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[RP] Retrouvailles - Champagne

 
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MessagePosté le: Mar 11 Oct - 09:59 (2016)    Sujet du message: [RP] Retrouvailles - Champagne Répondre en citant

Citation:
hrp : parce qu'il y a bien trop longtemps que je n'avais lu la belle plume de ljd Maltea

merci ! Wink

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MessagePosté le: Mar 11 Oct - 09:59 (2016)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Mar 11 Oct - 10:01 (2016)    Sujet du message: [RP] Retrouvailles - Champagne Répondre en citant

Cedmisc a écrit:
Les premiers rayons de soleils commencent à luire sur la campagne champenoise. Éclairant le sommet des cimes des arbres composant la forêt, ils viennent épouser le toit du bâtiment qui dépasse de cette immensité verte. On peut entendre un coq chanter et apercevoir au pied de l'édifice un beau jardin bien propre ainsi que plusieurs moines qui s'affairent. Si l'on pénètre dans le monastère, puisqu'il s'agit bien de cela on peut apprécier le silence des lieux. Jusqu'à ce qu'un événement vienne contrarier la solennité des lieux.

Le moine apparaît dans un état de vive excitation, son visage reflétant cet état. Il dévale les couloirs à vive allure, sa robe remontée pour mieux se mouvoir. Croisant quelques congénères lui intimant faire moins de bruit il se confond en excuse" avant de reprendre sa route toujours aussi bruyante. Cette dernière aboutit dans une cellule sobre dans laquelle était installé un vieillard, l'abbé Cédaire. Relevant la tête, fronçant le sourcil, l'air outré devant tant de vacarme il s'adressa au jeune moine.


"Qu'est ce donc que ces manières frère Philibert?"

"Il s'est réveillé mon Père! Il s'est réveillé!"

"Le noble?"

"Oui! Il est encore très faible mais dit être duc de Joigny! Il a demandé à ce qu'on prévienne rapidement sa femme et ses gens. C'est une grande nouvelle pour nous!"

L'ancien passe une main dans sa barbe, la lissant plusieurs fois, un air pensif avant de hocher la tête.

"Probablement, il reste à espérer qu'ils ne soient pas radins... Je vais me charger de la lettre. Enguerrand doit bien se rendre en ville demain? Il poursuivra jusqu'au fief pour la remettre en main propre à un responsable. Va le prévenir."

Toujours aussi excité, frère Philibert hocha la tête vigoureusement avant de tourner les talons rapidement.


Maltea a écrit:
Encore un jour sans pour la blonde Garce se morfondant en la capitale. Elle en était à effeuiller la marguerite, non avec des « Il m’aime, un peu, beaucoup, à la folie, pas du tout» mais plutôt dans le style « je reste, je pars, je vais au couvent, je m’enterre, je reprends un amant pour tuer le temps» … elle finit par opter par remplacer la donnée amant par du vin enivrant… il faut dire que lorsqu’on voyait les abrutis qu’elle attirait, il était grand temps d’opter pour un substitut aux détritus.

Alors qu’elle se languissait, une missive lui fut apportée. Le scel clérical lui sauta aux yeux et la duchesse la décacheta soigneusement. Un froncement de sourcils à la lecture… avait-elle oublié une missive dans le tas ornant son bureau ? Surement… Était-elle toujours décidée pour la dissolution ? Plus que jamais. Alors qu’elle s’asseyait face à son secrétaire –le meuble pas l’homme bande d’esprit tordus- un valet lui apportera une autre missive. La lecture provoqua en elle un camaïeu de sentiments plus violents les uns que les autres. La blonde Favara bouillonnait, et c’était peu dire. Plus elle avançait dans sa lecture, plus elle avait des envies de meurtre.


Citation:
Citation:
A sa Grace Maltea Di Favara, Duchesse de Joigny
De Aymeric Grandjean, chancelier des terres de Joigny

Mes salutations,

Nous venons de recevoir missive de la part de clercs concernant votre époux. Nous vous la faisons parvenir,

Respectueusement.




