chiens galeux. Bien sûr que même s'il ne le disait pas il était blessé mais il trouvait la force de rebondir, entouré des siens, entouré de celles et ceux qui le connaissaient. Et puis la roue tournait et il savait que tôt ou tard, ces mauvaises personnes paieraient le mal qu'elles lui faisaient. 
Et de sourire tendrement à la petite Angelle.


en fait le commandant est plein de sagesse petit chevalier.
Elle rouspète mais tu dois l'écouter comme tu écoutes Gus lorsqu'il te dit de ne pas te faire repérer par l'ennemi.

Et de rire en finissant sa phrase...   et oui je râle parce que dans le midi où je suis né, on râle tous.... Il fallait bien trouver une excuse. Et de rire franchement à sa petite histoire dans les cuisines. Parfois il aimerait être une souris pour se glisser dans un coin et regarder quelques scènes cocasses entre Angelle et Jeanne.

De s'agenouiller pour être à sa hauteur.

il m'arrive d'avoir peur tu sais, je ne suis pas un surhomme.
Peur lorsque j'ai été Duc, parce que être à la tête de ce grand Duché n'est pas chose facile, peur lorsque j'ai une fonction que je ne connais pas et que j'ai peur de ne pas savoir la faire. Peur qu'il arrive malheur à ceux que j'aime.


Un léger voile passa dans son regard avant qu'il ne continue

Mais le courage c'est de dompter sa peur et de la surmonter et l'important c'est avancer, toujours. 
Lorsque je suis sur un champ de bataille bien sûr que j'ai peur. On ne peut pas aller au combat sans avoir peur, ce serait folie parce qu'on prendrait des risques démesurés.
Je t'ai raconté Vae Victis, lorsque je suis tombé et que je croyais que j'étais en train de mourir. J'étais terrorisé. La peur fait partie des sentiments que l'on éprouve et ne fait pas de nous un lâche tant que l'on agit avec courage et honneur.

Et de rire à nouveau en la voyant se tenir au garde à vous.

 brave veut dire aussi, courageux, intrépide, et droit veut dire rester honnête, fidèle à soit même, n'avoir rien à se reprocher parce que l'on agit selon ses idéaux et ce que l'on est là tout au fond de son coeur. On peut bien sûr avoir tort, mais on ne courbe pas le dos pour faire plaisir, voila en gros ce que ça veut dire pour moi. Et le Très Haut sait et voit celles et ceux qui se tiennent droit et sont honnêtes.

De jeter un regard à Alie avant de continuer, c'est qu'il avait une élève curieuse et appliquée.

oui tu ne dois pas mentir, disons de gros mensonges qui feraient du tort à quelqu'un ou pour cacher quelque chose de grave que tu aurais fait. Une faute peut être parfois pardonnée, et parfois on est punis mais la vérité est préférable au mensonge. Et tu dois effectivement défendre les moins forts que toi, et ne pas faire le mal autour de toi.
Ce sont des choses difficiles à faire, être courageux, rester honnête, avoir de l'honneur, ne pas mentir pour se protéger, défendre les faibles et se garder du mal.
Ce que tu ne veux pas que l'on te fasse, ne le fais pas aux autres. 
Et dis toi surtout que tous ceux qui tout le temps disent du mal sur toi, mentent et t'insultent, dis toi que ces gens sont bêtes et méchants, et jaloux de toi. C'est tout.


Tu as bien compris ton serment petit Chevalier, je suis très fier de toi.
Ensuite je te dirai ce que j'ai fait un jour pour trouver la force de continuer à avancer.


Avant de sourire en lui ébouriffant à nouveau les cheveux tout en se relevant, heureux de ce que devenait cette fillette rencontrée à Pau l'été 58.

et bien sûr que je t'en fabriquerai d'autres et puis je pourrai t'apprendre aussi à travailler le bois.


--Angelle a écrit:


[Sézanne, salle d'armes touzours]

Z'arrive !


Il lui en ferait d'autres, et rien que ces quelques mots la rassurèrent avant qu'elle ne fasse une grimace.

le Commandant je l'aime bien mais dans les cuisines faut ruser comme avec les ennemis tu sais. Elle regarde partout et quand elle me voit essayer de prendre un truc parfois, elle fait des gros yeux comme ça. Et de rouler des billes l'air furax avant d 'éclater de rire, puis de prendre un air étonné.

t'as peur ? en tout cas moi je le vois pas alors c'est que t'es courageux.