Citation:
"Au gens de Joigny,
De l'Abbé Cédaire, de l'abbaye de Clairerive

Salutations mes fils;
Voici quelques mois nous avons découvert le corps d'un homme qui avait été très grièvement blessé à la tête suite à une attaque. Cet homme est resté plongé dans un sommeil profond jusqu'à ce jour où il s'est réveillé. Il prétend s'appeler Cedmisc Fontanaz et être duc de Joigny. Il a demandé expressément que nous prévenions ses gens et sa dame, sa santé ne lui permettant pas encore de marcher, d'où cette missive.

Nostre abbaye bénédictine est située près du village de Vincelles au sud de la ville d'Auxerre si vous souhaitez venir le retrouver.

Que le Très-Haut vous garde!"


Sa réaction fut de faire une boule de la lettre et de la balancer au travers de la pièce. Il ne pouvait pas marcher ? Tant mieux, elle n’aurait pas à lui casser les deux genoux. Si seulement il avait pu perdre la mémoire aussi, ça lui aurait bien plu tiens ! Et quoi, il ne pouvait pas embrasser l’ordre bénédictin ? Il n’aimait pas les œufs ?
Décidément, même quand il faisait mort, il arrivait à lui pourrir la vie… Pourquoi, mais pourquoi maintenant, alors qu’elle était décidée ?
Une lueur d’espoir l’étreint néanmoins… peut-être n’était pas son époux ? Peut-être un manant ayant décidé de se faire passer pour lui afin... afin de quoi d’ailleurs ? Et puis qui connaissait le duc de Joigny ? Personne… il faut dire qu’il comptait plus d’absence à son compteur que de présence et de charisme.

Hurler, Maltea avait envie de hurler. Toute sa vie lui glissait entre les doigts. Et maintenant ça… non franchement, elle n’avait pas besoin de ça.

La jeune femme s’écarta de son secrétaire avec force, son siège finissant au sol, et c’est comme une enfant qu’elle alla se jeter sur sa couche, des larmes de rage perlant et rendant ses émeraudes luisantes d’une haine à peine contenue. Une haine non envers l’époux prodigue revenant au bercail non, mais envers elle-même. Elle était de nouveau prise au piège…
Et de se relever tel un diable à ressort sortant de sa boite et de gueuler au travers de toute la maisonnée…


Qu’on selle Artois, je suis de sortie, je ne souffrirai aucun retard, bougez-vous !

Vincelles disait la missive… Il fallait qu’elle en ait le cœur net avant de donner réponse à l’inquisitrice. Jamais elle n’avait agis dans le dos de quiconque et elle ne pouvait se résoudre aujourd’hui de le faire. Elle devait vérifier si c’était bien son époux et si ça l’était, de l’avertir de ses desseins… après tout, elle le lui devait bien… d’un autre côté, c’était peut-être grâce aux cornes qu’elle lui avait fait ses derniers temps qu’il avait survécu… c’est que ça devait protéger ces longues choses-là toutes dures.

Vincelles me voilà !

Et la duchesse se lança dans ce voyage qui devait mettre au clair, si pas la totalité de sa vie, au moins une bonne partie.


Cedmisc a écrit:
Il fixait lentement le plafond, immobile, pendant de longues minutes. Seule ses cristallins se mouvaient, suivant le déplacement saccadé d'une mouche. Ses pensées voyageaient dans divers lieux, Savoy, Joigny, Brienne... accompagnées à chaque fois de questions sur les personnes qu'il avait connues. Combien encore en vie? Quels changements étaient donc intervenus durant son absence? Les souvenirs affluaient sans cesse ainsi que des noms.

Ses souvenirs concernant l'attaque dont il avait été victime étaient en revanche beaucoup plus confus. Il se souvenait rentrer en Champagne et n'être qu'à deux jours de Joigny. Ils avaient fait halte, mis pied à terre et le Duc s'était éloigné quelque peu du campement provisoire en compagnie d'un soldat. L'attaque avait été soudaine et brutale, il n'avait guère eu le temps de sortir son épée avant de tomber inconscient sous le coup porté à sa tête. Les moines lui avaient signifié la mort de son escorte. Sa survie tenait du miracle, les assaillants avaient été soit dérangés soit ne s'étaient pas attardé sur son corps, pensant les coups administrés mortels.

Le grincement de la porte qu'on ouvrait le tira de ses pensées. Il se redressa lentement sur le lit tandis que l'abbé pénétrait dans la sobre cellule. Des salutations silencieuses s'échangèrent avant que le religieux ne prenne la parole.


"Comment vous sentez aujourd'hui votre Grasce? On m'a dit que vous arriviez désormais à marcher?"

Un hochement de tête fut la réponse du noble tandis qu'il se relevait et fit quelques pas vers la table posée. Tandis qu'il remplissait un gobelet d'eau, tournant le dos, il lâcha ces premiers mots, entraînant un bref échange.

"Pas de réponse?"

"Non"

Le contenu du gobelet fut rapidement ingurgité, le récipient reposé sur la table. D'un revers de main Cedmisc essuya ses lèvres. L'abée n'était pas à son aise malgré son expérience. Ses mains trituraient sa robe. Le regard se portait partout sauf sur le noble. Était il impressionné, ou ne savait il plutôt comment glisser habillement la question d'un quelconque dédommagement.

Le long moment de silence et d'immobilisme fut interrompu par un vacarme dans le couloir, ce qui eut pour conséquence un grand sursaut de la part du religieux peu habitué à ces grand bruits. En maugréant il ouvrit la porte et tomba nez à nez avec Philibert, la mine déconfite mais dans un état d'agitation extrême. Il gesticula un moment, montrant tour à tour l'entrée, les pommes qu'il avait renversé puis le duc. Une réponse agacée fusa:


"Et bien quoi, parlez! Que se passe t il frère Phillibert!"

"La harpie... heu je veux dire... la dame à l'entrée... une noble... je crois... mais très énervée... elle veut voir le duc!"

Ce dernier se retourna à l'évocation de la dame, qui d'après la description faite ne pouvait être que celle qu'il souhaitait voir depuis son réveil. Peut être pas en ce lieu ni en ces conditions mais il faudrait faire avec.

"Et bien faites la entrer! Et calmez vous un peu!"

Le clerc détala rapidement vers l'entrée pour autoriser Maltea à rentrer, si elle n'avait pas déjà forcé le passage.


Maltea a écrit:
Le voyage avait été aussi rapide qu’il ne pouvait l’être. Quelques arrêts pour se rafraîchir un peu et laisser se reposer sa monture et la blonde duchesse était arrivée à destination. Elle n’avait guère eu de difficulté pour trouver la dite abbaye et c’est toujours dans état de colère qu’elle s’y était présentée. Trop de sentiments contradictoires en elle pour feindre mais elle devait faire un effort, prendre sur elle. Quand elle était dans cet état, rien de bon n’en sortait, elle le savait, mais chassez le naturel, il revient au galop comme on dit… et elle ne put s’empêcher d’houspiller un cancrelat afin qu’on l’introduise chez celui qui avait pris l’identité de son fantôme d’époux. Elle était à deux doigts de voir sa vie de nouveau chamboulée et cela ne lui plaisait guère.

Alors que l’on vint la trouver et l’escorter vers le lieu où se trouvait le dit époux, Maltea s’arrêta un instant. Une porte la séparait de lui et c’était le moment de se composer le visage de la politicienne endurcie. Rien ne devait filtrer, enfin elle l’espérait… mais un volcan en éruption était difficile à contenir. Une profonde inspiration accompagna sa décision, et elle resta quelques minutes ainsi, à éviter de penser aux faits qui la mettaient en rage. Le hic, rien ne la contrariant pas ne lui venait à l’esprit…

Courage ma fille se répéta t’elle en boucle avant de pousser la porte et de se retrouver dans la pièce où se tenait debout un homme. Tous ses espoirs s’envolèrent, c’était bien lui. Amincit, ne donnant pas l’air d’être en grande forme, mais elle ne pouvait plus le nier… Joigny se tenait bien là, devant elle. Son regard d’émeraudes glacées balaya la pièce et s’attarda un instant sur un homme plus âgé, dont la présence ne l’avait pas frappée en entrant. Surement le dirigeant de l’abbaye. Ses ongles s’enfoncèrent dans la paume de sa main comme pour lui rappeler de rester calme.