Et de lui lancer un regard interrogateur.

j'aime bien cette histoire de "vie vici" puis comme tu la racontes aussi.
Mais si on doit pas mentir pourquoi y'a des méchants qui mentent sur toi alors ? t'sais ceux que Gus y dit qu'faudrait les latter jusqu'à ce qu'y reviennent plus. Ils s'ront punis un jour j'espère
Ca en fait des choses à faire pour être chevalier un vrai. Et j'les ferai j'mentirai pas ou alors pas beaucoup promis et puis je défendrai les plus petits contre les gros et les méchants.


Et en disant ces derniers mots elle avait brandi son épée et entamait une ronde autour d'Aimelin devant qui elle s'arrêta à nouveau en le questionnant.

t'as fais quoi ?
t'avances même qu'on est arrivés en Champagne à force d'avancer. Tu te rappelles la fontaine en face le chateau d'la princesse à Pau ? c'est loin dis !! on a drôlement marché avec les mules.
Et la dame à qui t'avais emmené les chevaux elle les a toujours ?


Elle posait les questions comme elles venaient, à mesure que des choses lui revenaient en mémoire, ce qui fait qu'elle posait souvent mille et une questions à qui se trouvait dans les parages.
Puis se tourna vers Alie avec un petit regard qui se posa un bref instant sur Lily.


je pourrai apprendre à Lily comment faut latter les vilains ?
parce que si un jour y'en a un qui l'embête faudra qu'elle se défende.







Aimelin a écrit:
[Sézanne, salle d'armes]


Un regard attendri vers la fillette.

Je n’en sais rien et tu sais, je m’en fiche un peu du pourquoi du comment.
Vae Victis… ce qui veut dire "malheur au vaincu".
Je ne suis pas spécialement fier de ce passage mais j’y ai appris néanmoins bien des choses et puis ça m’a permis de connaitre quelques amies fidèles qui m’ont aidé à progresser dans la vie.


Et de rire doucement en repensant à leur épopée.

Oui nous avons marché.
Nous sommes passés par la Guyenne pour livrer les chevaux à Agnès qui doit les avoir toujours bien sûr, tu as une très bonne mémoire. Et puis la Bourgogne pour aider Angélyque, et puis avec quelques détours de ci de là pour répondre aux levées de ban de l’époque avant d’arriver en Champagne où j’ai retrouvé Aliénor et vous ai installé à Etampes, toi, Jeanne et Gustave.


Et de se frotter la joue.

Ce que j’ai fait pour avancer …
Je suis allé à l’église de mon village sur les conseils de Quasi qui était diaconesse, et j’ai prié le Très Haut.
Je m’étais éloigné des autres lorsqu’elle m’avait laissé, m’étais éloigné de mes amis pour ne penser qu’à mon travail de lieutenant, vivant au milieu de conflits autant stériles que véhéments de la part de personnes qui pensaient me faire du mal alors que seule, elle, le pouvait et avait usé de ce pouvoir en me détruisant.
Elle m’avait écrit qu’elle revenait pour se marier car elle avait choisi, et voulait me garder là…
pose sa main sur le cœur de la fillette en souriant avant de l'entrainer vers un banc de bois après un regard vers Aliénor.

Je ne voulais pas qu’elle me voit tel que j’étais devenu.
Le visage fatigué et épuisé par des nuits sans sommeil, les mains qui tremblaient trop souvent, le corps amaigri. Je voulais qu’elle me voit comme celui que j’étais lorsqu’elle m’aimait et non comme celui que j’étais devenu durant tous ces mois.
Je voulais montrer en sortant de l’église que j’étais un homme et non une ombre. Elle était heureuse, je devais l’être aussi.
Alors j’ai prié le Très Haut de me donner le courage de passer pour un lâche en ne cédant pas à la colère, de me redonner cette sagesse que j'avais perdu au milieu de tant de souffrances.
Je voulais redevenir celui que j’étais.

Je me suis battu contre ceux qui voulaient salir mon histoire, contre ceux qui pensaient que frapper un homme meurtri était un geste héroïque, mais surtout, je me suis battu contre moi-même pour vaincre les démons qui voulaient m’attirer vers le noir.
Vaincre le noir et la douleur pour voir gagner les rires, ça a été mon combat. Et je l’ai gagné.


Et de passer le dos de sa main sur la joue enfantine avant de lui sourire.

Il faut toujours croire à ce que l’on est.
Ne jamais laisser les autres nous faire croire que l’on n’est rien. Seuls eux le croient, mais toi, jamais tu ne dois douter de ce que tu es.


Et de se lever en prenant la main d’Angelle et regardant son épouse et leur fille avant d'adresser un petit regard entendu à la fillette.

si on allait tous les quatre quémander quelques gâteaux à Jeanne en attendant que tu apprennes à Lily à se défendre ?
Je suis sûr qu’elle en a qui nous attendent.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 00:25 (2018)    Sujet du message: [RP] Debout Chevalier ! - Aout 1462

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