Elle salua froidement l’abbé d'un signe de tête, à peine appuyé, avant de se décider à sortir un son. Sa voix était tout aussi glacial que son regard, son corps se tenant déjà sur la défensive, prêt à attaquer au moindre mouvement de l’époux. Si un jour, on lui avait dit que Ced serait pour elle une menace, elle aurait ri au nez de la personne, mais aujourd’hui, elle n’était plus sure de rien. S’il y avait bien une chose qu’elle détestait faire c’était des choix et aujourd’hui, elle s’y trouvait confrontée plus que jamais.
La Favara en avait mis du temps avant de se décider à introduire une demande de dissolution, faire ce choix avait été plus que problématique ; cette impression de trahison qu’elle avait eu du mal à faire taire… pour finalement se décider et franchir le pas. Au fil des semaines, elle s’était fait à l’idée et voilà qu’il menaçait l’équilibre précaire qu’elle avait enfin pu mettre en place dans sa triste vie.


Joigny… c’était donc ici que vous vous cachiez depuis des mois…

Et de s’approcher de la fenêtre, afin de contrôler au mieux ses émotions. C’est donc un port de tête altier et un dos tendu à l’extrême que la duchesse offrit aux deux hommes, posant ses mains sur le rebord de la fenêtre, ne sachant trop quoi en faire et surtout afin d’éviter que l’une de celles-ci ne termine marquée sur la joue de l’époux. À cette simple image, ses doigts se crispèrent sur l’appui de fenêtre alors qu’un sifflet de rage contenue filtre d’entre ses lippes.


Cedmisc a écrit:
Le temps d'attente lui parut une éternité. Il buvait tranquillement, toujours dans la même position, dos au religieux et à la porte d'entrée. Il redoutait cet instant mais il devait faire face. Il gardait néanmoins son sang froid malgré le bouillon intérieur. Il avait toujours réussit à paraître calme en toute situation, au grand damne de sa femme parfois, et cette habitude n'avait pas disparu malgré son sommeil profond.

Outre son absence forcée du à l'attaque, il s'était délibérément éloigné de la Champagne et de Maltea, sans prévenir. La mort de ses parents lui avait offert un prétexte tout trouvé. Il avait pu ainsi s'éloigner des éternelles querelles champenoises, des sautes d'humeurs et autres histoires de coucheries, avérées ou non, de la blonde furie. Il avait retrouvé l'entrain de sa jeunesse quand il parcourait le royaume pour se faire sa propre expérience. Il espérait en ce temps parcourir ensuite l'Europe jusqu'à Constantinople voir même au delà. La question qui en découlait: aurait-il du reprendre son chemin plutôt que de s'installer en Champagne. Certes les premières années en province l'avaient comblées mais les dernières s'étaient révélées bien moins plaisantes malgré son anoblissement et les avantages qui en découlent. D'autres questions l'avaient taraudé durant tout le trajet. Était-il encore amoureux? Était-ce réciproque ou comme elle l'affirmait n'avait-elle fait cela que par vengeance? Sa position a ce sujet s'était peu à peu infléchit. Si l'éloignement avait d'abord été un moyen indirecte de déclarer une rupture, plus le temps passait plus elle lui manquait et plus il se disait que cette parenthèse permettrait de reformer le couple. Il avait hâté le pas alors que l'été arrivait pour ne pas éterniser l'absence et avoir une discussion franche avec elle. Désormais plusieurs mois d'absence s'étaient ajoutés, indépendamment de sa volonté certes. Cela rendait sa position inconfortable et connaissant Brienne, il se pouvait qu'elle soit passé à autre chose, voir que le divorce soit déjà déclaré. Son visage se renfrognât à cette pensée. Même s'il ne pouvait obliger Maltea il mettrait tout en oeuvre pour la récupérer. Cela passait par un changement radical de comportement. Il fallait ne pas reproduire les innombrables erreurs faites auparavant. Il avait toujours voulu avoir un comportement simple et ne pas se couper du peuple même après son anoblissement. Mais il en avait résulté un excès inverse et des manquements à ses devoirs de noble qui lui avaient été préjudiciables.

La porte s'ouvrit et le duc pivota sur lui même pour observer l'entrante. C'était bien elle. Elle qui n'avait pas changé physiquement, toujours aussi rayonnante. Mais sa posture bien plus que ses premiers mots marquait la distance ce qui était logique puisqu’il l'avait abandonné ou du moins c'est ce qu'elle avait du ressentir à juste titre. Mais il y avait autre chose, que le duc avec son expérience à ses côtés, traduisant comme de la méfiance à son égare... voir de la peur? Peut être avait elle déjà fait son deuil et que son retour mettait à malle ses projets d'avenir.

Il porta son attention sur l'abbé et d'un signe de tête le congédia. Il dut insister, l'homme étant comme obnubilé par l'apparition féminine. Une fois la porte refermée, il tira le loquet, s'assurant qu'il ne seraient pas dérangés, à défaut de pouvoir empêcher les curieux de les écouter. Son regard eut alors le loisir de détailler la femme qui lui tournait le dos et semblait en proie à une lutte interne violente. Il tâcha de choisir attentivement ses mots et de briser la glace, qu'elle instaurait par le vouvoiement, dès le début.


Maltea... Je suis content que tu sois là.

Il laissa un moment de silence afin d'apprécier les réactions de la jeune femme, de ne pas la brusquer non plus. Il sentait qu'il marchait sur des œufs et qu'elle était à fleur de peau. Il reprit toujours lentement, mais dans une voix qu'il voulait chaleureuse.

Tu as fait vite pour venir. J'avais hâte de te revoir.

Même silence que précédemment, attendant une éventuelle réponse.


Maltea a écrit:
Content, hâte… Les émeraudes de la blonde duchesse lui en seraient tombées de la tête si cela avait été possible. Sa mâchoire se crispa encore plus fortement lui provoquant même une douleur aux articulations, ses dents crissèrent sous la force de l’étau alors que la jointure de ses doigts blanchissaient encore plus fortement en renforçant leur prise sur le rebord de la fenêtre. Ne pas exploser, non ça n’en valait pas la peine. La voix chaleureuse lui avait fait l’effet d’une douche froide. Comment pouvait-il occulter les longs mois d’absence, et quand il était là, n’être présent à ses côtés que de rares fois ? Jamais il n’avait su la soutenir, autant lui avait pu se reposer sur elle, autant l’inverse était loin d’être le cas. Certes, elle était odieuse avec lui mais tout de même ! Pourtant leur histoire aurait pu être toute autre. Elle se replongea quelques années en arrière. Un conflit pour ne pas changer, des soirées en tavernes mouvementés entre une barque de guerre, un rat crevé, des rires, des jérémiades, une ambiance amenant à vivre avant de succomber à une lame. Il avait attiré son regard, différent des autres, la force tranquille, apaisement dans la tourmente de sa vie. Il n’était pas libre, lié à un fantôme… ironie du sort quand tu nous tiens, puisque ça allait devenir son lot quotidien quelque temps plus tard… elle tenait entre ses mains l’assouvissance d’une basse vengeance envers la fiancée de Ced mais aussi l’occasion de retrouver une stabilité perdue depuis le trépas de son époux dont elle ne s’était remise. Elle avait essayé, mais ses histoires se terminaient lorsqu’ils voulaient du concret, n’étant pas encore prête à passer le cap. Dans sa tête mais surtout dans son cœur, cela aurait été trahir Richard. Cedmisc avait été une trouée lumineuse dans son ciel assombri. Elle avait dû s’armer de patience pour le faire succomber… oh certes, elle avait de suite senti l’attirer, mais il avait des valeurs et la jeune femme avait dû s’y prendre lentement mais surement pour les faire tomber les unes après les autres. Et un soir, alors qu’ils n’étaient que deux, il avait rendu les armes. Une accalmie en son âme tourmentée s’était faite mais au fil du temps, les doutes toujours latents s’étaient réveillés plus virulents que jamais et elle était partie quelques temps, quittant le duché. Alors qu’elle était en Bourbonnais, un événement avait fait qu’elle avait repris contact avec lui. Coincée là-bas, elle lui avait demandé de l’aide, et lui, il avait tout lâché pour aller la rapatrier en terre connue. C’est à ce moment-là qu’elle prit la décision d’en finir avec ses frasques et de lui donner sa chance se disant qu’il changerait, qu’il deviendrait l’homme qui pourrait la soutenir dans son ascension. Et lui il avait essayé, montant même sur le trône champenois, alors qu’il n’aspirait qu’à une vie simple… mais rien n’était jamais simple avec la blonde volcanique.

Alors que leur différence les avait rapprochés dans un premier temps, celle-ci, insidieuse avait commencé son œuvre destructrice. La frustration grandissante la rendait aigrie en la présence de l’homme qui était devenu son époux. Une distance s’était installée entre eux, rampant sinueusement, rendant leur rapport de plus en plus ombrageux. Elle ne faisait pas grand effort non plus, il fallait bien l’avouer. Et puis une rencontre la bouleversa. Elle lutta longtemps contre une attraction née entre son garde et elle. Et puis le drame alors qu’ils étaient assiégé. La peur de mourir sans plus connaitre la passion avait fait le reste, cette fois, c’est elle qui avait balayé ses valeurs d’un revers de la main, répondant à un baiser passionné et imprévu qui réveilla en elle ses instincts les plus primaires, balayant ses fragiles résolutions vis-à-vis de son époux. Sauf que la mort ne les avait pas emportés et qu’il lui était impossible de résister à ses pulsions. Les manquements de son époux avaient fait qu’il n’avait pu lutter contre l’ombre omniprésente autour de Maltea qui attendait son heure pour pénétrer la brèche qu’il avait détecté, ses fêlures. Alors certes, l’histoire avait brutalement pris les fin, mais la duchesse ne fut plus la même. Cet événement précipita le couple dans un abyme sans fin, passant le peu de temps ensemble à se déchirer. Et puis le duc de Joigny avait complètement disparu de sa vie, réduisant à néant le mince fil qui les unissait encore. Et aujourd’hui… Un soupir s’apparentant à un désespoir profond s’échappa de la gorge pleine d’albâtre. Elle ne savait plus quoi faire. Continuer cette mascarade de mariage afin de se protéger contre les vautours voulant s’élever et lui parlant de mariage alors qu’elle détestait cela ? Rompre et risquer de se faire passer de nouveau la bague au doigt pour avoir la paix ? Non elle était perdue, elle ne savait plus. En l’état, son cœur était sec. Ses liaisons tumultueuses n’apaisaient que la faim de son corps, son instinct de chasse mais jamais son âme. Jamais elle ne trouverait l’homme qui pourrait de nouveau lui rendre le sourire, la faire rire comme une enfant, la calmer, apaiser son âme ombrageuse, étouffer ses craintes et ses doutes. Le mal était bien trop profondément ancré, les blessures de l’enfance jamais réellement cicatrisées, juste anesthésiées partiellement mais se réouvrant régulièrement. Cette peur de l’abandon, ce manque cruel d’amour qui l’avait bercé dès son plus jeune âge et surtout la culpabilité, bien plus forte que le reste, celle de détruire les gens qui l’aimaient. Elle avait tué sa mère, son géniteur l’avait couché par écrit dans les missives retrouvées, elle était l’unique responsable, Maltea, fragile nouveau-né ayant tué l’ange blond de son père, missives ayant précipité sa fuite à l’âge de douze ans et fait d’elle ce qu’elle était. Elle était responsable de la mort de son unique amour, passé de vie à trépas dans ses bras, faute à une erreur de son passé. Elle était responsable de la mort de sa cousine, qui s’était donné la mort dans un moment de désespoir alors que Maltea avait fait passer sa loyauté pour le duché en faisant emprisonner le traitre de Bry, sans savoir que ce dernier avait ravi le cœur d’Ana…

A ce stade, la rédemption n’était plus qu’utopie, à moins d’un miracle…

Une profonde inspira chassa ses noires pensées et elle se retourna sur son époux, l’éternel masque de l’actrice en représentation… ce qu’était sa vie, une représentation grandeur nature.


Je voulais être certaine qu’il s’agissait bien de vous, et non d’une usurpation. Partons d’ici, j’étouffe, cette impression d’oppression qui m’étreint devient de plus en plus incontrôlable, j’ai besoin d’air !
Nous allons devoir discuter, mais les murs ayant des oreilles, je préfère avoir cette discussion en notre demeure. Pour information, j’ai introduit une demande de dissolution à notre mariage et n’ayant jamais planté de coup de couteau dans le dos de quiconque, j’aimerai entendre ce que vous avez à dire, afin de prendre la décision de la mener à bien ou de l’abandonner et sauver le peu de dignité qu’il nous reste.


Plus un mot ne franchit ses lèvres, consciente que l’annonce allait agir comme un couperet sur son époux et qu’il lui faudrait du temps pour assimiler la nouvelle.

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 08:34 (2018)    Sujet du message: [RP] Retrouvailles - Champagne

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